‹ Magasin universel (volume 4)Chapitre 15 sur 268 · BELGIQUE. — LIEGE · texte numérisé non relu

BELGIQUE. — LIEGE

Célèbre par le rôle qu'elle joua dans l'histoire des Pays- ;'>is, puissante par le génie inventif et commerçant de ses labitans, Liège offre autant d'inlé. et aux voyageurs ins- 1 ■uits qu'aux amis des arts et de l'industrie. Le plus célèbre .'es romanciers historiques, W. Scott, a rappelé en les codant à sa manière , dans Quentin Duruanl, les grands •vènemensdont celle riche cité fut le théâtre au temps de ouis XI; et le caractère éminemment dramatique de celte i irration a, plus que toutes les chroniques et toutes les >urdes compositions des historiens classiques , appelé sur i ville de Liège la curiosité des lecteurs de tous les pays, lais celte révolte des Liégeois contre leur évoque, révolte .ii amena leur lutte contre les ducs de Bourgogne el par • file le sac de leur ville par les armées réunies de Gharleso-Téméraire et de Louis XI, est un des mille faits mariuans que l'on peut prendre au hasard dans les chroniques le Liège et auxquels il ne manque qu'un émule du ronancier écossais.

La modeste rédaction du Magasin Universel choisira plus 1 une fois dans les riches archives de l'ancienne capitale de la principauté de Liège des sujets d'articles curieux et i îstruclifs; aujourd'hui elle se borne à rappeler succinlenent quelques-uns des souvenus de celle cité.

Dès le lems de Jules César, l'humeur guerrière des Liégeois élait en grand renom. Une des légions romaines que ce grand capitaine avait conduite en Belgique fut par eux battue et dispersée. De ce mot legio vient, dit-on, le nom de Liège. Nous ne disputerons pas sur ce point avec l'amourpropre de souvenirs des Liégeois.

sCe qui est beaucoup mieux prouvé , c'est que saint Lambert, le premier, donna, vers 1658, une certaine importance à Liège. Avant le grand évêque , ce n'était qu'un sale et pauvre bourg ; il en fit une ville bien organisée, riche de bons réglemensde police, et d'un système de poids el mesures sagement proportionné; deux choses d'un grand prix, qu'étaient fort loin de posséder alors bien des villes, où n'avait pas assez profondément pénétré la grande administration romaine.

Liège fut plus d'une fois pillée, saccagée, dans les premiers siècles; entre autres fois , par les Normands , en 882 ; par Henri Ier duc de Brabant, en 1212 (celui-ci la livra au pillage pendant sir jours); mais quelle ville, quel bourg n'a pas vingt fois passé par là, dans ces temps de désolation.

L'élection des évêques princes de Liège, causa dans le XVe siècle surtout , de grands désordres dans cette cité. Elle jouissait sous le gouvernement de ces prélats , d'une charte qui donnait au peuple de puissantes garanties , contre l'abus

lin pouvoir. Les juges étaient inamovibles et la presse enlièlement libre. A tous les citoyens était assurée leur liberté, d le bourguemestre seul , armé de sa clé magistrale, posait s'introduire flans leur? maisons. Celle inviolabilité du

domicile était sous la sauve garde d'un conseil composé de vingt-deux membres. Seize chambres ou corporations de métiers nommaient des électeurs qui choisissaient le bourgueraeslre de la ville et celui du prince évoque : le premier

( Une vue du Palais de re\êque de Liège. )

élait pris parmi eux, le second entre trois candidats pré- I liégeois, jouissance complète de sa liberté et de ses bien;. sentes j-ar ce prince; Tout étranger trouvait sur lé territoire 1 Une empoisonneuse trop célèbre, la Brinvilliers , s'y

maintint elle-même , en parfaite sécurité malgré les réclamations du gouverneur français, jusqu'au moment où ce dernier la fil en'everpar surprise.

L'armée de l'évêque de Liège n'était que de trois cents hommes; mais les Liégeois allaient, comme aujourd'hui les Suisses, prendre du service en France, en Autriche, en Espagne, en Hollande, en Prusse, principalement dans les hussards. On se souvient encore de ce beau régiment d'infanterie, le royal liégeois que Louis XVI leva à Liège peu de temps avant la révolution.

Avant le sac de Liège par les armées de Louis XI et du duc de Bourgogne, celle ville renfermait cent vingt mille habitans. Le feu y fut mis par trois fois, et les flammes la dévorèrent entièrement.

Ce fut à l'occasion d'une révolte du peuple, qui voulait conserver le droit de nommer les bourgnemeslres, droit que l'Évèque Ernest de Bavière lui avait octroyé et que son successeur Ferdinand avait retiré; ce fut, disons-nous, à celle occasion que le fameux général Jeau de Weert vint avec le comte de Nassau prendre ses quartiers d'hiver au pays de Liège. Gelte époque fut marquée par un tragique événement. Un agent du roi d'Espagne ayant fait assassiner le bourguemestre La Ruelle, sous prétexte qu'il tenait le parti de la France , le peuple envahit sa maison , le massacra, lui, ses domestiques et un très grand nombre de soldats, brûla son corps et en jela les cendres dans la Meuse.

Maintes fois la France intervint dans les affaires de Liège, soit comme alliée, soit comme ennemie. En tG8ï le maréchal de Choiseul y accourut au secours de l'évoque menacé par ses sujets révoltés; en 1691 , Louis XIV auquel l'évêque avait déclaré la guerre, lui envoya le marquis de Boufflers, qui bombarda la ville pendant cinq jours. Les Français entrèrent de nouveau à Liège en 1701, en 1705, en 1792 et enfin en 1794; ils s'y maintinrent depuis cette époque jusqu'au démembrement de l'empire fiançais, en

Ap-ès ce court exposé de quelques uns des grands souvenirs de Liège, il nous resterait à présenter un aperçu de ses richesses en fait de monuments, d'objets d'arts et de dépôts scientifiques, à jeter un coup d'oeil sur son industrie et sur les beautés de son territoire; mais nous renverrons cet examen à un autre numéro.

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