METZ
( Deuxième article. Voyez page 393, Ie' volume. )
( Le Sas de Metz.)
Eminemment guerrière par ses mœurs et par ses institutions, Metz, dit un voyageur français, a toujours placé au premier rang les héros qui se sont illustrés par les armes. Procédons par ordre de date, et nous trouverons dans le grand siècle un militaire qui ne dut sa fortune et son élévation qu'à son courage et à son habileté dans l'art de la guerre. Ces exemples, si communs de nos jours, étaient rares alors; mais Fàbert méritait l'exception à la règle : né en 1699 d'une famille ennoblie sous Henri IV, il montra dans toutes les circonstances le plus grand désintéressement, et refusa le cordon de l'ordre de Saint-Michel, parce qu'il ne pouvait, sans mentir, fournir les preuves nécessaires. Sa retraite de Mayence est comparée à celle des Dix-Mille par Xénophon, et sa vertu comme sa franchise étaient égales à sa valeur. Sollicité par le cardinal Mazarin de lui servir d'espion dans l'armée, il lui fit cette réponse : Peut-être faut-il à un ministre des hommes qui leservent deletirs bras ou de leurs rapports • je ne puis être que des premiers.
C'est aussi dansles murs de Metz que naquit Custines, le général en chef del'armée duNord. Promu au grade de lieutenant en 1747, à l'âge de sept ans, il renonça en TOMK I!I. — Juin 1836,
1790 aux avantages de sa caste (il était comte), et lit preuve du plus grand désintéressement; son dévouement, sa valeur n'arrêtèrent pas les bourreaux: il perdit la vie sur l'échafaud en 179'^, après sa capitulation de Mayence. On raconte do lui un fait assez semblable à celuisisouventeité deCharlesXII. Baraguaj-d'Hilliers, chef d'état major, lui lisait une dépèche, tandis qu.ë des soldats se battaient à peu de distance : une balle siffle et traverse la lettre: Continuez, dit le général, ce n'est qu'un mol que la balle aura emporté.
Metz est encore le berceau de l'intrépide Lassalle, qui s'enrôla comme simple volontaire, au premier appel de la révolution, pour gagner par lui- même ses épauletles, et qui, à la tète de deux régiments de cavalerie, s'empara de Stcttin. gardée par six mille Prussiens et cent soixante pièces de canon. Il mourut dans les plaines de Wagram, couvert d'une gloire impérissable.
Sans nous éloigner beaucoup de Metz, nos souvenirs vont encore trouver des héros : c'est à Sarrc- Lour's que reçut le jour le maréchal Ney, surnommé le brave des braves. La dernière postérité se souviendra de celte retraite de Paissie, à laquelle rien n'est à comparer dans les annales militaires d'aucune
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nal ion. Sept mille héros, reste de vingt-cinq mille hommes de l'arrière-garde qu'il commandait, mourants de fatigue, de faim, de froid, tombaient dans le découragement : Mes amis, leur criait-il, la France est devant -vous ; derrière, une affreuse captivité : abandon n z votre général, il va mourir libre, et vous, Français, vous ail z mourir esclaves. Hélas! pourquoi la mort ne frappa- t-elle pas alors cette tèie chargée de tous les lauriers de la gloire !....
Des noms aussi glorieux jusiitîent sans doute le penchant inné des habitants pour l'état militaire; car, à Metz plus qu'ailleurs, la gloire qu'on y acquiert est considéive en quelque sorte comme la seule digne d'envie. La vue et les entreliens do ces vieux soldats, qui de toutes parts viennent habiter Metz et les campagnes voisines pour jouir du beau spectacle de marches, des évolutions, de manœuvres, développent dans tous les jeunes c curs la passion d'une carrière brillante; et le commerce, 1 indus! rie, les beaux-arts même ne tiennent plus qu'un rang secondaire à leurs yeux prévenus. L'école polytechnique est le but où aspirent les collégiens. Les mineurs et sapeurs du génie, les artilleurs, sont les héros du fils de l'artisan. Toutefois il est juste de reconnaître que, depuis. quelques années, les esprits prennent une direction moins belliqueuse. On commence à sentir le prix de ces professions longtemps dédaignées. Les préjugés militaires disparaissent, et si les habitudes, ies inclinations militaires subsistent encore, au moins se modifient-elles de jour en jour.
Metz, par sa position, par spn importance, possède tous les éléments propres à, pb tenir un commerce florissant. Que l'industrie y déploie ses ressources inépuisables, et bientôt sa prospérité placera celte ville parmi nos premières cités manufacturières. Déjà la fabrication des draps, des flanelles, des couvertuies de laine, des tricots, des esiaunelUs, occupe une partie de sa population. Ses chapelleries, esumees même avant la révolution, le disputent à celles des Lyonnais. Les tanneries, les fabriques de papiers peints, de toiles de coton, de sucre de betterave, les atelieis de broderie, les brasseries, les distilleries, les fabriques de poterie en terre, en grès, celles de savon, de briques, envoient leurs produits jusqu'à l'étranger.
Metz, qui, par son importance, devrait être le point central du département, sous le rapport des sciences et des lettres, qui déjà du temps de Charlemagne possédait des écoles célèbres fondées par ce prince, Metz, dis je, n'est pas ce qu'elle devrait èire : elle ne mérite plus, il est vrai, le reproche d'étie la marâtre des connaissances, que lui adressait Agrippa, syndic et orateur du xv" siècle. Sans compter son école d'artillerie et du génie, elle possède une Société dès sciences, des arts et des lettres, une de médecine et d'agriculture, une Académie universitaire, un collège royal, une école d'enseignement mutuel, une de dessin, de peinture, de botanique, etc.; mais à Melz, comme je l'ai fait observer, les inclinations guerrières envahissent tout, et ne laissent que peu ou point de place pour l'amour des connaissances littéraires et scientifiques ; toutefois nous y trouvons de nombreuses et brillantes exceptions dans tous les siè les et dans toutes les parties.
Les beaux-arts n'ont pas été si favorables aux Messins; cependant ils citent, avec un orgueil légitime, les liotns de Chasscl, habile sculpteur, professeur à l'Aca-
démie de peinture de Nancy; Sebastien Leclerc, graveur célèbre, auteur de bons traités sur la géométrie pratique, sur l'architecture, sur le système du monde, et qui fut décoré par Clément XI du titre de chevalier romain; Nancrct, disciple de Leclerc, peintre estimé, dont plusieurs tableaux décorent les palais des Tuileries» t de Saint Clotid, lequel mourutà Paris,en 1672, recteur de l'Académie de peinture; Emmanuel ]Néré, architecte de Stanislas, créé chevalier de Saint-Michel par Louis XV, et né à Saney près de Bricy.
Sans doute, après des noms si honorables, les plus incrédules seront convaincus que Melz est loin d'être la marâtre des connaissances : je ne sais même jusqu'à quel point, on peut lui reprocher la tendance belliqueuse de ses habitants, puisqu'ils lui doivent peut-être les vertus qui sont l'apanage du guerrier. Leur histoire politique les montre toujours soumis à leurs engagements, alors même qu'ils nuisent à leurs inlérèts. Metz fut la dernière ville qui resta attachée aux Romains ; à l'époque orageuse de la Ligue, réunie depuis peu de temps à la France, son respect pour la foi des traités lui fit déclarer et soutenir une guerre longue et cruelle contre Charles de Lorraine, l'un des principaux rebelles; et les anciens contrats attestent par leur laconisme la bonne foi (pie les Messins y apportait nt dans leurs traités : si la suite des temps, des événements, les révolutions, le séjour des garnisons, composées d'hommes de toutes les contrées, ont fini par altérer cette anli lue loyauté, on la retrouve encore dans quelques anciennes familles : toutefois, reconnaissons que, si celte population éirangère a influé peu favorablement sur les mœurs, on peut reconnaître qu'elle a contribué à retirer de bonne heure les Messins d'une crédulité qui règne encore autour de leur ville. Peu de pays furent plus féconds en sorciers que la Lorraine ; on y compte neuf cents arrèls rendus contre eux : au xvie siècle, dans les seuls mois d'août et de septembre 1 588, trente-trois sorciers furent brûlés vifs à Metz entre le pont des Morts et le Pontifroy.
On promenait anciennement dans les rues, à la procession de Saint-Marc et à celle des Rogations, un mannequin monstrueux en forme de dragon ailé, avec des écailles vertes, une longue queue, une gueule béante et des grilles sanglantes : ce monstre appelé graouilti, porté solennellement, s'arrêtait. .devant tes boutiques des boulangers et des pâtissiers; ainsi que les autres personnes de bonne volonté, ceux-ci plaçaient sur sa langue des petits pains et des tartelettes qui, comme on le pense bien, étaient le profit des porteurs. On assure que c'était le maire de Woippy, village à peu de distance et au nord de Metz, qui était obligé de porter ce ridicule mannequin, que ses enfants fouettaient dans la cour de l'abbaye de Saint-Arnould le dernier jour des Rogations. Quelle était l'origine de cette cérémonie burlesque ? Les un, racontent qu'on l'institua en mémoire d'un serpent énorme réfugié dans les ruines de l'amphithéâtre,d 'où il exerçait de grands ravages dans la ville de Metz, et que parvint à détruire saint Cl» ment, apôtre de cette ville. M. Lenoir, administrateur du Musée des monuments français, donne à cet usage et à quelques autres semblables une interprétation qui les rattacherait aux mouvements astronomiques ; le graouilti de Met/, la gargouille de R ou en, le drçgqn tué par saint Georges, ne sont, selon lui, que le symbole du dieu des ténèbres .la nuit), anéanti par le dieu de
la lumière (le soleil), à ''époque où les jours croissent, et où sa vive splendeur et sa chaleur féconde raniment toute la nature : ce savant ne voit dans tous ces usages bizarres que des allégories chrétiennes, imitées du paganisme. Quoi qu'il en soit, même a> ant la révo lution, le peuple messin avait abandonné sans regret cette cérémonie ridicule.
En parlant d'une ville importante, il est difficile de ne pas dire aujourd'hui que le luxe y étend son empire; il est certain cependant que les Messins conservèrent longtemps un esprit et des moeurs étrangers à ses supëifluités, et que même leur rigidité à cet égard leur attira souvent le reproche d'une .sordide avarice; mais on ne pouvait l'appliquer qu'au peuple : car on lit dans les vieilles chroniques qu'au xive siècle les jeunes seigneurs ne portaient que des habillements de soie, de damas, de salin cramoisi, brodes de chiffres amoureux; que leur tête se parait de turbans en étoffe d'or, garnis de perles et ornés d'aign ttes de plumes de différentes couleurs ; que leur cou et leurs liras c.'ineelaient de diamants et de rubis. La fatuité et linconduite sont presque toujours compagnes d'un luxe excessif; aussi les voyait-on passer les journées à se montrer sur les places publiques, tandis que les nuits étaient consacrées aux jeux et à la débauche; mais leurs folles dépenses et leurs riches ornements étaient le prix du travail des malheureux vassaux, qui restèrent longtemps sans oser se plaindre. Si l'on excepte le pauvre ouvrier, toujours revêtu des livrées de la misère, et le riche capitaliste que ses dépenses placent hors de liyne, toutes les classes se signalent aujourd'hui par un goût général pour le luxe, pour la mode et pour ses attributs : subjugué par l'exemple, chacun cède, et la faiblesse générale devient une excuse.
Dans un troisième article nous examinerons les moyens de défense de Metz, ses travaux d'art et notamment le Sat qui obvie à la pente trop rapide de la Moselle, par une disposition semblable à celle des écluses de nos canaux.
DES PLACES DE GUERRE DE Là FRANCE.
Plusieurs écrivains militaires se sont prononcés dans ces derniers temps contre le maintien des places fortes qui garnissent nos frontières, en se fondant, pour demander la destruction de la majeure partie d'entre elles, sur la méthode suivie dans les guerres modernes.
Celle méthode, on le sait, consiste à ne pas s'arrêter au siège des places, mais à se porter en masse sur les points où l'ennemi est inférieur en nombre, pour l'écraser successivement, puis à s'avan er à grands pas surlcs capitales. Ce système, nous dit-on, est celui que Napoléon mit toujours en usage et dont les étrangers n'ont malheureusement (pie irop profilé dans les deux invasions de 181 .'[ et de 18 i5; donc une grande qu utile de places fortes esl inutile à la sûreté du pays, et il faut en détruire le plus grand nombre pour économiser les frais d'enirelien qu'elles absorbent lotis les ans.
A entendre ceux qui discutent cette importante question d'une manière aussi tranchante, il semblerait que la révolution opérée dans ! art de la guerre depuis quaranleans esl comparable à celle que produisit l'invention de la poudre à canon, et que les places fortes sont devenues aussi inutiles devant les guerriers du
jour, que les armures des anciens cheva'iers devant les arquebusier-. Cependant, depuis 1750, les changements introduits dans l'armement des troupes ne sont pas de ceux qui font révolution dans l'art de la guerre; l'artillerie sen'e a beaucoup gagné, si ce n'est sous le rapport de la force et de la grosseur des pièces, du moins sous celui de la rapidité des mouvements et de la plus grande quantité employée communément aux armées; 1 1, chose qui surprendra peut-tire, les masses qui se sont heurtées sur les champs de bataille de la révolution et de l'empire n'était ni pas plus nombreuses qu'elles ne le furent dans les temps antérieurs. .
Après no-, désastres de Hochstaedt et de Ramillies, le duc de Bourgogne essaya eu vain, en 1708, à la fête de cent vingt mille hommes, de faire lever le siège de Lille que Marlborotigh et Eugène avaient entrepris. Cette place prise, trois cent mille combattants se disputèrent la victoire aux champs de Malplaquet; les situations réelles des armées autrichienne tt française établissent qu'il n'y avait pas trois cent mille hommes à Wagrain; et il s'en faut que l'on comptât ce nombre a Fleurus, à Rivoli, à Marengo, à Hohenlinden, à Austerlitz, à Iéna, à Friedland, et même à la Moskowa.
La vie militaire de Napoléon serait suffisante pour faire repousser une opinion qu'on nous donne comme solidement établie par les opérations militaires de ce grand homme. Et s'il est très-vrai de dire qu'il est l'inventeur de cette lactique qui consiste à réunir des masses pour écraser l'ennemi sur un point faible, il est aussi faux d'avancer (pie les places de guerre de l'ennemi ont toujours été comptes par lui pour peu de chose dans ses plans d'invasion. En o/>, Bonaparte d( scend des Alpes en II die, et d'incroyables victoires ne lui suffisent pas pour être le maître absolu de la Péninsule; l'Italie ne sera à lui que lorsqu'après huit mois de blocus, Wurmser aura rendu les clefs de Manloue. En i8o5, de Boulogne à Austerlilz, il ne rencontre pas une garnison' ennemie; un an après, dans la mémorable campagne de Prusse, si y près la victoire d'Iéna les commandants des placés" de l'Elbe et de l'Oder ouvrirent leurs portes sans biûler une amorce, la flétrissure de leurs noms prouve assez que les Français n'ont pas eu besoin d'un système de guérie particulier 'pour ne pas faire de sièges en 18 6 Si nous passons maintenant à la fameuse année i8Ci, nous verrons Napoléon attachant tellement d'importance à l'a conservation de certaines places, telles que Dantzik, Mayence, etc., qu'il y laisse tles garnison, de vingt-cinq et trente mille hommes; et voilà le capitaine dont on emprunte le nom pour combattre le système de conservation des places de guerre! Arrivant maintenant aux invasions de 181 \ et de i^ii, croit-on que si Napoléon avait pu joindre cent mille hommes aux quarante mille braves qui tirent avec lui la campagne de la Champagne, Paris lût tombé au pouvoir des étrangers? Ces iuvas'ons, don! on a fait tarit de bruit pour combattre le système de cou servation des places, ne prouvent qu'une chose, c'est que des villes de guerre privées d'armée active ne suffisent pas pour arrêter la marche des envahisseurs; or, en présence des masses alliées, l'armée de Napo'éou n'en était pas une. Après les victoires de Montmirail et de Nangis, l'armée de Silésie, commandée par Blu-
cher, était perdue, dit le général Valentini, si, par 1
trop grande précipitation, Soissons n'tût ouvert ses portes au général Witzingeiode.
Le général d'Arçon, dont les écrits sont très-estimés, disait en 89: « En diminuant le nombre de nos places, » il faudrait, pour la sûreté de l'Etat, augmenter en » proportion la force de l'armée active, et la dépense » que cela occasionnerait serait à l'économie qu'on ob- » tiendrait sur l'entretien des places, comme i5est à 1.» Si Dumourier, après Jemmapes, conquit en un mois les Pays-Bas que les généraux de Louis XIV et de Louis XV avaient seulement entamés après des campagnes laborieuses, c'est que l'empereur Joseph avait fait raser, en 1781, dans les provinces de Flandre, presque toutes les places que les Français avaient eu jadis à assiéger.
On ne peut s'empêcher de faire encore une observation relative à l'économie produite par la suppression du plus grand nombre de nos places. Une commission de la Chambre des députés trouvait convenable de construire quelques grandes places sur nos frontières, en abandonnant le plus grand nombre de celles quiexislent. Nos frontières de terre présentent cinq grandes divisions : les Pyrénées, les Alpes, le Rhin, les Ardennes et la Flandre. C'est donc cinq grandes places qu'il faudrait construire, ce qui ne nécessiterait pas moins de cent millions, à cause des établissements militaires à créer. A moins d'être un habile financier, il est difficile de prouver qu'il y aurait de l'économie à substituer une dépense subite de cent millions à la dépense annuelle que nécessite l'entretien de nos forteresses, laquelle n'a pas encore été portée à quatre millions.
Les Russes ont passé le Danube au printemps de 1828, et ne sont arrivés jusqu'à Andrinople qu'en 1829. Leurs armées sont un modèle de discipline, et sont guidées par des généraux formés à l'école de nos conquêtes et de nos revers; pourquoi donc ne sont-ils pas arrivés immédiatement au cœur de l'empire ottoman comme nous à Vienne, à Berlin, à Moscou? C'est que nous avions à traverser un pays où il y avait beaucoup de chemins faciles, et point de places; les Russes, au contraire, sont entrés dans un pays où il n'y a presque point de chemins praticables, et quelques places qu'on défend avec opiniâtreté.
Les Russes valent certainement tous les soldats qui peuvent nous attaquer un jour, et ils se sont arrêtés longtemps devant des armées mal organisées. Les Turcs, malgré leur opiniâtreté à défendre une place, ne tiennent pas mieux que nous. n'avons tenu dans les derniers temps à Burgos, à Saint-Sébastien, à Monzou , à Dantzik, etc. Il a fallu aux Russes une campagne tout entière pour prendre les deux mauvaises places de Braïlos et de Varna.
En résumé, toutes les fois que les armées vaincues ont pris position auprès des places qui leur appartenaient, les armées victorieuses ont été obligées de faire des sièges.
Si dans les dernières guerres, des conquêtes ont été faites sans entreprendre de siégrs, ce n'est point uniquement par l'effet d'un système de guerre nouveau, c'est tout simplement parce que les armées victorieuses devaient retrouver leurs ennemis sur un théâtre où il n'y avait point de places fortes; ou bien, s'il y en avait, elles n'étaient pas au pouvoir des vaincus; ou bien enfin, c'est que les armées vaincues étant détruites, les places seules ne suffisaient pas pour empêcher le vainqueur d'aller porter ses derniers coups au cœur de ! 'empire.