‹ Magasin universel (volume 5)Chapitre 132 sur 166 · L. Gondouin, architectes. C'est M. Launay qui a · texte numérisé non relu

L. Gondouin, architectes. C'est M. Launay qui a

fondu cette colonne. »

L'Empereur Alexandre, de Russie, qui voulut plus d'une fois rivaliser avec Napoléon, conçut aussi le projet d'élever dans sa capitale une pareille colonne. Cinq ans après sa mort, le 11 septembre 1834, on inaugura, en grande pompe,' un monument fait d'un seul bloc de marbre de Finlande , et qui n'a pas moins de quatre-vingt-quatre pieds de haut, sans le piédestal. Cette fois, ce n'est pas la statue d'un empereur qui le surmonte , la Russie n'avait guère que la figure de Pierre-le-Grand qu'elle pût placer au sommet de cet édifice triomphal, c'est un ange qui de sa main gauche porte une croix , et de l'autre montre le ciel. Ange tutélaire de la Moscovie , il est là comme pour montrer le véritable but de la gloire humaine. Au bas on lit cette inscription :

« A Alexandre Ier, la Russie reconnaissante. »

L'orgueil des Césars de la Nevva s'est , comme on voit, caché sous les dehors de l'humilité religieuse. Le czar semble ériger un monument à la Russie, et c'est à lui qu'il l'élève.

On jugera par là que la colonne d'Alexandre ne le cède guère, en magnificence, à celle de la place Vendôme, avec cette différence , toutefois, qu'en immortalisant un homme, la dernière consacre la gloire d'un peuple, et que la première perpétue le souvenir de l'esclavage d'une nation reconnaissante pour un maître qui a daigné desserrer ses fers (1).

A. Maury.

(1) Nous avons donné une vue <le la colonne alexandrinc dans le t. iv, du magasin Universel, p 129.

Pendant qu'on composait l'article précédent, on a bien voulu nous communiquer les lignes suivantes écrites dernièrement d'Alexandrie.

Au pied des murs d'Alexandrie moderne, commence le désert, en quittant la ville par la porte du levant, au milieu des ruines de l'antique cité macédonienne, battues incessamment par les Ilots de la mer de sables, s'élève la colonne de Pompée.

C'est un grand et magnifique monument qui sert de phare dans cette confusion de portiques renversés, de colonnes brisées, au milieu de cette végétation d'acanthes de pierre , que le kramsin n'a point flétries depuis plus de mille ans qu'il souille sur elle son haleine brûlante.

Le fût est couronné par un chapiteau corinthien et repose sur un massif composé de débris antiques ; sans doute le chapiteau servait de piédestal à quelque statue, qui, dans les orages politiques , aura été renversée et brisée.

En grimpant sur le socle de la base, l'œil découvre au couchant les aiguilles de Cléopàlre , plus près les bains de cette reine, au-dessus desquels quelques palmiers gracieux balancent leurs panaches verdoyants.

Au loin, des monuments blancs, d'une architecture arabe moderne appellent l'attention ; ce sont les tombeaux que Méhémet Aly a fait élever à ses enfants morts.

Au nord, à l'horizon, la mer Bleue ; au sud, un sable d'or terminent le panorama.

Les ruines d'Alexandrie sont peuplées par de pauvres familles arabes qui font leurs habitations de ces décombres.

Dans le jour , on voit des groupes nombreux as-is au pied de la colonne de Pompée à l'ombre qu'elle projette et tournant avec le soleil. Cette population misérable vit d'aumônes et ne vole pas.

LETTRES INÉDITES

DE VOLTAIRE

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