L. D'après les observations de i\l. Maccary, les scorpions
s'uniraient presque à la manière des crabes. Il est à remarquer que la femelle change de peau avant de mettre bas ses petits; le mâle en fait autant à la même époque.
Nos espèces indigènes produisent, dit-on, deux généralions chaque année. On a trouvé, en été, des femelles dont les œufs étaient à terme, et en automne, on en a observé d'autres qui n'avaient que des germes très petits, el dont le développement intégral n'avait lieu qu'au printemps suivant. Ces faits et ceux recueillis par le docteur Maccary paraissent établir qu'il y a effectivement deux générations, l'une en cette dernière saison, et l'autre en été. La femelle fait ses petits à diverses reprises ; elle les porte sur son dos pendant les premiers jours, ne sort pas alors de sa retraite, et veille à leur conservation l'espace d'environ un mois , époque à laquelle ils sont assez forts pour s'établir ailleurs et pourvoir à leur subsistance. Ce n'est guère qu'au bout de deux ans qu'ils sont en état de reproduire.
On a dit que le scorpion , lorsqu'on le renferme dans un cercle de charbons allumés, et qu'il se voit hors d'état d'échapper à l'action de la chaleur, se pique lui-même, et se donne ainsi la mort.
Maupertuis, d'après quelques expériences , a combattu cetie opinion.
D'autres observations, néanmoins, que M. Léman a faites depuis, et avec beaucoup de soin, viennent à son appui. M. le comte de Sémonville, grand-référendaire delà chambre des pairs, a fait, à cet égard, et en présence d'un grand nombre de personnes, plusieurs expériences dout le résultat confirmerait l'opinion populaire.
Les scorpions , du moins dans quelques circonstances , tuent et dévorent leurs petits à mesure qu'ils naissent. Maupertuis en ayant renfermé ensemble environ une centaine, n'en trouva plus, au huit de peu de jours, que quatorze. Nous avons un exemple récent d'une destruction encore plus considérable; un envoi de plus de quatre cents scorpions que M. Cuvier avait reçus d'Italie, fut réduit, au bout de peu de temps, à quelques individus.
Les scorpions ont le corps alongé et terminé brusquement par une queue longue composée de six nœuds, dont le dernier, plus ou moins ovoïde, finit en pointe arquée et très aiguë; c'est une sorte de dard, sous l'extrémité auquel sont deux petits irons servant d'issue à une liqueur vénéneuse contenue dans un réservoir intérieur.