‹ Magasin universel (volume 4)Chapitre 118 sur 268 · ITALIE. —ROYAUME DE NAPLES · texte numérisé non relu

ITALIE. —ROYAUME DE NAPLES

(Voyez un premier article sur Naplcs, page 142, V volume. )

( \ ne intérieure de Saint-Philippe de Néri, à Naples )

La capitale du royaume des Deux-Siciles est le séjour le plus agréable que l'on" puisse imaginer, et passe avec raison pour la troisième ville de l'Europe. Dans un circuit d'environ neuf milles (deux lieues et demie), elle renferme plus de 35o,ooo habitans : elle est par conséquent la ville la plus peuplée après Londres et Pa- TOMK III. — Mars 1836,

ris. Le climat le plus doux, la situation la plus heureuse, la fertilité des campagnes, la beauté des environs, la gaieté du peuple, la magnificence des grands, tout contribue à y attirer de toutes parts un grand nombre d'étrangers. Cette métropole présente le plus superbe aspect : on ne peut rien imaginer de plus

orné, de plus singulier à tous égards, que le coup d'oeil de cette ville, de quelque côté qu'on la voie : elle est placée au fond d'un bassin appelé en italien cratère ; il semble presque fermé par l'île de Caprée qui se présente du côté du midi, et, quoiqu'il sept lieuesde distance, termine agréablement la vue. Le contour de ce bassin est orné, du côté de l'est , par le palais de Portici, par les villages et les maisons de campagne qui se suivent sans interruption depuis Naples jusqu'au delà de Portici. Le / ésuve, qui s'élève par delà, rend ce spectacle plus grand et plus imposant. Her< ultnum et Pompéia sont du même côté. A l'ouest on voit des maisons agréables et la grotte singulière de Pauui/pe, les feux de la Solfatare et la grotte du Chien : iout ce qui environne ou a voisine le bassin de Naples est extraordinaire et fameux. Du côté du nord elle se trouve entourée par des montagnes qui forment une couronne autour de la ville; enfin on y aperçoit l'extrémité de la Terre-de- Labour, c'est-à-dire, de ces campagnes fertiles et célèbres que les Romains appelèrent Campante heureuse, et qu'ils regardaient comme le pays le plus riche de l'univers. Naples est située au fond de ce théâtre, sur le penchant d'une montagne; elle embrasse la mer par une vaste étendue de faubourgs, la domine par des châteaux, l'embellit par des maisons superbes, distribuées en amphithéâtre depuis le haut de la montagne jusqu'en bas; ce développement et ce coup d'oeil sont une des plus belles choses qu'il y ait au monde, et tous les voyageurs conviennent qu'ils ne connaissent rien de comparable à la beauté de cette situation. On ne peut lui opposer que la vue de Constanlinopie et celle de Gênes, qui en approchent le plus.

On peut assurer qu'il n'y a pas dans Naples, strictement parlant, un seul édifice qui soit d'un goût parfait : de plus de deux cents églises, on n'en voit aucune qui ait une façade ou un portique digne d'être remarqué. Plutôt que de bâtir des temples d'une belle architecture, on a préféré en orner avec profusion l'intérieur de tableaux et de dorures. Parmi les églises les plus remarquables nous citerons le Dôme ou la cathédrale dédiée à saint Janvier, construite sur les dessins de Nicolas Pisan; nous citerons aussi l'église Saint-Philippe de Néri, remarquable par les belles colonnes en granit antique qui supportent la nef, et fort riche en peintures estimées. (/ oyez la gravure.)

L'architecture des palais de Naples n'est pas d'un meilleur goût que celle des églises. Les maisons et les palais ont en général cinq à six étages, noirs et mal entretenus à l'extérieur; les toits, presque tous plats, sont enduits de pouzzolane. L'amateur qui cherchera dans ces édifices le goût de la belle architecture s'apercevra aisément qu'on est loin de trouver dans cette ville les proportions et la magnificence des palais de Rome.

L'origine de Naples se perd dans les fables de l'antiquité. Son premier nom fut Pa/thenope, et on attribue généralementsa fondation à unecolonie grecque. Elleeut à souffrir, à différentes époques, de la guerre, des tremblements de terre et des éruptions du Vésuve ; mais elle est, sans contredit, plus riche, plus peuplée < t plus florissante sous tous les rapports, qu'elle ne l'a jamais été. L'an 538, Bélisaire, général romain, s'en empara après un siège très-pénible. L'an 54'2, Totila réduisit la garnison par la famine. Sicon IV, prince de Bénévent, la prit en H 1 8 ; l'empereur Conrad la força à capituler

en ia58; Alphonse, roi d'Aragon, l'emporta d'assau1 en i/|/|-2; et en i5o3, Gonzah e, sous les ordres de Ferdinand, roi de Castille et d'Aragon, s'en rendit maître après avoir miné et fait sauter ses deux châteaux, où

s était retirée toute la garnison.

C'est en janvier 1799 (lue Naples fut occupée pour la première fois par les Français. Elle fut évacuée en juin suivant, gouvernée alors par ses propres souverains, jusqu'à l'ouverture de la coalition de i8o5, à laquelle elle prit malheureusement part, et fut de nouveau occupée par les Français en,i8o6. Joseph Bonaparte y fut bientôt après proclamé roi; et en 1808 celui-ci étant monté sur ie trône d'Espagne, la couronne de Naples fut conférée à Murât. Après la défaite des Napolitains, par les Autrichiens, en i8i5, Napies fut occupée d'abord par les Anglais ; puis enfin, le 17 juin, le roi Ferdinand, après une absence de neuf ans, fit son entrée dans sa capitale.

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