COMTE DE LANCASTRE. ÉGLISE DE SEFTON
Le seul nom de Lancastre réveiUe dans la pensée une des luttes les plus opiniâtres dont l'histoire ait gardé le souvenir. Moins longues, à la vérité, que ces guerres éclatantes qui décidaient du sort de Rome et de Carthage, ou du sort des Maures et des Espagnols, les funestes divisions des maisons de Lancastre et d'York, peuvent cependant être inscrites sur les plus sombres pages des annales du monde. Elles déchirèrent l'Angleterre pendant tout le quinzième siècle , avec une fureur égale à celle des guerres civiles de Marins et de Sylla, de César et de Pompée. Elles duraient depuis 1399. et l'on comptait trente batûlles rangées, la mort de trois rois, d'un prince, de douze ducs, et de la presque totalité de la noblesse, lorsque enfin, en 1185, on vit se conclure l'union tardive de la rose blanche et de la rose rouge.
Le comté de Lancastre atteint au nord le Westmoreland et le Cumberland; à l'ouest, à la partie de l'Océan occidental, appelé mer d'Irlande ; au sud, il est baigné par la rivière poissonneuse de Mersey, et il est séparé du comté d'York par une chaîne de montagnes que son importance a fait surnommer l'épine dorsale de l'Angleterre. Ces crêtes garantissent le pays des vents de l'est et des accidents qui en sont l'inévitable suite ; mais en mettant obstacle au passage de» nuages chassés de l'ouest , elles y occasionnent une plus grande quantité de pluie que dans les autres comtés ; toutefois, la salubrité de l'air n'en est pas altérée. Presque tout le pays est uni ; on y trouve Winandermere, le plus grand lac de l'Angleterre. La ch'ose peut-èlre la plus remarquable du comté, c'est le canal , creusé par le duc de Bridgewater , pour faciliter l'exportation des charbons de terre , que l'on tire de Worsleymill, près de Manchester, à Liserpool. Il commence sous terre, dans le cœur de la mine, et dans une profondeur de quarante jusqu'à cent dix pieds, sous la superficie inégale de la montagne dans laquelle on a pratiqué une voûte. En y entrant, on peut parcourir trois mille pieds en longueur ; mais il n'est pas possible, dans cette navigation souterraine , de se tenir droit dans les bateaux , ni de tourner à volonté ; car le canal a six pieds de large, et les barques dont on se sert n'en ont pas moins de quarante de long ; il faut naviguer deux heures et demie sous terre avant de voir le jour.
On appelle le Eurness une sorte d'île formée parla mer et par le cours de deux rivières ; c'est une région sauvage et raboteuse , riche en fer et couverte de bois. Elle renferme un lac considérable nommé Conistone-Meer. L'île étroite et longue de Walney lui sert de rempart contre la mer d'Irlande.
La ville de Lancastre est la capitale de la province. Les habitations primitives furent incendiées , en 1322, par les Ecossais; on en montre encore les ruines. Lorsque les habitants purent revenir, ils reconstruisirent leur cité où on la voit aujourd'hui, près d'un canal qui porte son nom, et sur la rive gauche de la Loyne. La ville s'étend en amphithéâtre sur la pente douce d'une belle colline dont le sommet est surmonté d'une église gothique , et d'un antique château construit par les Romains et augmenté dans le moven-âge. Les enviions sont couverts de belles
prairies, et la région du sud est envahie par de vastes marais appelés mousses. Ce comté, si peu favorisé de la nature , s'est placé par son industrie au-dessus de tous les autres. Quelques avantages locaux ont sutli pour l'élever au plus haut degré de prospérité. Ses bois ont servi à transformer le fer en acier ; la houille répandue en couches épaisses alimente ces grands moeurs de l'industrie modernes les machines à vapeur. La beauté des femmes de Lancastre est depuis un temps immémorial passée en proverbe. Leurs grâces, leur désir de plaire, qu'on assure avoir été autrefois plus que de la coquetterie, les avaient fait surnommer, parmi les autres anglaises, du nom de sorcières du Lancashire.
Manchester, après Londres, la ville la plus manufacturière , et la plus peuplée du royaume uni, est dans le comté de Lancastre. C'est le centre d'une fabrication incessante dont les produits s'expédient sur tous les points de l'univers qui est bien vraiment le tributaire de cette industrieuse cité. Liverpool , à l'embouchure du Mersey , s'étend sur le bord oriental de la rivière. Sur la rive opposée à Manchester s'élève une petite église dont la modeste apparence attire à peine le regard, mais c'est là une des plus belles créations dont l'architecture religieuse ait doté les îles Britanniques , si riches cependant en monuments de tous les âges et de toutes les croyances : c'est Y église de Sefton.
Merveilles inconnues, ou plutôt laissées dans une inexplicable indifférence, ces voûtes religieuses n'avaient jamais obtenu en France l'accueil que nous leur avons fait ; et tandis qu'on voit chaque jour une multitude de constructions insignifiantes trouver des crayons pour les offrir sous tous leurs côtés , et des historiographes pour les décrire pierre à pierre, c'est à peine si les ogives élégantes, les dentelures riches et légères des boiseries , les sculptures hardies et savantes que notre dessin reproduit, ont trouvé, à de lointains intervalles , l'ombre d'une modeste renommée. En est-il donc delà réputation et de la célébrité des monuments comme de la réputation et de la célébrité des hommes? Leur fortune est-elle doncsoumise, comme la nôtre, à tous les caprices comme à toutes les injustices?..
DUCTILITE DE L OR ET DE I, AKGENT.
L'or est tellemeut dur qu il peut se réduire en feuilles à un trois cent millième de pouce, et en dorure à un dix millionième. L'argent se réduit à un cent soixante-dix millième de pouce. Sa divisibilité est à celle de l'or comme 170 à 300.
Dans les temps ordinaires, les rapports entre les deux métaux sont basés sur le produit des mines qui donnent, terme moyen, cinquante-deux livre* d'argent pour une d'or.
L'alliage de l'argent est ordinairement du cuivre; celui de l'or est de l'argent et du cuivre. On appelle remède de la monnaie , la tolérance accordée pour déviation de poids ou de finesse légale. Le bénéfice du gouvernement a conservé , encore aujourd'hui , le nom de seigneuriage. Év.
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