LOIS FONDAMENTALES DU PORTUGAL
FAITES DANS I.A PREMIÈRE CttSVOCATIOX DES ÉTA GÉNÉRAUX A j.AMEGO, EN 1145(1).
Aw nom de la Très-Sainle-TriDrté . Trinité inséparal moi Alphonse, fils du comte Henri et de la reine Thér petit-fils do grand Alphonse, empereur des Espagnes ,, depuis peu, par la miséricorde de Dieu , élevé à la dig royale.
Puisque Dieu nous a accordé le repos , et qu'il non" fait triompher des Maures , nos ennemis , voulant prol de ce temps de calme, nous avons convoqué ceux i voici les noms et les qualités : l'archevêque de Braga . évêques de Viseu , de Porto, Coïmbre et Lamego, etc,
Laurent de Venegas, portant la parole pour le roi, qualité de son procureur-général, en présence du roi, v sans aucune marque royale, et du clergé séculier et n lier assemblé dans l'église de Sainte-Marie if Ahnançavt lève et dit :
Le roi Alphonse que vous avez élu dans le camp d'O que, vous a convoqués ici pour vous exhiber les bref^ pape, et vous demander si vous voûtez qu'il soit roi. 1 répondirent : A'ow,<; roulons tiu'il soit roi. — Comnien ra-t-il roi? Sa royauté finira-l-ello avec lui, ou ses en pourront-ils lui succéder? Tous répondirent : Il réijt tant ifu'il vivra, et après lui ses enfans. — Si vous h? I lez aii»si, continua Venegas, donnez lui les marques r royauté; et toBS féponcKrait : Donnons lui 1rs mtrtptA la royauté, au nom du Sciijnrur. Pour lors, l'atelteW de Hraga prit des mains de l'ahbe de f.orbnno une cunrr d'or, enrichie de perles, et donnée à ce monastère p;
(i) L'importance des évènemens qui se sont accomplis ces derniers temps en Portugal fera sans doute accueillir intérêt par les lecteurs du Magasin Universel, le récit d( qui se passèrent dans la première assemblée où les PortJ affranchis du joug des Manies , jetèrent les blSOS de leur ce tution et donnèrent la couronne au ehei "qui les a\ail coudl la uc'oirc.
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des Goths, et la mit sur la tète du roi, qui tenait sou e nue à la main , la même qu'il avait portée à la guerre, cet eut, Alphonse dit à haute voix : Béni soit Dieu, qui ( toujows assisté, quand je vous ai délivrés de vos enùs avec cette épèe que je porte pour voire défense. Je s donc votre roi, et puisque je suis tel, faisons des lois . établissent la tranquillité dans notre royaume. Nous j wulans bien, reprirent les peuples, /ailes telles lois 1 vous plaira, nous sommas à vos ordres, nous et nos rilles.
lt les lois pour la succession au trône furent telles qu'elles t exprimées dans les articles suivans : )ue le roi Alphonse vive pendant longues années , et il règne sur nous. S'il a des enfans mâles, qu'ils soient rois^ sans qu'il soit nécessaire de faire une autre éleci : le fils succédera au père, puis le petit-fils, et ainsi à pétuité dans leur descendance.
ii le fils aîné du roi meurt pendant la vie de son père, econd fils, après la mort du roi son père, sera notre ; puis le troisième «accédera au second, et ainsi des au- ; fils du roi.
ii le roi meurt sans enfans mâles, le frère du roi, s'il en a, sera notre roi, mais pendant sa vie seulement j car, es sa mort , le fils de ce dernier roi ne sera pas notre , à moins que les évoques et les Etats <ne l'élisant, le roi demande, dit Laurent de Yenagas, si vous voulez : les fdles enirent dans la suooession de la .couronne , mheàieque sur cela mi fasse mie lai. Après une Jon- : icomtestation,, les évêqaes et seigneurs ai'nêtèrent que filles du seigneur roi régneraient,, .tuais en «celte maie :
ii le roi n'a point d'enfant mâle, et qu'il ait une fille , ! sera reine après la mort du roi, pourvu qu'elle ee maavec un seigneur portugais ; mais ce seigneur ne pori le nom de roi que lorsqu'il aura un enfant mâle de la ie qui l'aura épousé. Quand il sera dans la compagnie la reine, 'il marchera à sa main gauche, et ©e mettra | ut sur sa tête la .couronne royale.
)ue cette loi sait toujours observée, (Continua Alphonse, ! jue la fille aînée du roi n'ait point d'auto* nsar! 'qu'un jneur portugais , afin •qsie les princes .étrangers ne deunetft point les tnaîtnes du 'royaume. Si la fille du roi ■usait un prince ou un seigneur élu angar,, elle ne serait nt reconnue pour reine , parce .que .nous ine voulons ipoint i nos peuples soient obligés d'obéir à un aïoi qui ne set pas lié Portugais, puisque ce sont nos sujets et nos «patriotes qui, sans île see&wre d'aalrni, »nais spar leur eur et aux dépensde leur sang, aaons -ont fait aïoi. Délies sont le lois qtui regardent :1a suoceasion à la cou- j sne de Poiitugall; et les 'peuples y applaudireal , eu di- j it qu'elles étaient bonnes et justes, et ajoutèrent qu'ils j u vsulaieat. point (d'aulnes m pour eux ni pour leurs j icendans.
Et Laurent de Venegas s' étant levé , proposa aux peu- j s , au nom :JB 3'oi, de faire des lois louchant la noblesse : la jrustioe. ils néponduent qu'ils y consentaient., pourvu elles fussent conformes aux lois vdivines. -Ce sont celles i suivent :
rous ceux qui sont du sang royal, ainsi que leurs desîdans , seront reconnus princes. Les Portugais qui auît combattu pour la personne du roi, pour son fils, pour î gendre, ou poux la défense de l'étendard royal, seront blés , les descendans des Maures , des Juifs ou des Infies exceptés. Si un Portugais, fait prisonnier par les rbares, meurt en captivité sans avoir renoncé à la sainéfle son baptême, ses enfans seront nobles. Celui (qui •a tué un 'roi -ennemi ou son fils, ou qui aura pris leur ndard iroyal , sera reconnu cour «oble.
in un noble est assez 'lâche pour fuir dans le temps qu'il Idra combattre ; s'il a "frappé une feranne de sa lance ou ison épée ; s'il n'a point exposé sa me 'peur lia liberté de ( Wsonne du roi ou du prince son 'fils , et pour la défense
de l'étendard royal j s'il est convaincu de parjure; s'il est allé servir eliez les Maures; s'il a volé, blasphémé, eu enfin attenté à la personne du roi , cet kommie noble sera dégradé de tout caractère ainsi que sa postérité.
Les lois concernant la justice ayant été pareillement établies, Laurent de Venegas se leva encore , et dit aux peuples : « Voulez-vous que le seigneur roi aille aux assemblées du roi de Léon, qu'il paye le tribut, soit à lui, soit à quelque autre personne étrangère, et commise par le pape, qui l'a fait roi ? » Chacun se leva ai tirant l'épée , et dit à haute voix : a Nous sommes libres, notre roi Vesi comme nous. Nous devons notre liberté à notre courage , et si le roi consentait à faire quelque chose de semblable , il serait indigne de vivre , et, quoique roi , il ne régnerait point sur nous. » A ees paroles, le seigneur roi , ayant la couronne sur la tête et l'épée nue à la main , se leva et dit aux peuples : « Vous savez les risques que j'td courus, et les dangers auxquels je me suis exposé pour vous procurer cette liberté dontvous jouissez ; je mus prends à témoin, aiissi bien que cette èpêe que je porte poua- voire salut et pour votre défense: si quelque roi consentait à commettre une telle infamie, qu'il meure ; et si c'est mon fils ou mon petit-fils , qu'il soit privé de la couronne. » El tous s'écrièrent en agitant leurs épées : « Cesl bien dit ; ils mourront , et si le roi est assez lâche pour se soumettre à une autre puissance, qu'il cesse de régner. » Et le roi reprit i « Ainsi soii-iL »
L'ABANSONIA DIGITATA.
La beQe plante dont nous ne donnons ici que quelques feuilles et une fleur, est la plus volumineuse de toutes celles que le célèbre Adanson a décrites dans son voyage du Se négaL Le tronc de l'arbre qui porte t'adansonia cligitala n'est pas très haut , mais il devient si gros qu'il n'est pas rare d'en rencontrer qui ont soixante et quinze ou quatre vingts pieds de circonférence. Il est couronné par un grand nombre de branches fort grosses , longues de cinquante a soixante pieds, dont les plus basses s'étendent et louchent iquelquefe-is la terre, de manière que l'arbre, dont le tronc «est ainsi masqué, ne paraît de loin qu'une masse de verdure de soixante ou quatre-vingts pieds de haut , sur cent (Cinquante pieds de diamètre. De l'aisselle de deux ou trois feuilles inférieures de chaque branche , il sort une fleur solitaire, pendante à un pédoncule cylindrique une fois plus llong que les feuilles, accompagné de deux ou trois écailles qui tombent vers le temps de l'épanouissement de l' Adansoaiia. Celte fleur est proportionnée à la grosseur de l'arbre ; (elle a, lorsqu'elle est épanouie , quatre pouces de longueur sur six pouces de large. -
Aux branches de cet arbre répondent à peu près autant de racines , presque aussi grosses, mais beaucoup plus longues. La racine du centre forme un pivot qui , semblable à un fuseau , pique verticalement à une grande profondeur, pendant que eelles des côtés s'étendent horizontalement , et tracent près de la superficie du terrain ; on a observé que les racines d'un individu âgé seulement de dix ou douze ans, et d'une circonférence de soixante-dix-sapt pieds, avaient une étendue de cent et dix pieds. L'accroissement de cet arbre , très rapide dans les preiniôres années , diminueensuite considérablement ; sa durée étonne l'imagination; onlenomme;pour cette raison arbre de mille ans. Adanson, à qui nous devons une histoire (très étendue de ce végétal , a prétendu que parmi ceux qu'il avait observés au Sénégal, plusieurs étaient âgés de six mille ans^ et .c'est ee qui a fait dire à Humboldt que cet arbre est le plus ancien monument organique de motre iplanète. Le fruit, lorsqu'il est gâté, et son écorce ligneuse , servent aux nègres à faire un excellent savon., en (tirant la lessive. de ses cendres et en la faisant bouillir a.vec de l'huile de palmier qui commence à rancir. Le bois est blanchâtre , léger , et tellement tendre, qu'en Abyssinie les abeilles y «fujanant
AiAGASIN UNIVERSEL.
un trou pour y déposer leur miel , qui est considéré comme le meilleur de ces contrées. Il paraîtquele bois n'est employé ni pour les arts ni pour l'industrie ; les nègres font encore un usage bien singulier du tronc de ces arbres; ils agrandissent les cavités de ceux qui sont attaqués de la carie; ils y pratiquent des espèces de chambres où ils suspendent les cadavres de ceux auxquels ils refusent les honneurs de la sépulture , et ils en ferment l'entrée avec une planche. Ces cadavres s'y dessèchent parfaitement, et y deviennent de véritables momies sans aucune autre préparation ; le plus grand nombre de ces corps , ainsi desséchés , sont ceux des griots , ou poètes musiciens qui président aux fêtes et aux danses, à la cour des rois nègres, voy. page 54. Cette espèce de supériorité de talens les fait respecter des autres nègres, qui les regardent comme des sorciers ou des démons; mais
(Adansonia Jigitata. )
à leur mort ce respect se change en horreur; les nègres croient que si on enterrait ces corps , ou si on les jetait dans les eaux, ils attireraient la malédiction sur leur pays; c'est pourquoi ils les cachent dans les troncs des Baobabs.
DILIGE NCES ESP A G N 01 .ES.
(Suite.) (i)
Depuis 1820, des capitalistes ont eu l'heureuse et lucrative idée de former uni; compagnie royale des diligences. Les routes (pie desservent ces voitures sont celles de Perpignan à Madrid, en passant par Barcelone et Valence; de Bayonne à Madrid, par Vittoria et Burgos; et de Madrid à Seville. Enlin, depuis deux ans, un bateau a vapeur reçoit les voyageurs qui veulent descendre a Cadix par le Guadalquivir, ou remonter ce Meuve jusqu'à Cordoue.
Rien de plus commode ni de mieux approprie1 an climat que ces diligences de la compagnie royale. Des espèces de ventilateurs, des pei siennes adaptées aux portières, enlin
(i«s ouvertures pratiquées dans les cloisons qui partagent
les eoinp.utunens de la voilure, garantissent les voyageurs (i) Voyez., pnge 43.
de la poussière et de la chaleur tout à la fois. Assis à l'aise, et au milieu d'un demi-jour que laissent arriver les jalousies , on voyage aussi agréablement que possible , par une chaleur de trente degrés, et emporté par huit ou dix mules qui vont comme le vent. On ne rencontre pas à beaucoup près les mêmes commodités dans les diligences de France. — Tout comme dans les coches de culleras, le rnayoral est assis sur le siège, tenant les rênes, qu'il n'abandonne jamais; à côté de lui se tient le zagal. Celui-ci, pour peu qu'une mule ralentisse son allure,^' élancecomme un trait, et, la frappant du bâton noueux de son fouet , accélère le pas de la pauvre bête. L'attelage entier reprend une nouvelle ardeur à ce bruit bien connu qu'accompagne ordinairement un redoublement de reproches à la capitana, à la corouella , etc. C'est là, d'ailleurs., une criaillerie qui ne cesse pas pendant toute la route. — Ce qu'on va dire donnera une idée de la rapidité des diligences espagnoles : un drdre de police défend encore aujourd'hui de voyager la nuit, et cela, disent les affiches municipales, pour la commodité et pour la sûreté des voyageurs (por la segxtridad de xtsted). Des escopeteros ou gardiens, payés par les entrepreneurs de la compagnie royale, escortent leurs diligences. Ils sont quatre ou six, selon les pays ou les époques; toujours perchés sur l'impériale, ils voyagent armés de poignards, de pistolets et de tromblons. On s'arrête au coucher du soleil , et on repart vers trois ou quatre heures du matin. Néanmoins, au bout de vingt-quatre heures , on a fait autant de chemin qu'une diligence française qui aurait roulé jour et nuit pendant tout ce temps. Ainsi de Lyon à Paris l'on compte cent vingt lieues environ, que nos voitures publiques parcourent ordinairement en trois jours et trois nuits , tandis que les diligences espagnoles vont en trois jours de Madrid à Bayonne ; or, ces deux villes sont éloignées de cent lieues, et on a couché deux fois en route. Il est vrai que les roules d'Espagne , bien qu'elles n'exigent pas la moitié des travaux qu'occasione l'entretien des nôtres, sont, en général, plus fermes et plus unies. Cette différence tient à la lareté des pluies et à la moindre activité du charroi. Il faut aussi faire entrer en considération le prix élevé des places dans les diligences espagnoles ; il en coûte de cent dix à cent quinze francs pour faire cent lieues; notez que dans ce prix ne sont pas compris les frais d'auberges. Ces auberges, dont l'administration a calculé les distances sur les roules , reçoivent les voyageurs moyennant une rétribution de quarante-deux sous pour le déjeuner, et du double pour le dîner et la couchée. — Ces ventas, ces grandes hôtelleries isolées, qui ont conservé dans leur pureté originelle les mœurs de la vieille Espagne, rappellent par leur aspect les scènes si bien décrites dans Don Quichotte : sous lehangard qnj règne tout autour de la cour, dorment pêle-mêle les voya. geurs mendians qui reçoivent l'hospitalité , les muletiers , les bestiaux avec leurs gardiens. Au milieu de la cour, « bien avant dans la nuit, le majorai, avec les escopeteros , et quelquefois avec l'hôtelier, fument et boivent grave ment autour d'une table. Réunis dans leur chambre, ai! nombre de six et même davantage, les voyageurs reposent au premier étage, jusqu'à ce que la voix matinale du conducteur vienne les éveiller en criant : Alcarltç. al coche! A la voiture, à la voiture! Il faut alors se lever cl repartir.