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TOME II. —Juillet i

^ Ce lieu est, en effet, le centre d'une correspondance qui s'étend aux confins des deux mondes ; les lettres en partent régulièremeut pour l'Inde, pour la Chine, pour l'Amérique, pour la Nouvelle-Hollande, pour l'Equateur et pour la zone glaciale. Il n'y a que le peuple anglais qui nous

mette en rapport avec tous les autres peuples de la terre, et qui montre son pavillon depuis l'Archipel Ionien jusqu'aux îles de la mer du Sud.

La multiplicité des rapports auxquels doit satisfaire l'institution des postes en Angleterre, exigeait un ordre parfait dans la distribution du travail. Il faut examiner de près l'organisation des bureaux pour voir comment cette condition a été satisfaite ; c'est là l'examen que doit faire le voyageur vraiment curieux , sans se borner, comme le fait la masse des coureurs de grandes routes , à la simple inspection de la façade, ou à un rapide coup d'oeil jeté dans l'intérieur de l'iiôtel.

L'une des circonstances qui frappent le plus l'attention des étrangers qui visitent la première fois l'hôtel des Postes de Londres, est la présence d'une multitude d'inscriptions placées dans tonte l'étendue de la vaste enceinte des bureaux, non-seulement sur les issues principales, mais encore sur les moindres subdivisions 'es bureaux.

Chaque employé y est, pour ainsi dire, désigné d'avance aux regards des personnes dont il doit servir la correspon dance, et, grâce à ces nombreuses indications, ia foule des négocians, des étrangers, des valets, etc., trouve sans guide et en silence le bureau où elle est promptement expédiée. C'est un spectacle vi aiment curieux que celui que présente ce service si vaste et si varié , qui calcule , suivant les probabilités, les retards des vents et toutes les chances défavorables, et vous dit avec justesse, pour la plupart des cas, l'époque du retour de la correspondance que vous envoyez au fond de 1 Inde, comme s'il n'était question que d'un billet d'invitation adressé à l'un de vos amis domicilié à quelques rues de distance.

Le revenu des postes en Angleterre ne dépassait pas 20,000,000 fr. au commencement de la révolution française; il est aujourd'hui au-dessus de 60,G00,0OO. L'énorînilé de cette somme s'explique assez par l'élévation ru tarif du transport des lettres et par la taxe des journaux. Dans ce pays, où les vieilles institutions sont si difficiles à déraciner, il sera fort difficile de faire réduire à un chiffre raisonnable une taxe aussi contraire au progrès de l'industrie, et nous dirons aussi à la propagation des lumières. Les employés de l'administration de» postes en Angleterre , prélevant d'énormes bénéfices sur le mouvement de la correspondance et sur celui des feuilles publiques, ont fait une vive opposition à toutes les mesures de réduction qui ont été proposées. Grâce à ces dispositions fâcheuses , au génie fiscal qui caiacteiise également l'administration française, et à la sol te fierté qui sépare encore ces deux nations jadis rivales, les feuilles publiques et les lettres ne passent d'un pays dans un autre que grevées, au passage des deux frontières, de deux impôts énormes, contre lesquels réclamera efficacement la masse , quand elle sera plus éclairée et pourra mieux examiner les rouages de cet immense système si lourd, si compliqué, qu'on appelle la machine gouvernementale (i).

En rappelant ainsi à nos lecteurs les imperfections de l'institution des postes en Angleterre et en France, nous ne nierons pas que des améliorations ont été ou inlro (liiitts m levées des deux côtés depuis quelque temps. Ainsi l'on a du relié à ace.eleicr^'ra- ,.V" dépêches

entre I ondreset Paris; ainsi le service flans ..itérieur île la France a gagné , dans ces dernières années, sous le rapport de la n'irrite et de I ex ictilude;... el cependant (pie de réclamations faites chaque jour par les journaux!

Les mnil-roachrs . destinés m Angleterre au transport des. i.pè ,hes, sont des voilures à quatre places d'iméi ieur et six sur l'impériale. Derrière la voilure esi assis le gardien , ayant devant lui une espingole et une paire de pis-

(i) Le revenu «les pontet en France est Je 35,36i,<)o5 fr.

Le nombre dei liabilans da 39,56o,g34-

Le revenu du département do la Seine est de Qi4'5,77G fr. F.t lo nombre de ses habitant de 9?5,toft.

tolets. Ces voitures voyagent à raison de dix milles à l'heure (quatre lieues); mais leur peu de largeur (car les Anglais, gens, en général, grands et gros, semblent tenir peu de compte de leurs dimensions personnelles dans les proportions qu'ils donnent à leurs voitures), leur pende iargeur, disons-nous, et la brièveté de leur station, les rendent peu commodes.

Les postes pour le transport des voyageurs et des marchandises sont en Angleterre organisées sur des bases toutes différentes de celles qui agissent ce genre -de service dans le reste de l'Europe; elles ne sont pas l'obiet d'un privilège exclusif. Au moyen d'une licence, qui 'ne peut être refusée , les relais sont établis selon le caprice ou la volonté de ceux qui les possèdent. La concurrence qui en résulte ne fait cependant pas baisser le prix des courtes lequel, Londres excepté, est à peu près le même sur toutes les routes, et diffère peu de celui des relais en France. Le nombre des chevaux est toujours de deux ou quatre, sans égard pour celui des voyageurs, ni pour la forme ou la pesanteur des voitures.

Lorsque l'on veut se servir de voitures de poste, les entrepreneurs sont tenus d'en fournir sans accroissement de prix. Ces voitures , qui ont la forme de coupés, sont bien suspendues, fort propres et fort commodes

L'Angleterre n'a pas. comme la France, une race de chevaux ^affectés spécialement au service des postes. La plupart des animaux employés à ce service sont des chevaux de carrosse ou de chasse , devenus impropres à l'un ou à l'autre de ces usages , et qui , avant d'être attelés aux fiacres et aux fourgons, usent ainsi ce qui leur reste de force. Leur vitesse répondant en partie à ce que leurs formes élégantes semblent promettre, on parcourt huit à neuf milles (trois lieues et demie environ) par heure, le temps de relayer compris. Armé d'un long cornet, le gardien avertit de loin les conducteurs des voitures qui pourraient arrêter sa marebe.

La taille des portillons, toujours choisis parmi les hommes les plus petits, et leur costume, qui ne se compose que d'une veste ronde, d'une culotte courte et de bottes à revers , sont calculés de manière à réduire le plus possible le poids que portent les chevaux.

Les harnais qui passent des voitures de ville à celles de poste, ne subissent aucun changement pour celte dernière destination. Ils sont remarquables par leur excellente tenue.

Les slaye-coaches correspondent à une diligence; ce sont des voitures fort élégantes , construites pour transporter quinze ou dix-huit voyageurs, et une charge assez considérable en paquets, mais sur des routes parfaitement unies; cette dernière condition est de rigueur : sans elle, l'élévation des voitures, la répartition de la charge, exclusivement placée sur l'impériale, et la légèreté de la caisse et du train, donneraient lieu, comme en France, à de nombreux accidens.

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