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LES OISEAUX DE PARADIS

(La pic de paradis.)

La beauté des plumes que les oiseaux de paradis fournissent à la coiffure des femmes, a rendu presque populaire le nom de ces charmants oiseaux. Mais, loin que leur histoire soit aussi répandue, il est peu d'animaux sur le compte desquels on ait débité plus d'erreurs : heureusement que depuis quelques années leurs mœurs ont pu être étudiées par nos voyageurs.

Les oiseaux de paradis préfèrent à toute autre retraite les parties les plus épaisses et les plus sauvages des forêts. Quand le ciel est pur, ils se perchent habituellement sur les sommités des arbres les plus élevés. Ils volent avec rapidité, mais toujours par ondulations, ainsi que font en général les oiseaux dont les flancs sont ornés de plumes longues et à barbules désunies. Le luxe de leur plumage les oblige encore à prendre constamment une direction opposée à celle du vent. Cette manœuvre maintient en effet leurs longues plumes appliquées contre le corps, taudis que dans une I

direction contraire le vent étalerait et relèverait les plumes de sorte à embarrasser le jeu des ailes.

A l'approche d'un orage et d'une tempête, les oiseaux de paradis disparaissent entièrement; ils s'abritent avec le plus grand soin, et sentent tout le mal que ferait une violente et inégale agitation de l'air, à leur nature délicate et à leur brillant plumage.

Jamais, que l'on sache, on n'est parvenu à réduire les oiseaux de paradis à l'état de domesticité. Chez les Papous, où leurs dépouilles sont si communes et forment l'objet d'un commerce actif avec les Chinois et les Indiens civilisés, vous ne trouverez pas en cage un oiseau de paradis. Courageux, méchants et vindicatifs, les oiseaux de paradis poursuivent avec acharnement leur ennemi, quelque supériorité que puisse donner à celui-ci la puissance de son bec ou celle de ses serres.

On a fait mille contes sur la nourriture des oiseaux de paradis. Tel auteur vous dira qu'ils ne vivent que

de la rosée et du parfum des fleurs ou des fruits; les autres leur donnent pour aliments exclusifs ou les fruùs eux-mêmes et la substance mielleuse des nectaires, ou des insectes et d'autres animaux de petit* s dimensions. Le fait est que ces oiseaux se nourrissent également de ces deux manières.

Longtemps on a cru et imprimé que les oiseaux de paradis étaient condamnés à toujours voler, et qu'ils ne pouvaient se reposer sur les branches d'arbres. Cette singulière erreur tenait à l'absence des pattes dans les dépouilles de ces oiseaux que nous tenions des insulaires de la Nouvelle-Guinée. Ces sauvages leur arrachaient en effet les véritables ailes et les pattes, détachaient la peau de dessus le corps, enlevaient la. cervelle, et donnaient pour charpente à ce qui restait de l'animal, un bâton qui traversait de la queue à la tète, et s'appuyait par une extrémité sur le crâne.

Parmi les oiseaux de paradis, nous avons choisi, pour le dessiner, celui qu'on a appelé Y incomparable ou la pie de paradis. Le premier nom lui a été donne, comme on le devine, par un amateur enthousiaste, M. Gevers-Arntz, de Rotterdam, qui le premier l'a possédé en Europe; le second tient à la ressemblance de forme et de dimensions de cet oiseau av§e noire pie d'Europe.

De chaque côté de la tête de la pie de paradis s'élèvent au-dessus des yeux des touffes de plumes qui se dressent et s'abaissent à la volonté de l'oiseau. Les plus belles nuances de bleu, de noir violet, de vert soyeux, de pourpre, de jaune roiigeâtre, se marient harmonieusement dans son plumage, et il joint à l'éclat de ces belles couleurs aux éclatants reflets, une tournure pleine d'une gracieuse fierté.

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