ÉGLISE DE NEWARK. — COMTÉ DE NOTT1NG1IAM
Peu d'édifices paroissiaux , en Angleterre , ont de plus grands droits à l'attention du voyageur que l'église de Newark ; elle offre un aspect vénérable et majestueux ; elle est particulièrement digne de l'admiration de l'antiquaire, à cause des différents styles d'architecture ogivale dont on a fait usage en Angleterre, à diverses époques, et que l'on remarque dans la construction, ou dans la réparation de ce monument. Des preuves que les Romains eurent, sur ce côté de la ïrent , une station militaire considérable , abondent dans les pièces de monnaie , les armes et les fragments de leurs ouvrages , que l'on découvre fréquemment dans ce voisinage ; mais quand laGrande- Rretagne fut abandonnée de ses conquérants et de ses protecteurs, ce district devint terriblement exposé aux déprédations des Pietés et des Ecossais, de même qu'aux disputes des Saxons avec les Rretons, et même entre eux ; c'est pourquoi, quand Egberd eut seul la souveraineté du royaume, il se trouva tant de territoires incultes et dépeuplés. Il éleva un château au milieu des ruines, et lui donna le nom de Neiv- Wark, il le regardait comme la clé de ses domaines, au nord de la Trent.
Dans l'automne de 121G, le roi Jean, en se retirant précipitamment devant les troupes des barons, perdit une grande partie de son armée et de son bagage dans les washes de Lincolnshire, et fut trop heureux de trouver un asile et des raffraichissements chez les moines cisterciens de l'abbaye de Swineshead ; mais, selon l'autorité dramatique de Shakespeare , ayant été empoisonné par un moine, il mourut dans un accès de délire.
Cependant , nous trouvons dans les faits historiques, que ce malheureux monarque partit à cheval de l'abbaye , mais qu'affaibli par une sévère attaque de dissenterie, on fut obligé de le transporter dans une litière , d'abord à Sléaford, et le jour suivant à son château de Newark , où il mourut dans les plus grands tourments, tant spirituels que corporels.
Charles Ior, pendant la guerre civile, établit son gouvernement, et frappa monnaie à Newark, et, au moyen de ses troupes, il tint une grande partie des comtés de Nottingham et de Lincoln , sous sa sujétion. A cette époque, la ville soutint trois sièges ; pendant le dernier, elle souffrit les plus grandes misères , non-seulement par les calamités de la guerre, mais par les horreurs et les dévastations de la peste.
L'église dédiée à sainte Marie-Madeleine a l'air d'une cathédrale. Elle est composée d'une nef, de deux chapelles latérales formant la croix, d'un chœur et de plusieurs chapelles souterraines; sa tour, dont la base est d'architecture normande , de même que les piliers de la nef, est élégante ; elle est surmontée d'une flèche haute et majestueuse, très soigneusement ornée de sculptures gothiques et de statues. La grande fenêtre qui est à l'est , au-dessus de la sainte table, est du style gothique anglais le plus riche, où l'on a conservé aux fenêtres des restes de belles peintures antiques sur verre. La contre- table est du célèbre peintre Hilton , qui la présenta à la ville, dont son père était natif; ce tableau représente
la résurrection du Lazare ; il est admirablement exécuté.