‹ Magasin universel (volume 4)Chapitre 84 sur 268 · ÉTOILES FILANTES · texte numérisé non relu

ÉTOILES FILANTES

Depuis qu'on s'est avisé d'observer quelques étoiles filantes avec exactitude, on a pu voir combien ces phénomènes si long-temps dédaignes, combien ces prétendus météores atmosphériques, ces soi-disant traînées de gaz hydrogène enflammé, méritent d'attention. Ils sont plac-'s beaucoup plus haut que, dans les théories adoptées, les limites sensibles de notre atmosphère ne sembleraient le comporter. En cherchant la direction suivant laquelle les étoiles filantes se meuvent le plus habituellement, on a reconnu, par une autre voie, que si elles s'enflamment dans notre atmosphère, elles n'y prennent pas du moins naissance, qu'elles viennent du dehors. Celte direction la plus habituelle des étoiles [liantes semble diamétralement opjiosée au mouvement de translation de la terre dans son orbite.

Il serait piquant d'établir que la lerre est une planèie par des preuves puisées dans des phénomènes tels que les étoiles filantes, dont l'inconstance était devenue proverbiale. Nous ajouterions encore, s'il était nécessaire, qu'on n'entre\oil guère aujourd'hui la possibilité d'expliquer l'étonnante apparition des bolidts ou météores lumineux semblables à des globes de feu, observées en Amérique dans la nuit du 12 au i3 novembre i833, si ce n'est en supposant qu'outre les grandes planètes (et d.ins ce nombre nous comprenons même Cérès, Pallas, Junon et Vesta), il circule autour du soleil des milliards de petits corps qui ne deviennent visibles qu'au moment où ils pénètrent dans notre atmosphère et s'y enflamment : que ces astéroics (pour nous servir d'une expression d'Herschell) se meuvent en quelque

sorte par groupes ; qu'il en existe cependant d'isolés, et que l'observation assidue des étoiles filantes sera, à tout jamais, le seul moyen de nous éclairer sur ces curieux phénomènes.

Nous venons de faire mention de l'apparition d'étoiles filantes en Amérique en i833. Ces météores se succédaient à de si courts intervalles qu'on n'aurait pu les compter; des évaluations modérées portent leur nombre à des centaines de mille. On les aperçut le long de la côte du Mexique jusqu'à Halifax, depuis neuf heures du soir jusqu'au lever du soleil, et même dans quelques endroits en plein jour, à huit heures du matin. Tous ces météores partaient d'un même point du ciel, situé près de l'étoile Gamma du Lion; et cela, quelle que fût d'ailleurs, par l'effet du mouvement diurne de la sphère, la position de cette étoile. Voilà assurément un résultat fort étrange; eh bien! citons-en un second qui ne l'est pas moins.

La pluie d'étoiles filantes de i833 eut lieu, nous l'avons déjà dit, dans la nuit du 12 au 1 3 novembre.

En 179Q, une pluie semblable fut observée en Amérique par M. de Humboldt; au Groenland par les frères Moraves;en Allemagne par diverses personnes.

La date est la nuit du 11 au 12 novembre. L'Europe, en i83a, fut témoin du même phénomène, mais sur une moindre échelle.

La date est encore du 12 au 1 3 novembre.

Cette presque identité de dates nous autorise d'autant plus à inviter nos jeunes navigateurs à veiller attentivement à tout ce qui pourra apparaître dans le firmament du 10 au i5 novembre, que les observateurs qui, favorisés par une atmosphère sereine, ont attendu le phénomène l'année dernière (i83/|), en ont aperçu des traces manifestes dans la nuit du I2aui3 novembre

Autre fait récemment observé par les officiers du brig français le Loiret: «Le i3 novembre i83i, à

quatre heures du matin, le ciel étant parfaitement pur, nous avons vu un nombre considérable d'étoiles filantes et de météores lumineux d'une grande dimension. Pendant plus de trois heures il s'en est montré, terme moyen, deux par minute. Un de ces météores qui a paru au zénilh, en faisant une énorme traînée dirigée de l'est à l'ouest, nous a présenté une bande lumineuse très-large (égale à la moitié du diamètre de la lune), et où l'on a très-bien distingué plusieurs des couleurs de l'arc-en-ciel. Sa trace est restée visible pendant plus de six minules. »

Le3o novembre dernier, l'Académie areçuunelettre écrite de Belley, département de l'Ain, en date du 20 novembre, par M. Mi'let-Daubenton, et qui renferme des détails sur un météore igné qui a mis le feu à une grange dans une ferme voisine de Belley.

Cet événement a eu lieu dans la nuit du i3 novembre i835.

M. Millet a cherché aux environs de la grange, dans l'espoir d'y rencontrer des traces d'aérolithes, et il a recueilli, en effet, des fragments qui, dans la partie qui appartenait originairement à la surface du corps entier, sont recouverts d'une couche vitreuse, en apparence métallique.

D'autres observations du même genre ont été faites en France et à l'étranger, et plusieurs savants semblent assez portés à croire que ces étoiles filantes ne seraient autres que de fort petites planètes, très-nombreuses d'ailleurs, qui rencontrent dans leur course l'atmosphère terrestre, et sont toutes réunies dans une même bande, à peu près comme ces innombrables astéroïdes qui composent l'anneau de Saturne. Il va sans dire que <ette explication a répandu quelques frayeurs dans cette partie du public qui est toujours prête à croire que la terre est menacée d'un bouleversement complet par le choc de quelque corps céleste.

(Voyage en traîneau russe. Voy. pag. 7, 3e année.)

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LE LAMMERGEYER.

(Le lanmiergeyer ou vautour des Alpes.)

L'histoire de certains aigles et celle d'une espèce particulière de vautour, du gigantesque condor, ont déjà trouvé place dans notre recueil. A ces notions nous joindrons aujourd'hui quelques détails sur un autre vautour dont la lecture des œuvres de Walter-Scott a rendu le nom presqu'aussi populaire que celui du condor lui-même. Dans son roman de Charles le Téméraire, l'écrivain écossais suppose que le jeune Arthur, fils du comte d'Oxford, égaré dans les montagnes de la Suisse, est forcé de s'arrêter sur le bord d'un précipice, épuisé qu'il est par les fatigues d'une longue marche et la privation de toute nourriture. Un quartier qui, sous ses po, s'est détaché de la masse des rochers et a roulé avec fracas de précipices en précipices, a effrayé les oiseaux réfugiés dans ce triste séjour.

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