PHYSIQUE
Nouvel Hygromètre.
L'attention des naturalistes et des physiciens allemands est dirigée en ce moment vers une découverte
curieuse du professeur Stiefel, bien connu en Allemagne pour ses recherches en histoire naturelle. Il a trouvé un moyen certain pour connaître avec exactitude les moindres variations dans l'humidité ou la sécheresse de l'atmosphère. Il se sert du fruit du géranium , dont les barbes se replient sur elles-méme^ ou se développent selon l'état de l'air. Ces sortes d'involutions et d'évolutions sont tellement régulières et invariables qu'en fixant le fruit sur une plaque de verre ou de métal avec graduation quelconque, on peut mesurer l'état de l'air d'une partie d'une chambre à l'autre avec la plus grande exactitude. Le professeur qui est le plus grand astrologue de l'Allemagne méridionale, forme depuis plusieurs années des tableaux des variations de l'atmosphère d'après une méthode suggérée par Goethe ; mais il ne se hasarde pas à prédire la pluie ou le beau temps pour plus de vingt-quatre heures. Par l'observation, on peut, dit-il, trouver la règle , mais point les exceptions. On connaissait déjà les propriétés hygrométriques des barbes des graminées, mais personne n'avait encore pensé à en tirer parti pour l'observation.
TOUR DES TETES, A ZERRI [Afrique).
L'île de Zerbi, ou île des Lotophagcs, dans la Méditerranée, sur la côte du royaume de Tunis, est séparée du continent par un canal qui n'a, sur quelques points, pas plus de dix toises de largeur. Au centre de l'île s'élève un arc de triomphe assez bien conservé ; il fut construit en l'honneur de l'empereur Antonin et de son collègue Verus. Dans l'île de Zerbi , on voit le triste monument dont nous publions aujourd'hui la gravure ; c'est une espèce de pyramide d'environ trente pieds, bâtie avec les tètes des Espagnols qui périrent dans le combat qu'ils soutinrent en 1558, sous la conduite de Médina Cœli et d'André Doria, contre les Ottomans, dontCara Moustapha commandait l'armée. La population de l'île de Zerbi, assez considérable, est dispersée dans plusieurs villages ou hameaux , à peu de distance les uns des autres. Le grand marché est établi près du port, vers lequel se trouve un vieux château nommé Ménâqs ou Ménaquès, dénomination qui se rapproche de celle de Meninx que portait anciennement l'île. Les Zerbins parlent deux langues : l'arabe et le chillon ; ils passent pour avares à Tripoli et à Tunis, et on les traite de schismatiques comme sectaires d'Aly. Du reste, ils sont de nos jours fort doux et fort hospitaliers.
( Tour des TiHes, à Zerbi. )