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DE LA RAGE

On donne le nom de rage à l'ensemble des phénomènes qui résuit nt, chez l'homme, delà morsure des animaux enragés. Elle a souvent été désignée sous le nom d1 hydrophobie (qui signifie horreur de l'eau; ; mais cette aversion pour les liquides se manifestant dans diverses affections nerveuses, le mot hijdrophobie doit plutôt désigner un des symptômes de la rage que la rage elle-même.

Cette maladie esi susceptible de se développer spontanément dans le chien, le loup, le chat et le renard, qui peuvent la transmettre ensuite aux autres quadrupèdes ou à l'homme ; mais il n'est pas prouvé qu'elle survienne sans morsure préalable dans les animaux des autres espèces , ni que ceux-ci puissent, lorsqu'ils ont été mordus, la communiquer à d'autres individus.

Quelques médecins ont regardé la rage comme étant, dans tous les cas, l'effet d'une imagination fortement frappée; mais l'opinion générale attribue cette redoutable maladie à l'action d'un virus particulier déposé dans la plaie faite par morsure, soit que le virus agisse en déterminant une irritation toute fixée dans l'endroit de la blessure et qui donne ensuite lieu à une névrose générale, soit qu'au bout d'un temps indéterminé, le virus lui-même, absorbé et mêlé au sang , produise une infection générale.

Si nous ne nous abusons pas dans nos espérances et dans nos vœux, on pourrait, au moyen d'un avis au peuple, souvent répété, et de la manière ls plus persuasive, établir une harmonie salutaire entre les soins, que le blessé peut se donner lui-même dans les premiers instans , et ceux qu'il peut recevoir ensuite de l'art; cette harmonie prou-

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verait, par ses triomphes, que la médecine est la véritable science de l'homme autant que l'exercice de toutes les vertus.

La rage est une maladie aiguë, caractérisée par des accès de fureur , des envies de mordre souvent , accompagnée de l'horreur de l'eau et des boissons, et quelquefois de convulsions à l'aspect des corps brilians et lumineux.

Celte maladie survient spontanément à quelques animaux; l'homme et plusieurs autres animaux n'en sont atta qués que par la morsure d'un animal déjà malade, par le contact ou l'introduction de sa bave dans une blessure ou sur une partie recouverte d'une peau très fine.

Le chien, le loup, le renard, sont les plus sujets à cette maladie , et elle leur survient principalement en été , en hiver, surtout à l'époque de leur chaleur.

Lorsque la rage survient à un chien , il est d'abord triste, abattu, il reste assis dans un coin, grogne souvent, sans cause apparente, surtout contre les étrangers, il cherche à les mordre ; le plus ordinairement il refuse les alimens , la boisson, ou en prend en petite quantité. Après deux ou trois jours de cet état, les symptômes augmentent, l'animal quitte tout à coup la maison de son maître, fuit de tous côtés, mais sa démarche est incertaine, mal assurée, le poil est hérissé , l'œil hagard , fixe , brillant , la tête est basse, la gueule béante, pleine d'une bave écumeuse, la langue est pendante , la queue serrée (comme il est exprimé dans la figure); alors il éprouve des accès de fureur qui reviennent par intervalles; il se jette sur les animaux qu'il rencontre, les mord, et continue ensuite son chemin : A ce degré de la maladie, l'animal ne prend ordinairement aucun aliment, et évite la boisson. Quelquefois cependant on le voit manger , boire et même traverser les rivières : ainsi c'est par le rapprochement, le concours de tous ces signes que l'on peut bien juger de la nature de la maladie, et en général on doit se méfier de toute morsure faite par un animal qui n'a pas été provoqué.

Il est donc du devoir de tout bon citoyen de veiller attentivement sur l'état des animaux qui sont dans sa maison, et dès les premiers signes de la maladie d'un chien, il doit pour la sûreté de sa propre famille, pour la tranquillité

publique , ou le sacrifier sur-le-champ , ou l'enfermer dans une cour, dans un endroit isolé d'où il ne puisse s'échapper.

Lorsqu'un loup est enragé, il quitte les bois, court clans les campagnes, se jette avec fureur sur tous les animaux qu'il rencontre, attaque même les hommes, et n'est effrayé ni de leur nombre , ni du bruit de leurs armes.

Si un loup est vagabond, si un chien malade s'est échappé de la maison de son maître , la police du lieu doit charger quelques hommes courageux et prudens de poursuivre l'animal jusqu'à ce qu'ils aient pu l'arrêter ou le tuer : Les hommes chargés de ce soin , doivent être armés d'un sabre, d'un fusil , et ne pas s'écarter beaucoup les uns des autres.

Lorsqu'un homme a été mordu par un animal enragé le premier soin doit être de laver sur-le-champ la blessure, de la presser en différens sens pour exprimer le sang et entraîner la bave que la dent de l'animal y a déposée. On peut pour cet objet employer l'eau d'une fontaine , d'un ruisseau que l'on rencontre ; mais les lotions sont bien plus efficaces si l'on emploie l'eau chaude, si on y fait fondre du savon , du sel ; l'eau de chaux , l'eau de lessive , sont aussi très efficaces : on peut aussi employer l'urine chaude.

Après cette lotion première qui doit être faite avec beaucoup de soin et continuée au moins dix minutes, il faut brûler la partie mordue, soit en y appliquant un fer rouge, soit en y appliquant un caustique tel que l'eau forte ou une autre substance de cette nature; mais quelque moyen que l'on emploie, il faut que la brûlure comprenne toute l'étendue de la morsure , qu'elle en suive exactement le trajet, la direction, et pour bien faire cette opération importante, il faut observer t° que dans le nombre des dents qui garnissent la mâchoire de l'animal , il y en a de chaque côté deux longues aiguës , recourbées ; 2° que l'animal furieux les enfonce avec force; 5° que les chairs serrées par les mâchoires cèdent à la force qui les presse, et qu'ainsi les morsures sont souvent obliques et plus profondes qu'elles ne le paraissent.

Quelsque soient le nombre, la grandeur, la situation des morsures, il faut apporter à toutes la même attention.

La suite du traitement doit consister dans des pansemens simples, avec quelques onguens propres à faciliter, à en-

( Chien enragé. )

trelenir la suppuration, à hâter la chute des parties qui ont été brûlées. Il importe aussi d'écarter du blessé tout objet de crainte, d'inquiétude, et de lui faire sentir que le traitement est très efficace, puisqu'il détruit le venin dans la partie où il avait été porté. On doit employer le même

traitement pour le bétail qui a clé mordu par un anima enragé : cependant si la morsure était bornée à la queue, à l'oreille, à Une partie de peu d'importance pour la vie, il est plus simple , pus court de couper sur-le-champ la partie au-delà de la morsure. Achille Comtk.

Los bureaux d'abonncniant et de vente sont me de Seine s^int Germain , n° ?.

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ANCIENS MONUMENSDE LA FRANCE. -TA MAISON DE FRANÇOIS Pr. — LES CHAMPS-ELYSEES.

( Vue de la Maison dite de François Ier.)

En lisant au bas" de la gravure qui accompagne cet article , Maison de François Ier aux Champs Éhjsèes, ceux de nos lecteurs qui n'ont pas visité Paris doivent être tentés de croire que le quartier où l'on a transporté ce curieux monument est l'un des plus riches et des plus beaux de la grande ville. Et parmi les habitans de cette immense cité, combien en est-il qui n'ont jamais porté leurs pas dans cette région et partageront la même erreur. Les journaux ont tant parlé il y a quelques années des magnifiques projels de certains spéculai eurs qui voulaient peupler . de maisons de luxe la partie des Champs-Elysées qui est au sud-ouest de Paris , on a si long-temps répété que ce lieu, jadis occupé par de maigres cultures et par quelques pauvres bicoques était déjà transformé en un riant séjour embelli par les constructions les plus gracieuses et les jardins les plus gais , que cette assertion a été reproduite dans plus d'une description de Paris , et que tous les jours des étrangers se font conduire dans la ville imaginaire de François Ier.

II en a été de ces grands projets de constructions aux Champs-Elysées comme de tant d'autres qu'enfanta la fièvre des spéculations, lorsque après quelques années de paix, Paris regorgea un moment de capitaux oisifs.

L'état florissant de nos finances et. le calme dont jouissait la France sous la restauration, avaient fait croire à la foule des spéculateurs, si imprévoyante, si prompte à se bercer d'illusions comme à se laisser abattre , que la population de Paris allait recevoir un rapide accroissement et qu'il fallait se hâter de bâtir de nouveaux palais pour les riches de la moderne Babylone.

Et aussitôt le terrain fut divisé, les rues tracées, quelques pans de murailles et de grilles élevés par ci parlà, simulacres tentateurs d'un commencement de constructions; on acheva même quelques douzaines de maisons, on éleva au centre de la ville nouvelle une fontaine monumentale qui devait répandre dans toutes les rues une eau TOME IL — Aoiit i835.

fraîcheet limpide ; mais ce qui mît encore mieux en évidence la confiance des spéculateurs, ce fut le transport d'une partie de la maison dite de François Ier qu'on fit venir de Moret pour la placer dans le nouveau quartier, sur le bord de cette route de Versailles sans cesse sillonnée par une in-! finité de voitures.

Le résultat de cette gigantesque opération était facile à prévoir. Les plus avisés se hâtèrent de revendre à d'autres spéculateurs; on termina à grand peine les quelques maisons commencées, et le quartier de François Ier était déjà abandonné lorsque la révolution de 1830 vint porter le dernier coup aux grandes entreprises, et ajourner indéfiniment le succès de celle-ci.

Aujourd'hui vous trouveriez à peine quelques rares locataires dans ces bâlimens isolés; l'herbe pousse déjà sur les murs des enclos abandonnés; les chardons envahissent les alentours de la maison déserte de François Ier, et on recommence à livrer à la culture et au pâturage une partie de ces terrains achetés si cher et qui devaient tant produire.

Cette immense déconfiture nous rappelle une autre entreprise non moins malheureuse pour ses actionnaires, mais qui du moins a produit quelque chose de complet. Nous voulons parler du pont suspendu en chaînes de fer qu'on a jeté sur la Seine, non loin de la maison de François Ier. On sait qu'un autre pont suspendu avait été construit peu de temps auparavant, à quelque distance de là, vis-à-vis l'hôtel des Invalides; ce ponl magnifique, qui ne portait sur aucun appui placé dans le lit de la rivière, manqua, on s'en souvient, par le défaut de solidité d'un des points d'attache rie la chaîne , mais il n'eût pas été plus productif que celui qu'on lui a substitué. Pour qu'il y ait des passagers, il faut un but de voyage; or, le quartier de François Ier est désert et ne conduit à aucun centre de population.

Quant à la maison apportée à si grands frais de Moret,

elle servait de rendez-vous de chasse dans la forêt de Fontainebleau , et avait été ornée de sculptures par le célèbre Jean Goujon (1). La façade, dont nous donnons un dessin fort exact , était une des faces intérieures de la cour de la maison de Moret qui, par conséquent , était beaucoup plus vaste que le bâtiment nouveau, et avait une tout autre distribution.

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