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MONUMENS FUNERAIRES DES TEMPLES ANGLAIS

( Vue des Tombeaux de Newton et du comte Stanhope. )

On a souvent reproché aux Français d'être ingrats en- ! l'intrigue; rarement on a pour eux l'admiration qui leur vers les hommes qui, parleur génie ou leurs belles actions, est due, et si on les loue quelquefois, ces éloges stériles ont été l'illustration de leur siècle. Ce reproche n'est certes j ne peuvent compenser les tracasseries dont on les accable, pas sans quelque fondement. Le plus souvent, tant que vi- j Lorsqu' ils ne sont plus , on les regrette, on les pleure ; vent nos grands hommes, ils sont en butte à la jalousie et à puis on les oublie, ou du moins on ne s'occupe point de TOME II. — Décembre i834. 10.

rendre honneur à leur mémoire. En vain avons-nous écrit, sur le frontispice de noire Panthéon , celte épigraphe pompeuse : Aux grands hommes la patrie reconnaissante, les caveaux de cette admirable basilique sont presque déserts. Il n'a fallu rien moins qu'une révolution pour y faire porter les cendres de deux ou trois grands hommes du xvuie siècle. Mais où reposent les restes de nos grands écrivains du siècle de Louis XIV, des Racine, des Boileau , des Molière et de tant d'autres ? Leurs tombes modestes sont perdues au milieu des mausolées somptueux du Père-Lacliaise.

Ceci rappelle un couplet d'un ancien vaudeville, cù l'auteur s'élève en justes reproches contre notre coupable indifférence : il place ces vers dans la bouche d'un Anglais :

Convenez-en , vous êtes économes

Dans les honneurs que l'on doit aux talens :

Si moins que vous, nous avons de grands hommes,,

Sur leurs autels nous brûlons plus d'encens.

Rendez au moins justice à l'Angleterre :

Ce Molière , applaudi tant de fois ,

Obtint chez vous à peine un peu de terre;

Garrick repose à côté de nos rois.

En effet , quand on visite la plupart des églises de l'Angleterre , on est surpris du nombre prodigieux de monumens funéraires qui les décorent. Les sépultures de la superbe église de St.-Paul de Londres et celles de l'antique abbaye de Westminster, sont surtout remarquables. St.-Paul est spécialement consacré aux grands capitaines, et Westminster généralement à tous les personnages marquais, quelqu'ait été leur genre de célébrité : on nomme le coin des poètes (ihe yoet's corner) , la partie de l'église réservée aux monumens que l'Angleterre a élevés à ses grands écrivains : là se trouvent la statue de Shakespeare , les tombeaux de Shéridan, de Miilon, de Gray, de Thompson , d'Addison, de Garrick et de Dryden. Non loin des restes de ces grands génies reposent Chathain , les deux antagonistes Pitt et Fox, Canning, etc. Ce temple, sans rival dans le monde, est ouvert, selon l'expression d'un auteur célèbre, ù toutes les souverainetés de la gloire et du génie; le républicain y repose à côté du royalisie , et le catholique à côté du protestant.

Parmi toutes ces lombes illustres, il en est deux qui se font admirer par la magnificence de leur architectme : ce sont celles de Newton et du comte Stanhope (Voyez ia gravure qui accompagne cet article). Elles sont construites sous les arcades d'une espèce de Jubé, qui occupe le milieu de la nef. Il est impossible de rien voir de plus délicieusement travaillé. Ce chef-d'œuvre de sculpture est moderne, et a été exécuté aux frais du doyen et du chapitre de l'église. Cette habile imitation de l'architecture du moyen-âge est d'autant plus précieuse qu'on a su conserver les gracieux évidcincns et, les riches arabesques du genre gothique , tout en évitant les exagérations et la recherche maniérée, qui n'ont (pic trop souvent altéré !a beauté des ornemens de ce style, te superbe buffet d'orgues, en bois de chêne sculpté, qui surmonte ces arcades, ajoute encore à l'effet du monuii eut,

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