‹ Magasin universelChapitre 74 sur 320 · CHINE · texte numérisé non relu

CHINE

|i Tour de porcelaine ï Nniikù). )

Au milieu de la ville de Nankin s'élève une tour d'une construction singulière que les voyageurs européens ont toujours admirée. — Elle est recouverte de porcelaine ; sa hauteur est de deux cents pieds environ , et elle est divisée en neuf étages auxquels on parvient par un escalier composé de cent quatre-vingt-quatre marches d'une grande dimension. A chaque étage est une galerie entourée d'une colonnade et pro.égée par un toit relevé à la manière des Chinois, aux angles duquel sont suspendues des cloches de bronze qui , lorsque le vent les agite , rendent des sons harmoniques d'un effet surprenant.

La tour est peinte au dehors de couleurs brillantes qui ajoutent au pittoresque de son aspect , et son sommet est

couronné par une flèche en bois que les Chinois disent être recouverte d'une lame d'or lin. Du haut de cet édifice l'œil, embrasse non seulement l'immense étendue de Nankin, mais toute la contrée environnante. La vue de cette cité magnifique et de ce paysage riche et varié qu' enveloppe le fleuve dans ses immenses sinuosités, est un des plus beaux spectacles qui puissent s'offrir aux voyageurs.

L'origine de cette tour est peu connue. — Les uns veulent y voir un monument de piété , les autres un monument de la victoire remportée par les Chinois sur les Tartares, il y a sept cents ans. Ce qu'il y a de bien positif, c'est que ces derniers l'ont respectée lors de leur dernière irruption et de la dévastation de INankin.

TOMBEAU DES FILS DE CHARLES Vin DANS LA CATHEDRALE DE TOURS.

(Voyez page 65.)

Il existait autrefois dans l'église de Saint-Marlin de Tours un tombeau qui renfermait les cendres des deux enfans de Charles VIII et d'Anne de Bretagne. Depuis la destruction de l'église où il était placé , ce tombeau avait été successivement déposé dans les divers établissemens publics de la ville de Tours : ses débris gisaient en dernier lieu dans une des salles de la préfecture. Enfin ils ont été réunis en 1815 , et transférés dans l'église métropolitaine.

Ce monument, érigé en 1506, est dû à la tendresse maternelle d'Anne de Bretagne qui en fit tous les frais : il rappelle des souvenirs historiques , particuliers à la ville de Tours, puisque c'est là que naquirent les deux princes. Il honore aussi le talent des artistes , dont il fut l'ouvrage , et auxquels cette ville se glorifie d'avoir donné le jour : ce sont les frères Juste, habiles sculpteurs, qui fleurirent sous François Ier. Ce tombeau prouve le progrès des arts à cette époque : la forme en est à la fois gracieuse et noble , et les sculptures d'un travail délicat. Il est surmonté des figures en marbre des jeunes princes , dont les corps y étaient renfermés dans deux urnes , l'une de plomb , l'autre d'un bois précieux, recouvertes d'un voile de soie. Sur la partie inférieure sont deux génies soutenant l'écusson des armes de France , semé de fleurs de lys. Des dauphins s'ont sculptés aux angles du monument , qui semble reposer sur eux : au-dessus, et tout à l'entour du tombeau , règne une frise d'une belle exécution, représentant divers sujets tirés de la fable et de l'écriture sainte , tels que les 'travaux d'Hercule, ceux de Samson, etc. Dans deux cartouches de figure ronde sont inscrites les épitaphes suivantes :

Charles, huitième roi, preux et excellent, Eût d'Anne, royne et duchesse en Bretagne, Son premier fils nommé Charles Orlaut , Lequel régna sans mort qui rien n'épargne,

Trois ans, trois mois, dauphin du Viennois,

Comte d'Izoir et de Valentinois.

Mais l'an cinq cent moins cinq il rendit l'âme,

A Amboise , le seizième du mois

De décembre , puis fut mis soubs la lame.

Par Atropos , qui les cœurs humains fent D'un dard mortel de cruelle souffrance, Cy-dessoubs gist Charles, second enfant Du roi Charles et d'Anne, royne de France, Lequel vesquit dauphin du Viennois , Comte d'Izoir et de Valentinois, Vingt-cinq jours, puis les Tours au Plessis En octobre mourut au deux du mois Mil quatre cent avec nonante et six.

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