LES CHÈVRES
On a trouvé des espèces différentes de chèvres dans presque toutes les parties du monde; mais si l'on en croyait les voyageurs, il y en aurait bien plus encore <jue les naturalistes n'en ont reconnu. C'est que ces voyageurs, peu versés en général dans la connaissance des caractères anatomiques qui servent à classer les animaux, et ne s'en rapportant qu'aux apparences, ont classé parmi les chèvres des animaux qui appartiennent au génie des antilopes. Ainsi, la chèvre jaune des Chinois, la chèvre grise et la chèvre pale du Cap de Bonne- Espérance, la chèvre plongeante, la chèvre sautante sont des antilopes, et, comme les autres antilopes, ont des cornes creuses entourant un noyau solide.
Les chèvres, on le sait, appartiennent à cette division de la famille des ruminants qui porte des cornes creuses et consistantes. Comme la plupart des autres ruminants, elles n'ont point de dents incisives supérieures, tandis que leur mâchoire inférieure en offre huit. Chez elles, absence complète de canines, et quant aux molaires, leur couronne est marquée de rubans émailleux très-contournés et saillants.
Les cornes des chèvres sont longues, anguleuses, ridées transversalement et marquées de nœuds; elles sont dirigées en haut et en arrière par une simple courbure, à l'exception cependant de celles de quelques espèces, notamment de la chèvre dite à Angora.
Les oreilles de ces animaux sont de médiocre dimension et pointues; leur menton est le plus souvent gar-
ni d'une longue barbe; leur poil est ordinairement long et sec, jamais frisé.
Il existe un certain nombre de chèvres de diverses espèces à l'état de nature. Ces individus n'habitent que des lieux presque inaccessibles, et néanmoins on en a vu souvent descendre de ces hauteurs pour venir se mêler et s'unir aux chèvres domestiques.
La chèvre proprement dite est loin d'être l'espèce la plus forte de ce genre. Les bouquetins de la Sibérie notamment sont beaucoup plus forts, et si l'on en croyait certains auteurs, il existerait des bouquetins aussi grands qu'un cerf, mais un peu moins longs.
Il faut placer parmi les chèvres proprement dites ces chèvres sauvages qu'on trouve sur le Caucase et le Taurus qui traversent le nord de la Perse et de l'Inde jusqu'à la Chine, et qu'on rencontre aussi dans les deux presqu'îles de l'Inde et jusque vers le cap Comorin. Elles sont h l'état sauvage beaucoup plus grandes qu'à l'état domestique.
C'est dans leur estomac qu'on trouve ces fameuses concrétions connues sous le nom de bézoards, auxquelles on a longtemps attribué une foule de propriétés merveilleuses; et on a dit à tort que ces bézoards provenaient d'une espèce d'antilbpe de l'Afrique méridionale.
Parmi les diverses autres variétés de la chèvre, nous nous bornerons à citer la chèvre il' Angora, au poil trèslong et très-fin ( voyez plus haut), la chèvre de Syrie, au poil ras et aux cornes courtes, la chèvre imberbe ou sans barbe, la chèvre du Thibet.
( La suite au prochain numéro. )
(Chèvres dites du Thibet.)
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