‹ Magasin universelChapitre 148 sur 320 · MÉTAMORPHOSES DES INSECTES (I · texte numérisé non relu

MÉTAMORPHOSES DES INSECTES (I

" Eien n'est plus digne d'observation dans la nature que le développement des insectes. Il en est qui naissent avec les formes qu'ils doivent conserver pendant toute leur vie; mais d'autres changent de figure plusieurs fois. On dit alors qu'ils se transforment, ou qu'ils subissent des métamorphoses. Non-seulement il se manifeste à l'extérieur des changemens très remarquables , mais les organes internes , et souvent même les habitudes et la manière de vivre changent tout à coup dans les insectes qui les éprouvent. \ L'insecte qui donne la soie, par exemple, a été d'abord renfermé et immobile, pendant plus de six mois, dans un petit corps appelé œuf. Il en est sorti sous la forme d'un petit animal alongé, ayant huit paires de pattes, et nommé larve on chenille. Cette petite chenille, appelée improprement ,ver à soie , se nourrit des feuilles du mûrier ; elle grossi] bientôt et si rapidement, que sa peau , six ou sept jours après sa naissance, ne peut plus contenir ses organes intérieurs. Aussi cette peau crève-t-elle alors; la petite chenille en sort avec une nouvelle qui est velue , et elle se développe encore pendant sept autres jours. 11 y a de même quatre changemens de pea;i, qu'on appelle mues. Quand le ver à soie sent qu'il doit quitter sa cinquième peau, il

(2mc état; chenille.)

cherche un lieu écarté, il s'y construit une retraite, une sorte de demeure où il pourra être a l'abri des corps extérieurs. Il file alors la soie ou une sorte de tapisserie solide , qu'il dispose de manière à laisser intérieurement une cavité ovale; c'est ce qu'on nomme un cocon ou un follicule.

La chenille ne quitte sa dernière peau que dans le follicule pour paraître sous'une forme toute différente, qu'on nomme ordinairement fève, mais mieux chrysalide, aurèlieou nymphe. Celte nymphe est une petite masse alongée, ovale, plus grosse à l'une de ses extrémités; d'abord molle cl transparente, elle durcit peu à peu , et devient opaque. ( )u remarque alors à sa surface des lignes qui semblent, indiquer les parties d'un animal dont la forme est tout à fait différente. En effet, une vingtaine de jours après cette

(i) Le nom d'iosecto est traduit d'un mot latin qui signifie entrecoupé, et qui '-.i lui même emprunté du terme grec entomon . i ^nl exprime In marne idée. Aussi n-t-on appelé la connaissance i,i. ii ,','/,. Celte étymologie rappelle la conforma

lion la plus générnli dece maux, dont le corps est composé

il.- puiiics pnrtics distinctes, nui Formel I mitant d'anneaux ou de

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transformation en nymphe, on voit sortir du cocon un petit insecte blanc à quatre ailes, qu'on nomme phalène, ou mieux bombyee. C'est un insecte parfait qui cherche un autre^ individu de son espèce auquel il s'associe. Il pond bientôt des œufs , qui , six mois après , doivent reproduire des chenilles , lesquelles donneront de la soie et passeront par les mêmes états.

. Presque tous les insectes qui subissent des métamorphoses, et en général ce sont les espèces qui ont des ailes,

( 4me état; papillon. )

éprouvent des changemens analogues à ceux que nous venons de faire connaître. Cependant on peut les diviser en trois grandes sections, d'après leur métamorphose : i° ceux qui n'en éprouvent pas ; 2° ceux qui ont des nymphes agiles et semblables à leurs larves; et 3° ceux qui ont des nymphes immobiles.

Les punaises, de bois, par exemple, et les perce-oreilles, sortent de l'œuf à peu près avec la même forme qu'elles doivent conserver; mais ce sont des larves, qui, après quelques mues, prennent des rudimens d'ailes. Elles sont alors appelées nymphes, et elles n'ont acquis l'état parfait que lorsque leurs ailes sont tout à fait développées. Les insectes à nymphes immobiles présentent entre eux trois grandes différences. Les uns, comme les hannetons, les ahcilles , ont des nymphes dont tous les membres sont libres, séparés les uns des autres', mais immobiles. D'autres comme les papillons , ont des chrysalides , à la surface desquelles on aperçoit les membres, mais ces parties sont collées et comme emmaillottées ; enfin, les mouches, et presque tous les insectes à deux ailes , lorsqu'ils sont en nymphes , sont renfermés clans une coque semblable à un œuf, et à l'extérieur de laquelle on ne voit aucun des membres de l'animal qui y est contenu.

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