HYGIÈNE. - DES BAINS
Les bains (2) , soit qu'on les considère sous le rapport de la salubrité, soit qu'on les envisage comme servant à lu propreté et aux jouissances corporelles , ont été recherchés par les hommes de tous les temps et de tous les pays. L'histoire nous montre l'emploi fréquent que les Égyptiens, les Grecs et les Romains en faisaient autrefois ;el si nous nous
(i) Deux vol. in-8, avec planches, prix: i5 fr. Paris, chez Thomine, libraire, rue de la Harpo, n° 88. (a) Voyez des Bains thea lei'Jiiciens page 35.
x relations des voyageurs modernes, l'époque actuelle , les peuples des pavs
en rapportons aux
nous verrons qu à l'cpuquc duiueue, ies peuples aes pavs froids , tels que les Russes , les Finlandais , les Norwégiens, et autres, ne diffèrent pas des Turcs, des Égyptiens modernes , des Persans , des Indous , sous le rapport du goût prononcé qu'ils ont pour les bains. Ce goût n'est-il pas partagé par les peuples des pays tempérés , comme le prouve ce qui se pratique à cet égard en Italie , en Allemagne , en France et en Angleterre?
Tous les médecins , et en particulier ceux qui s'adonnent d'une manière spéciale à l'étude des maladies de la peau, remarquent avec satisfaction que la diminution de la gravité et de la fréquence de ces affections dégoûtantes marche depuis trente ans, chez notre population pauvre et ouvrière, dans une proportion qui se trouve en raison de la diminution du prix des bains, et par conséquent des moyens d'en faire usage.
Non-seulement les bains agissent par eux-mêmes dans ces sortes de maladies , mais ils ont de pins un effet secondaire et indirect qui n'est pas moins avantageux. N'est-il pas évident.qu'ils amènent nécessairement une plus grande propreté dans le lin?e de corps, et par suite dans tous les objets qui nous touchent et qui nous entourent? Un individu dont le corps est net, pourra-t-il se revêtir d'un vêtement qui le souillera de nouveau ? Celui qui est propre sur lui, souffrira-t il la malpropreté dans l'intérieur de son ménage? Et par suite inévitable, la propreté du logis n'amènera-t-elle pas la propreté de toutes les autres parties de la maison et de ce qui l'entoure ? Avantage inappréciable, non-seulement pour quelques familles d'une population , mais pour la population tout entière.
Il est donc du devoir de l'administration de favoriser, autant que possible, la multiplicité des bains et les moyens d'en faire usage. Pour cela une des premières conditions à remplir, est d'amener partout une grande abondance d'eau,
et de la donner aw plus bas prix possible.
L'histoire nous apprend qu'à Rome, l'inspection des bains était une des principales fonctions des édiles, et qu'ils avaient soin d'en maintenir le prix à un taux si minime que tout le peuple pouvait en jouir ; elle nous montre encore que dans les fêtes publiques les bains donnés gratuitement étaient mis au rang des largesses du gouvernement , comme les distributions de comestibles et les représentations théâtrales le sont encore parmi nous en pareilles circonstances.
Nous venons de dire que pour multiplier les bains et propager leur usage parmi le peuple, il suffirait de mettre l'eau à la portée des habitans des villes , et de la leur donner an plus bas prix possible. Pour mettre en évidence cette proposition, il suffit de citer ce qui s'est passé à Paris, à partir de 1780 jusqu'à nos jours.
En 1780, tous les établissemens de bains publics, existant dans Paris , ne contenaient ensemble que deux cent cinquante baignoires.
En 1789 , le nombre de ces baignoires s'était élevé à trois cents; et il resta à peu près le même pendant tout le temps de la révolution et de l'empire. :,
En 1815, il s'éleva rapidement à cinq cents.
De 1817 à 1851 , il s'est formé dans Paris trente-sept établissemens nouveaux, contenant onze cents baignoires.
Enfin en 1852 , on comptait à Paris soixante-dix-huit maisons de bains, renfermant deux mille trois cent soixantequatorze baignoires en place.
C'est à partir de la même époque ( 1817) que les bains portatifs ou à domicile se sont établis dans Paris , et se sont à l'instant multipliés d'une manière remarquable.
En comptant les bains sur bateaux, qui ne figurent pas dans ces calculs , et qui emploient plus de trois cent trente baignoires , on voit que, dans l'espace de quarante ans , le nombre des baignoires nécessaires aux besoins journaliers delà population de Paris a plus que décuplé, puisque est aujourd'hui de trois mille sept cent soixante-dix-huit.
LES SYL VIES. ' m
Les sylvies, tel est le nom général par lequel les naturalistes indiquent un grand nombre d'oiseaux insectivores, chanteurs pour la plupart, qui réunissent des caractères physiques communs (I), et parmi lesquels se trouvent le rossignol, le roitelet, le rouge-gorge, la babillarde, le pouillot, etc.
Ce sont les sylvies qui, dans les plus beaux jours de l'année , prêtent aux bosquets comme aux forêts ce charme inexprimable que ne sauraient remplacer tous les prodiges de l'art musical. Loin de mettre fin à ces doux concerts, la nuit ne fait souvent que les rendre plus animés.
Presque toutes les sylvies sont des oiseaux voyageurs qui s'avancent vers l'équateur ou s'en éloignent suivant les saisons, de manière à se placer toujours dans une région où la température soit douce et l'air pur.
Amis d'une entière liberté , les sylvies se font difficilement à l'esclavage , et , quand on les enferme dans une cage , l«urs chants prennent un caractère de monotonie que l'on ne retrouve pas dans celui de l'oiseau libre; aussi périssent-ils long-temps avant leur époque naturelle de caducité.
Les sylvies ont des habitudes diverses dans la construction de leur nid , et ces habitudes se perpétuent dans les espèces; les unes le placent entre les branches les plus basses d'une épaisse fourrée, d'autres sur les arbres de moyenne élévation; des trous de murailles, de rochers, de vieux arbres, conviennent à d'autres espèces; enfin, celles qui sont constamment à la poursuite des insectes aquatiques , préparent leur nid sur le bord des eaux, presque au milieu
(Sylvie pouillot.)
des roseaux, entre les broussailles qui en sont les plus voisines.
(i) Ces caractères sont : bec droit , pelé, plus élevé que large à sa base; mandibule supérieure souvent échancrée à sa pointe, l'inférieure droite ; narines placées à la base du bec , latérales , ovoïdes , à moitié fermées par une membrane ; trois doigts devant; l'extérieur soudé, vers la base, à l'intermédiaire qui est moins long que le tarse ; un doigt derrière muni d'un ongle assez court et arqué; première rémige très courte, presque nulle, seconde Igale à la troisième ou presque aussi longue qu'elle; rémiges dépassant de beaucoup les rectrices. i"~
La ponte, pour la plupart des espèces , est de quatre à cinq œufs; quelques-unes la portent jusqu'à six, sept, huit et même onze. L'incubation ordinaire de quatorze à seize jours est prolongée un peu au-delà chez quelques espèces , mais dans toutes elle est accompagnée des soins les plus constans qu'égaient les chants continuels du mâle qui ne quitte pas le voisinage de la couveuse et lui apporte sa nourriture; l'un et l'autre dégorgent d'abord la pâtée aux nouveaux-nés, puis leur apportent à l'envi d'abord des larves et enfin de petits insectes.