‹ Magasin universel (volume 4)Chapitre 126 sur 268 · LES HUPPES · texte numérisé non relu

LES HUPPES

(La huppe commune.)

Les huppes doivent être rangées parmi les oiseaux voyageurs; elles émigrent en effet pendant la froide saison versles contrées voisinesde l'cquateur,que beaucoup d'animaux analogues habitent toute l'année; et quand le soleil revient féconder les régions plus voisines des pôles, les huppes reparaissent chez nous, certaines qu'elles sont de ne plus craindre la disette qu'amène l'hiver.

En général, les huppes préfèrent les plaines aux terrains montagneux et boisés, mais c'est surtout dans les fonds humides et marécageux qu'elles se plaisent davantage. Là vous les verrez sans cesse en mouvement, courant d'un endroit à un autre, plonger leur long bec dans le sol vaseux, pour en faire sortir les vers et les mollusques dont elles sont plus friandes encore que des jnsectes.

Pour atteindre ces insectes vous verrez aussi les hupfOME III. — Mars lgjf-.

pes voltiger de buisson en buisson, se suspendre à l'extrémité des branches, afin de découvrir ces petits charançons qui se blottissent sous les feuilles pour échapper aux regards perçants de leurs actifs ennemis.

Les huppes apportent peu de soins dans la construction de leur nid; elles le placent indifféremment dans un vieux tronc d'arbre, dans une fente de rocher ou sur un entablement abrité de quelque vieille masure.

Quand sont pondus les œufs, la huppe se montre plus soigneuse; dans ce nid grossièrement fait avec quelques brins de mousse ou de chaume qui entourent un petit tas de poussière ou de vermoulure, la femelle s'établit à poste fixe, couvant avec sollicitude ces quatre ou cinq œufs blanchâtres avec des taches brunes, d'où sortiront bientôt ses petits. Et pendant ce temps le mâle va chercher la nourriture, ou se tient assidûment près du nid

MAGAS1JN UJNIVERSEL.

égayant sa compagne par des chants empreints de tendresse,

La huppe n'appréhende guère l'approche del'homme, souvent même on en a pris à la main. Si vous la retenez prisonnière dans un jardin, elle le purgera des insectes incommodes et se fera très-aisément à cette captivité; ma.'.s prenez garde qu'elle ne subisse la rigueur del'hi- Ver, car les premiers froids la tuent ordinairement.

La chair et la graisse de la huppe ont un goût fort peu agréable, et cependant on en tue bien souvent. Le chasseur vulgaire la tue pour tuer, parce qu'il faut un aliment à ce besoin de destruction, à cette vanité d'habile tireur qui animent le peuple des chasseurs. La beauté de {'aigrette de la huppe est souvent aussi la cause de sa perte. On tient à rapporter an logis une ptûtë dont la tête est si bien ornée; cela figure bien au milieu du gibier que le chasseur étale, à son retour, sur la table. Cette aigrette est assez belle pour qu'on puisse l'employer dans les arts, et en particulier dans la toilette des Animes; mais nous ne sachions pas qu'on en ait fait usage jusqu'ici.

On a débité beaucoup de fables sur la huppe. Les anciens racontaient des choses surprenantes de la piété filiale de ces animaux, et en tiraient beaucoup d'images symboliques; mais les voyageurs et les naturalistes modernes s'accordent à dire que l'on rencontre rarement les huppes remues en famille dans leurs migrations d'une partie du monde à l'autre. On ne retrouve pas chez elles les habitudes sociales de la plupart des oiseaux émigrants.

Celte piété filiale des huppes n'était pas le fait le plus extraordinaire de leur histoire; on attribuait à leur chair des propriétés curalives merveilleuses, et nous lie répondrions pas que, dans certaines contrées on ne la considérât pas encore, à l'heure môme où nous écrivons, comme une pana ceeuniverselle.il y aurait tout un livre à faire sur ces superstitions médicales, et nos lecteurs sa vent qu'il est peu d'animaux et de plantes qui ne puissent fournir leur chapitre de singulières et inexplicables croyances. La médecine moderne n'aurait fait que déraciner ces préjugés, qu'elle aurait rendu un immense service à la cause de la civilisation.

Vous trouverez dans certains ouvrages d'histoire naturelle un assez grand nombre d'espèces de huppes ; mais toutes ces espèces se réduisent réellement à deux ou trois tout an plus. D'abord, quelques-uns des oiseaux qu'on a appelés du nom de huppes appartiennent à d'autres genres : ainsi, la huppe noire est un bouvreuil huppé; ainsi, la huppe-col est une sorte A1 oiseau-mouche ou de colibri. En second lieu, certaines espèces prétendues distinctes de huppes, soit d'Afrique, soit d'Europe, sont au fond tes mêmes, et l'on peut tout réduire à ces deux types, huppe commune d'Europe et d'Afrique, huppe laigup d'Afrique. Nous renvoyons aux notes les caractères communs à tout le genre des huppes, et ceux de la première espèce (i).

(1) Caractères du genre huppe : Bec très-l©ng, grêle, triangulaire, comprimé, faiblement arqué; mandibule supérieure plus longue que l'inférieure; narines placées de chaque côté de la hase du bec, ovalaires, ouvertes; quatre doigts, trois en avant, dont l'externe est uni à l'intermédiaire jusqu'à la première articulation, un en arrière, dont l'ongle est presque droit; ailes médiocres; la première rémige de moyenne longueur, les deuxième et troisième moins longues queles quatrième et cinquiùmcqui dépassent toutes les autres; queue composée de dix rectriecs égales.

Caractères de la huppe commune: Parties supérieures d'un

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