SORTANT DUN PUITS ARTÉSIEN
Tout le monde connaît les puits artésiens et les nombreux avantages qu'on en a tirés en France depuisquelques années. Connus en Chine depuis un temps immémorial, employés dans l'Artois il y a déjà plusieurs siècles, ils ont, dans ces derniers temps, alimenté un assez grand nombre de villes et de fabriques importantes de France. Ces puits, dont le diamètre est seulement de quelques pouces, ne sont autre chose que des tuyaux de communication que l'on établit entre les premières couches de la terre et les nappes d'eau ou même les courans qui existent dans ses profondeurs. Venues de quelque point plus élevé que celui où le puits a été percé, ces eaux intérieures tendent à remonter, pressées qu'elles sont sans cesse par celles qui descendent des mêmes sources. On le voit, c'est là tout simplement un effet de l'équilibre des liquides. Une circonstance récente vient de confirmer cette explication déjà ancienne, et pour ainsi dire populaire, des puits artésiens; un de ces puits ayant été creusé à Elbeuf, et le percement ayant, par bonheur, rencontré une nappe d'eau favorable dans l'intérieur de la terre, elle a jailli par l'orifice du puits, amenant avec elle deux petites anguilles. Déjà on avait observé à Tours que des graines et des feuilles avaient été rejetées en assez grande abondance par un puits artésien. Comment concevoir le transport de ces animaux et de ces débris de végétaux autrement que par un courant d'eau qui les aurait pris à sa source et les aurait entraînés sous terre jusqu'à l'orifice du puits?
(I) Le mulet qui, par son origine, tient de la nature du cheval et de celle de l'âne, rentre avec eux dans la famille des soiipèdes, c'est-à-dire des animaux dont le pied n'a qu'un doigt apparent, entouré d'un seul ongle appelé sabot. Sous la peau se trouvent, le long de l'os qu'on appelle canon, des stylets qui représentent deux doigts latéraux.