FRANCE. — ARLES
La ville d'Arles est située un peu au-dessous de l'angle du delta que forme le Rhône par sa division en deux branches; elle est assise sur un banc de rochers de caleaire-coquillier, qui domine la rive gauche du Rhône, en penchant doucement vers ses bords. Son enceinte, tracée par de vieux remparts sans usage aujourd'hui, embras-e une surface de 78 hectares. Les rues, sans être parfaitement alignées, ont, en général, une certaine régulariié et sont assez spacieuses; elles sont pavées eir cailloux de Cran, de forme ovale, ce qui les rend incommodes et fatigantes. Les quais sont pavés en dalles, fort spacieux, très- fréquentés, et servent d'entrepôt à toutes les marchandises qui circulent par la voie du commerce entre Lyon et Marseille. Les places sont en petit nombre et peu spacieuses; on n'en compte guère que trois : la place Royale, autour de laquelle sont : l'Hôtel-de-Ville, les prisons, le Musée et la lac aie de l'église Sainte-Trophime, et ayant pour principal ornement un obélisque antique dont nous par leron^ ciaprès; la placedu Plaude la Cour, et la place des Hommes. Ces trois places sont parfaitement régulières ; la seconde, exposée au nord et presque toujours à l'ombre, est fréquentée dans l'été; la troisième, qui est plantée d'ormeaux, entourée des principaux hôtels et des plus beaux cafés, sert de point de réunion en toute saison aux étrangers et aux habitants de la ville. La place Royale sert de marché, de promenade d'hiver et de cirque pour les combats de taureaux.
La jeunesse d'Arles se plaît beaucoup à cet exercice, qui est une sorte d'apprentissage pour soumettre au joug des animaux si difficiles à dompter. Dans les oc-
casions solennelles, on trace sur la place une enceinte circulaire, en dehors de laquelle sont des gradins pour les spectateurs. On lâche un taureau qui bondit dans l'arène. Des hommes armés de bâtons l'excitent. Le taureau court sur celui qui le provoque; au moment où il baisse la têle pour donner des cornes, l'homme sautelestement par le côté et lui assène un coup de bâton sur le museau. L'animal s'irrite, entre en fureur; mais c'est en vain qu'il consume ses forces. D'autres le remplacent, et ne sont pas plus heureux. Enfin, le plus sauvage et le plus fort est réservé pour terminer le combat ; il se présente dans l'arène avec une énorme cocarde de rubans attachée à ses cornes : le prix est destiné à celui qui pourra l'enlever. Après des essais longtemps infructueux, un vigoureux athlète se présente. Loin de fuir le terrible animal, il court au devant de lui, et, saisissant les cornes de ses mains musculeuses, il le renverse sur le dos, ce qui lui donne le temps d'enlever la cocarde. Cet exercice est très-fréquent à Arles.
Les alentours d'Arles sont extrêmement riants. Toute la partie méridionale forme une longue et belle promenade appelée la Lice, plantée de trois allées d'arbres, et bordée dans toute sa longueur par le canal de Craponne, au-delà duquel sont des jardins et des prairies. Dans la partie septentrionale, sur le chemin de Tarascon et sur le bord du Rhône, est une autre promenade plantée de superbes ormeaux. Les Eliscamps (au-
trefois les Champs-Elysées) peuvent être aussi considérés comme une promenade agréable, par la variété des sites et des paysages. A une demi- lieue de la ville, sur le chemin de Marseille, le canal de Craponne est reçu dans un aqueduc de 662 mètres de longueur, soutenu par Ç)4 arcades à plein cintre, supporté lui-même par le pont de Crau,qui consiste en 57 arcades plus grandes que celles de l'aqueduc et séparées par des massifs de maçonnerie.
L'amphithéâtre d'Arles, monument de la magnificence romaine, domine la ville et étonne par son immensité : la longueur du grand axe est de i/|0 mètres, et sa largeur ou l'étendue de son petit axe est de io3 mètres; il a dû avoir quarante-trois rangs de gradins et contenir vingt-quatre mille spectateurs.
L'obélisque d'Arles, en granit de l'Eslerel, est le seul monolithe de granit exécutée hors de l'Egypte. Ce fut en i38q qu'on en fil la découverte, mais il ne fut retiré de terre que sous le règne de Charles IX. En 1676, on l'érigea sur la place Royale; un globe fleurdelisé fut placé à sa cime, et des inscriptions gravées sur son piédestal le dédièrent à Louis XIV, alors régnant. L'obélisque a 4-7 pieds de long, 5 pieds 3 pouces de largeur à sa base, et porte sur quatre lions ; le piédestal a 14 pieds de hauteur; ainsi, le monument entier a 62 pieds d'élévation. Il est imposant et noble, et bien en rapport avec l'étendue de la place. Notre vignette le représente entouré d'arbres, d'après un ancien projet.
(L'obélisque d'Arles. ) Les Bureaux d'Abonnement et de rente sont rue des Grands-Âugustins, 20.
i'urij , imprimerie de Decourcb.int, rue d'yi'l'urih, 1. — •Pmne mie. I ;. br. pr Giroudol.