‹ Magasin universel (volume 4)Chapitre 171 sur 268 · DE FRANCE AVANT I · texte numérisé non relu

DE FRANCE AVANT I

(Premier article. Foy. Ephém. de mai 1789, pag. 254.) Dans les premiers temps de la monarchie française, les assemblées de la nation ne furent d'abord composées que de seigneurs et d'évêques. Philippe le Bel appela pour la première fois (en i3o3) le tiers-état à ces grandes assemblées qui dès lors prirent le nom d'états-généraux.

Ces premiers états-généraux furent tenus dans l'église Notre-Dame, pour s'opposer aux prétentions du pape Bord/ace FUI qui menaçait de déposer le roi.

Il s'agissait aussi d'avoir de l'argent. Le tiers-état forma son avis sous le nom de requête; cette requête fut présentée à genoux. L'usage substitua toujours depuis, que les députés du tiers-état parlassent au roi un genou en terre, ainsi que les gens du parlement et le chancelier même dans les lits de justice. Le pape Boniface VIII s'autorisait, pour déposer le roi, de ce passage de l'Evangile : Ce que tu lieras sur la terre sera lié au ciel. Le tiers-état disait au roi dans sa requête: «C'est grande abomination d'ouïr que ce Boniface entende mauvaisement cette parole d'espéritualité : Ce que tu lieras en terre sera lie au ciel; comme si cela signifiait que s'il mettait un homme en prison temporelle, Dieu, pour ce, le mettrait en prison au ciel.

iTATS GÉNÉRAUX DE I 355, SOUS LE ROIJEAN.

Les Anglais ayant fait une invasion dans la Picardie et dans la Gascogne, le roi Jean convoqua les états-généraux dans la chambre du parlement. Jean de Craon, archevêque de Reims, y parla au nom du clergé; Gaucher de Brienne, pour la noblesse ; et Etienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, pour le tiers-étal. Ces trois chefs des états, ayant entendu le discours de Pierre de La Foret, archevêque de Rouen et chancelier, sur les besoins du roi pour soutenir la guerre, conclurent, après une délibération entre eux, à faire au roi, pendant un an, une armée de trente mille hommes. On assigna les fonds de la solde sur la gabelle et sur un impôt de huit deniers par livre sur toutes les denrées; et comme ces fonds ne furent pas suffisants, on y suppléa par une capitation générale, dont personne ne fut exempt, pas même les princes.

( La suite à un prochain numéro. )

(Cbarriot Uedouin. Foy. les articles sur l'Afrique, pag. 78, 142, 242, Ie' volume.) Les Bureaux d'abonnement et de Tente sont rue des Orands^Jugustins, 20.

Paris, imprimer»: <1h Dm;oc»cD*KT, rue d'Erfurlli, I. — Presse mie fnbr. par Ginoruoi.

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