LE MAQUEREAU COMMUN
Les thons, les maquereaux, les germons et nombre d'autres poissons ont été réunis parltsnaturalistesdans
(La pèche du maquereau.)
une même famille à laquelle ilsont donné le nom descombres (i). Ce nom vient de celui que portait le maquereau commun chez les Grecs et chez les Romains : le grand Aristote appelait en effet ce poisson scombros, et Pline le désigne par le mot scomber. Les scombres sont tous des poissons voraces, actifs, robustes, vivant par grandes troupes, et qu'on pourrait appeler poissons chasseurs. Les plus grandes espèces de cette famille ne craignent pas de s'isoler au milieu des grandes mers et de suivre les v.iisseaux. La pèche des scombres de petite espèce, qui voyagent par grandes troupes, forment pour plusieurs peuples de l'Europe un article de pèche trèslucratif. En général la chair de ces poissons est com-
(1) Les caractères des scombres sont les suivants : corps épais, muni de deux nageoires dorsales assez écartées l'une de l'autre, et de fausses nageoires en nombre variable, pardessus et par-dessous, près de la queue; de petites écailles partout ; une rangée de dents pointues à chaque màcboire ; une carène saillante sur les côtés et à l'extrémité du corps, etc.
pacte, dense, noire, et d'un goût plus substantiel que celle des autres familles ichthyologiques.
Nous décrirons plus lard les mœurs de la plus remarquable espèce de cette famille, celle des thons (2); aujourd'hui nous jetterons un coup-d'œil sur l'espèce des maquereaux, si précieuse pourj la population de Paris, dont elle forme un des principaux et des moins coûteux aliments. Le maquereau de Paris est ce qu'on appelle le maquereau commun; il y en a une autre espèce beaucoup plus grande, que l'on trouve surtout dans la Nouvelle-Irlande. On connaît aussi un maquereau dit à vessie, parce qu'il est le seul qui ail cet organe dont les autres sont privés; mais nous nous bornerons à cette simple mention de ces deux espèces, notre but étant bien moins de présenter à nos lecteurs des détails minutieux sur la classification des animaux, que de porter leur attention sur les faits qui ont le plus d'application.
(2) Les thons ont huit fausses nageoires, et les maquereaux cinq.
Les maquereaux communs vont en troupes innombrables; on a prétendu qu'elles partaient du nord au printemps, et qu'elles se divisaient en bandes qui remontaient vers le midi; maisd'autres observateurs prétendent qu'ils se tiennent dans les eaux profondes pendant l'hiver, et qu'ils en sortent dans la belle saison. Enfin, on a imprimé que les maquereaux passaient l'hiver cachés sous les glaces et enfoncés au milieu des fucus.
L'homme n'est pas le seul ennemi qu'ait à redouter le maquereau. Beaucoup d'autres poissons lui font la guerre, et leur destruction est immense comme leur reproduction. — Dans la Méditerranée les maquereaux séjournent toute l'année. On sait qu ils ont donné leur nom à une espèce de groseilles communes qu'on marie avec eux pour la table.