‹ Magasin universelChapitre 246 sur 320 · MARINE. — UN VAISSEAU DE LIGNE ANGLAIS · texte numérisé non relu

MARINE. — UN VAISSEAU DE LIGNE ANGLAIS

( Coupe verticale d'un vaisseau de ligne anglais. )

Rien n'est majestueux et beau comme un vaisseau de ligne de cent vingt canons. O.-i ne peut s'empêcher d'être frappé d'Êtonnement à l'aspect de celle masse énorme qui s'élève au-dessus des eaux , et qui semble s'accroître encore à mesure qu'on s'en approche. Les lignes élégantes que forment les 'ointures des planches , la triple batterie de TOME II. — Juillet t8K.

canons rangés dans leurs embrasures, les énormes sabords qui ferment lnir entrée, les grosses chaînes de fer qui servent à amarrer le vaisseau dans le port, les porte-haubans qui soutiennent les grosses cordes à l'aide desquelles la mâture du vaisseau est solidement tenue, l'ancre d'espérance au centre du vaisseau , debout, adossée au grand-

mât ; les mâts , les agrès , les voiles déployées au vent , les soldats et les matelots qui vous apparaissent tout nelits dans les hauts bastingages : tout cela forme un tableau qui, une fois qu'on l'a vu , ne peut plus s'effacer de la mémoire.

Sans doute, plus d'un de nos lecteurs a vu dans nos ports des vaisseaux de ligne français. Le dessin que nous mettons sous ses yeux, lui permettra de, comparer leur disiribution à celle des vaisseaux de l'Angleterre. Comme chez nous , les vaisseaux de guerre se divisent en plusieurs classes. Ceux de première classe s'appellent vaisseaux de ligne , parce qu'ils forment la ligne de bataille au moment d'en venir aux mains avec l'ennemi. Les vaisseaux de ligne se divisent en plusieurs catégories; la première catégorie se compose des vaisseaux armés de cent canons et au-dessus, et de huit cent cinquante hommes d'équipage et audessus; la deuxième , des vaisseaux armés de quatre-vingtdix à cent canons , et de six cent cinquante à sept cents hommes d'équipage ; la troisième se compose des vaisseaux armés de soixante à quatre-vingts canons , et de six cents à six cent cinquante nommes d'équipage. Les vaisseaux de ligne qui ont moins de quarante-quatre canons, portent le nom de frégate. Ce nom est aussi donné à des vaisseaux qui portent un plus grand nombre de canons; mais cette distinction dépend de la forme et des dispositions adoptées sur le vaisseau.

La planche que nous donnons représente les dispositions intérieures du vaisseau , les différentes situations des cabines , les divisions des batteries et leurs communications.

Le premier mât qu'on voit à gauche, s'appelle mât de misaine; celui du milieu est le grand mât; celui de droite est le mût d'artimon. Le vaisseau a six divisions. D'abord, le gaillard-d'avant , qui occupe l'éiendue des deux côtés du mât de misaine; tout à côté, entre le mât de misaine et le grand-mât, se trouvent les passe-.-ivant , entre lesquels sont les chaloupes ; et puis , entre le grand-mât et le mai d'artimon , est le gaillard-d'arrière ; à la droite du mât d'artimon est la chambre du capitaine , au-dessus de laquelle est la dunette où l'on aperçoit des gardes-marines. Dans la seconde division du vaisseau , on voit le grandpont, ou batterie supérieure, dont les canons sont du calibre de 42 ou de \8 au plus; à gauche est l'infirmerie, à côté de la cuisine; et tout-à-fait à droite, au-dessous de la chambre du capitaine , se trouve Ja chambre réservée à l'amiral. La troisième division se compose du pont du milieu , ou deuxième batterie qui est ordinairement armée de canons du calibre de 44; à droite se trouve la grande chambre où se réunit le conseil. Dans la quatrième division est le pont inférieur, ou première batterie , armée de canons du calibre de 56 ; on voit là quelques hommes autour d'une table ; des hamacs des hommes de l'équipage suspendus aux solives; des pompes auxquelles on voit des matelots travailler. A la cinquième division est l'entrepont où se trouve , entre le grand-mât et le mât de misaine , le poste des chirurgiens , et que l'on reconnaîtra aisément à un homme étendu sur une table. La sixième division est occupée par la cale, qui contient, en commençant par l'arrière , les magasins du bosseman et du maître-chai peniier ; tous les cordages de rechange, la sainie-barbe, les réservoirs et les tonneaux à eau, le magasin des boulets, les pompes et les brimbales, les tonneaux renfermani les provisions salées, la soute au biscuit, et enfin le vin, l'eau-de-vie et le rhum. Ces divers magasins sont séparés par de fortes cloisons.

On ne descend jamais dans la sainte-barbe avec de la lumière. A chaque extrémité du magasin à poudre, se trouvant des lanternes garnies de réflecteurs extrêmement polis, et de fortes lentilles qui jettent un très grand jour, de sorte qu'il est très aisé au matelot chargé de ce soin de faire lesgargousses, et de prendre les poudres nécessaires au service. Il n'enhe pas non plus la moindre parcelle de fer dans la confection de ce magasin, La gaule au biscuit pre- •tii la un i (range contraste avec la saiute-haihe : la propri tè

et l'ordre qui y régnent, le soin tout particulier avec lequel on y entretient des courans d'air, indiquent l'importance des objets qui y sont enfermés. Dans la plupart des vaisseaux de ligne anglais, la soute au biscuit occupe toute la hauteur de la cale et de l'entre-pont. Barthe.

(Nous renvoyons à un prochain article le parallèle entre les vaisseaux anglais et les nôtres.)

Coutume anglaise. — Les nominations aux charges ecclésiastiques sont entre les mains de la noblesse, du roi et des universités. Il est des familles qui ont, sous le nom d'Advowson, le droit de présenter à plusieurs dignités; ces droits sont inhéiens aux propriétés nationales dont ces familles se sont emparées , et il n'est pas rare de voir des femmes, des filles, posséder des advowsons, et nommer aux plus imporlantes fonctions de l'Eglise. Ces droits se vendent comme d'autres propriétés : on a vendu des advowsons aux enchères publiques; quelquefois c'est une femme qui présente son mari ; souvent le propriétaire de l'advowson se présente lui-même pour remplir la charge ■ c'est plus simple : c'est aussi une dot pour les demoiselles'.

Les*hauts emplois ecclésiastiques se perpétuent dans les familles nobles, comme les hautes fonctions civiles; mais dans cette branche de services publics, comme dans toutes les autres, les titulaires ne dédaignent pas les modiques revenus de quelque demi-douzaine de fonctions inférieures.

Page 1