DE LA NEIGE
SES PROPBltTLS PHYSIQUES, SON EMPLOI EN MEDECINE,.
(Vue prise dans le canton de Berne par un temps de neige.— Le retour de la chasse à.l'ours.)
La neige, quoique très-froide au toucher, présente un phénomène assez singulier. On lit, dans les Mémoires de l'Académie des sciences, que des expériences furent tentées pour s'assurer si, d'après le récit de certains voyageurs, il était vrai qu'on pût se mettre à l'abri du plus grand froid en se construisant, comme ils le disaient, des cabanes de neige. Les résultats ont été qu'il fait moins froid sous la neige, et que plus le monceau de neige est épais, plus la chaleur se maintient au degré d'une température au-dessus de zéro. L'instinct de certains animaux, tels que les perdrix, tapis sous la neige, pour se garantir du froid, est un témoignage en faveur du fait rapporté par les voyageurs, et des expériences qui ont été tentées à ce sujet.
Mais il est des inconvéniens graves pour les peuples qui habitent des pays toujours couverts de neige, et dont la vue est continuellement exposée à la réflexion de son éclat; nos annales scientifiques sont remplies d'observations qui prouvent que beaucoup de personnes sont devenues aveugles en peu de minutes, soit en voyageant au milieu des neiges, tels que les soldats de l'armée de Cyrus, soit en fixant forcément, pendant un temps plus ou moins long, le sol uniformément blanchi par la neige. C'est à ces causes que des Lapons, des habitans du Groenland, etc., doivent d'être privés de la vue dès l'âge de vingt ans.