ASPHYXIE
On entend par asphyxie la suspension des phénomènes de la respiration, et, par suite, du mouvement et de la connaissance, en un mot, une véritable mort apparente. La fréquence des accidens qui amènent l'asphyxie , la nécessité de prompts secours, l'efficacité de ces secours et la possibilité où se trouve tout être intelligent de les appliquer, en rendent la connaissance extrêmement utile : C'est là véritablement le cas de populariser la médecine sans craindre les méprises ou les erreurs fâcheuses, ,
On a distingué un grand nombre d'asphyxies; mais quelques-unes de ces distinctions étant purement scientifiques, nous les passerons sous silence pour ne parler que de celles qui se présentent sans cesse à notre observation.
Une première classe comprend les asphyxies occasionées par : i° un froid intense; 2° une chaleur très forte; 5° l'action de la foudre.
Dans l'asphyxie par le froid, qui commence par un engourdissement général , une forte propension au sommeil , suivis bientôt de la perte de la connaissance et de tous les symptômes extérieurs de la mort , la première chose qu'il faut observer, c'est de ne réchauffer que peu à peu et avec une extrême lenteur : Le passage subit d'une température basse à une température élevée serait inévitablement mortel. Il faut dépouiller l'asphixié de ses vêtemens, lui frotter le corps avec de la neige , plus lard avec des linges trempés dans l'eau froide, puis avec de l'eau dégourdie, en dirigeant les mouvemens du creux de l'estomac vers les extrémités ; lorsque les membres perdent leur rigidité , on met le malade dans un lit non- bassiné; on continue les frictions à sec , ce n'est qu'à la fin qu'on fait respirer des odeurs irritantes , et que l'on administre quelques cuillerées d'eau et d'eau-de-vie, ou d'autres liqueurs excitantes et aromatiques ; ces soins doivent durer , s'il le faut, deux ou trois heures : La patience et le courage sont les principales vertus de ceux qui se dévouent en pareil cas pour leurs semblables.
Dans l'asphyxie par une chaleur trop forte, comme ceia a lieu pour les ouvriers qui pénètrent et restent trop longtemps dans des étuves, pour ceux qui entrent dans des fosses ou dans l'intérieur d'une chaudière à vapeur, pour les réparer , la première chose à faire est de les étendre sur terre, de leur jeter en abondance de l'eau froide sur le ventre et sur la poitrine , de leur appliquer sur la têle et le front des linges trempés dans l'eau froide vinaigrée , dç
leur introduire une plume clans les narines, et de leur souffler dans cette même partie soit du vinaigre, soit de l' eaude-vie, et de leur faire des frictions; mais il faut se rappeler que cette asphyxie est plus grave que la première , qu'elle est presque toujours mortelle ; il faut donc apporter tous ses soins à la prévenir, ce qui heureusement est facile.
La rareté de l'asphyxie par l'action de la foudre , et l'inutilité des secours dans celte espèce , nous engage à n'en rien dire, et à passer à une autre classe plus importante. On peut faire une seconde classe des asphyxies occasionées : 1° par la suffocation; 2° par submersion; 5° par strangulation.
L'asphyxie par suffocation est 'toujours occasionée par des corps étrangers fixés ou développés dans les voies aériennes ou dans leur voisinage ; les accidens qui en résultent ne pouvant être conjurés que par les secours chirurgicaux , et par des opérations graves et délicates , nous ne devons pas nous en occuper ici.
On pourrait rapporter à cette asphyxie celle qui serait occasionée par l'aspiration de poussières absorbantes qui, pénétrant dans les poumons et les voies aériennes, s'y fixeraient, et les obstrueraient au point d'amener la perte de la connaissance et de la mort ; mais nous doutons que celte asphyxie ait jamais été observée. Les poussières qui pénètrent dans les poumons irritent les organes , excitent la toux, et sonl expulsées avec l'expectoration qu'elles sollicitent; leur action est lente, et l'individu a toujours le temps de s'y soustraire; au reste, on a singulièrement exagéré l'influence fâcheuse de toutes les poussières que nos ouvriers respirent dans un grand nombre de professions. Celui qui ferait à ce sujet des recherches dans les ateliers même, rendrait un grand service aux ouvriers et à ceux qui les occupent.
L'asphyxie par submersion est la plus commune de ton les, et sa fréquence dans un pays y est toujours en raison du développement de l'industrie.
Lorsqu'un noyé est retiré de l'eau, il faut se garder de le suspendre par les pieds , sous prétexte de lui faire rendre l'eau qui serait dans la poitrine , car il ne s'y en introduit pas. Il faut également éviter les fortes secousses.
Si on est loin des habitations , si on se trouve dans un bateau ou sur un rivage , c'est sur ce bateau ou sur ce rivage , qu'il faut donner les premiers secours. Ils consistent alors à couper les vêtemens humides que porte le noyé et à le couvrir de ceux que l'on a sur soi ou dont on peut disposer, à le mettre sur un plan faiblement incliné en avant, à reporter sa tête légèrement en arrière pour que le cou reste libre, et que le menton ne porte pas sur la poitrine; on lui souffle alors au visage. Avec une paille, un lambeau d'habit, ou tout autre corps léger, on titille l'intérieur des narines; on agite l'air au-devant du visage à l'aide d'un chapeau; on cherche à lui Ouvrir la bouche et a en titiller la partie postérieure avec nue plume, ou, si l'on n'en a pas. avec une paille, l'extrémité flexible d'un branchage ou simplement le doigt introduit aussi profondément que possible dans l'arrière-gorge; ce moyen a pour but de déterminer le vomissement et par suite les inouveniens de la respiration. On lui fait des frictions sur la poitrine, vers la région du cœur et sur les extrémités , avec la main nue ou garnie d'un lainage; s'il fait chaud et si le corps n'est pas trop refroidi , on peut projeter avec succès sur le ventre de 1 ciii froide, pouf opérer un saisissement et provoquer une aspiration; on peut enfin introduire de l'âlr dans la poitrine à l'aide de la bouche appliquée sur celle du noyé , dont on pince le nez à chaque effort d'insufflation.
Si l'on est à portée d'une maison 61 de tontes les ressources que l'on peut désirer en pareille ^circonstance , au\ moyens Indiqués ci-dessus on joint les sui vans i Onmel le noyé dans un lit, on le frictionne avec dés
llflgei chauds , on l'enlOUTe de Iniques chaudes , on de tool aiiliecorps échauffe, nu place «unisson ne/ de l'ammoniaque.
du vinaigre, ou on y passe légèrement une ail mette soufrée; on peut, enfin, lui administrer un quart de lavement avec de l'eau fortement salée ou fortement vinaigrée.
L'important dans l'administration de tous ces soins est de ne pas se rebuter ; il faut les continuer pendant deux ou trois heures, et pendant qu'on les donne, appeler les secours d'un homme de l'art , qui pourra recourir à des moyens plus énergiques.
L'asphyxie par strangulation n'a lieu que dans les cas de suicide ou d'assassinat : comme la mort n'est pas toujours la suite inévitable de la suspension , et qu'on a vu souvent des individus revenir après une heure au moins de suspension , il faut toujours chercher à les rappeler à la vie par les moyens que nous venons d'indiquer pour la submersion ; mais ici il n'est pas nécessaire de réchauffer le corps, à moins qu'il n'ait éle exposé en plein air pendant la saison rigoureuse.
Une troisième classe d'asphyxies comprend celles qui «ont occasionées par des gazs délétères , tels que celui qui se dégage des cuves où fei mentent les raisins, ceux que produisent les matières animales en putréfaction, etc.
Dans tous les cas, la pi entière chose à faire est de fuir l'atelier ou de briser les vitres et les clôtures- Nous avons vu des gens ne devoir leur salut qu'à leur hardiesse et à la terreur dont ils étaient saisis , et qui les portaient à sauter par les fenêtres.
Si l'asphyxie a eu lieu , s'il faut aller ramasser un malheureux au milieu des émanations qui l'ont terrassé , on peut se servir de masques et de moyens mécaniques divers dont nous parlerons plus tard avec l'étendue qu'ils méritent.
Quant aux secours à donner pour rappeler à la vie , ils sont à peu près les mêmes dans toutes les circonstances. On expusera l'individu au grand air , sans trop craindre le froid; on le déshabillera et on le couchera sur le dos, la tête et la poitrine disposés comme dans l'asphyxie par submersion ; on lui administrera du vinaigre affaibli avec trois parties d'eau , ou de l'eau contenant du jus de citron; on aspergera le corps , et principalement la poitrine avec de l'eau froide vinaigrée; on frottera tout le corps avec des linges trempés clans la même liqueur, dans de l'eau-de-vie camphrée , de l'eau de Cologne ou tout autre liquide spiritueux ; au bout de trois ou quatre minutes, on essuiera les parties mouillées avec des serviettes chaudes, et, deux ou trois minutes après, on recommencera les aspersions avec l'eau vinaigrée froide.
On chatouillera et irritera la plante des pieds et les autres parties irritables du corps ; on chatouillera de la même manière avec une plume l'entrée des narines; on passera sous le nez un flacon d'ammoniaque, particulièrement si l'asphyxie a eu lieu par le moyen du chlore, ou un flacon de chlore, si l'asphyxie est due à l'ammoniaque; un excellent moyeu est ne lancer dans le nez, avec la bouche, de l'eau-de-vie ou du vinaigre, ou toute autre liqueur excitante.
Enfin» on insufflera de l'air dans les poumons, ainsi que nous l'avons dit en parlant de l'asphyxie par submersion.
Tous les secours doivent-être administres avec promptitude et continués pendant long-temps , t ors memr que ('individu parait mart. On a éle quelquefois oblige d'attendre cinq OU six heures, avant de tirer les malades de l'état de mort apparente dans lequel ils étaient plongés; il faut surtout insister sur l'insufflation de l'air dans les poumons; mais, dans le cas ii'asphy\ie par le gai hydrogène sulfuré, il faut prendre garde, en pratiquant cette insufflation, d'Aire soi-même asphyxié par le gai délétère sorti des poumons.
L'asphyxié tendu à In vie sera couche dans un lit Chaud, les fenêtres du l'apitartement ouvertes, en écartant de lui toutes les personnes Inutiles; alors en lui fert prendre,
avec avantage, quelques cuillerées d'un vin chaud sucré , ou de vins généreux, tels que ceux de Malaga, Alicanle, Rota , elc.
Les autres moyens étant du ressort de la médecine , nous n'en parlerons pas ici. Mais nous dirons à Ions ceux qui liront cet article, qu'en pratiquant, en cas de besoin, tous les préceptes qu'il contient, ils se rendront aussi utiles que les plus habiles et les plus savans praticiens ; le succès dépend de la promptitude des s: cours; retardez-les pendant dix minutes pour les faire administrer par un médecin , et l'asphyxié sera mort.
( Extrait du nouveau dictionnaire d'Industrie.)
EPHÉMÉRIDES
icr février 1793. — En apprenant l'exéculion du roi Louis XVI le roi d'Angleierre avait ordonné à M. de Chauvelin, ambassadeur français , de quitter l'Angleterre dans huit jours. A celte nouvelle, la Convention nationale déclare la guerre à l'Angleterre. — 182S. Le prince Alexandre Ypsilanti meurt à "Vienne, peu de temps après sa sortie des prisons où l'avait jeté le cabinet autrichien après sa défaite en Valachie (voy. pag. i3i).
2 février 1819. — La France décerne au duc de Richelieu un majorât de cinquante mille francs de revenu , comme récompense des services qu'il avait rendus au pays dans ses négociations avec les puissances étrangères.
3 février 1814. — Les Cortès espagnols protestent contre le traité signé à Valencay, et par lequel Napoléon replaçait Ferdinand "VII sur le trône de l'Espagne, sous la condilion qu'il expulserait les Anglais et rendrait aux. partisans de Joseph II , frère de l'empereur, leurs emplois et leurs honneurs.
12 février 17 44. — Le parlement anglais fait fermer les théâtres en Angleterre.
i3 février 1790. — L'assemblée nationale supprime les vœux monastiques et abolit les ordres religieux en France. — 1820. Le duc de Berri est assassiné au moment où il sort de l'Opéra.
1 5 février 1788. — Louis XVI abolit la question en France.
23 février 1766. — Réunion de la Lorraine à la France après la mort de Stanislas. — 1796 Bonaparte est nommé général en chef de l'armée d'Italie.
25 février 1804. — Établissement des droits réunis en France,