‹ Magasin universel (volume 4)Chapitre 45 sur 268 · LÉGISLATION FRANÇAISE. — LES PRÉVENUS · texte numérisé non relu

LÉGISLATION FRANÇAISE. — LES PRÉVENUS

« Parmi les malheureux renfermés dans les prisons, il en est qui sont singulièrement dignes de l'attention du souverain ; ce sont ceux qui, arrêtés par les décrets de ses tribunaux, sur des soupçons ou des vraisemblances, sont ensuite élargis et déclarés absous des crimes qu'on leur imputait.

» Ces infortunés n'ont pas moins éprouvé tous les maux d'une longue détention; ils ont souffert encore dans leur réputation ; ils ont été détournés de leurs travaux ou de leurs affaires. Les erreurs et les méprises de ce genre sont peut-être inévitables dans toutes les grandes sociétés; mais comme c'est au nom du souverain que les tribunaux agissent, il serait parfaitement juste, ce me semble, d'accorder un dédommagement à ceux qui ont été les victimes d'une première opinion mal fondée.

«Cette dépense, autant que j'ai pu en juger vaguement, serait inûniment petite; j'aurais eu le temps de rassembler des connaissances précises à ce sujet, et de présenter au Roi une disposition si conforme à ses vertus, si je n'en avais pas formé trop tard le projet. C'est une distraction dont le souvenir me peine; mais il y a dans le cours de nos idées je ne sais quelle fluctuation bizarre, qui souvent éloigne de notre esprit les aperçus qui, par une multitude de rapports, semblaient devoir en être le plus près: je soulage mes regrets en confessant mon inadvertance, et en invitant à la réparer ceux qui en ont le pouvoir. » (Necker; de l'Administration des finances de la France.)

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