FLORENCE
ITALIE
Florence [Firenze en italien et Florentin en latin). La véritable origine et la fondation de cette ville sont incertaines. Les uns assurent que le dictateur Sylla en traça la première enceinte, d'autres assurent que des habitants de Fiesole , descendant dans la plaine pour y tenir leurs marchés, commencèrent à élever quelques maisonnettes dont le nombre s'accrut bientôt à cause de l'aménité du lieu et des avantages topographiques de la situation. Cependant, le savant M. Lanci parait avoir prouvé que Florence a été fondée, non du temps du triumvirat, ainsi que l'ont pensé la plus grande partie des historiens, mais bien à l'époque où vivaient les anciens Étrusques, auxquels il en attribue également la fondation. Les Romains la prirent sur les Étrusques et en firent un de leurs plus importants municipes. Survinrent ensuite les cruelles invasions des barbares qui ravagèrent l'Italie d'une manière si affreuse. Il est vrai que Stilcon fit un grand massacre des Goths dans les environs de Fiesole ; mais à quoi leur servit cette éclatante victoire ? A passer d'une tyrannie à l'autre. \in effet, aux Goths succédèrent les Lombards, et à l'époque où triomphaient ces derniers, les habitants de Fiesole eux-mêmes contribuèrent à ravager une ville qu'ils regardaient déjà comme une rivale. Le royaume des Lombards fut détruit par les Francs, et Charlemagne étant parti de Rome après son couronnement, passa par Florence qu'il trouva presque entièrement ruinée , et dont les habitants s'étaient réfugiés dans les campagnes voisines pour fuir les persécutions des soldats de Totila ; on était alors en 800. Charlemagne rappela alors les citoyens fugitifs, releva leur ville, punit et détruisit la rivalité des populations voisines, et y établit un gouvernement consulaire qui rendit cette malheureuse ville à une paix qu'elle avait perdue depuis si long-temps. Florence rebâtie fut entourée de murailles , qui bientôt renfermèrent dans leur sein des temples et des palais à l'imitation de Rome. Ce gouvernement bienfaisant dura pendant plus' de quatre siècles. La population prit dès-lors un tel accroissement qu'en 1078 il fut nécessaire d'agrandir la ville. Ce besoin se fit sentir encore en 128i, époque où elle fut portée aux dimensions qu'elle conserve encore aujourd'hui , à peu de chose près.
Vers le milieu du treizième siècle, les deux consuls furent remplacés par dix Anciens qui, au bout de quelques années fuient réduits à huit. Sous leur gouvernement la république florentine prospéra d'une manière étonnante. Cependant, en 1343, les Florentins eurent à soutenir une guerre désastreuse qui les obligea à demander du secours à Robert, roi de Naples. Ce monarque leur envoya en effet en qualité de capitaine un Gualtieri, qui prenait orgueilleusement le titre de duc d'Athènes. Ce soi-disant duc, après avoir délivré les Florentins d'un mal, les fit tomber dans un pire, en s'emparant du pouvoir; mais il fut bientôt chassé par le peuple qui se souleva , et rétablit l'ancien gouvernement , c'est-à-dire le conseil des Huit. Pendant que ces divers événements se passaient, la famille des Médicis grandissait et se faisait puissante ; elle éveilla la jalousie et la susceptibité républicaines au point d'être contrainte à chercher son salut dans
une émigration volontaire. Alexandre VI occupait alors la chaire de Saint-Pierre. L'influence de ce pontife engagea les Florentins à nommer Pierre Soderini , gonfalonierà vie. Ce dernier fut chassé à son tour, en 1512, par Raymond Cardona , général de Ferdinand, roi d'Aragon et de Naples, pour introduire à Florence Jean et Julien de Médicis qui avaient aussi été obligés de s'expatrier. Le gouvernement des Huit reprit sa première vigueur, mais sous l'influence immédiate des Médicis , surtout du tems de Léon X et de Clément VIL
En 1527, époque du malheureux saccagement de Rome , le peuple Florentin se souleva de nouveau et reconquit son ancienne liberté. Le souverain pontife ayant ressaisi la thiare , et s'étant réconcilié avec Charles V , envoya à Florence son neveu Alexandre en qualité de prieur à vie. En 1535, le même empereur confia à Alexandre le titre de duc de Toscane , et pour donner plus de force à cette nomination arbitraire, il lui fit épouser Marguerite d'Autriche. Néanmoins cette suprématie ne fut pas de longue durée. L'ambition du gouverneur et l'irritation produite par le despotisme du nouveau duc, inspirèrent à Laurent de Médicis, dit Lorenzino l'idée de délivrer sa patrie de ce tyran. Cette idée à peine conçue fut mise à exécution sans obstacle. Il attira le duc dans son propre palais de la rue Large, sous prétexte de favoriser des amours illicites, et à l'aide d'un de ses fidèles sicaires, il lui ôta la vie, et s'enfuit. Cet événement fut pendant quelques heures ignoré par le peuple. Le sénat s'assembla, et décida que le défunt n'ayant point laissé d'héritier , il fallait confier le gouvernement à Côme, fils de Jean de Médicis, appelé des Randes-Noires , jeune homme d'environ dix-huit ans , qui vivait dans sa maison de campagne de Trebbia, sous la tutelle de sa mère , appartenant à la famille desSalviati. Ce jeune homme, dont l'âme était aussi grande que le génie, gouverna avec habileté l'état naissant, augmenta le territoire, et, en dépit de plusieurs conjurations, dont il faillit plusieurs fois d'être la victime, parvint à fixer dans sa famille la souveraine puissance. Le pape Pie V lui donna le titre de grand-duc, pour lui témoigner la reconnaissance des services rendus à la chrétienté. 11 avait, en efl'et, armé des galères contre les Turcs, et la naissante religion des chevaliers de Saint-Etienne, fondée par lui-même, se rendit à la fois redoutable et célèbre par ses entreprises maritimes. Côme de Médicis, héritier des immenses richesses et du génie de sa famille , fit élever de superbes palais dans sa capitale , et protégea les arts et les sciences avec une généreuse libéralité. Sous son règne , on voit fleurir une foule d'hommes célèbres qui pouvaient faire croire à la renaissance du siècle de Léon X.
Quoique Florence fut du parti des Guelphes , elle fut souvent travaillée par les Gibelins que défendaient plusieurs des principales familles de cette ville. Aussi, selon le parti qui l'emportait, voyait-on de fréquentes expulsions, spoliations, incendies et massacres. La conjuration des Pazzi contre Julien et Laurent de Médicis , prouve combien était puissante, chez les Florentins, la soif de régner. Après ce dernier prince, ! le trône fut successivement occupé par François Ier , \ Ferdinand Ier, Côme II, Ferdinand II, Côme III Celui-ci, bien différent de son père, se rendit odieux
à ses sujets ; ses contrastes avec sa femme Marguerite d'Orléans , amenèrent une séparation qui accéléra la lin de cette dynastie, d'autant plus qu'il eut le chagrin de voir mourir son fils aîné, Ferdinand, sans postérité. Son second fils , Jean Gaston , qui s'était marié en Allemagne, et qui était aussi séparé de sa femme, succéda à son père; mais il vécut au milieu des tourments et des maladies , jusqu'en 1737, époque de sa mort. Avec lui s'éteignit l'illustre famille des Médicis.
Après la mort de Jean Gaston, l'empereur nomma don Carlos d'Espagne grand-duc de Toscane ; mais le traité de Vienne de 1735, ayant conféré à ce prince le royaume des Deux-Siciles, les grandes puissances européennes confièrent le gouvernement de la Toscane à François de Lorraine, duc de Bar , qui avait épousé l'archiduchesse Marie-Thérèse d'Autriche , fille de Charles VI. De là, eut son origine cette dynastie Austro- Lorraine, qui gouverne encore aujourd'hui ce pays.
Florence-la-Belle, la ville des fleurs , qui , comme l'a dit M. Delécluse, semble reposer sur des coussins de verdure, est située à une petite distance des Apennins, dans une plaine fertile et riante ; elle est entourée d'agréables collines, semées d'une foule de maisons de campagne ou de châteaux. La ville est partagée en deux parties inégales par l'Arno, qu'on traverse sur quatre ponts, dont l'un , celui appelé de la Sainte-Trinité, est digne d'admiration par l'élégance de son architecture.
Florence est d'une forme presque ovale, entourée de murailles et défendue par un château, dit de Saint- Jean-Baptiste. Dans la partie la plus élevée de la ville, qu'on appelle Belvédère, il y a un autre château appelé château Saint-Georges, qui communique avec le jardin royal de Boboli. Florence est la résidence du grand-duc et de la famille royale qui habite le magnifique palais Pitti, ainsi nommé de son premier propriétaire ; elle est le siège d'un archevêché, des secrétaireries civiles et militaires, de toutes les administrations des finances, des tribunaux , d'un conseil suprême, jugeant en dernier ressort pour toute la Toscane, etc. La plupart des rues de cette ville sont spacieuses et bien pavées. Les édifices y sont vastes et somptueux, et renferment presque tous de précieuses collections de peintures.
L'étranger qui entre dans Florence est d'abord frappé par l'aspect de ses anciens palais , masses imposantes, dont la solidité, la force et le mode de construction ont quelque chose d'insolite. Ces murailles épaisses, cette absence totale d'ornements extérieurs, tout enfin fait naître la pensée qne Florence a été bâtie pour la guerre civile. M. de Sismondi l'a parfaitement caractérisée en l'appelant la Ville-des-Nobles, la ville de la force individuelle, la ville où chaque homme était seigneur et maître dans sa maison.
Dans le treizième siècle, qui, comme chacun sait, fut une époque de troubles et de factions, chaque habitation était défendue par une tour crénelée, et en outre, lorsque le besoin l'exigeait, les nobles de tout un quartier se réunissaient et se concertaient entre eux pour élever des espèces de fortifications mobiles, appelées serragli , qui consistaient en barricades ou chevaux de frise, à l'aide desquels ils barraient les rues pour pouvoir se défendre.
Florence renferme dix-sept places, cenl soixante-
dix statues publiquement exposées, vingt fontaines, six colonnes, deux obélisque», vingt-huit paroisses et environ huit mille maisons. Elle est divisée en trois quartiers, et contient près de quatre-vingt-dix mille âmes de population fixe. Les Juifs jouissent à Florence de certains privilèges. Ils y ont un quartier réservé qui n'est cependant pas assez grand pour les contenir tous. Les autres cultes religieux sont tolérés et protégés, et ils ont chacun leur temple particulier
Les monuments remarquables sont très nombreux à Florence; nous citerons la cathédrale (Santa-Maria del Fiore) ; la basilique Saint-Laurent, dont la fondation est très ancienne , puisqu'elle a été consacrée par saint Ambroise ; la chapelle ducale de Saint-Laurent est peut-être ce qu'il y a de plus somptueux dans ce genre, en Italie ; l'église Santa-Croce , construite par Arnolfo di Lapo ; Santa-Maria-Novella , commencée en 1221, et dont la façade est due à Alberti . l'église d'Or-San-Michele, bâtie par Giotto etTaddeo Gaddi ; l'Aimunziata , construite sur les dessins de Brunellesco; Santa-Maria-Maddalena de Pazzi, etc. Nous mentionnerons encore l'académie des Beaux- Arts, le musée d'Histoire naturelle, le palais vieux, (palazzo Vecchio) , la loge des Lances (1), le palais Pitti, l'hôpital Santa-Maria-N'uova, le théâtre delà Pergola, etc., etc.
Santa-Maria del Fiore, l'église cathédrale de Florence est un édifice qui l'emporte de beaucoup sur tous ceux qu'on y admire. Le décret qui confia à Arnolfo di Lapo, la construction de ce magnifique temple, nous apprend que l'église portait le nom de Santa- Beparata, et qu'il -fut changé en celui qu'il porte aujourd'hui, à l'époque de la fameuse conjuration des Pazzi, dont nous parlerons ci-après. L'église est située sur une place dont l'étendue ajoute encore du prix à l'édifice, en permettant d'en apprécier mieux l'ensemble. Les travaux de construction durèrent plus de cent soixante ans , et après le premier architecte Arnolfo, Giotto, TaddeoGaddi, Orgagna et Brunellesco travaillèrent successivement à ce somptueux bâtiment. Brunellesco éleva la coupole; Bacio d'Agnolo y plaça la lanterne, et André Verocchio, la croix. La largeur intérieure de l'église est de soixante-sept brasses ; la longueur de deux cent cinquante-sept. La coupole , à partir du pavé de l'église jusqu'à la lanterne, exclusivement, a cent cinquante brasses de hauteur; le petit temple de la lanterne, trente-six ; la boule, quatre, et la croix, huit. L'ensemble du monument embrasse une étendue de deux mille cent dixhuit brasses carrées. Les murs de cette cathédrale sont extérieurement revêtus d'incrustations de marbre ; mais ce qu'il y a de plus admirable , et qui fait en quelque sorte oublier le reste, c'est la coupole, ouvrage d'autant plus extraordinaire , qu'il est double, qu'il fut élevé sans cintres, sans noyau, sans armature et avec le seul secours d'un échafaud très ingénieusement inventé par Brunellesco, qui avait imaginé cette grande machine, et qui conduisit son ouvrage à terme par des procédés pour lesquels la tradition de son art le laissait sans ressources. Michel-Ange luimême était pénétré de tant d'admiration pour cette coupole, que lorsqu'il partit pour aller faire le dôme de Saint-Pierre, à Borne, il alla prendre congé de
I | Voir la vue du Palais vieux et de la Loge des Lances . i i . |> 201,
celai do Sainte-Marie, et lui dit : Adieu, mou ami, je vais faire ton pareil , mais non pas ton égal. C'est là du moins ce que les Florentins se plaisent à raconter pour donner un peu plus de lustre encore à ce beau monument. Cette église renferme un grand nombre de bonnes peintures, et contient en outre le tombeau de Brunelleseo, et son portrait en bourgeois de Florence. A côté, reposent les cendres de (îiotto, le restaurateur de la peinture; on voit aussi le tombeau de Mar.-ile Ficino, chef de l'académie platonicienne, fondée par Côme de Médicis, et le beau monument élevé à Pierre Farnèse, général florentin.
Dans les douzième et treizième siècles , les églises furent souvent le théâtre de scènes sanglantes. La conjuration des Pazzi est un de ces épisodes qui font naître les réflexions les plus pénibles. On était en ! VIS , Julien et Laurent de Médicis gouvernaient
I Florence. François de Pazzi, secondé par quelques autres grandes familles , conçut l'horrible projet de les assassiner, et ne recula point devant le double forfait de meurtre et de sacrilège. Santa-Maria del Fiore fut choisie pour le lieu de l'exécution, et l'on convint d'agir au moment où le prêtre célébrerait la communion. Les conjurés se rendirent en effet à l'église. Le cardinal, leur complice, et Laurent de Médicis y étaient déjà, mais il manquait une victime. François de Pazzi et Bernard Bandini , qui devaient frapper Julien, allèrent le trouver dans son palais, et le déterminèrent à l'accompagner au temple. L'ins tant fixé arrive, François de Pazzi se précipite sur Julien, et le frappe avec tant de fureur et d'aveuglement qu'il se fait lui-même une large blessure à la jambe. Dans le même temps, Laurent est attaqué par deux autres meurtriers ; il se défend avec courage
Vue de Florence.
et parvient à se sauver dans la sacristie. Les conjurés voyant leur coup manqué, cherchent leur salut dans la fuite ; mais leur retraite fut bientôt découverte, et ils périrent d'une mort ignominieuse. Leurs cadavres furent traînés dans les rues de la ville, et le cardinal ne dut son salut qu'à l'empressement que mirent tous les prêtres du temple à le préserver de la fureur populaire. Ils le retinrent au milieu d'eux jusqu'à ce que le tumulte occasionné par ces scènes déplorables fut calmé. Machiavel raconte en détail ce funeste événement ; c'est à lui que nous avons emprunté le court extrait que ncus oflrons à nos lecteurs.
Auprès de Sainte-Marie del Fiore, s'élève une superbe tour carrée, dite le Campanile, de deux cent cinquante-huit pieds de hauteur, tout incrustée de mar-
bres de diverses couleurs et enrichie de statues et de bas-reliefs exécutés par les meilleurs artistes du temps. Elle fut construite, en 133V, par Taddeo Gaddi , d'après les dessins du célèbre Ciotto, son maître. La destinée de Giotto eut quelque chose d'extraordinaire, car il quitta la charrue pour travailler dans l'atelier de Cimabue, qu'il ne larda pas à laisser bien loin derrière lui. Cet homme , d'origine si commune, s'éleva par son talent, jusqu'à devenir l'ami du Dante et de Pétrarque; il mourut à Florence au milieu des richesses et des honneurs, et chargé d'années.
Sur la même place , on remarque le Baptistère ou église Saint-Jean, édifice, octogone, d'origine fort ancienne, qu'on pense avoir été autrefois un temple de Mars En 1293, le corps des marchands le lit incrus-
M AI.ASIN l N1VEKSEL.
ter do marbre, extérieurement, à ses frais. L'église est ornée, dans l'intérieur , de seize colonnes de granit, qui soutiennent une terrasse dont les parapets et la voûte sont remplis de mosaïques parfaitement exécutées. File renferme en outre un magnifique monument de Balthasar Coscia, où Jean XXIII, souverain pontife, qui, pour rendre la paix à l'Église, abdiqua la thiare , et mourut à Florence , où il avait vécu en simple particulier. Ce monument est l'œuvre de l)onatello. Le Baptistère est orné de trois portes de bronze magnifique; celle du côté du sud, est d'André l'isano; les deux autres sont de la main de Laurent (îlùberti, jeune bomme de vingt-quatre ans, qui, dans le concours ouvert pour tous les artistes de 1 Italie, l'emporta même sur Brunellesco et Donatcllo. Ces deux portes représentent divers faits de l'ancien et du nouveau Testament. Le travail en est si beau que Michel-Ange avait coutume de dire : « Quelles étaient dignes de fermer le paradis. » Des deux côtés de la porte du milieu, on voit deux colonnes de porphyre qui furent données aux Florentins par les Piaaus, lorsque ces derniers revinrent de la conquête des îles Baléares.
Pourquoi Xdpotéon ne voulait pas abdiquer après Waterloo.
« Il ne s'agit pas à présent de moi , disait l'empereur, il s'agit de la France. On a eut que j'abdique I A-t-on calculé les suites inévitables de cette combinaison ? C'est autour de moi, autour de mon nom que se groupe l'armée; m'enlever à elle, c'est la dissoudre. Si j'abdique aujourd'hui, vous n'aurez plus d'armée dans deux jours....... Cette armée n'entend
pas toutes vos subtilités. Croit-on que des axiomes métaphysiques, des déclarations de droits, des discours de tribune arrêteront une débandade?.. Me repousser quand je débarquais à Cannes , je l'aurais conçu ; m'abandonner aujourd'hui, je ne le conçois pas... Ce n'est pas quand les ennemis sont à vingt-cinq lieues qu'on renverse un gouvernement avec impunité. Bense-t-on (pie des phrases donneront le change aux étrangers? Si on m'eût renversé il y a quinze jours, c'eût été du courage Mais je fais partie maintenant de ce que l'étranger attaque, je fais donc partie de ce que la France doit défendre... En me livrant elle se livre elle-même , elle avoue sa faiblesse , elle se reconnaît vaincue, elle encourage l'audace du vainqueur. Ce n'est pas la liberté qui me dépose, c'est Waterloo , c'est la peur, une peur dont vos ennemis profiteront. »
ÉTUDES BOTANIQUES
10e et dernier article ( voir page 208 .
Les fleurs ont encore quelques organes particuliers qui n'appartiennent ni aux enveloppes ni aux organes de la fécondation , et dont on ignore encore l'usage. Tels sont : 1° le nectaire ; 2° l'éperon ; 3° la couronne ; V' l'écaillé ; 5° l'urcéole ; 0° le capuchon ; toutes ces parties étaient des nectaires pour Linnée.
1" Les nectaires, selon les botanistes modernes, sont des corps glanduleux placés sur le réceptacle ou sur l'ovaire, et distillant des sucs particuliers. On les étudie
sous les rapports de la position , de la forme et de la durée.
2' L'éperon est une. sorte de corne ou de prolongement tubuleux qui se dirige du côté du pédicule, consistant en une forte bosselure , ordinairement creuse , de l'un des téguments floraux. Cependant , cette expansion des téguments prend quelquefois un nom particulier. Celui de péraphylle, quand ce n'est qu'une simple bosse, une expansion ou un appendice, n'ayant pas la forme d'une corne ; de pérapétale , quand c'est un appendice de la corolle.
3° La couronne est une partie ressemblant à une corolle et placée en dedans de celle-ci, comme, par exemple, dans les narcisses.
4° \.'écaillc. On nomme ainsi, en général, toute glande non nectarifère, ou tout appendice insolite dans les fleurs.
5° L'urcéole consiste en une petite vessie membraneuse ou cartilagineuse, qui, dans les carex, entoure l'ovaire, et est percée au sommet pour laisser passer le style.
6" Le capuchon est un évasement particulier des filets des étamines, qui, dans les asclépiades, sont soudés et recouvrent l'ovaire comme un capuchon. Ces filets, bizarrement soudés, prennent différents noms, selon leurs formes : 1° sac, l'ensemble des filets; cornes, les cornes par lesquelles le capuchon se termine; bec. pointe dressée des cornes; aile, appendice dorsal et comprimé des cornes; 2" languettes , les appendices qui partent du bas du capuchon, alternatifs avec les cornes et étalés sur la corolle; 3°écusson , disque circulaire entourant le capuchon , et remplaçant souvent les languettes.