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INFANTERIE. — FUSILIER

(Quatrième article.) (r)

Sous le règne de Louis XIV, toutes les institutions militaires marchèrent rapidement vers la perfectien. Ce prince publia de nombreux réglemens sur la discipline, sur la tactique, sur les récompenses et l'administration. Déjà nous avons rappelé que c'est à lui que l'on doit l'établissement définitif de l'hôtel royal des Invalides.

Louis XIV créa des écoles pour l'inslruction des jeunes gens qui entraient dans la carrière des armes. Des compagnies de cadets étaient entretenues dans la plupart des places frontières; ils y apprenaient quelque peu des mathématiques, le dessin et tous les exercices, et faisaient les fonctions de sollats. Cette institution dura dix années. « On se lassa enfin , dit Voltaire , de cette jeunesse trop difficile à discipliner; mais le corps des ingénieurs que le roi forma, et auquel il donna des réglemens, est un établissement à

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(Fusilier, garde de l'artillerie, sous Louis XIV.)

jamais durable. » Ce fut ce prince qui fonda l'ordre militaire de Saint-Louis , plus brigué souvent que la fortune.

Sous son règne cessa d'avoir lieu la convocation du ban et de l'arrière-ban. A ce mode de recrutement, presque au- si ancien que la monarchie, fut substituée l'institution df s trente régimens de milices, fournis et équipés par les communautés, et qui s'exerçaient au métier des armes sans abandonner l'agriculture.

Les titres des chefs et les divisions des corps en régimens, bataillons, escadrons et compagnies, devinrent invariables. Avant lui, les compagnies étaient commandées et administrées isolément, et n'étaient réunies que sur lechamp de bataille.

Louis XIV installait lui-même les colonels à la tôle de leurs régimens, en'leur]donnantJde sa main un hausse-col doré, avec une pique, et ensuite un esponlon, quand l'usage des piques fut aboli.

L'adoption générale de la baïonnette, inventée, dit-on , par M. de Puysêgur, n'eut lieu que quelques années après 1700, bien qu'elle eût paru Ions-temps auparavant. Une notre mesure, moins essentielle sans doute que celle que nous venons de rappeler, mais qui a aussi un grand degré d'importance, fui prise sous le règne de Louis XIV. Ce fut l'uniformité de l'habillement. Sous bqb prédécesseurs, les

(i) Voy. p.igcs a»8 et aGS.

corps n'étaient distingués que par les couleurs des écharpes et des aiguillettes, couleurs que les chefs choisissaient à leur gré. Les autres nations de l'Europe comprirent l'utilité de cette institution , et s'empressèrent d'imiter en cela l'exemple de la France.

Grâce à la sollicitude incessante de ce prince, son armée devint de plus en plus redoutable, et il y eut un progrès immense dans l'organisation , l'administration , la tactique et la discipline; en un mot, l'état moral et physique du soldat fut grandement amélioré. On a peine à concevoir que ce prince ait pu tenir sur pied quaire cent cinquante mille hommes à Ja fois , lorsqu'il lui fallut tenir tête à toutes les puissances de l'Europe liguées contre lui.

Louis XIV est le premier de nos princes qui , en temps de paix, ait donné une image et une leçon complète de la guerre. Il assembla à Compiègne soixante-dix mille hommes en 1G98. On fil toutes les opérations d'une campagne ; c'était pour l'instruction de ses petits-fils. Le luxe fit une fêle somptueuse de cette école militaire. Moins brillanteque la cavalerie, l'infanterie française se fit néanmoins remarquer au camp de Compiègne par la régularité de sa tenue et de ses manœuvres.

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