ARCHÉOLOGIE
Ruines gallo-romaines . — aspres.
La ville gallo-romaine [Mons-Seleucus) , incendiée du cinquième au sixième siècle , paraît avoir été plus tard inondée : quelques localités des Hautes-Alpes offrent des traces de formation de lacs qui ont submergé plusieurs bassins , et dont la population a été forcée de s'établir ailleurs. A Mons-Seleucus, sur la pleine de Sellos, bois-taillis de la commune, les champs sont encore formés , on y voit des traces de culture , les murs de séparation des propriétés sont à fleur de terre et en pierres sèches roulées ; sur la même direction, vers le nord-est, dans la commune d'Aspres, on voit d'anciens plateaux cultivés et parallèles à ceux de Mons-Seleucus... Dans les fouilles de 1804-, on vit tout le détail des ménages romains sous le Bas-Empire. Dans celles de 1838, on découvrit une grande usine avec 14 amphores de plus de 7 pieds d'élévation, bien proportionnées et de formes gracieuses ; plusieurs étaient fendues ou rapiécées avec du plomb laminé. M. Mas en fit extraire une , de 12 quintaux , qu'il fit placer dans sa cour. Au milieu de ces 14 amphores, il y avait un chenal en pierre froide qui y conduisait le liquide. Les murs
des bâtiments sont bien conservés , mais irréguliers et de petits blocs d'appareil romain. Les glacis du rez-de-chaussée des maisons sont rouges ou plus ou moins polis.
Dans les fouilles de 1838, on a vu que les murs vraiment romains sont d'une toute autre soliiiilé. Mons-Seleucus était entourée de remparts en pierres brutes, unies avec du mauvais ciment, ou simplement avec de la terre. Deux châteaux forts, placés sur les deux points dominant la ville , servaient à sa défense. Le ciment en est plus dur que la pierre. On y trouve plusieurs coins de pierre froide de 25 centimètres. Plusieurs excavations à Mons-Seleucus sont remplies de débris de briques à rebord ; les autres objets sont des pioches plates ou à deux bouts , des haches , de; marteaux en forme d'arc ; le tout en fer très oxidé ; un bras de statue en bronze, tenant une tortue, plusieurs lames de couteaux , des fibules ou agrafes , un couteau avec manche en ivoire , des moules des boutons en pierre qu'on recouvrait d'étoffe , des coquilles de poisson. Les médailles trouvées surpassent le nombre de 4,000, et jamais on n'en a trouvé d'agglomérées. Il y en a de presque tous les empereurs, mais surtout de Gallien , Claude-le-Gothique, et des Constantins. L'autel votif est de belle forme , avec cette inscription : VICT. AVE. DD. VICTOR VITA- LISF. L. M. On n'a trouvé jusqu'ici aucune trace de christianisme.