MŒURS ET COUTUMES DES MEXICAINS
Un voyageur anglais nous a donné les détails que l'on va lire sur la manière de vivre de la classe aisée au Mexique.
« Je vais essayer de donner une idée de la société dont j'ai l'ail partie la nuit dernière. Dans le haut d'une chambre et à quelque dislance , sur les côtés , les daim s étaient assises , au nombre de vingt environ, en ligne serrée et rentrant, pour ainsi dire, dans le un r. Dans le courant de la soirée, .4 quelque cavalier obtenait la faveur d'une place au milieu d'elles, c'eiait ordinairement un ami bien intime ou un étranger bien eut éprenant. A chacun des angles de l'appartement , il y avait une pethe table de pierre, sûr 1 quelle s'eievait un ricl.e flambeau d'argent massif avec une mauvaise chandelle, dont la lumière vacillante donnait à la société une physionomie sinistre. Ce contraste est approprié aux mœurs du pays. Derrière la lumière, dans un globe de verre, apparaissait une figure de la vierge, représentée comme ueustra sei ora de la Guadeloupe patronedu Mexique, et presque éclipsée par un amas de fleurs aitificielles qui n'annonçaient, pas un grand talent cl innovation. La rangée de dames s'étendait, d'un côte, jusqu'à la porte, et de l'autre, jusqu'à une table très urande, placée au milieu de la chambie. où se trouvaient confondus le vin et l'eau, les chapeaux des hommes et les scballs desd.uues; en face de l'une des tables des coins, il y avait une guitare : il arrivait rarement qu'il n'y eût pas quelque auiate.ir capable de jouer un air connu ou ac ompagner les dames, dont plusieurs chantaient fort bien^Gette musique accidentelle n'interrompait pas la conveisauon; le son de la guitare est familier à l'oreille des Espagnols et à celles de leurs descendons; il semble que ce soit un stimulant, un accompagnement nécessaire de leurs paroles. A l'extrémité opposée de la pièce, plusieurs hommes étaient réunis autour de la table de jeu de rigueur et jouaient au monté. Le milieu de. la chambre paraissait être le domaine desenfans de la maison et de leurs petits amis; les nourrices et les vieux domestiques se promenaient de long en large; parfois ils adressaient la parole aux personnes de la société, <t allaient s'asseoir près de la porte. Dans toutes ces contn es, il y a beaucoup de àmiliarité entre les maîtres et les domestiques; en Angleterre, cet usage n'a lieu dans aucune cla-se. On entrait d.ns la pièce ou nous étions pr un vèrandah profond, ou, pour mieux dire, un passage donnant sur la cour et sur un parterre, an centre du carre (pie formait la maison. Un Européen qui tout à coup, par l'effet d'une puissance magique, se trouverait transporté de son pays au milieu de cette société, serait bien embarrassé de dire ce qu'il va faire. Il entre dans la maison par une porte assez semblable à l'arcade d'une hôtellerie; il tourne dans le vèrandah, el là, c'est inutilement qu'il demande sa roule aux petits garçons qui jouent à cache-cache autour des colonnes, ou courent, au clair de la lune, parmi les arbustes du carré; ils ne reçoivent pas plus d'informaiions auprès des jeunes filles: celles-ci, à l'aspect d'un étranger, s'arrêtent el pr. nnent leur grand air sérieux; leurs yeux se fixent sur l'inconnu, mais aucune paro'e ne s'échappe de leurs lèvres. Cependant il ne perd pas courage, il trouve enfin le salon. A son arrivée, tous les hommes se lèvent el restent devant leur siège immobiles comme des statues; la maîtresse de la maison, ni aucune autre dame, n'a jamais l'idée de se lever pour accueillir un étranger ni pour recevoir ses adieux : voilà donc notre ami persuadé qu'on ne le voît pas avec grand plaisir. Dans son incertitude, il se réduit au rôle d'observateur, jette les yeux sur le mauvais plancher, sur les murs blanchis à la chaux, sur les poutres, au travers desquelles il peut compter les tuiles, trop heureux si la sombre lueur
qui éclaire l'appartement ne contrarie pas son désir curieux. Au premier abord, le costume élégant, les dames, le feu de leur regard et la grâce de leur physionomie , lui font croire qu'il se trouve au milieu d'une société respectable. Mais, liélas! ces mêmes" dames se meitent à fumer leur cigare , rient aux éclats et accompagnent leurs plaisanteries
(Porteur d'eau mexicain.)
de cris perçans; le voyageur égaré ne sait plus où il en est. Son étonnement redouble à la vue des hommes, les uns en bottes et en manteau, les autres avec leur chapeau sur la tête, et de la société tout entière, qui, au bout du salon, est absorbée d;ms les plaisirs du jeu , parmi des nuages de fumée de tabac. Si la même puissance magique qui, dans un instant, a fait franchir à notre Anglais le vaste espace des mers. le reporte au lieu d'où il est parti, il ne sera pas facile de lai faire comprendre qu'il s'est trouvé parmi des gens du bon Ion, aimables et bien élevés, au milieu de la meilleure compagnie, en un mot, dans legrovenor-square de la ville de l'épie.
Quant aux gens du peuple, leur existence est a«sez miserait^. Les habiians de la race espagnole s <nl à peu près les mêmes que les habiians de la mère-patrie; mais la plupart des deseendans des compagnon- de Corlès, ayant été toujours sacrifiés par les autorités espagnoles aux individus oui étaient nés en Espagne, ont fini par tomber dans l'abjection et ont perdu cette fermeté et eei orgueil qui caractérisent leur nation. Les indigènes, dont la population va toujours en croissant, et qui sont plus nombreux aujourd'hui qu'ils ne l'étaient avant la conquête, présentent le tableau d'une grande misère, et ne vivent qu'au jour le jour. Ces indigènes ont le teint olivâtre et la taille au-dessus de h moyenne , des membres bien proportionnés, le front étroit, les yeux noirs, les cheveux noirs, épais et lui-ans, et un< barbe clair semée. Exempts, la plupart, d'infirmités corporelles, ils ont les sens exquis, surtout celui de la vue, qu'ils conservent jusque dans l'âge le plus avancé. Un grand nombie d'entr'eux parviennent jusqu à cent ans- Naturellement sobres, quant aux alimens solides, ils boivent avec excès des liqueurs furies; aussi sont-ils souvent victimes des épidémies.
Dans certaines parties du Mexique, le costume des gens du peuple est ass z pittoresque. Dans celui des portefaix d'Ac ipuleo, par exemple, on remarque un chap a i si large que, comme une ombrelle , il couvre tout eur corps, ni) tablier d'un cuir jaune et dur, qui est suspendu au cou et descend jusqu'au milieu du corps, des cuissards de la même matière, des pièces semblables appliquées contre les mollets,
et d'immenses bottines non lacées dont les côtés flottent comme des ailes autour de la cheville. Les portefaix des environs de Mexico ont , comme l'indique la gravure jointe à cet article, un costume beaucoup plus simple; ce qu'ils présentent de plus remarquable, c'est leur manière de porter les fardeaux à l'aide de deux courroies appuyées sur le front et sur le haut de la tête.
EPHEMERIDES.
4 juin 1814. — Publication de la Charte en France.
7 juin 181 5. — Ouverture des chambres législatives en France.
8 juin 1795. — Mort de Louis XVII, dauphin de France.
9 juin i56o. — Etablissement de la petite poste à Paris.
1 1 juin 1809. — Le pape Pie VII excommunie Napoléon.
12 juin 1769. — L'ile de Corse e-t soumise par l'armée française sous les ordres du lieutenant-général, comte de Vaux.
i3 juin 181 5. —Essai de l'enseignement mutuel en France. lit. juin 1800. — Mort de Desaix au moment où son corps d'armée décidait la victoire de Marengo.
L'ACANTHOPODE ARGENTE.
Le poisson représenté par le dessin qm termine ce numéro, offre celte particularité curieuse, commune du reste à tous ceux que l'on nomme chaiudous , d'avoir un nombre infini de dents aussi fines et aussi serrées que les poils d'une brosse. L'acanlhopode arg nié appartient à celle nombreuse série de poissons que l'on nomme osseux, parce qu'ils ont des arête-; solides, et dans laquelle viennent se ranger le saumon, l'anchois, le ha eng, l'exocet el la baudroie dont nous avons étudié les habitudes et la conformation. Ce caractère principal suffirait donc pour empêcher tout rapprochement (pie seraient lenlés de faire quelques lecteurs, à cause de la forme aplatie d- leur corps, enire l'acantbopode et les raies. Celles-ci n'ont en effet que de simples cartilages , mais non des arêtes osseuses. Le nom de ce poi-son dit assez qu'il brille d'un éclat de l'argent; ses yeux sont d'un rouge de sang. On l'a vu dans les mers de l'Inde et sur les côles du Sénégal.
( Acaiiihop.ide argenté.)
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