DE L'INFLORESCENCE
On donne le nom d'inflorescence à la disposition qu'affectent les fleurs sur le végétal qui les porte. On en distingue deux sortes : l'inflorescence simple, c'est-à-dire la disposition de chaque fleur vue isolément; la seconde Y inflorescence composée, ou disposition des fleurs prises en totalité.
1°. Inflorescence simple. Sous le rapport de leur insertion les fleurs sont : radicales , naissant sur le collet de la racine ; caulinaires , sur la tige ; raméales, sur les rameaux ; foliaires, sur les feuilles; pétiolaires, sur les pétioles.
Sous le rapport de leur attache , les fleurs sont : pédonculées , portées sur un pédoncule ou petit pied ; sessiles, sans pédoncule ou support particulier.
Souscelui de leur disposition générale, elles peuvent être : axillaires, à l'aisselle d'une feuille ou d'un rameau ; extraxillaires , hors de Vaisselle ; supcraxillaircs, au-dessus de l'aisselle des feuilles ; oppositi foliées, sur un point diamétralement opposé à une feuille.
Considérées par rapport à leur disposition respective, elles sont ; solitaires ou seules sur chaque place de rameau; géminées, deux à deux; temées , trois à trois ; aggrégées , rassemblées en paquets ; alternes, opposées , mais une basse et une haute ; opposées , l'une d'un côté et l'autre de l'autre, à la même hauteur ; éparses , placées sans ordre ; unilatérales , toutes rejetées d'un côté ; distiques, en deux séries opposées.
On les étudie encore sous le rapport de leur direction , et on les dit : dressées , toutes dressées vers le ciel ; nutantes, plus ou moins penchées vers la terre ; pendantes, pendant perpendiculairement vers la terre
Ce dernier caractère est fort remarquable , et l'on no peut douter, en voyant des fleurs prendre cette singulière attitude, que c'est un moyen employé par la nature pour défendre les organes délicats renfermés dans la fleur, des atteintes de la pluie. Aux yeux de l'observateur, il est évident que la nature a employé beaucoup d'autres moyens pour parvenir au même but, et nous nous proposons de dévoiler ces petits secrets à mesure que nous décrirons les variétés de forme du calice et de la corolle ; nous nous bornerons à dire ici que les fleurs nutantes et penchées sont beaucoup
plus communes dans les climats humides et pluvieux que dans les pays chauds et secs. Si vous cueillez une de ces fleurs pour l'examiner, vous la verrez toujours composée d'une corolle en cloche , imitant fort bien un dôme sous lequel sont cachés ou abrités les étamines et les pistils. La pluie tombe sur ce dôme, coule le long de ses parois extérieures , et ne peut en aucune manière atteindre les organes de la fécondation et les faire avorter, ce qui arriverait infailliblement si une seule goutte d'eau se trouvait en contact avec le pollen ou poussière jaune que portent les étamines, comme je vous l'expliquerai plus loin.
BOITARD