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HISTORIQUE DE LA TRAITE

Les anciens Égyptiens avaient à leur service des eunuques nègres, comme les Assyriens et les Perses; Tyr et Sidon trafiquaient aussi d'esclaves , selon le témoignage des livres saints- A Carthage , on employait les nègres aux travaux des mines et dans la manœuvre des vaisseaux. Alors comme aujourd'hui, les peuplades nègres végétaient dans cet état d'ignorance , de superstition et de pauvreté, dont le contact des blancs finira probablement par les tirer.

des esclaves. Les Nègres ou Éthiopiens furent communs à Rome, sous les empereurs, et, à Constantinople, au temps du bas-empire. Et plus tard, les conquêtes des Sarrasins, les irruptions des Maures et des Arabes au sein de FAfri-

Eaclava noir frappé du fouet.)

Les Crées el les Romains rapportèrent en Europe, parmi le; dépouilles qne leur avail Fournies l'Afrique, de l'or et

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(Retour des Nègres à l'habilalion.)

que, en disséminèrent un grand nombre dans tous les lieux soumis aux musulmans.

Dans un temps plus rapproché de nous , vers la fin du xive siècle, les Portugais ayant découvert quelques îles vers ces côtes d'Afrique, en rapportèrent des esclaves qu'on employa d'abord à la culture des terres, soit sur le Continent, soit aux îles Canaries. Ce qu'il y a de posilif c'est qu'en 1481, les Portugais bâtirent un fort, celui d'Elmina, sur la côte d'Afrique, et que quatre ans après , Alonzo Gonzales établit l'un des premiers ce grand commerce d'esclaves qui s'est maintenu jusqu'à ce jour.

Ce fut, dit-on, à l'époque où commençait à Saint-Domingue l'exploitation de la canne à sucre, en 15(8, que les Espagnols y transportèrent pour la première fois des esclaves noirs. Lorsque , cent ans après , l'Amérique espagnole fut découverte, le massacre des paisibles habitans de cette vaste et riche contrée, la dispersion dans les forêts d'un grand nombre de ceux qui avaient survécu, et l'extinction graduelle du reste de la population que les Espagnols avaient entassée dans les mines, firent sentir aux maîtres avides du nouveau monde le besoin d'y transplanter une nouvelle race d'esclaves; le commerce des noirs prit dès-lors un immense développement. La culture de la canne à sucre, du coton et du café en Amérique, fut pour les Européens une source de promptes et colossales fortunes, mais le trafic des esclaves fut bien plus lucratif encore pour les capitaines et les armateurs des bâtimens négriers. Les Européens exploitèrent avec empressement les diverses côtes d'Afrique. Cabinde, Loango, Malimbe, Saint-Paul de Loando, Saint-Philippe de Benguela, leurs fournirent, comme ils le disaient, des qualités diverses de chair humaine, qu'ils apprirent à apprécier comme les sortes de café et d'indigo. On reconnut bientôt que les Mandingues étaient l'espèce la plus docile , et dès-lors la plus commode à exploiter ; les Papaus furent côtés presqu'au même chiffre, grâce à leur patience; l'Eboès, stupide, timide et Idche au dernier degré, fut peu couru ; à la moindre contrariété il se suicidail ; ce défaut devait déprécier la marchandise; le Koromantue du royaume de Juida était fier, sauvage, rebelle; il fut tout aussi difficile à placer. En un mot, le tarif de ce nouveau commerce fui bientôt établi.

«4 De lOUS les'points'du littoral d'Afrique, le plus couru fut de tout temps la cotcd'Or. Nulle part ailleurs les Européens ne trouvaient autant {d'esclaves et d'un meilleur produit. » >n les acheta d'abord pour peu de chose, mais peu à peu le prix s'éleva jusqu'à quatre cents francs. Dans ces marches d'hommes, il fallait, comme dans ceux de l'Europe, payer l'impôt du prime . les Commissions des'Voiu tiers.

la protection accordée par les comptoirs européens qui protégaient la traite , les droits en usage sur les côtes , les présens , etc. Le prix de la marchandise n'était souvent qu'une faible partie de la valeur totale. Malgré la cherté de ces machines vivantes , on en exportait habituellement plus de soixante mille par an , et peu de temps avant la révolution française, ce nombre s'éleva à plus de cent mille. L'Angleterre en enlevait pour son compte plus de la moitié qu'elle exploitait dans ses colonies ou revendait aux autres nations. Alors elle avait intérêt à soutenir ce honteux trafic; aujourdui elle le condamne et veut l'anéantir, parce que les intérêts de son commerce ont changé ; ainsi que nous l'expliquerons dans un autre article.

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