‹ Magasin universel (volume 4)Chapitre 157 sur 268 · LES ENFANTS CANADIENS · texte numérisé non relu

LES ENFANTS CANADIENS

Si vous avez parcouru les campagnes de la France, il vous sera sans doute arrivé de frapper à la porte de quelque maison, dont les habitants étaient aux champs, et d'entendre, au lieu de la voix du maître, vous conviant à entrer, les vagissements d'un enfant en bas âge resté seul au logis. Puis, si la curiosité ou l'impatience vous ont porté à pénétrer dans la rustique demeure, vous aurez été fort surpris de n'y trouver au premier abord aucun-être vivant. Vos yeux cherchent dans le berceau, sous le grand lit de famille, dans tous les coins de la masure enfumée; pas d'enfant, et cependant les cris recommencent de plus belle, et ce n'est quelquefois qu'après bien des recherches que vous découvrez une pauvre petite créature accrochée dans son maillot à un clou fixé dans le mur à une grande hauteur. La nourrice qui cumule les fonctions alimentaires avec le travail des champs, n'a pas trouvé de meilleur moyen de préserver son poupard de la dent des bétes, et surtout decelle du pourceau vorace. Tel est probablement le souvenir que réveillera dès l'abord en vous la vignette qui termine ce numéro. Ces enfants dont les maillots ressemblent quelque peu à des bottes de postillon, s'accrochent aussi à des branches d'arbre, ou sont portés sur le dos de leurs mères, pendant les longs voyages qu'entreprennent les familles canadiennes. Mais quelle différence! Si quelque chose peut compenser les inconvénients du maillot, c'est sans contredit cette vie au grand air des pouparts canadiens.

(Enfants canadiens dans leurs maillots portatifs.)

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Taris, imprimerie de Decourcbant, rue d'Eifurth, l. — Presse méc, fubr. [>ar Girondot.

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