‹ Magasin universel (volume 5)Chapitre 40 sur 166 · L'EMPEREUR CONTREBANDIER · texte numérisé non relu

L'EMPEREUR CONTREBANDIER

Lorsque Fox vint à Paris, à l'époque de l'exposition française qui eut lieu en 1802, sur l'esplanade des Invalides, ce qui l'étonna surtout, ce fut le bas prix de certains objets de coutellerie. Il acheta douze douzaines de rasoirs de la fabrique de Thiers, près Clermont, à un franc pièce. L'empereur rendait en estime à la qualité des rasoirs anglais, ce que Fox donnait au bas prix des nôtres. Lui , qui avait prononcé des peines si sévères contre la contrebande ; lui , qui avait entrepris de fermer le continent au commerce anglais, qui faisait brûler tous les ans, pour des sommes immenses, des produits des manufactures anglaises pris en mer ou saisis par la douane, faisait faire la contrebande pour se procurer des rasoirs et du savon anglais; il ne concevait pas qu'on pût se faire la barbe avec des rasoirs et du savon français. Les rasoirs pour l'empereur étaient achetés à Birmingham moyennant cinquante francs la paire ; du moins ils lui étaient comptés à ce prix ; on les aurait aujourd'hui, chez nous, plus beaux et aussi bons pour six francs.

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