LUXEMBOURG
La ville haute. — Les villes basses du Grund et du Paffentlial. — Le faubourg de Clausen.
La ville do Luxembourg était originairement un château dont on fait remonter la construction, sur des conjectures assez faibles, il est vrai, au règne de l'empereur Gallien ; quoi qu'il en soit, on ne peut douter que la fondation de Luxembourg n'appartienne à des temps très reculés. Rien de plus magnifique que l'aspect de cette ville antique et le luxe merveilleux de ses fortifications, depuis le haut des rochers sur lesquels elle est assise, jusqu'au sommet des coteaux qui lui sont opposés.
Ce fut en 9G3 que Sigefroi, premier comte de Luxembourg , acquit les ruines du château appelé Liitzelbourg, et par corruption on dit aujourd'hui Luxembourg. Sigefroi répara les ruines de ce château, et les flanqua de sept tours crénelées ; bientôt une population industrieuse se groupa autour de la demeure seigneuriale. Les villes basses du Grund et du Paflenthal se formèrent comme par magie , ainsi que la première enceinte de la ville haute ; la seconde enceinte ne fut bâtie que plus d'un demi-siècle après. On peut dire que le Luxembourg, dont la possession est maintenant une source de débats , de discussions, et sera peut-être un prétexte de guerre, appartient à plusieurs des grandes puissances de l'Europe ; les empereurs d'Allemagne ont des droits à revendiquer, car Venceslas, Charles-Quint, Charles VI, ont tourà-tour agrandi la ville. L'Espagne peut dire que lorsqu'en 1071 , le comte de Monterei gouvernait en son nom les Pays-Bas, il s'occupa d'améliorer la position de guerre du Luxembourg; et la France , sous Louis XIV, à cette glorieuse époque de nos annales, ne fit-elle pas construire la plupart des forts extérieurs, et les casernes du Saint-Esprit, de Vauban, du Rham ! La forteresse de Luxembourg qui devient chaque jour plus importante, est regardée comme la plus formidable de l'Europe.
On évalue à six mille trois cents âmes la population de la ville haute, sans la garnison qui est de quatre à cinq mille hommes en temps de paix, et, en temps de guerre, de douze à quinze mille. La plupart des rues de la ville haute sont bien percées ; au centre ce trouve une place d'armes, plantée d'un double rang de maronniers sauvages. Parmi les édifices publics, on remarque principalement l'Hôtel-de-Ville , où siège depuis peu l'administration municipale , et l'hôtel du gouvernement; le vaste couvent du petit séminaire qui est contigu à celui du Collège royal, se trouve converti en caserne de maréchaussée. Le beau bâtiment du Grevenhaus est occupé par l'administration militaire des vivres, non loin de l'Arsenal, dans lequel il y a des fusils pour plus de dix mille hommes, et les pièces d'artillerie nécessaires à la défense de la
cité. L'église Saint-Pierre est la plus remarquable do la ville; on y voit un petit tableau représentant Cunigonde, fille de Sigefroi, mariée à Henri, duc de Bavière, au moment où elle se justifie par l'épreuve du fer chaud, d'avoir trahi son époux. A gauche, en entrant, est un splendide monument entouré de cinq pleureuses; il a été érigé en l'honneur du roi Jean , l'aveugle. Les dépouilles de ce roi qui voyagent depuis cinq siècles de tombeaux en tombeaux, furent presque entièrement consumées dans un incendie. On raconte que vers 1744, lorsque les soldats d'un des régiments de la Bohème qui se rendait dans les Pays- Bas , apprirent que le monument du roi Jean était à Luxembourg, ils demandèrent à le voir, et tous arrachèrent un fragment de la pierre sépulcrale qu'ils emportèrent comme des reliques.
Au pied des rochers sur lesquels la ville haute est assise, se trouvent les deux villes basses, le Paflenthal et le Grund. C'est le maréchal de Vauban qui traça , en 1684 , les fortifications pour les renfermer telles qu'on les voit aujourd'hui, sauf les changements qui y ont été faits par les ingénieurs de la confédération germanique. Entre ces deux villes basses, s'étend le faubourg de Clausen. Placé en face de la porte d'Eich , le voyageur admirera toujours l'importante enceinte de murailles au-dessus desquelles se déploie la ville haute, et le riche coup-d'œil de l'hôpital militaire au milieu des chétives maisons. La ville basse du Paflenthal , située au nord , compte à peu-près dix-sept cents âmes ; la ville du Grund, construite au midi , en contient dix-neuf cents ; presque toutes les habitations de la première furent dévorées par un incendie, en 1705; celles de la seconde éprouvèrent le môme sort en 1807, par la terrible explosion d'un magasin à poudre, près de la porte de Thionville. Sur d'immenses rochers qui dominent la ville du Grund spnt bâties les casernes du Rham , défendues d'un côté par des murs élevés, et de l'autre par des précipices.
Le faubourg de Clausen renferme environ mille habitants ; ils possèdent les belles ruines du château que le comte de Mansfeld, gouverneur de la ville et du duché de Luxembourg, y fit construire, en 1505. Au seizième siècle, ce faubourg ét;iit le Panthéon des antiquités romaines du pays ; il y en a encore quelques-unes incrustées dans les murs. L'empereur Charles-Quint fit démolir, en 1541, le faubourg de Clausen , ainsi que l'abbaye qui était située sur le vieux Munster ; l'antique château de Liitzelbourg fut aussi démoli pour avoir favorisé la défense de la place; mais ces précautions furent inutiles. L'armée française vint mettre le siège devant la ville, et s'en rendit maître ; le duc de Nassau la reprit, et les Français y entrèrent de nouveau l'année suivante. En 1544, Charles-Quint l'emporta d'assaut.
La province de Luxembourg a été long-temps gouvernée par des comtes particuliers. Sigefroi, fils de Wideric, comte des Ardennes, fut le premier comte de Luxembourg ; il mourut le 14 août 998 , selon le nécrologe de saint Maximin.
En 1415 , Elisabeth de Gorlitz, veuve du duc Antoine, prit les rênes du gouvernement de Luxembourg, après la mort de son époux ; femme impérieuse, elle indisposa les esprits contre elle, et causa un soulèvement dans le duché. Peu de temps après,
elle fit cession de ses droits au duché de Luxembourg à Philippe, duc de Bourgogne, lui laissant la difficile mission de s'entendre avec le duc de Brabant, pour toutes les prétentions qu'il élevait contre elle. Retirée à Dijon, elle conclut, en 1431, de nouveaux arrangements avec les ducs de Brabant et de Bourgogne, et reprend le gouvernement de Luxembourg. Soudain un concurrent se présente, c'est le duc de Saxe, Guillaume. Elisabeth de Gorlitz lui oppose le duc de Bourgogne, qu'elle nomme mambour ou gouverneur de la province. Les bourgeois de la ville de Luxembourg, gagnés par les émissaires du duc de Saxe, se soulèvent contre Elisabeth, et l'obligent de se réfugier une seconde fois à Dijon. Le duc de Bourgogne part de cette ville le 9 septembre 1 H3 , accompagné
d'Elisabeth, et suivi d'une cour brillante ; il va se mettre à la tète des troupes dirigées contre les habitants du Luxembourg. Les Bourguignons prennent la cité par escalade, dans la nuit du 21 au 22 novembre, et le 11 décembre suivant, ils obligent la citadelle à capituler. Le 29 du même mois, traité de paix entre le duc de Saxe et le duc de Bourgogne. Le premier renonce à toutes ses prétentions sur le duché de Luxembourg ; il ordonne aux états du pays de reconnaître pour leur seigneur et maître le duc de Bourgogne, et les absout des serments qu'ils pourraient avoir prêtés à d'autres. Elisabeth de Gorlitz confirme ce traité par la cession qu'elle fait à Philippe, de tous ses droits au duché de Luxembourg, au comté de Chini et à l'avouerie d'Alsace ; puis elle
Luxembourg, vue prise sur le haut pont.
se retire à Trêves où elle meurt le 3 août 14-51, chargée de dettes et de la haine de ses peuples.
C'est ainsi que le Luxembourg perdit ses souverains particuliers. Charles -le -Téméraire , duc de Bourgogne, étant mort en 1477, Marie, sa fille unique et son héritière, porta le Luxembourg dans la maison d'Autriche, par son mariage avec l'archiduc Maximilien. Michel Behrens.
Un malheur affreux vous frappe , mais vous avez été juste avec vos inférieurs, noble et grand avec vos égaux ; vous avez porté des secours et des consolations à ceux qui en avaient besoin. Vous avez fait le bien , c'était votre inclination ; alors les souvenirs de votre vie passée s'emparent de votre mémoire et la remplissent malgré vous. En éprouvant l'ingratitude de celui-ci, vous vous rappelez que naguère vous
avez sauvé ses jours. Celui-là vous calomnie, mais vous l'avez défendu contre la clameur publique ; cet autre vous outrage, mais jadis, pour lui être utile, vous avez oublié votre élévation , vous vous êtes incliné vers lui. Tout change autour de vous, tout devient hostile, eteependant vous voussentez paisible. Le mépris des hommes vous poursuit, il ne Vous entame pas; c'était pour les autres que fructifiait autrefois votre bonheur ; vous ne le receviez que pour le distribuer. Dès lors , vous donniez des arrhes à l'adversité ; elle est venue , vous étiez en mesure. Les jugements d'ici-bas changent et varient; l'estime qui vous avait abandonné, la justice qui vous avait été refusée, vous reviennent enfin ; vous rentrez dans la société, décoré par votre malheur même. C'était le dernier genre de supériorité qui vous attendait : yous avez pris place dans l'élite.
Chacun doit recevoir avec courage et reconnais-
sance le malheur que Dieu lui envoie. C'est la dette d'honneur, il faut l'acquitter sans regarder au montant. Il y a plus, jusqu'aux témoins, le malheur engage tout. Nous ne sommes pas qu'habitants d'un même pays ; nous ne faisons pas que parler la même langue; nous sommes plus que citoyens et frères, nous sommes chrétiens. En s'isolant en soi , on amasse des jours ; mais vivre, c'est devenir créature sociale ; c'est en accepter la destinée ; c'est en remplir les devoirs. Des ennemis acharnés poursuivent l'innocent ; jetons-nous dans la mêlée ; nous possédons le don de parler et d'écrire , faisons appel à l'univers. Le pauvre qui nous approche ne peut nourrir tous ses enfants : entrons dans sa chaumière, prenons par la main celui qui est de trop ; il est le nôtre. Tel enfin est malheureux, c'est sa faute ; il repousse le repentir, il faut l'y ramener ; alors pour mieux réussir, rendez-vous séducteur. Soutenir celui qui chancelle , c'est œuvre vulgaire ; mais demander sa part dans l'adversité d'autrui, la réclamer d'autorité, enfin captiver le malheur pour le purifier, c'est aller plus loin que le devoir ; c'est en recueillir les délices.
[L'Observateur au XIXe siècle, par Saint-Prosper.J
ÉTUDES BOTANIQUES
Suite de l'article sur la fleur [voir p. 140).
A l'époque de la fécondation , les étamines des saxifrages , des rues , de la sparmanie d'Afrique , du ciste hélianthème, se conduisent comme celles de la parnassie, en se rapprochant du pistil par un mouvement spontané, au moment de lancer leur pollen. Dans le géranium , le filet de l'étamine se courbe pour poser le pollen, ou poussière fécondante, sur le stigmate qui couronne le pistil. Dans d'autres fleurs, tantôt les étamines s'approchent toutes à la fois, tantôt en partie. Au moment de l'épanouissement de la fleur, les filets des étamines des orties, des mûriers, des kalmia, de la pariétaire, se redressent avec force et par un mouvement brusque. Dans l'épilobe et dans d'autres plantes, telles que les nigelles, les passiflores, le pistil se courbe pour venir chercher les étamines. Le stigmate de la tulipe se dilate d'une manière remarquable lors de l'émission du pollen ; le cîiaton des arum acquiert alors une chaleur considérable qui, quelquefois, est de huit ou dix degrés plus élevée que celle de l'atmosphère qui l'environne ; il se fait sur toute sa surface un changement aussi subit que singulier : de vert-clair qu'il était, il devient noir ou violet.
Nous avons dit qu'une fleur peut être mâle ou n'ayant que des étamines ; femelle ou n'ayant que des pistils ; hermaphrodite , ayant des étamines et des pistils. Mais il arrive quelquefois que, par avortement, elle n'a ni l'un ni l'autre ; dans ce cas, on dit qu'elle est neutre.
du pistil, fig. 1 . Le petit renflement de la base de cet organe est \'ovaire a, renfermant le rudiment des graines, ou ovules ; le filet qui s'élève sur l'ovaire b , est le style, et le petit renflement c, qui termine celuici, est le stigmate. Quelquefois un pistil peut manquer de style , et alors le stigmate est posé directement sur l'ovaire.
Il est fort important, surtout pour la classification linnéenne, d'observer combien de pistils a une fleur. On la dit : monogyne , quand elle n'en a qu'un, digyne, trigyne, lélragyne, pentagyne, hexagyne, heptagyne, octagyne, décagyne, lorsqu'elle en a un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix. On n'en connaît pas qui en ait onze; dodécagyne quand elle en a douze, et polygyne quand elle en a davantage.
Il est essentiel aussi d'étudier ses différentes parties, et c'est ce que nous allons faire.
1° L'ovaire. On examine sa connexion avec le calice, et on le dit supère ou libre, lorsqu'il n'a aucune adhérence avec le calice de la fleur, qu'il y est libre et seulement attaché par sa base ; demi-infère, semiinférieur, faisant corps avec le calice par sa partie inférieure, sa partie supérieure étant libre ; infère, inférieur, adhérent, lorsqu'il fait corps avec le calice, de manière à paraître placé dessous , comme par exemple dans la rose ; il est central lorsqu'il occupe le centre de la fleur ; excentral lorsqu'il se trouve un peu sur un des côtés.
On le dit : uniloculaire, lorsque sa cavité intérieure, n'ayant aucune cloison, n'offre par conséquent qu'une loge ; biloculaire, triloculaire, pluriloculaire, à deux, trois, ou plusieurs loges ; multiloculaire, à un grand nombre de loges. Quand l'ovaire ne porte pas de style, on le dit acéphale ; il peut être monostyle, distyle, etc. ; polystile, portant un, deux, etc., ou plusieurs styles.
2° Le style. Il est unique , quand il n'y en a qu'un pour un ou plusieurs ovaires; multiple, lorsqu'il y en a plusieurs pour un seul ovaire. Quelquefois il porte plusieurs stigmates , et il est distigmate, tristigmate , etc. ; monostigmate, s'il n'en a qu'un. On observe sa situation , et on le dit : terminal , situé au sommet d'un ovaire droit ; latéral, sur le sommet latéral d'un ovaire ; basilaire , sur un sommet tellement incliné qu'il se confond avec la base de l'ovaire ; il est inclus, ne dépassant pas l'orifice de la corolle ; saillant, lorsqu'il dépasse l'orifice de la corolle et ses divisions ; simple, sans division ; fendît, divisé longitudinalement à sa partie supérieure ; alors il peut être : bifide, trifide, etc., multif.de, à deux, trois, etc., ou plusieurs divisions. Il est dichotome, quand, étant fourchu , les deux branches de la fourche sont ellesmêmes subdivisées en deux.
3° Le stigmate. Cet organe, toujours placé au sommet du pistil, est d'une étude fort importante ; on le considère sous le rapport : (a) du nombre, (b) de sa situation, (c) de sa substance, (d) de sa forme, (e) de son sommet, (f ) de son bord, (g) de sa division, (h) de ses appendices, (i) de sa direction, (j) de sa superficie, (k) de sa coloration.
(a) Nombre. Toutes les fleurs qui ont plusieurs ovaires n'ont jamais qu'un style, ou un stigmate pour chacun d'eux. On dit le stigmate unique, double, triple, etc. , multiple , lorsque le style en porte un , deux, trois, etc., ou plusieurs.
(b) Situation. Il est : latéral , placé sur le côté du style ou de l'ovaire ; adverse, tourné vers la circonférence de la fleur ; inverse , lorsqu'il y en a plusieurs et que chacun d'eux regarde le centre de la fleur ; antérieur, quamd, dans une fleur irrégulière, il regarde la partie antérieure de la corolle ; sessile, quand le style manque.
(c) Substance. Il est : charnu, épais charnu, ferme.
succulent; pétaliforme , fig. 2, ressemblant à un pétale, comme dans l'iris.
(d) Forme. Il peut être : globuleux, capité ou en tète ; hémisphérique, comme la moitié d'une boule ; clavi forme, fig. 3, en forme de massue, etc., et enfin affecter toutes les formes d'une feuille épaisse, auquel cas on se sert des mêmes termes pour les décrire.
(e) Sommet. On le dit : unciné, recourbé ; hameçonné, recourbé en hameçon; aigu, obtus, tronqué, émargé ou échancré ; semi-luné, quand l'échancrure a la forme d'un croissant.
(f) Bord ou pourtour. Quelquefois il est denté; denticulè ou à petites dents ; crénelé, ayant des crénelures arrondies ; cilié, garni de lanières fines, ou de poils.
(g) Division, il peut être simple ou divisé, et dans ce dernier cas : lacinié, fig. h, divisé en lanières ; bifide, en deux lanières étroitec ; trif.de, guadrif.de, multifide , en trois , quatre ou plusieurs lanières étroites ; bilobé, trilobé, etc., quand les lanières sont courtes, larges, et prennent alors le nom de lobes ; bilamellé, composé de deux lames ; engainant, vaginant , quand une des deux lames enveloppe l'autre.
(h) Appendices. Il peut être muni d'un anneau de poils, d'un anneau glanduleux, d'une urcéole, ou d'un rebord membraneux.
(i) Direction. Dressé, long et parallèle à l'axe de la fleur ; oblique, lorsque sa direction s'écarte de celle de la fleur ; tors , contourné en spirale ; infléchi, courbé en-dedans ; révoluté, courbé sur lui-même en dehors.
(j) Superficie. Il peut être glabre ou sans poils; velu , couvert de poils doux et serrés, comme du velours ; pubescent , ayant des poils, et, dans ce cas, on le dit : penicillaire ou penicilli forme, à poils réunis en forme de pinceau ou de houppe ; aspergiliforme, à poils ramassés vers sa partie supérieure, en forme de goupillon ; plumeux, quand les poils sont disposés sur ses côtés comme les barbes d'une plume. Le stigmate peut encore être granuleux, couvert de pupilles en forme de petits grains ; visqueux, enduit d'une liqueur gluante ; sillonné, rayé par des sillons.
(k) coloration. On détermine sa couleur lorsqu'elle offre une teinte particulière.
Le pistil joue le rôle le plus important dans l'acte de la fécondation. Son stigmate est proprement l'orifice de l'organe femelle ; quelle que soit la forme qu'il affecte, on aperçoit toujours une espèce de petite cicatrice souvent entourée de papilles ou de petits mamelons, sans doute destinés à retenir la poussière fécondante. On remarque aussi qu'il est couvert d'humidité, et l'on en conçoit facilement les causes, quand on sait que les vésicules qui constituent le pollen ont la singulière propriété d'éclater au moindre contact avec l'eau, et de laisser couler la liqueur fécondante qui y est contenue. Quand le stigmate n'est pas sessiie, le style qui le porte est une espèce de conduit percé dans le centre par un ou plusieurs canaux très déliés, chargés de transmettre à l'ovaire la liqueur versée par le pollen et reçue par le stigmate. Dès cet instant seulement, les embryons de graine s'animent, se développent, et, par la maturité, deviennent propres à reproduire l'espèce.
Ceci connu , il est aisé de concevoir pourquoi les pluies abondantes, pendant la floraison, ou des gelées
blanches, à la même époque, font avorter les récoltes. En effet, le pollen, mouillé avant d'avoir été porté sur le stigmate, éclate, et la liqueur fécondante se disperse inutilement. Quant à la gelée, pour peu qu'elle atteigne le stigmate, qui est un organe très délicat et toujours humide, ce qui donne prise au froid, elle le détruit, le noircit, ou au moins l'oblitère, et la fécondation ne peut plus s'opérer, quoique souvent toutes les autres parties de la fleur restent intactes.
L'ovaire a la plus grande analogie avec l'ovaire des animaux, et comme lui, renferme des ovules qui y sont attachées par un cordon ombilical. Aussitôt après la fécondation il remplit l'office de matrice. La paroi de sa cavité intérieure élabore les sucs nutritifs destinés à développer les embryons, et les leur transmet par les vaisseaux du cordon ombilical.
Il arrive assez souvent que , par surabondance de nourriture , les pistils et les étamines d'une fleur se métamorphosent en pétales, et dans ce cas, la fécondation ne pouvant plus avoir lieu, la fleur devient stérile. Mais ce qu'elle a perdu d'un côté, elle le gagne par la beauté de sacorolle devenue double ou pleine, pour me servir de l'expression des jardiniers. Telle est la rose cent feuilles.
de l'étamine , fig. 5. C'est, comme je l'ai dit, l'organe mâle de la fleur. Elle est ordinairement composée d'un filet, b, et d'un petit sac terminal nommé anthère, a.
Le filet, ordinairement en forme de petit pédicelle, se dit inanthéré, fig. 6, quand il ne porte point d'anthère. Il peut être : cylindrique; plane ou plat; pétaliforme, fig. 1, mince, large, coloré, comme un pétale , et dans ce cas , ses formes se décrivent aveG les mêmes termes que ceux employés pour le limbe d'une feuille. Il peut encore être : toruleux , fig. 6, noueux , ayant d'intervalle en intervalle, des renflements comme les nœuds d'une corde ; geniculé , formant un coude brusque; spirale, fig. 8, contourné en tire-bouchon ; colonnaire , élevé verticalement en forme de petite colonne ; engainant, fig. 9, tubuleux et formant une gaine autour du pistil ; annulaire fig. 10, formant l'anneau; corolliforme , fig. 11, ayant la forme et la couleur d'une corolle ; cucullifère, portant des appendices en forme de eornets ; proéminent , lorsqu'il s'allonge sensiblement au-dessus de l'anthère.
Quand les filets sont soudés entre eux en un seul faisceau, on dit les étamines monadelphes, fig. 9; en deux faisceaux, diadelphes, fig. 12 ; en plusieurs faisceaux, polyadelphes, fig. 13.
L'anthère, fig. 5, a, ou petit sac contenant le pollen, peut être sessile, fig. 15, ou sans filet; adnée, fig. 16, lorsqu'elle est fixée au filet dans toute sa longueur ; basifixe, fig. 17, fixée par sa base ; medifixe, fig. 18, fixée par le milieu ; introrse ou adverse, attachée de manière à ce que la suture de ses valves regarde le pistil ; extrorse ou inverse, lorsque la suture des valves regarde la circonférence de la fleur ; mobile, attachée par un seul point qui fait l'office de charnière ; vacillante, attachée par le milieu, et mobile ; pivotante, tournant sur son attache comme sur un pivot.
Elle peut être : difforme, irrégulière ; didyme , fig. 19 , à deux lobes arrondis et réunis par un point, etc., et, dans le plus grand nombre de cas, on
la décrit avec les mêmes termes que ceux employés pour la feuille. Si elle est lobée ou divisée en lobes, il faut observer et décrire le connectifdas lobes, fig. 20, a , c'est-à-dire cette partie charnue qui leur sert de lien.
Considérée seus le rapport de ses loges, on la dit : uniloculaire, biloculaire, etc., à une, deux loges, etc. ; stérile , quand les loges ne renferment point de pollen ; fertile, quand elle en contient ; si les loges sont vides après Yanthis». c'est-à-dire après l'émission du pollen, l'anthère est déflorée.
Les étamines , en comprenant ensemble' toutes leurs parties, sont étudiées 6ous le rapport : 1° de leur insertion ; 2° de leur nombre ; 3° de leur connexion ; 4° de leur proportion ; 5° de leur disposition ; 6° de leur longueur comparative ; 7° de leur direction.
1° Insertion. Elle est médiate, quand les étamines sont soudées à la corolle par leurs filets ; immédiate, lorsque les étamines sont attachées sous l'ovaire, sans adhérence avec la corolle. Si l'on considère l'insertion sous le rapport du pistil, on les dit hypogyncs, lorsque leurs filets prennent naissance au-dessous de l'ovaire, ou sur le même plan que sa base , mais non sur l'enveloppe florale ; périgynes, quand leurs filets prennent naissance autour de l'ovaire, sur une des enveloppes florales ; épigynes, lorsqu'elles sont attachées sur le pistil.
2° Nombre. Sous ce rapport elles sont définies, quand il y en a de une à douze ; indéfinies, quand il y en a plus de douze, et qu'on ne les compte plus. Jusqu'à douze, le nombre des étamines est invariable dans chaque espèce, de manière que Linnée a fondé là-dessus les premières classes de son système des sexes ; ainsi l'on dit une fleur : memandre, driandre, triandre, tetrandre, pentandre, hexandre, heptandre,
octandre, ennéandre, décandre, à une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix étamines ; on n'en connaît pas qui en ait onze. On dit dodécandr», celle qui en a douze ; icosandre, celle qui en a de douze à vingt, après quoi on ne les compte plus , et on dit la fleur polyandre.
3° Connexion. Les étamines sont distinctes, quand elles ne sont réunies ni par leurs filets ni par leurs anthères ; conjointes, réunies par leurs filets, et dans ce cas, on se sert du mot adtlphe (en grec, frère), pour indiquer que plusieurs anthères sont placées sur le même support. Ainsi, comme nous l'avons dit plus haut, on dira les étamines monadelphes, diadelphcs, polyadelphes, fig. 11, 12, 13, quand leurs filets sont soudés en un seul faisceau, en deux ou en plusieurs. Linnée a établi trois classes fondées sur ce caractère. Quand les étamines sont soudées par leurs anthères, on les dit syngénèses, fig. ih.
k° Proportion. Ce caractère a aussi servi à établir des classes, et doit être étudié. Les étamines sont didynames, fig. 21, au nombre de quatre dont deux plus courtes ; tetradynames, fig. 22, au nombre de six dont deux plus courtes.
5° Disposition. Elles sont oppositives ou opposées ; interposilives ou alternes, distantes, rapprochées, ramassées, etc.
G° Longueur. Comparées à la corolle ou au calice, elles sont : saillantes lorsqu'elles dépassent sensiblement l'orifice delà corolle ; incluses, lorsqu'elles sont renfermées dans la corolle, et ne paraissent pas audehors.
7° Direction. On les dit infléchies, se courbant vers le centre de la fleur ; refléchies, courbées en dehors ; unilatérales, se portant toutes du même côté.
BOITARD
7e planche des études botaniques.
-ortfiiip laso Dmofl
CHUTE DU iNIAG A 11 A.
La cataracte du Nidgara,' dans l'Amérique septentrionale, entre le Haut-Canada et New-Yorek, passe 'powîà plus belle de l'univers. Au moment de se 'Précipiter, le'coùrâ d'eau quitte I>rus(iuement là direction nord-ouest, et sa largeur se réduit d'une lieue à un quart de lieue. La hauteur perpendiculaire de la chute est de cènfqtfarante-quatre pieds , et l'on croit que l'eau descend aumorns à soixante pieds dans l'abîme. La cataracte est divisée1 en deux parties par l'ile d'Iris ou Goat-Island, Couverte de beaux arbres"; la partie occidentale , la plus considérable, se courbe en fera cheval -, l'autre est encore 'partagée par un petit iiot. Le bruit de la chute est entendu d'une distance de vingt lieues; on sent la1 terre trembler' dans les environs, et lè^riUagé' de vapeur qui s'élève au'-i dessus du précipice, peut se voir de vingt-ci riqTrèûës'} «ette vapeur tombe, en hiver, sur les branches des arbres Voisins et s'y congèle 'en produisant des décorations cristallines véritablement .admirables : « Mille ards^ètt^îèl;'dijt-M'.'lde'Châteaimi,iànd, se croisent sur Tabîmo. L'onde, frappant le roc ébranlé, rejaillit en tourbillons d'écume qui s'élèvent au-dessus dés forêts, comme la fumée d'un vaste embrasement. Des pins, des noyers sauvages, des rochers taillés en forme de fantômes, décorent la scène. Des aigles, entraînés par le courant d'air, descendent en tournoyant au fond dd gouffre, et les carcajoux se suspendent, par leurs longues queues, au bout d'une branche abaissée i'ppiif saisir dans l'abîme les cadavres brisés des élans et des ours1. à^L'âspefctlé'plUs'étOrtnànt'sépré'sëhte eh hiver, lorsque les eaux, malgré leur mouvement e#royàW#; ' ressëhïëW'^mFlaehce. des gelées ; alors dPéÂiormes colonnes de glace 'S'éïèvent du fohd'du précipice-; tdhdW'que d'autres morceaux de glace pendent' 'd'en -haut comme autant dé tuyaux d'drgii'e.' Depuis la fin de décembre 1828, l'aspect de la chute du Niagara a complètement changé par I'éboulement d'une immense portion du rOchér'd'ôù se précipitent les flots. Cette récente destruction, opérée par les efforts d'une masse énorme d'eau qui tombe d'une si grande; hauteur, se renouvellera encore sans douté, de même qu'elle s'est déjà produite plusieurs fois ; on sait que la cascade à. reculé d'environ 'trois ou quatre lieues, et il y à' trois siècles; elle était vis-à-vis de la ville de Lewistovvn.
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