‹ Magasin universel (volume 4)Chapitre 120 sur 268 · ÉNORME CONSOMMATION DE BOEUFS ET DE CHEVAUX · texte numérisé non relu

ÉNORME CONSOMMATION DE BOEUFS ET DE CHEVAUX

La note suivante appartient au voyage de M. Théodore Lacordaire à Buénos-Ayres et dan°s la république Argentine :

« On estime à soixante-dix mille animaux la consommation que fit, en 1829, l'armée fédérale, forte de dix mille hommes, qui bloqua Buénos-Ayres pendant environ cinq mois. Pour comprendre ceci, il faut connaître les habitudes désordonnées des Gauchos en pareille circonstance. Lorsque, après avoir tué un bœuf, ils ne le trouvent pas à leur gré, ils le laissent de côté, n'en prennent que les parties les plus délicates, et passent à un autre jusqu'à ce qu'ils en rencontrent un qui leur convienne. Le nombre de chevaux détruits dans le même espace de temps fut beaucoup plus considérable encore. La campagne, à quinze lieues aux environs de la ville, était couverte de leurs cadavres, et à chaque pas on en rencontrait d'expirants qui n'avaient pas la force de loucher à l'herbe au milieu de laquelle ils étaient couchés. Le peu de ménagement avec lequel on les traite les fait périr par milliers dans le cours d'une campagne, si courte qu'elle soit, et les armées sont obligées d'en avoir des troupes nombreuses à leur suite pour remplacer ceux qui succombent. Pendant la guerre avec leBrésil, l'armée patriote, forle d'environ six mille hommes, eut presque constamment trente mille chevaux avec elle, et plusieurs fois elle fut entravée dans ses opérations faute d'en avoir assez pour le service.

» La troupe en campagne reçoit pour ration unbœuf par cinquante hommes ( les bœufs sont à peu près de même poids qu'en France): telle est, du moins, celle que l'on a donnée, en 1829, à un détachement de huit cents hommes, campés dans la province de Montevideo pendant la guerre avec le Brésil. «

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