‹ Magasin universel (volume 5)Chapitre 50 sur 166 · ECONOMIE DOMESTIQUE · texte numérisé non relu

ECONOMIE DOMESTIQUE

Comestible chinois.

M. Favaud, missionnaire en Chine, rapporte que, pendant son séjour dans ce pays, il a souvent vu les chrysalides de vers-à-soie employées comme aliment; il en a lui-même goûté, et a trouvé ce mets de bon goût et très restaurant; il est surtout convenable pour les personnes délicates. Après avoir dévidé la soie du cocon, on passe les chrysalides à la poêle pour les débarrasser de l'humidité, l'enveloppe s'enlève alors facilement, et laisse voir de petites masses jaunes ressemblant à des œufs de carpe. On les frit dans le beurre, le lard, ou l'huile; on les assaisonne avec un peu de bouillon, celui de poulet est préférable, et donne un meilleur goût. Quand tout a bouilli pendant quatre ou cinq minutes, on écrase avec une cuiller de bois, et on remue avec soin pour que rien ne s'attache. Les mandarins, et en général les gens riches, ajoutent des jaunes d'œufs dans la proportion d'un jaune pour cent chrysalides. Au moyen de cette addition tout prend la couleur de la crème, et exhale une odeur exquise. Les pauvres gens se contentent d'y mettre du sel, du poivre et du vinaigre, ou, après les avoir dépouillées, les cuisent dans l'huile.

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