‹ Magasin universelChapitre 278 sur 320 · L'IGUANE · texte numérisé non relu

L'IGUANE

Comme les caméléons, les iguanes ont la faculté de changer de couleur lorsqu'on les irrite, et selon l'état de l'atmosphère. Ils renflent aussi leur goitre, dressent leurs crêtes , s'agitent avec grâce et sont des plus agiles. Tous sont propres aux contrées chaudes des tropiques, et vivent d'insectes , de larves , ou même de petits oiseaux qu'ils poursuivent et saisissent fort adroitement dans les branchages sur lesquels ils habitent le plus communément. Pressés par* le besoin ils descendent cependant à terre pour y manger quelques racines. Leur langue est charnue, fourchée au sommet, et ils la tirent et l'agitent à la manière des lézards. La plupart acquièrent une assez grande taille, et leur chair, qui passe pour fort délicate , est très recherchée sur les bonnes tables de l'Amérique inlertropicale.

L'iguane ordinaire se trouve en grande quantité à la Guyane, et jusque dans les principales Antilles, où la délicatesse de sa chair le fait tellement rechercher des chasseurs, que l'espèce en paraît diminuer sensiblement. Il est fort difficile à tuer, ayant la vie fort dure; le plomb

( L'Iguane.

,même du fusil glisse souvent sur sa peau flexible, dure et couverte d'écaillés serrées ; c'est au lacet qn'on l'attrape , on lui attache alors la gueule et les pattes pour qu'il ne puisse ni mordre, ni égratigner, et ainsi captif , on le porte au marché; il faut pour le faire mourir, lui enfoncer une épine ou quelque instrument piquant dans les narines. On a attribué à l'usage des mets qu'on en obtient l'origine de certaines maladies au Nouveau-Monde; il faut renvoyer un tel conte avec celui des poissons appelés toxicophores. Les couleurs de cet animal varient du gris au bleu , mais la plupart des individus sont brillamment diaprés de vert, de bleu, de jaune et de brun. Leur taille ordinaire est de trois pieds : on en trouve de cinq; la queue entre pour moitié au moins dans la longueur. Ils agitent souvent

leur langue, avons nous dit, en tous sens, quoiqu'elle ne soit pas extensible, surtout lorsque étant en Colère ils gonflent leur gorge, dressent les écailles de leur longue crête, et font briller leurs yeux comme des charbons ardens. Ils font alors entendre un sifflement sourd tout particulier. Peu défians, courageux même, ils attendent souvent l'homme et se défendent ; et néanmoins ils s'apprivoisent. On prétend que des colons en nourrissent dans leurs jardins, où on les prend au besoin. La médecine employait autrefois une sorte de bézoard , ou calcul qui se trouve dans la tête de l'iguane ordinaire selon les uns , et dans l'estomac selon d'autres. On a justement renoncé à de tels remèdes. La femelle pond un grand nombre d'oeufs de la grosseur de ceux, du pigeon; elle les dépose sur le sable,

où l'homme , qui en est très friand , les lui enlève. Ces œufs ne durcissent jamais complètement par la cuisson et n'ont presque pas de blanc.

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