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LES ALBINOS

Les Albinos ont le caractère efféminé, la peau d'un blanc mat , les yeux faibles , avec la prunelle plus ou moins rouge, et les cheveux d'un jaune pâle, ou complètement cotonneux, soit pour la teinte, soit pour la consistance. Ils sont communs, ou du moins plus remarqués chez les es-

pèces d'hommes a derme foncé. On n'en cite point chez les Arabes; mais nous «n avons vu parmi les Européens, notamment un de Varsovie; il était né d'un Polonais et d'une Allemande, et un autre dans un village de Suède où l'on nous assura que sa mère et sa grand'mère étaient en tout semblables à lui.

Les Albinos observés à Java par des voyageurs , y forment, dit-on , quelques pauvres peuplades errantes dans les bois, et proscrites sous le nom de Chacrelas. Labillardière cite une fille albinos qui appartenait également à la race des Malais, et qu'il apperçut sur une des îles des Amis; ceux de Ceylan , nommés Bedas ou Bedos , méprisés du reste des habitans', paraissent appartenir à l'espèce des Hindous Il en existe parmi les Papous. Ou en a vu chez les Hyperboréens , mais il y sont très rares. Nous avons observe à Mascareigne une assez jolie esclave de seize ans, qu'on eût dit cependant en avoir trente , qui avait été achetée à Madagascar , et qui était Albinos de l'espèce élhiopique; elle avait eu deuxenfans, l'un d'un blanc, et l'autre d'un nègre. Tous les deux étaient de véiitables métis ayant les traits de leur père, mais la couleur blafarde et la blancheur des cheveux de la mère ; leurs yeux, faibles, n'étaient cependant pas rouges , mais châtain très-clair. On trouve, dit -on, fréquemment des individus pareils dans les bois de la Grande lie où la seule colonie qui nous reste dans les mers de l'Inde s'alimente d'esclaves. Les habitans de l'île de France prétendent en avoir acheté quelquefois pour leur sauver la vie, les naturels les tuant comme des créatures abjectes , quand ils ne trouvent pas piomptement à se défaire de ceux qu'ils prennent à la chasse ; nous ne garantissons pas ce fait. On rencontre des Albinos chez la plupart des Ethiopiens du continent. Enfin les plus célèbres sont les Dariens de l'Amérique, vivant dans l'isthme qui unit les deux parties du Nouveau-Monde. Ces hommes, résultat d'un vice d'organisation transmis, semblent perdre les caractères de l'espèce dont ils sortirent, pour en prendre de propres à leur infirmité, tt qui donnent à tous une physionomie commune d'une extrémité de la terre à l'autre.

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