‹ Magasin universelChapitre 17 sur 320 · LE CLERGÉ GREC · texte numérisé non relu

LE CLERGÉ GREC

On sait que les Grecs suivent la foi chrétienne sans admettre la prééminence du successeur de Saint -Pierre. Toléré, avoué même par les capitulations des empereurs musulmans , qui révèrent Jésus sous le nom d'Issa, comme le prophète qui doit un jour procéder au jugement universel, leur culte fleurirait peut-être encore, si ses ministres (les papas), pour la plupart ignorans et grossiers,

ne se déshonoraient journellement par une conduite constamment en opposition avec les principes qu'ils prêchent publiquement.

Les ministres de la religion grecque peuvent être divisés en réguliers et en séculiers; les patriarches, les évéques tirés de la classe des caloyers ou religieux cloîtrés, sont voués au célibat. C'est dans cet ordre que l'on trouve aujourd'hui les seuls hommes un peu inttuits dans les matières tliéologiques.

Ces caloyers, destinés a être un jour patriarches et évêques, font ordinairement leurs premières études dans les monastères du mont Athos. La plupart d'entr'eux apappartiennent aux familles les plus distinguées de la Grèce.

Ils apprennent dans ces monastères , et surtout dans celui dePathmos , à connaître les Pères de l'Eglise ; ils pourraient même y lire Bossuet et les meilleurs théologiens français , dont ils possèdent des traductions; mais avec leur esprit subtil , les caloyers du mont Athos hérissent de distinctions et de chicanes les articles les moins contestâmes de la croyance des chrétiens. Il semble qu'ils aient reporté les sophismes de l'école, les querelles de la dialectique dans la patrie d'Arislole.

Si l'on trouve encore quelques monastères d'hommes en Morée, il n'existe plusdans cette province qu'un petit nombre de couvens de religieuses. Ils occupaient autrefois les sites les plus rians de la province; mais les Albanais, dans les dernières guerres, les incendièrent après avoir égorgé ou vendu celles qui les habitaient. Quelques-uns de ces couvens se relevèrent depuis ; on y vit accourir des femmes malheureuses douéesd'une imagination ardente, que le besoin d'aimer portait à se jeter dans les retraites consolantes de la religion. Peu de jeunes femmes , encore moins de jeunes filles , peuplent ces demeures silencieuses.

Les évêques ont la surveillance de tous les couvens de leur diocèse. Ils rappèlent, par la simplicité de leurs mœurs et par celle de leurs demeures, lesé\êquesde la primitive église. Le luxe ne les environne que dans les cérémonies du culte. On les voit bien souvent, voyager, au milieu de leur diocèse , a pied , ou quelquefois montés sur un âne, portant le bâton pa-toral, symbole de la douceur de leurs fonctions et de la puissance qui leur est accordée. Occupés non-seulement de consoler le peuple , mais encore de le protéger par tous les moyens qui sont en eux, ils interviennent comme médiateurs dans les discussions. Par l'in • fluence de leur rang, indépendamment des moyens de persuasion que leur donne une éducation soignée, ils concilient journellement les intérêts les plu? opposés; mais dès qu'il s'élève, pour la démarcation de leur diocèse, quelque contestation avec les évêques voisins , l'homme se montre alors; ils sortent de ce caractère paisible qui leur attirait les respects, oublient leur dignité, et se livrent aux éclats les plus scandaleux.

Une des fonctions les plus pénibles que les évêques aient a remplir dans la Grèce , c'est de maintenir l'ordre et la discipline parmi le clergé inférieur, parmi ces papas ignorans et fanatiques dont le plus grand nombre déshonore leur ministère par des mœurs peu régulières.

Ces ministres, ou espèce de curés, qui communiquent intimement avec les fidèles , sont ou mariés ou célibataires. Le papa qui a contracté mariage avant l'ordination, peut continuer de vivre avec sa femme. Il résulte de celte loi , que la plupart de ceux qui se destinent a l'état ecclésiastique, se marient avant d'entrer dans les ordres; ils choisissent en conséquence, autant que possible, une femme robuste, qui promette une longue suite d'années ; car si elle vient à mourir, ils ne peuvent contracter d'autrts liens.

Ces papas, par leur saleté et leur grossièreté, sont vraiment un objet dégoûtant ; ils ne sortent jamais sans avoir leur étole dans la poche , pour faire quelque acte de leur ministère, chose dont on les requiert assez fréquemment. Presque tous ceux que j'ai connus, dit un voyageur français

étaient fourbes , avides , médians , adonnés au vice , à la rapine , et ils détestaient tous les chrétiens étrangers à leur communion, dont ils ne parlaient qu'avec dédain, ou en faisant des imprécations. Aussi ce rebut de la société, Ces vils papas, ne tiennent-ils pas tellement à leur état , qu'ils ne le quittent au gré de leur intérêt ; j'en ai vu d'assez bas poar se faire domestiques, ou pour danser dans les lieux publics. D'autres , aussi dégradés , mais plus coupables , ne rougissent pas de se mêler aux bandes de brigands qui infestent la Homélie, ou qui se mettent à la tête des expéditions maritimes des forbans du cap Ténare et de

l'Ëpire. Aussi , rarement prenait-on une barque de pirates, ou une bande de brigands, sans y trouver un aumônier, que les Turcs avaient grand soin de faire empaler en tête des voleurs , auxquels ils ne fesaient jamais grâce.

La spéculation des brigands et des papas est toute naturelle , d'après l'idée que ces misérables se font de la religion, dont ils profanent les cérémonies les plus saintes. Us vendent l'absolution des crimes aux hommes parmi lesquels ils se trouvent, sauf à eux à se pourvoir auprès d'autres papas, qu'ils trouveront toujours accessibles pour de l'argent.

FK A NCE . — LU ,LE BO S iS E . LF. CHATFAU D'JIARCOl K I . — LA 'l'iiï T. 1)1' CIJÏLLAUME.

(Vue de la Tour de Guillili

La ville de Lillebonne, située dans le département de la Seine-Inférieure, et qui nest autre que l'antique Juliobona, capitale du pays des Calètes, dut jouir sous les Romains, d'une assez grande importance , si l'on en juge par les nombreux vestiges de chaussées, d'amphithéâtres, de souterrains, de tombeaux, d'urnes sépulcrales, qui sont parvenus jusqu'à nous. Mais elle s'éclipse durant l'invasion des barbares, et à l'exception de quelques mots de la chronique de saint Wandrille, qui indique qu'on alla chercher à Lillebonne vers le milieu du vme siècle, dans les débris des temples payens, les pierres propres à la construction des voûtes et de la façade de l'église Saint-Michel , on ne trouve plus de traces de l'existencede cette ville jusqu'à la domination des Normands qui, attirés par la beauté de sa situation, y édifièrent des châteaux dont celui d'Harcourt fait partie. Le temps et les révolutions successives ont fait subir des changemens à ce vieux manoir ; le style de chaque époque s'est emparé de lui tour à tour et a rendu son origine presque méconnaissable.

Son enceinte vide ne présente plus qu'une cour immense dans laquelle on pénètre par une ouverture coupée , en forme de guichet. Une nappe de verdure foncée qui couvre ces débris , leur prêle un aspect solennel et imposant. A gauche de la porte d'entrée s'élève la tour de Guillaume que l'on appelle aussi tour de Lillebonne , et que représente notre gravure. Fille est séparée du corps d'habitation par un pont levis de trente-trois pieds , jeté sur un fossé très

profond. Son diamètre de cinquante-deux pieds , est partage de la manière la plus égale entre le plein et le vide ; les murs ont treize pieds d'épaisseur. Les fenêtres à pointes aiguës, les arêtes des voûtes, chargées de culs de lampes élégans , révèlent déjà cet âge de perfectionnement , ou si l'on veut d'ingénieuse imitation, dans lequel l'originalité des conceptions romani iques de l'architecture intermédiaire commençait à reconnaître et à subir l'influence d'une architecture plus classique. On parvient à son sommet avec un peu de difficulté parmi des décombres que le temps accumule tous les jours , et de ce point élevé la vue embrasse une des vues les plus délicieuses de la Normandie; mais ce château est surtout célèbre par ses anciens et inléressans souvenirs. Son histoire se trouve en quelque sorte liée à celle de Guillaume-le-Conquérant; nous allons donc esquisser rapidement les principaux évènemens de la vie de ce prince.

Guillaume-le-Conquérant était fils naturel de Robert le-Diable, duc de Normandie ; il naquit à Falaise en 1097 , et fut, à l'âge de 18 ans, investi de l'administration des états de son père, lors du départ de celui-ci pour la Terre- Sainte. Son premier soin fut de rechercher l'alliance de Henri Ier, roi de France, et . avec l'aide de ee prince, à qui le' due Robert avait lui-même rendu d'impoi tans services, il put comprimer la rébellion que les seigneurs de Normandie avaient fomentée contre lui. Après avoir rein-

ai

porté sur eux une victoire complète , l'an 1047 , à Val-aux- Dunes, entre Caen et Argentan , il étouffa dès leur naissance plusieurs autres tentatives, et rétablit le calme dans ses états. Ayant plus tard terminé à son avantage quelques différons avec les ducs du Maine et d'Anjou, et même avec le roi de France , il se crut assez fort pour entreprendre la conquête de l'Angleterre. C'est principalement à celte expédition que Guillaume doit sa célébrité. Ses droits au trône d'Angleterre ne reposaient que sur un prétendu testament d'Edouard-le-Confesseur; mais, fort de la sanction donnée par le Saint-S;ége à son entreprise , il attira sous ses drapeaux une foule d'aventuriers , et se disposa à faire une descente en Angleterre. Ce fut dans le château de Lillebonne qu'il fit tous ses préparatifs, et qu'il assembla ses barons pour délibérer avec eux sur l'exécution de son audacieux projet. Au mois de septembre 10(16, la flotte de Guillaume se réunit à Saint- Valéry. L'expédition ne sembla pas s'annoncer sous de favorables auspices : pendant plusieurs jours les vents furent contraires, et retinrent au port les troupes normandes. Les soldats étaient découragés , et on les entendait dire : « Bien fou est l'homme qui prétend s'emparer de la terre d'autrui ; Dieu s'offense de pareils desseins, et il le montre en nous refusant le bon vent. » Cependant les vents changèrent, et la Hotte mit à la voile; quat e cents gros navires et plus d'un milier de bateaux de transport s'éloignèrent de la rive au même signal. Le vaisseau de Guillaume voguait entête, portant, au haut de son mât, la bannière , envoyée par le pape , et une croix sur son pavillon. Ses voiles étaient de diverses couleurs, et l'on y

avait peint en plusieurs endroits les trois lions , enseigne de Normandie; à la proue était sculptée une figure d'enfant, portant un arc tendu , avec la flèche prête à partir.

On débarqua , sans éprouver de résistance , à Pevensey , près de Hastings. On raconte que le duc de Normandie , en mettant pied à terre , fit un faux pas et tomba : alors un murmure confus s'éleva parmi ses hommes d'armes, et des voix s'écrièrent: « Dieu nous garde! c'est \m mauvais signe. » Mais Guillaume , se relevant , dit aussitôt : « Qu'avez-vous ? Pourquoi vous étonner ! J'ai saisi celte terre avec mes mains , et par la splendeur de Dieu , elle est à nous ! » Celte vive répartie arrêta subitement l'effet du mauvais présage.

Harold, roi des Saxons, ne tarda pas à venir à la rencontre des Normands ; les deux armées prirent position en face l'une de l'autre , et commencèrent le combat. L'attaque fut vive, et les Normands furent d'abord repoussés; on avait fait courir dans leurs rangs le bruit que Guillaume avait élé tué , et celte nouvelle leur avait fait prendre la fuite ; mais le duc de Normandie se jeta au devant des fuyards, les menaçant elles frappant de sa lance, et parvint ù les ramener au combat. Les Saxons , qui les poui suivaient en désordre , commencèrent alors à faiblir et à lâcher pied, et la victoire, après avoir été long-temps incertaine et courageusement disputée, resta enfin aux Nor mands. Guillaume eût son cheval tué sous lui ; le roi lia rold (I) et ses deux frères tombèrent morts , au pied de leur étendard , qui fut arraché et remplacé par la bannière envoyée de Rome. Bien long-temps après ce fatal combat,

(Flotte de Guillaume. 7

la superstition patriotique des Anglais crut voir encore des traces de sang frais, sur le terrain où il avait eu lieu ; elles se montraient , disait-on , sur les hauteurs au nord-ouest de Hastings, quand un peu de pluie avait humecté le sol.

Guillaume , que cette seule bataille rendit maître de l'Angleterre , fit élever au même endroit un couvent sous l'invocation de la Sainte-Trinité et de Saint-Martin , patron des guerriers de la Gaule. Ce couvent fut appelé , en langue normande , YAbhmje de la bataille. Des moines du grand couvent de Marmoutier , près de Tours, vinrent s'y fixer , et prièrent pour les âmes de ceux qui avaient perdu la vie à Hastings.

Une administration pleine de sagesse gagna d'abord â Guillaume l'affection de ses nouveaux sujets ; mai; la sévérité de ses ministres la lui fit perdre bientôt. Que'ques troubles éclatèrent, et le conquérant en profita pour ôter les emplois à tous les Anglais, proscrire les nobles, con-

(i) On sait que la mort d'Harold a fourni à l'un île nos plu» grands peintres, M.Horace Vernet, le sujet d'un magnifique tableau , que l'on admira , il y a quelques années , à l'expositio . du Louvre. Il représentait Edith (la belle au cou de cygne), accompagnée de plusieurs moines, et cjiercha.nt parmi les morts, le corps de son royal amant.

fisquer leurs biens, et rétablir des impôts odieux. Il désarma les rebelles par la force et par la ruse, et les épouvanta par la dévastation du Northumberland. Malgré celte tyrannie insupportable, malgré les conspirations nouvelles que plus tard elle provoqua , Guillaume conserva l'intégralité de sa puissance , sur la Normandie et la Grande-Bretagne , jusqu'à sa mort, arrivée eu 1087.

MENAGERIE ANGLAISE

Une industrie fort lucrative dans la Grande-Bretagne, est celle qui consiste à promener des animaux rares , dans les foires et les lieux de réunions publiques. Plusieurs propriétaires de ménageries ont déjà fait dans ce pays, une brillante fortune, mais aucun d'eux n'a possédé une aussi belle collection que celle qu'exploite actuellement M. Wombwell. Chaque année , cette ménagerie s'enrichit de quelques nonveaux individus , et la suite des charriots destinés au transport de toutes ces bêtes, ressemble assez aux bagages d'un nombreux corps d'armée.

Comme M. Wombwell , se trouve toujours en voyage, un énorme fourgon est disposé de manière à contenir une cuisine , un salon , des lits ," et tout ce qui est nécessaire à son ménage et à sa nombreuse suite.

La ménagerie de M. Wombwell compte en ce moment dix lions et cinq éléphans; c'est plus qu'on n'en trouverait dans toute la France. Elle contient en outre une tel !e quantité d'autres animaux curieux qu'il lui serait facile d'approvisionner les foires de toute l'Europe. Et cependant toutes les l'ois que des animaux rares arrivent de l'Inde, M. Wombwell en fait l'acquisition avec un si grand laisser-aller que souvent il s'est vu hors d'état de payer les péages de la route (I). Il est arrivé souvent à M. Wombwell , de payer jusqu'à 400 francs de péages dans un jour.

Sa musique qui est fort belle lui coûte près de 25,000 fr. par an , et les dépenses journalières de l'établissement s'élèvent à plus de 900 francs; par conséquent plus de 300,000 francs par an. M. Wombwel nous dit que s'il ne devait pas se déplacer si fréquemment , il trouverait de grandes économies à faire lui-même l'état de boucher; il n'aurait qu'à se défaire des morceaux les plus estimés du bœuf et du mouton. Une tête de mouton est un très bon repas pour l'hyène qui est si vorace. M. Wombwell , ne trouverait pas moins d'avantages à pétrir son pain et à brasser sa bière et son aie , qu'à tuer pour son compte.

La' ménagerie de M. Wombwell, lors de la station qu'il fit dernièrement dans les environs de Londres , a été visitée dans l'espace de quatre jours par plus de soixante mille personnes.

Dans les dernières années , M. Wombwell a obtenu plusieurs portées d'animaux sauvages; deux fois les tigres dévorèrent leurs petits; mais depuis qu'on a éloigné les mâles, et qu'on a placé une espèce de berceau dans les cages, les tigresses sont devenues d'excellentes nourrices, et les petits sont bien venus. La lionne reste avec ses petits douze semaines ; la tigresse seize , ainsi que la femelle du léopard cl de la panthère. La valeur des animaux sauvages varie comme autre chose, suivant l'abondance et les demandes : les tigres se sont vendus jusqu'à 500 livres (7,500 f. ) mais quelques fois ils ne coulent que 100 livres; une belle panthère se vend ordinairement 100 livres sterling; la hyène, 30 à 40 livres sterling. Le prix des zèbres s'élève de 150 à 200 livres sterling. Les espèces rares de singes se vendent

(i) En Angleterre on a établi sur les routes, à certaines distances, des barrières appelées Cales ou Toit llars , où les voitures

paient un péage, Ccl impôt lixé par le Parlement, suivant les loealités, est la véritable cause du luxe des nulles en Angleterre. I.u revenu de ces péages est si considérable , ipie d;ms plusieurs

provinces on en prélève une partie pool L'uffeoter à d'antres dépenses. Une distance do trois OU qoalrfl lieues sépare ordinairement ces barrières.

extrêmement cher , ainsi que les lamas et les gnus. Il est impossible de fixer le prix des lions et des éléphans.

La portée ordinaire de la lionne est de deux petits ; mais une vieille lionne de M. Wombwell, a donné deux fois quatre petits ; cependant à chaque fois la lionne se contentait d'allaiter deux d'entr'eux , et négligeait les autres ; ceux-ci ont été donnés à une superbe chienne d'arrêt qui les a allaités , et on a pu les élever.

La mortalité, les maladies et les accidens font subir des perles notables aux propriétaires de ménageries. Dernièrement une superbe autruche , de la valeur de 200 livres sterl., engagea malheureusement son bec dans les barreaux de sa cage, et dans les efforts qu'elle fit pour se dégager, elle se rompit le cou , et mourut. Les singes sont en Angleterre d'une santé extrêmement délicate; ils s'enrhument on ne peut plus facilement, et quand ils ont commencé à tousser , ils présentent tous les symptômes qu'on remarque chez les personnes qui souffrent de la poitrine, et ne tardent pas à mourir. La nourriture ordinaire des singes se compose de pain et de lait, ou de feuilles de laitue et de petits oignons dont ils sont très friands. M. Wombwell , estime qu'il a perdu près de 500,000 francs par les maladies qui ont affligé ses animaux sauvages et ses oiseaux.

Les zèbres, suivant M. Wombwell peuvent devenir dociles comme le cheval ; cependant l'individu de cette espèce qu'il possède est très méchant; car nul de ses gardiens , qui ont tous coutume d'entrer , et de se promener sans crainte dans les cagesdes lions, des tigres et des panthères, n'oserait pénétrer dans la sienne. Une fois par an, le zèbre est attaché à de fortes cordes, et tiré hors de sa cage, afin de couper la corne de ses sabols. Il ne faut pas moins de vingt hommes pour le tenir immobile.

M. Wombwell possède les plus grands boas qu'on ait amenés en Europe; il les nourrit de lapins; plus d'une fois il les a fait jeûner pendant plusieurs semaines. Une chose essentielle dans les soins qu'on leur donne , c'est de régler la température de l'endroit où on les lient renfermés. On les enveloppe dans des couvertures de laine, et on les met dans une boite de bois bien fermée , qu'on place dans un vase de cuivre plein d'eau chaude. L'eau doit être renouvelée matin et soir; si le temps est humide, et surtout si le froid est inlense , on doit avoir soin de la changer plus souvent.

Le plus bel éléphant de celte ménagerie, Clnmey , qui a maintenant dix pieds de hauteur, exécute mille tours, à l'aide de sa trompe à la fois si délicate et si puissante qu'elle peut ramasser une épingle , et déchirer le tronc noueux d'un chêne. Ce monstrueux mammifère ne consomme pas moins d'un quintal et demi de foin par jour, sans parler d'une énorme quantité d'herbes,' de feuilles et de racines; il boit un seau d'eau il chaque coup, et il lui faut journellement soixante-dix pintes d'eau environ. En hiver on lui donne vingt-cinq pintes d'ale forte, toutes les vingt-quatre heures ; mais en été sa boisson est étendue d'eau- L'aie ainsi mélangée est très salutaire pour les éléphants; mais Chuney s'embarasse pendes lois de la tempérance, et si son maître le lui permettait, il serait capable de vider chaque nuit un baril de bière. On prétend que les éléphants grandissent jusqu'à l'âge de cinquante ans , et M. Wombwel est de celte Opinion. Chuney fut prit lors de la guerre des Birmans , et coûta à son propriétaire actuel , plus de 25,000 francs.

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