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: DèjàgCvoyez page fï7j|noiis avons explique !e snjeJEde la gravure qui' accompagne cet "article. Les détails que nous avons donnés sur la pêche des perles dans la baie deCondalchy, près la côte nord-ouest de l'île de Ceylan, sont assez étendus pour qu'il ne soit plus besoin d'y revenir. Nous nous bornerons aujourd'hui à donner un aperçu de l'état physique de Ceylan, de sa population' et des changemens de domination qu'a éprouvés ce beau pays si long-temps convoité par l'Angleterre. L'île de Ceylan est située dans la mer des Indes, au sud-est de la presqu'île occidentale dont elle est séparée par ce golfe dè'Mannaar tellement embarrassé d'écueils, d'îlots et de bas-fonds TOME II. — Septembre i835,j
mie l'on ne peut y naviguer qu'avec de très petits bâtimens Son étendue est de 4,8(50 lieues carrées. Sa figure peut être comparée à celle d'un jambon.
Vue de la mer, Ceylan séduit par la fraîcheur de sa verdure et son air de fertilité. Des montagnes hautes, escar* péeset couvertes de forêts épaisses, dont les intervalles sont remplis de broussailles impénétrables , s'élèvent dans l'intérieur de l'île et couvrent la partie méridionale. .La plus haute de ces montagnes s'aperçoit de quarante-cinq lieues en mer. Son sommet élevé de 5,543 pieds au-dessus de l'Océan offre'un plateau de peu d'étendue au milieu duquel on voit une pierre qui porte l'empreinte d'un pied gigan-
tesque. Les Européens ignorans affirment, les uns que c'est le pied d'Adam, les autres que c'est celui de St-ïhomas. Les insulaires de leur côté croient y reconnaître l'empreinte de leur dieu Bouddha, et ses sectateurs y accourent en pèlerinage.
Quoique Ceylan soit dans le même hémisphère que nous, les plus grandes chaleurs y régnent de janvier en avril , et c'est pendant le solstice d'été que l'on y jouit de la plus grande fraîcheur. Du reste, le climat en est tempéré et ses côtes ne sont pas soumises à ces chaleurs étouffantes qui se font sentir sur le continent voisin.
Ceux de nos lecteurs qui n'ont jamais visité les contrées voisines de l'Equateur, ne pourront se faire une idée de la richesse de la végétation de Ceylan. Presque tous les fruits de l'Inde et des régions équmoxiales y croissent en abondance et y sont exquis. Les ananas , les oranges , les melons , viennent sans culture dans les bois. Le bananier, le jaquier, le tamarinier, le manguier, ne s'élèvent pas avec moins de facilité. Le cocotier et divers palmiers, entre autres le talipot dont la feuille est d'une dimension gigantesque, ajoutent à la variété du coup d'œil ; et tout à côté vous trouvez le poivre, le bétel, le piment, la canne à sucre et le cannellier; le cannellîer qui à lui seul enrichirait Ceylan, tant son écorce est recherchée par le commerce de l'Europe et par celui de l'Asie.
Les forêts de Ceylan servent de retraite à une infinité d'animaux innocens ou carnassiers, tels que les daims, les cerfs, les gazelles, les sangliers, les léopards, les chacals, les ours , les singes , etc. De tons ces animaux les plus curieux, sans contredit, sont les éléphans. Plus forts, plus intelligens et en même temps plus dociles que ceux des autres pays, ils ont sur eux une telle supériorité, dît l'iusulaire de Ceylan, que ceux-ci les saluent quand ils les rencontrent. On en prend quelquefois près de deux cents dans une seule année; on les mène presque tousati continent indien.
De même, que tous les pays chauds , Ceylan fourmille de reptiles et d'insectes. Les serpens y vivent en grand nombre et sont un véritable fléau pour les hommes. Des crocodiles infestent les rivières ; les sangsues et les fourmis sont très incommodes, et les araignées venimeuses fort redoutables. En revanche, les abeilles remplissent le creux des arbres d'un miel excellent, et les eaux de la mer, des lacs et des rivières, nourrissent beaucoup de bons poissons; nous avons déjà mentionné la pêcherie de perles qui se fait tous les deux ans, dans la baie de Condatchy.
La population de Ceylan se divise en deux grandes familles; 1° celle des anciens habilans de l'île qui paraissent - appartenir à la race des nègres, vivent dans les montagnes et dans les forêts; on les appelle Yudasses; 2° celle des Chingulais ou Sclanais qui ressemblent beaucoup aux Hindous et sont venus à une époque fort reculée s'établir à Ceylan. Cette dernière race domine dans l'île.
Les Sêlanais sont de petite taille , agiles, délicats , propres , sobres , polis , on peut même dire doux , mais au fond très vindicatifs. Ils sont divisés en plusieurs castes comme les peuples de l'Inde. Il y a la caste des guerriers, celle des prêtres , celle des marchands cultivateurs et bergers, et enfin celle des artisans (1).
Les femmes des Sêlanais sont bien faites et souvent jolies; elles se frottent le corps d'huile de coco et ont surtout soin d'en oindre leurs cheveux. Leur tête nue est ainsi que leur bras, leur cou et leurs oreilles, surchargée d'ornemens. Ces femmes servent leurs maris à table , et mangent ensuite avec leurs enfans. Du reste , elles jouissent d'une grande liberté, trop grande même, disent les voyageurs qui ont trouvé chez ce peuple une excessive facilité de mœurs. La polygamie est permise aux Sêlanais par leur religion.
Adorateurs d'un seul Dieu, créateur et souverain maître
(i)Voy. page. io5.
du ciel et de la terre , les Sêlanais croient en même temps à Bouddha sauveur des hommes. Leurs prêtres suivent un cours régulier d'études, pratiquent une règle austère, et dirigent aussi bien qu'ils le peuvent l'instruction morale du peuple. Les nations de la presqu'île du Gange qui professent la même religion , regardent Ceylan comme le pays où leur croyance s'est conservée la plus pure: aussi ont-elles souvent envoyé consulter les prêtres de cette île et leur demander des livres concernant leur religion.
Ces livres ne sont pas imprimés. Car les Sêlanais écrivent avec des poinçons de fer sur des morceaux de feuilles de talipot préparées exprès et beaucoup plus durables que notre papier. Ce peuple a des livres de théologie, de poésie, d'histoire, de médecine et d'astronomie. Leur style est comme celui des orientaux, très figuré , souvent pompeux et obscur. Tonte leur poésie se chante et leurs instrumens sont forts grossiers. Les grands personnages ont l'habitude de se faire endormir par le chant de poésies accompagnées du son monotone et sourd d'une sorte de tambourin.
A la mort d'un Sêlanais, son corps est enveloppé d'une natte ou linceuil de toile ; comme chez nous , un prêtre accompagne le convoi composé des parens et des amis du défunt et récite des prières ; l'inhumation a lieu dans des cimetières éloignés des habitations.
Aux Sêlanais se joignent, sur les côtes de Ceylan, des Malais , des Hindous, et notamment des Malabares , des Portugais presque aussi bruns que les Sêlanais et des Hollandais. Les Portugais et les Hollandais professent à peu près seuls le christianisme ; il y a bien des Sêlanais chrétiens , mais ils sont en petit nombre.
La discorde qui régnait entre les petits princes qui se partageaient la souveraineté des diverses parties de l'île de Ceylan , permit aux Portugais de s'établir sur la côte, il y a un peu plus de trois cents ans. Us fournirent à un de ces princes des secours contre les pirateries des Arabes, moyennant un tribu en cannelle. Il est superflu d'ajouter que les Portugais apportèrent dans leurs relations avec les Insulaires l'esprit de rapacité et de fanatique intolérance qu'ils ont montré partout à cette époque.
Au commencement du xvne siècle , les Hollandais se lièrent de même avec un autre prince de Ceylan , et parvinrent, vers le milieu de ce siècle, à déloger les Portugais de leurs possessions. Les Hollandais, non moins avides que leurs prédécesseurs , mais moins inlolérans et plus commodes dans leurs relations , voulurent aussi s'emparer de l'île entière , mais ils échouèrent devant les difficultés que présentaient les forêts presque impénétrables , les défilés étroits et les montagnes de Ceylan, et tout ce qu'ils purent faire , ce fut de se rendre maîtres des côtes.
L'Angleterre ne pouvait voir sans y jeter un œil d'envie, une si belle contrée que rendait surtout précieuse le port de Trinquemalè , l'un des plus vastes du monde et le seul qui puisse offrir aux vaisseaux qui naviguent dans le golfe du Bengale un refuge assuré contre les tempêtes qui désolent ces mers à l'époque de la mousson du nord-ouest. Aussi, en 1742, lors de la guerre de l'indépendance américaine, les Anglais s'emparèrent-ils de Trinquemalé. L'amiral français Suffren les en chassa peu de temps après , et Ceylan resta au pouvoir des Hollandais jusqu'en *7J)t>. Une expédition anglaise fit alors la conquête de leurs possessions , et cette occupation fut garantie, en 4802, par le traité d'Amiens.
Les Anglais n'étaient pas encore maîtres de l'île tout entière ; il leur restait à envahir la partie de Ceylan qu'on appelait le royaume de Candi. Après plus d'une tentative Infructueuse, ils parvinrent enfin, en 1805, à se concilier une grande, partie des Candiens qu'opprimait un tyran soupçonneux. Ce peuple malheureux proféra la domination anglaise, éclairée et pacifique, au despotisme d'un roi cruel et slupide, et le drapeau de la Grande-Krelagne fut plantésur le territoire de Candi. L'expédition anglaise arriva
juste à tems pour arracher l'autocrate déchu des mains de ses sujets, qui voulaient l'exterminer. Il fut déporte, et, depuiscette époque, l'autorité de l'Angleterre s'est maintenue à Ceylan malgré quelques tentatives d'insurrection faites par une partie des habitans de l'île.