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LA CATHÉDRALE DE^CHARTRES

(Vue de la cathédrale de Chartres.) Paris, 10 juin.

au vii«= siècle. Incendiée par les Normands, dès 858, et . réparée peu de temps après, elle fut, au x« siècle, en

«os lecteurs, toute la France saura le fatal incendie qui a dévoré la magnifique charpente de Notre-Dame de Chartres, et menacé de renverser les deux ûèches hardies qui font le principal ornement de ce temple. Nous avons pensé qu'il convenait de rappeler, en les développant, quelques-uns des détails que nous avons donnés dans le temps ( page 265, *« vol. ) sur les cata-

j, ravagée ut »«« * r~ . , ., . ,

Richard, duc de Normandie, ayant fait le siège de la ville de Chartres, défendue par le comte de Chartres Thibaut, dit le Tricheur, s'empara de la cite maigre la belle défense des habitants. Les assiégés, poursuivis dans leurs derniers retranchements, cherchèrent un asile dans le sein de l'église, mais le vainqueur fit donner l'assaut et saccagea de fond en comble cette retraite

donnés dans le temps ( page *65, a- vol. ) sur .es «»- i assau. c -^ g - - affirment -a Ia fa

strophes du même genre qui ont bouleverse cette ca- sacrée .Ton ef s, e legen 4

thédrale à plusieurs reprises. A ce résume non, > avo vu d on m le, e , hq ^ J^ ^ ^

joint des vues de la façade et du vieux clocher; et pour ceux de nos lecteurs qui n'ont pas connu l'histoire du dernier incendie, nous terminerons notre notice par un extrait d'une lettre de M. Henri de La Rochejacquelin.

rent être préservés de la fureur des assaillants qui tentèrent par trois fois de porter une main sacrilège sur ce précieux trésor.

Le nouveau bâtiment qui remplaça 1 église démolie

trait d'une lettre de M. Henri de La Rochejacquelin. Le nouveau Datimen qui =v- ■£ — ™ uQ

La fondation de Notre-Dame de Chartres remonte | eut, un siècle plus tard (7 septembre loao), TOME IH —Juillet 183ç.

autre assaut de la part d'une troupe de malandrins qui dévastèrent le pays Chartrain et portèrent partout la flamme et le pillage. Des historiens prétendent que ce fut le feu du ciel qui consuma, à cette époque, et la cathédrale et une partie de la ville. La nouvelle église fut restaurée et rebâtie en partie, d'abord par l'évèque Fulbert, puis ensuite par la princesse Mahaut, veuve deGuillaume le Bâtard, duc de Normandie. Ce fut cette princesse qui fit couvrir en plomb une partie de l'église, c'est-à-dire le chœur et la nef.

Le 26 juillet i5o6, la foudre embrasa les charpentes de l'un des clochers, dit le clocher neuf. On parvint à se rendre maître de l'incendie avant qu'il eût atteint le reste de l'édifice. Toutefois les six cloches qu'il renfermait furent fondues : ce clocher fut reconstruit à grands frais, de l'année i5r>7 à i5 1 4 , et plus tard, incendié une seconde fois, le i5 novembre 1674. Voici la description de ce clocher, tel qu'il fut restauré dans le xvne siècle. Ce clocher commande l'admiration, tant par la hardiesse de sa structure que par la richesse et la délicatesse de ses ornements. Il est divisé en trois étages voûtés en pierre. Le premier, situé à la hauteur du comble de l'église, est appelé Chambre de la Sonnerie. Dans les murs de cette chambre est incrustée une grande pierre revêtue d'une inscription gothique, pour rappeler à la postérité le souvenir du funeste incendie de i5o6. Les étages supérieurs, revêtus et garnis d'une charpente aujourd'hui entièrement consumée, et qui, par sa hardiesse et sa belle construction, faisait l'admiration des connaisseurs, servait à loger cinq cloches en carillon qui ont été fondues à l'époque de la révolution, à l'exception de la plus petite, du poids de dix-huit cents livres, appelée Piat.

Le second clocher, dit le vieux clocher, bâti parallèlement au premier, mais dans de plus colossales proportions, est terminé en flèche. Vers le haut de la flèche, un escalier en fer placé extérieurement, servait à grimper jusqu'au sommet de cette merveilleuse pyramide, surmontée d'un globe de cuivre dore', supportant une croix de fer qui y fut posée en 1681. Les quatre angles de cette tour sont flanqués de quatre flèches dentelées, de l'exécution la plus sévère et la plus hardie. Jusqu'à la hauteur d'où la flèche s'élance, le clocher est percé de plusieurs fenêtres ogivales dont les plus élevées sont surmontées de frontons aigus à la hauteur de la naissance des petites flèches ou aiguilles.

Le clocher vieux renfermait autrefois les trois grosses cloches ou bourdons, qui furent aussi fondues en 1792. La charpente qui supportait ces cloches était aussi digne d'admiration; elle était écussonnée en plusieurs endroits aux armes de Charles VI, roi de France, et du chapitre de la cathe'drale.

Des trois cloches qui furent fondues en 1816 par Nicolas Cavilier, il ne reste plus aujourd'hui que la plus grosse, du poids de 3,500 livres.

Voici comment M. Henri de La Rochejacquelin raconte le cruel événement dont il a été témoin.

« Le feu, que l'on attribue à l'imprudence de deux ouvriers plombiers occupés à la réparation de la toiture, se déclara subitement avec une violence telle que l'on put juger de suite des conséquences affreuses que l'on avait à redouter; il commença dans la charpente à la jonction d'un des bras de la croix formé par les côtés de la nef. Le tocsin sonna immédiatement; il était six heures et demie du soir. A l'instant, toute la popu-

lation fut sur pied. On essaya de faire agir les pompes, mais la toiture étant en plomb, tous les efforts furent inutiles. Le feu se communiqua avec une telle rapidité, qu'il fallut renoncera occuper la galerie extérieure du haut de la nef.

» Dans cet instant si critique, il se passa une des scènes les plus honorables que l'on puisse ciler à l'honneur d'un administrateur. M. Gabriel Delessert, préfet d'Eure-et-Loir, avait été un des premiers à s'exposer aux plus grands dangers; il donna l'ordre d'évacuer la galerie; plusieurs personnes qui l'entouraient voulurent, par un zèle louable, l'arracher avant eux à une mort inévitable : il ne veut se retirer que le dernier; alors on cherche à l'entraîner, il se débarrasse avec peine des personnes qui le tenaient embrassé; enfin il est obligé de mettre, avec la plus vive énergie, la main sur la garde de son épée, pour qu'on soit forcé de le laisser le dernier à son poste. Cette lutte se passait sous des toits enflammés, le plomb coulant sur ceux qui en étaient acteurs.

» L'effroi de la foule qui contemplait cette scène de dévouement et de courage, les cris mille fois répétés: Sauvez-vous! sauvez-vous ! tout ensemble était d'un effet que rien ne peut rendre, et en vous écrivant je suis encore sous l'impression profonde produite alors sur moi. Bientôt après la charpente entière était en feu. Les flammes atteignent le magnifique clocher de droite, la cathédrale est menacée d'une entière destruction : les ordres habilement donnés par le préfet, le général Fleury et les autres autorités qui leur obéissaient, établissent un service de pompe aussi actif que bien dirigé. De six lieues à la ronde arrivent en poste les compagnies de pompiers organiséesdans tous les villages de la Beauce.

» On enlève de l'intérieur de l'église tout ce qui est précieux, tout ce qui est trarsportable; les mesures sont prises pour préserver les maisons qui entourent de trop près malheureusement l'édifice en feu. Les flammes se communiquent aux bas-côtés; à onze heures on en était maître. L'intérieur du chœur et la nef sont remplis de lisons enflammés qui traversent par les trous pratiqués dans la voûte; le plomb en fusion y pénètre de toutes parts; enfin, le soir, le feu qui avait épargné le vieux clocher y pénètre et répand l'alarme dans la population qui ne le croit pas solide. On a la douleur de ne pouvoir éteindre l'incendie en cette partie de la cathédrale. L'hôpital qui y est adjacent est évacué. Une pluie de feu poussée par le vent est projetée sur une partie de la ville. On ne conçoit en vérité pas comment elle a pu échapper à une ruine qui paraissait certaine. Un seul bâtiment a commencé à brûler, mais en peu d'instants on s'est rendu maître des flammes.

» Ce matin, à trois heures, il ne restait plus en feu que la charpente du vieux clocher; elle s'était affaissée tout d'un coup sur une voûte qui a dû céder en partie à un choc aussi terrible : une voûte inférieure a arrêté les pièces de bois qui avaient traversé. Les efforts les plus incroyables ont été faits pour monter les pompes sur les voûtes qui soutenaient il y a peu d'heures la plus belle charpente connue. Il reste encore des charbons qui se consument, mais il n'y a plus rien à craindre; tout le vaisseau reste entier dans sa magnificence; les admirables vitraux n'ont point souffert. » Le ministre de la justice et des cultes s'est transporté

MAGAS1JN UJNEVERSEL.

à Chartres, accompagné de plusieurs architectes, pour juger par ses yeux de l'étendue des ravages causés par l'incendie, et la Chambre des députés a accordé 400,000 tr. pour les premiers frais de reconstruction.

M. Duban, qui a fait preuve de tant de goût et de zèle dans la restauration de la façade du château de Gaillon, que l'on voit à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris, est chargé des travaux à faire dans la cathédrale de Chartres.

Un journal faisait remarquer avec raison qu'on ne pourrait pas trouver aujourd'hui, en France et en Allemagne, les dix mille pièces de bois en cœur de châtaignier qui formaient le comble de l'église. Mais ne pourrait-on pas, comme le proposait jadis l'abbé Combalot, supporter les toitures de nos temples par des charpentes en fer. La halle aux blés de Paris est ainsi faite, et les progrès de l'industrie métallurgique permettraient de fabriquer et de poser aujourd'hui des toitures du même genre à bien moins de frais.

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