LE CARNAVAL DEPUIS LE1 DÉLUGE
Nttavb sole nouum. — Rien de nouveau sous le soleil. ■liî-j'iii-j'n io 81jee?>b '>l tirni Mj'.-i .-',|i.iriiili: , -.1 •.biçfrfèie.ft ptihiiquesiquenous.désigïions aujourd'hui sous le&ôtfMle Carnbvul>\ sont aussi anciennes que le «ponde,* G'^st .sous le ciel de l'Egypte. qu'elles prirent najs§ai)pe,i,.;u;-,().)|-..-, ,,| ?l!..\, ;..)/r, ..,,-, i,,-,,;,! ,-,.
Chea le>,J^gyptien&, et! ensuite che?Tes Grecs,/! on > ava^J'hàhitudeda, se, déguiser et de se masquer pendant la célébration, des- istes religieuses ^-afin de re- P^fi^P,nt#nsouait<neitomei)humaineiririiage des dieux, 4os,.dé^69SI etd^adiérds.'.^e là l'origine des traves* fôseme#ts\efc des, masques.
Ce qui est étrange , en elfet , c'est que le carnaval est d'origine sacrée. C'est pour :fèter la divinité que les prêtres égyptiens venus de l'Ethiopie dans la Moyenne-Egypte, le' donnèrent au peuple et sanctifièrent ses cérémonies. Le carnaval se nommait alors c/wrubs, et avait lieu à l'équinoxe d'automne.
Les cherubs, ou la fête du bœuf, ne se faisaient^ dans'touteTËgyptè de la même manière1; cola tenait aux noms divers que l'on donnait à Jupiter. Aussi, il s'appelait, suivant les lieux, 'Isis, Osiris, MnériS, Onphis et Apis. Ce dernier était lé plus généralement honoré. Voici comment On Célébrait sa fête : lorsque l'équinoxe d'automne' approchait, les prêtres égyptiens faisaient chercher par toute l'Egypte le bœuf le plus beau, le plus fort et le plus gras. Quand l'animal était trouvé , on le faisait descendre jusqu'à Alexandrie, et là on lé plaçait dans One enceinte réservée, et on l'entourait de soins ctfd'hdfriniàges. Des jeunes filles non vêtues avaient seules le droit de le servir. Les prêtres venaient l'adorer matin et soir.
Quelques jours avant la fête, des artistes choisis parmi les prêtres doraient ses cornes, le paraient d'étoffés de soie et d'or, et peignaient suf'son corps des ornements symboliques et des signés hiéroglyphiques: cela ressemble à la coutume, employée depuis, d'enhàrnacher plaisamtnent le bœuf laboxireûr des Grecs et des Romains, et le bœuf gras des fêtes du moyenâge et du carnaval moderne. Cette ô'pér'àtion terminée, on faisait sortir l'animal de son értcèirite, et on le promenait pendant sept jours dans-tdiiiës les rues de la ville1; ayant un jeune enfant stif île dos. Des hommes,' des femmes et des enfants déguisés, masqués et montés sur des chameaux1, sur dés chevaux , ou sur des ânes, chantaient des hymnes à sa louange'.' Les femmes qui T'avaient 'servi dans son enceinte, le suivaient dans^ le mêmecosttitne que1 précédemment; des officiers et des soldats formaient la haie en marchant'de Chaque coté du cortège. Alors les réjouissances publiques, les divertissements, Tes mascarades comrhençaient darts1 toutes les parties1 dé TÉgypte, et duraient jusqu'à la mort du nouveau dieu, qui arrivait toujours le septième soit* après la 'Célébration de sa fétie. Quand cet instant fatal était veriu, 'les prêtre^ conduisaient pompeusement le divin quadrupède jus que sur le rivages du Nil, et là, en' 'présence de la fdiilé assemblée, au milieu des chants , dés danses et desfestins, ils le noyaient dans les 'eaux du' fleuve,' en récitant des prières et en levant les yettx au cîeL'Les traditions ajoutent qu'ils le faisaient ensuite conduire chez eux pour l'embaumer ; mais comme jusqu'à ce jour on ri'â pas encore' retrouvé de1 rMrttiès de bœuf* dans les anciens tëtnplés de1 la Nubie, r.'deJ l'Ethiopie1 et' de l'Egypte , il ■ est très ' probable qde les' ! patres en faisaient un tout autre usage. LeTëndeniàini'Q'é^ fêtés* cessaient , le peuple quittait ses 'costumes ëi'Se^inàs^ qoès ;■ ' ' les • servante» I du bœuf reprenaient' idéS'PvêteJ ments plus décents-y et rètqurnaferitài 'leurs !ot'(Àjp'a^ tions ordinaires ;^ le silence > le câline1, le Vëpds'y-'shW cédaient au bruit1 aux jeuxyaux: plaisirs de 'la* veille" j> l'Egypte se reposait de ses fatigues jusqu'auà'->c7<tr«&,v de l'équinoxe prochain. Le lendemain de ce septième jour était donc pour les> Égyptiens' 'le 'metèwM'kli'ï cendres An notre carnaval.
Lorsque les prêtres j)erdirent de leur autorité, les peoplos cessèrent de erohro au i rciystères U'Qsiriset
d'Isis ; lorsque Sésostris, s'alïranchissant de la tutelle théocratique, étendit son empire depuis le Gange jusqu'au Danube ; lorsque les Pharaons, continuant la mission réformatrice de Sésostris , eurent interdit à tous leurs sujets de solenniser les jours de fêtes instituées par les prêtres, les cherubs devinrent profanes, et s'éteignirent avec Psamménife, le dernier des Pharaons, pour se transformer et briller d'un plus vif éclat sous le nom de bacchanales, chez d'autres peuples civilisés par Cécrops, l'Égyptien (1582 avant Jésus-Christ), les Hellènes et les Grecs.
Les bacchanales se célébraient comme les cherubs égyptiens, à l'équinoxe d'automne, et ne duraient que trois jours. Pour la première fois, un dieu Bacchus, se trouva représenté sous une forme humaine, monté sur un âne, ou assis dans un charriot traîné par des taureaux blancs , mais toujours précédé d'un bœuf richement paré. Il y eut un changement de nom ; on appela ces cérémonies mystères de Cérès et de Bacchus , au lieu de mystères d'Osiris et d'Isis. Les mêmes usages observés dans le choix et dans les processions du bœuf Apis furent conservés dans la célébration des bacchanales. On voyait le héros de la fête , Bacchus , la tête entourée de lierre, de pampres et de raisins , la face barbouillée de lie , et monté sur un âne ; près de lui son vieux compagnon Silène, le polichinelle du carnaval grec, vidant avec délice une coupe pleine de vin ; puis cet autre type égyptien, à la face noircie, au corps souple , aux vêtements de toutes couleurs. Enfin, dans toutes les rues, sur toutes les places, se trouvaient des hommes, des femmes, des enfants déguisés et masqués, chantant et dansant comme les Égyptiens travestis des cherubs d'Alexandrie.
Pendant la célébration de ces fêtes , les poètes se disputaient le prix de la poésie ; on entendait en comité les pièces de théâtre qui devaient être livrées à la représentation ; il y avait même des auteurs qui faisaient des pièces , seulement pour les jouer pendant les bacchanales. On donnait en spectacle le mystère de Bacchus, tué par les Titans, descendu aux enfers , et ensuite ressuscité. Les traditions égyptiennes ont été si scrupuleusement suivies par les Grecs , qu'à Chio et à Ténédos cette mort était représentée par le sacrifice simulé d'un homme travesti , tout comme cela se faisait en Egypte , dans les cherubs, où l'on voyait Osiris mis à mort par Tiphon.
Les bacchanales ne tardèrent pas à devenir comme les cherubs égyptiens des fêtes purement profanes, des orgies publiques , des divertissements infâmes. Lorsque les archontes décennaux se démirent de leurs fonctions et plongèrent la république dans l'anarchie, lorsque le lien religieux disparut, et que le pouvoir théocratique fut obligé de courber la tête devant la philosophie de Thaïes, de Milet, et de Pythagore, devant les sages institutions de Solon , le carnaval grec devint quelque chose de monstrueux. A l'aide des travestissements et des masques on souilla la Grèce d'infamies. La nuit fut choisie pour la célébration des bacchanales. La société grecque était arrivée à l'apogée de sa gloire ; elle s'éteignit alors comme un grand météore. Les Étrusques et les Romains en recueillirent les débris.
Les bacchanales nocturnes de la Grèce furent célébrées en Italie, dans l'Étrurie pendant plusieurs siè-
cles ; mais un événement arrivé à Rome cent quatrevingt-six ans avant notre ère , força le sénat à les défendre sous les peines les plus graves. Il fallait cependant des fêtes au peuple. Un carnaval nouveau fut organisé dans les temples. On choisit pour le célébrer le moment le plus triste de l'année ; ce fut du 15 au 21 décembre. Saturne, cet ancien patron des Latins, remplaça Bacchus, et ses mystères reçurent le nom de salurnaks. Ces réjouissances publiques furent créées pour inspirer au peuple de grandes ,et nobles pensées. Pendant les sept jours du carnaval romain, la joie devenait universelle ; dans toute l'Italie, on conserva les processions du bœuf Apis et du bœuf laboureur des Grecs, dans lesquelles on vit déjà apparaître en germe parmi les mimes qui formaient le cortège, le polichinelle et Y arlequin de nos jours. Le premier ( Maccus), était masqué ; il portait aux deux coins de la bouche des grelots, et sur la tête un bonnet phrygien.
Le second [Planipèdes), ne portait ni cothurne, ni brodequins, sa tête était rasée et sa face noircie. Son costume formé de pièces de plusieurs couleurs , lui serrait la taille et lui donnait beaucoup de grâce et de légèreté dans les mouvements. Il dansait presque toujours, et affectait une grande finesse dans les farces qu'il jouait devant le peuple.
Pendant les saturnales, on fermait les tribunaux et les écoles, on ouvrait les cirques, et l'on promenait par les villes des charriots pavoises et des animaux travestis ; on faisait grâce aux criminels ; on s'envoyait des présents ; les maîtres servaient les valets, et les valets commandaient aux maîtres ; les riches se dépouillaient en faveur des pauvres ; le peuple régnait.
Du temps des premiers empereurs romains , les saturnales étaient devenues aussi bourgeoises que le sont aujourd'hui nos fêtes du carnaval. Le peuple conservait les anciens travestissements , et les nobles patriciens, pour se distinguer des masses, allaient dans des bals magnifiques , s'enveloppant le corps d'une robe longue et noire , à l'extrémité de laquelle se trouvait un capuchon [cucullus) cousu à un grand collet qui couvrait les épaules et qu'on appelait lucema. C'est sur ce modèle qu'ont été faites depuis les robes des dominos vénitiens.
Après l'âge d'or de la philosophie et de la littérature , le monde romain devait s'anéantir à son tour , ou plutôt se transformer.
L'établissement du christianisme ne mit pas fin tout d'abord à la célébration des saturnales anciennes. Saint Augustin, saint Cyprien, saint Thomas, et le concile de Laodicée furent obligés de défendre les travestissements ; ils donnèrent aux masques le nom de visages de démons. Toutefois, au milieu du septième siècle , les saturnales reprirent le dessus et reçurent un caractère religieux dans l'institution des fêtes de la Nativité, des Innocents, de Y Ane et des Fous.
Tous les symboles du carnaval égyptien, grec et romain furent conservés dans la célébration de cette dernière fête, qui se faisait depuis Noël jusqu'à l'Epiphanie. Le bœuf et l'âne reçurent une nouvelle sanctification ; on les honora comme la représentation matérielle de la force et de l'humilité. Théophile Raynaud nous apprend que le peuple chantait aux processions la prose du Bœuf et la prose de l'Ane. Ces
fêtes chrétiennes prirent aussi naissance dans les temples ; des laïques et des prêtres déguisés et masqués commençaient par élire le héros de la fête, le pape des fous. Cet homme, affublé d'une chasuble et couronné de raisins , était promené triomphalement pendant trois ou sept jours dans les rues de la ville, monté sur un âne et précédé du bœuf gras. Ce cortège , composé d'hommes et de femmes vêtus de costumes extraordinaires, moitié païen, moitié chrétien, se rendait en chantant et en buvant dans la cathédrale du lieu. Là, ces nouveaux bacchants exécutaient des danses et mangeaient des viandes sur l'autel.
L'austérité qui présida à la célébration de ces fêtes disparut avec la foi des fidèles ; la licence, le désordre et l'orgie se répandirent partout. Au quator-
zième siècle , le carnaval chrétien était devenu profane, après l'abaissement du pouvoir spirituel par le pouvoir temporel , personnifiés l'un et l'autre par Benoît VIII et Philippe-le-Bel. Au quinzième siècle, la Sorbonne et le concile de Sens taxèrent ces fêtes de paganisme et d'idolâtrie. Au seizième siècle, la fête des Fous quitta la France pour se rendre à Venise et à Rome , pour se transformer encore une fois et revivre sous le nom de carnavale.
Ces deux mots réunis carna, vale, adieu à la viande, furent choisis par les Italiens, pour désigner ces réjouissances nouvelles qui remplacèrent la fête de la Nativité, de l'Ane et des Fous.
Le carnavale romain exhuma ces deux anciens types des saturnales de l'antiquité, ces deux symboles de la
Cathédrale de Fribourg en Brisgau,
bouffonnerie spirituelle et de la satire individualisée ! Maccus et Planipèdes reparurent plus coquets , plus vifs , plus animés , plus caustiques , sous le nom de pulcinelli et (ïharlequino. Le carnavale ne dura que huit jours, mais il fut précédé d'autres cérémonies qui lui servirent de prologue. L'ancienne fête chrétienne de la Nativité subsiste encore ; mais seulement comme introduction aux réjouissances du carnavale. Le jour de Noël et les suivants , le peuple de Rome et de l'Italie abandonne ses travaux pour prier. Des neuvaines ont lieu dans des églises privilégiées ; des hommes , des femmes et des enfants s'y rendent en procession pour y adorer les statues et les images d'î7 sacro bambino (du saint enfant). Mais le carnavale commence ; des sons de trompe se font entendre par tous les coins de
la ville ; des échafauds se dressent dans les rues et sur les places pour voir défiler le cortège du bœuf gras ; les théâtres sont ouverts, les boutiques fermées, les maisons désertes. Des milliers de costumes, et surtout des pulcinelli et des harlequini, envahissent les rues, les maisons, les établissements publics, en riant , en chantant, en buvant , en dansant. L'orgie , mais l'orgie spirituelle et gaie envahit toute l'Italie et règne sans frein jusqu'au jour, jusqu'à ce fatal mercredi où les enfants parcourent la ville, en criant : E morto carnavale /le carnaval est mort.
Le goût de ces fêtes romaines et vénitiennes ne tarda pas à se répandre en France ; mais comment pouvoir les pratiquer dans ce pays sans cesse agité par les guerres de religion et les querelles de partis,
par la Saint-l.artliélemy et par la Ligue, par Jacques Clément, Jean Chastel cl Rayaijlac? La révolution opérée par Richelieu contre la noblesse rétablit le calme, Louis XIV monte sur le trône,, et, }a saturnale italienne, D.a^ejos Alpes sous son nouveau nom <!<•
[Lè'^ècie.) E. Barestk.
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^%ribbùrg, capitale' du Brisgao, une 'des principales villes du grand duché dé Bade, est aSsis au pied de la Foïef-N'ôiW; Lëp^ys'q'tiH'entôwe' est sans contredit le filiis p'ittôT'esqrj'e, le plusïêlttileet lepîus'mdustrieux du midi de l'Allemagne. Devant la ville se déroule une plaine de plusieurs lieues carrées , et du sein de cette plaine surgissent de toutes parts d'élégantes cités, des villages où respirent l'aisance et le bonheur ; délicieux jardin que d'un côté borde le Rhin, que de l'autre protège le Kayserstuhl, cette montagne que son origine volcanique recommande si fortement à l'attention du géologue. Tout au bout de l'horizon, bien au-delà du fleuve , vous apercevez la chaîne des Vosges, digne pendant de la Forêt-Noire. Derrière la ville, se dresse le Schlossberg, dont les flancs sont aujourd'hui couverts de vignes. Seulement, du milieu de toute cette culture, vous voyez de temps à autre s'élever quelques sombres débris du vieux temps, tristes témoins qui semblent être restés là pour rappeler incessamment aux enfants de la montagne et de la vallée de lugubres et douloureux souvenirs. Près du Schlossberg, mais plus en arrière, est la haute et belle montai gne du Johannisberg (1) , puis le Rosskopf plus haut encore ; vis-à-vis se présente majestueusement le Schinberg et le Schaninsland , et dans le fond le Feldberg, qu'on pourrait appeler le géant de la Forêt-Noire. Entre ces montagnes serpente le Dreisam qui, après avoir baigné la ville de Fribourg, court arroser la vallée de Kirchgarten.
Peu de villes se présentent mieux que Fribourg ; elle vous apparaît riante et majestueuse, avec sa charmante église de Saint-Louisy sa belles casernes, son séminaire, son université, et surtout le fameux clocher de sa cathédrale qui s'élanco avec fierté du milieu de tous ces édifices. *
Le premier soin de l'étranger qui arrive à Fribourg est d'aller voir la cathédrale, qui pst sans contredit la plus belle de l'Allemagne , et serait le chef-d'œuvre de l'architecture gothique si celle de Strasbourg n'existait pas.' Elle est'aùs'si ahcWiië^ que1 la ville même; commencée sbHïs Conrad, duc de Zœhringen , qui régna de 1122 à 1152 , elle fut terminée sous Conrad 1*. îc?omfel:de Friborirg, mort èri 1272. Oh mit donc m sïèàè kd!émî à la bâtir. Quant à 'ce Qu'elle ; '/Ma ] ftffgBHl '; I;cé f uVehtles1 'citoyens , bien pIùsque!iefe'dû,cs:dé/'Zœh'ïiingilri!é't les comtes de Fribourg, /qune'p'H^'eh't; 'il'y è'h^îit même "qui1 engagèrent1 pblir ctela l'étrfy nïâïsoris. Aussi les Fribburgeois pëuvehtWftar'dntteril Ùltê'ï 'Nôtre Mhédràte.
En 1146, ,l'éidifîb'et;.é'nlc'drë''in'achevé, fut térnb'irï
d'une de'ceS 's'certe^'Tëll^ieuse'S dont 'lë: temps est à
jamais passé, mais'qut he ëé'ss'éhT,' qoàhd ho'us les reli- OlHîB 08800 'di.- -vr.ij •■■■) Rnr.n tonpiiniq poi "iiovii'Kj
sons, de nous, frapper et de. nous émouvoir par leur incontestable poésie. Saint Bernard vint y faire entendre ses irrésistibles accents, et bénir et;ux qui, subjugués par, sa parole, s'en allaient grossir le nombre de:, libérateurs du SaintTSé>puk;i <;.
La tour fut terminée vers, lu milieu du. treizième siècle, c'est-à-dire avant que Ton commençât, te. «athédrab de Strasbourg ; sa hauteur est de trois cent cinquante-six pieds,
,,, £py,t l'édifice est bâti en. grès.rouge, Il a.,iconûBMi tquteÊ, les églises, la forme.. d Jupe, ;croix^. et. regarde l'orient. La partie la plus ancienne est dm styl«ifcyjjzflntin, et le corps, de l'égUseidu, ^yle* gothique,' Jtéunionjcurieuse. et; intéressante pour,.cTelui qui vîeutipUbdjef .ljarjt. La> hauteur, de ; JjaiBqf. iest-.de,iqua|reHm>,2bquatorze pieds; elle a cent soixante-quinze pieds de long sur vingt-sept de large. Les murs ont six pieds d'épaisseur. La partie inférieure de la tour est carrée ; des colonnes de huit pieds de diamètre et de treize pieds de hauteur lui servent d'appui , ainsi que d'encadrement au portail qui passe pour un chef-d'œuvre ; il est orné d'une superbe statue de la Vierge placée ■entre ses deux battants, et d'une suite de sculptures représentant la vie de notre Seigneur; en-dessus des faces latérales , sont figurés l'ascension du Christ et le couronnement de la vierge Marie, patronne de la cathédrale. Un peu plus haut que le portail , est une galerie qui fait tout le tour, et que l'on prendrait pour une dentelle. Arrivée là, la tour prend la forme d'un dodécagone, et se tranforme ensuite en une pyramide octogone qui se termine en pointe. Tout cela est d'une délicatesse, d'un fini vraiment admirables.
Le chœur de cette magnifique église est d'une hauteur prodigieuse ; il est fermé de cinq côtés ; la voûte fait l'admiration des connaisseurs. Parmi les six autels de la cathédrale, on distingue surtout le grand autel, qu'orne une suite d'excellents tableaux de Jean Baldung, surnommé, en Souabe, Grien de Gmiiiid. Us représentent l'assomption ; de la Vierge, le crucifiement, et les douze apôtres ; tous sont du commencement du seizième siècle. On voit aussi dans la chapelle de l'université deux forts beaux tableaux de Jean Holbein.
- Chaqme maisoja dans tajcapitale n'offrant que des individus, il en résulte qu'au milieu du plus prodigieux mouvement règne l'isolement le plus complet ; on vieillit à côté de l'un et de l'autre sans jamais s'apercevoir, et entre les portes du même palier, s'élève un continent de distance. Mais, en retour, l'hahitan de Ph1ri's'!"c61r/sîd'è,rè';s6Ûs'ibe;f «M , est TfâJfflfc' pl.:s libre et lé plus indépendant: Dans sa MPaïtF, fô né' pénétré1 (jùb ■cel(iî"(pi''îl:ihvityl,'î aucune ïné^fltéW l'atteint. Ne connaissait V l'envie Y Mi£'cri»!"ft développe ses f acù^s1 ' en' pàrx*, ' ] èV inèi Wafflë m
MàW,a*uîi,uyiïrb,dôtg;-lébhi'iip,tf«t'iiliè^i,,mJiMcitfa5
fopmïôn' publique , ilVim^ÔW ^u/'tië VéVHfflÇ1*» ignoî-l 'toute règle 'd'une1 aùsfër'e nibra'IeV !&M8ff de la capitale',' pôuVètrë peint au vrai, est une c« turc bonne et fialurèH'e', ^abandonnant à Bel1fi%>^!J slbns douces' èV aimable*, ët'qui1, aié'iôdyà,dc^,1è'nî jÔÛikhcés, glisVe'du'beWbâïï'àià'tbmbe.
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La brise du matin gonflait nos voiles, .et notre ■ ai.-,?, ..i: tendait le* omit'.- avec 1* rapidité de.lailèche. Le, soleil inonira bientôt uniront resplendissaniaur. a^us^dos.abime* de l'Océnu, «t je, Jtoe, bâtai dsiaonp ter sur le jjpflt.nçtur.OOWi»; d'un admirable spectacle. mK" jc^'ayais^as.mepruMVU depuis, la traversée „ià cause des brumes, qui, .. presque,] aonsfcammpiUl(s'!éle7' vaient du seinde ,eauSi pendant la nuit*. Je trouvai ^l.Leuionnier, notre capitaine ..RLPlulijipe, le eoïitrar maître, M. Jennnin, notre maître cano©nierv et quelques hommes del'équipagej groupés! à. l'avant dubâti* ii'<mi , et occupés très attentivement à considérer un 9^i<Hi^]ui llottait à uno très grande distance» de 'nous- Le capitaine me le montra et me demanda en souriant .©* queije> pensais que cela pouvait iêtrte: Après avOiqiccBsidérô pehdant longtemps cette masse noirâtre et alors immobile ; je crtisreconnaltre'uri' vaisseau) démâté; errant1 à! l'aveniurie sur le1 vaste Oeéarti.' Déjà je me confirmais dam cette opimonv^quand je vis cette massé ^agitery fendre les < ioridés"aveC" Vitesse, plorigerusiiepkraitreià la surfaces et lancer à 'plus déntrenté pieds de hauteur ùriefcolortne d'éau blanche et éetimeuse ; dès lors mon bptnidri était fixée. C'est nue baleine, ;mi'écriai*je>avec joie, car j'étais-enchantè de juger par mes* yeux' d?ùn monstre aVee lequel ma nourrico avait si souvent endormi mon enfance. — Vous vous trompez , me répondit le capitaine , mais de peu de chose, car c'est un cachalot. Ce monstrueux animal atteint la taille des plus grandes baleines, et celui que nous voyons, autant qu'une vieille expérience me permet d'en juger, n'a pas moins de soixante-et-dix pieds de longueur. Il appartient à l'ordre des cétacés , animaux que nos pères confondaient avec les poissons , quoiqu'ils respirent par des poumons, et non par des branchies ou ouïes, de l'air en nature au lieu d'eau. Il résulte de leur organisation générale, de leurs petits qu'ils font vivants, des mamelles avec lesquelles ils les allaitent , de la tendresse qu'ils ont pour eux, et de toutes leurs habitudes, qu'ils se rapprochent beaucoup plus des quadrupèdes que des poissons, et; qu'ils forment une assez nombreuse division dans la classe des mammifères. jMail leurs, il ne leur manque que des pattes pour leur ressembler tout-à-fait, et même quelques espèces en ont i$s rudiments plus ou moins complets cachés sous la peau Cette nageoire que plusieurs ont sur le ckr ;;\st en aucune 'manière- comparable aux nageoires des poissons, carpelle n'est soutenue par aucun ôs, manque de mobilité, et ne consiste qu'en un pli de la peau rempli de graisse, ou plutôt de lard. Leur peau lisse, sans poils ni écailles, recouvre une épaisse couehe;de ce lard, et e'esfpôur en tirer de l'huile que les navigateurs s'exposent quelquefois à poursuivre ces animaux, jusque dans les glaces 'des cercles polaires.
Tous les cétacés ont sur la tête un trou nommé, évent, fort étroit, par lequel ils chassent avec force l'eau qui entre par leur énorme gueule, lorsqu'ils l'ouvrent pour saisir et dévorer leur proie ; l'eau en jaillit en manière de jet d'eau, ce qui leur fait donner par les marins le nom de souffleurs.
Les cachalots ont la tête tellement grosse , qu'elle
fait- (dus 'du tie^s de la1 lOhg'ueuf du corps -ils! n'ont ni dents', ■'ni 'fanons à l'a mâchoire1 supérieure qui est très large, très renflée en avant, et creusée , en-dessous, d'un sillon dans iequel'viërits^juster^'mâ'clîôïrc inférieure. Celle-cïèat'étrblttijailori^è, et armée de chaîne coté u%né' rangée" de" dents' éyiiritirlqriés ou coniques* Les caVftés fié' Wr'étiMrriè'tete, ' a l'éiçep-* tion du1 cerveau',1 sont remp^'d Wé Milé'^ui'se'fige' énrèfroidlssànt/et^ que VdhncWirtié bïarib de 'bafëifie;; oit assez ridiculement, speiirià^éetî:
"'PondatYt'que le capitaine mé'dbhhàit cés'aétàilsTle1 vaisseau' avançait rapidement du coté' du nroristre ; et je pus bientôt1 lé distinguer parfaitement. En cet instant, il était immobile et Semblait dormir'.1 M: Phi-1 lippe), notre' contre-maître, avait fait1 deux du trois voyages;dans!le nord, sur des baleiniers ; M. Jeanniu prétendait aussi 'être expert dans là pëchë'de la baleine i de 'maniéré qu'il 'lêut'vFént dans la tête là malencontreuse idée d,àttàiqriêrfé!rn;ohsiré:. Ils demandé^ rent au capitâinëïa permission de mettre en nier' lie canot, pour exécuter leur dan'gë^ènx projet. ;C6Tritme nous étions de quelques jours en! avarice, 'dans notre traversée, et que, sèîoîlicesm'éssiëu^sVlà pïisëdù'câchài-" lot n'occasionnerait que cinq ou six hërlre^dë1 Pétard, lé capitaine, après avoir fait Quelques objections, leur accorda la permission qu'ils déri^anâaierit,,, 'et'il' eût de plus la précaution,1 fott heureusV;5 comme vous i' allez: le voir, de faire' également mettre là chàlbupe à la mer après l'avoir' gai'riiédes plus vigoureux1 ràhïeurs, pour porter du secours au canot en cas de besoin.
Lorsque nos matelots apprirent ce qui allait se passer, ce fut à qui demanderait la permission de monter le canot , et moi-même, pauvre marin d'eau douce, poussé par je ne sais quel mauvais génie, j'eus la désastreuse idée de montrer mon courage dans l'attaque d'un monstre marin. Un vieux harpon rouillé et émoussé fut tiré du fond de cale, et emmanché, tant bien que mal , au bout d'un bâton à croc ; des sabres d'abordage furent attachés au bout de perches pour remplacer les lances des baleiniers, six cents brasses de cordages furent lovées dans le canot ; M. Philippe se posta sur le devant pour remplir l'office de harponneur ; M. Jeannin s'empara du gouvernail ; on me mit en#é les mains, ainsi qu'à un autre vigoureux marin, une de nos lances improvisées ; six matelots prirent les rames, et nous partîmes pour notre hasardeuse entreprise.
Nous gardions le plus profond silence , et nos hommes faisaient le moins de bruit possible avec leurs rames. Je l'avoue sans hoo/e, à mesure que nous, approchions de ce monstre énorme, à mesure que je distinguais ses yeux brillants et sa tête prodigieuse , je sentais mon ardeur belliqueuse s'apaiser progressivement. Tout-à-coup il fit un petit mouvement comme s'il nous eût aperçus , et nous nous arrêtâmes aussitôt ; mais il ne nous remarquait pas, et c'était simplement une envie de bâiller qui lui prenait. Dieu ! que devins-je , quand je vis s'ouvrir devant .moi une gueule de vingt-cinq pieds de grandeur au moins , garnie inférieurement de dents grosses comme mon bras, longues d'un demi-pied , et pointues comme des épieux. C'est alors que toute mon audace s'évapora subitement , et qu'en moi-même je maudis ce puéril amour-propre qui m'avait porté à faire parade de mon courage.
Le monstre cependant ferma cette épouvantable gueule dans laquelle il aurait pu loger à la fois le canot et ceux qui le montaient. Il lit un léger mouvement de la queue, lança une petite colonne d'eau par son évent, et se rendormit tranquillement.
Alors nous recommençâmes à en approcher silencieusement ; notre canot le touchait presque, lorsque M. Philippe, mesurant son coup à deux ou trois reprises , lui lança son harpon avec toute la force dont il était capable , et l'atteignit un peu au-dessous de l'œil , entre la nageoire et la gueule. Le monstre , au même instant, fit un bond furieux ; j'aperçus la moitié de son corps au moins s'élever au-dessus de l'eau, comme une tour menaçant de s'écrouler sur nos tètes, puis je ne vis plus rien, mais j'éprouvai une violente secousse , et je me sentis emporter dans les profonds abîmes de l'Océan avec une effroyable rapidité. Je crus apercevoir, à travers les ondes, la gueule ouverte du cachalot, et une douleur vive que je sentis au côté, ne me permit pas de douter que j'éprouvais l'atteinte de ses horribles dents. Tout ceci se passa aussi vite que l'éclair, et je perdis connaissance avant même d'avoir eu le temps de recommander mon âme à Dieu.
Quand je revins à moi, je me trouvai couché de mon long, non dans la gueule du cachalot, comme je le croyais en ouvrant les yeux, mais dans la chaloupe où les matelots me donnaient des soins après m'avoir repéché. Je trouvai à côté de moi tous mes compa-
gnons d'infortune, qui, plus accoutumés à la mer, n'avaient pas perdu la tète , et avaient bravement regagné la chaloupe à la nage. Jusque-là, l'inquiétude que donnait mon évanouissement n'avait pas permis à l'équipage de la chaloupe de témoigner ostensiblement ce qu'il pensait de notre mésaventure; mais lorsqu'ils m'eurent rappelé à la vie, ils lâchèrent la bride à leur grossière gaîté, et tout le monde riait à s'en tenir les côtés , excepté moi et l'habile harponneur, M. Philippe, auquel les quolibets ne manquèrent pas, malgré sa qualité de contre-maître. Il n'avait réussi qu'à blesser légèrement le cachalot, mais assez cependant pour le mettre en fureur ; l'animal s'était élancé sur notre canot , l'avait renversé , puis il avait pris la fuite vers la haute mer, sans même emporter notre harpon , ce qui aurait un peu sauvé l'honneur de notre pêcheur de baleine.
Ce ne fut pas sans peine que nous vînmes à bout de retourner notre canot qui ne montrait que sa quille hors de l'eau. Cela fait , nous le remorquâmes jusqu'au vaisseau , où il nous fallut encore essuyer les mauvaises plaisanteries de nos camarades.
En changeant de linge, je fis serment, à part moi, de ne jamais retourner à la pêche de baleine ni de cachalot, et j'ai tenu fidèlement ce serment jusqu'à ce jour. Quant à M. Philippe, depuis cette aventure, il n'est plus connu dans la marine marchande que sous le nom de Philippe-le-Harponneur. ( Extrait de ma correspondance.) Boitard.
Le cachalot.