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SOUS LE RÉGIME FÉODAL

Aux diverses époques qu'embrasse la grande période de l'histoire de France , toutes les fois qu'il y avait dans le royaume des ennemis extérieurs à repousser, ou des rebelles à soumettre , voici comment nos rois formaient et rassemblaient leurs armées. Ils ordonnaient à leurs vassaux de se trouver dans un endroit fixé, avec leur contingent militaire dont l'importance dépendait de la nature du fief et des conditions originaires auxquelles ils étaient soumis. Les seigneurs feudataires, de leur côté, faisaient publier dans toute l'étendue de leur terre , l'ordre que leurs hommes eussent à se trouver en armes au lieu indiqué pour assister à l'ost du roi , à raison de leurs arrière-fiefs , et ce à peine d'amende et de confiscation.

La richesse du fief réglait non-seulement le nombre d'hommes exigé de chaque seigneur , mais encore le genre

de services, ou la nature des prestations, les différentes pièces de l'armure des guerriers et la qualité des équipages. Les hauts et puissans seigneurs, tels que les ducs de Bourgogne, de Bretagne, les comtes de Flandres, de Blois , amenaient un très grand nombre de chevaliers ou bannerets : chaque hanneret commandait à vingt-cinq hommes d'armes complètement équipés; chaque homme d'armes était accompagné de deux archers, et avait trois chevaux, l'un pour lui, les deux autres pour sou valet et pour son page.

Celui qui avait dans son fief une terre et un château , devait le service à armes pleines, et ne pouvait se présenter au rendez-vous qu'avec une cuirasse, un armet,des gantelets, des brassards , des harnais de jambes, un casque à visière, uneépée et une lance. Le feuilataire ou arrièrefeudataire, qui ne possédait qu'un fief simple, n'était assujetti qu'à porter l'écu et la lance.

Tel ou tel pays fournissait un corps de telle on telle arme : au sein de cesarméestumullueuseset presque toujours indisciplinées, on voyait s'entasser pêle-mêle les vougus, ainsi nommés parce qu'ils portaient à la main des vouges ou épieux ferrés ; les coutelliers qui s'armaient de glaives longs, minces et tranchans : les archers revêtus de leur tricot d'acier, leurs haches à la main, et leurs dagues au côté (I); et les arbalétriers, qui ne pouvaient couvrir leur tête que d'un casque sans visière, qui s'entouraient presque tout le corps d'un lissu de mailles de fer, et seuls avaient le droit de lancer la flèche au milieu des combats. C'étaient là les trois principaux corps des armées françaises ; parmi les armes des aulres corps, on distinguait, outre la lance et l'épée, les massues , les brandavères, les badelaires, les hallebardes, les hanicroches, les fourches fières et les pieux ou pertuisanes. Chaque vassal devait à son seigneur un service gratuit de trois mois dans l'intérieur du royaume et de quarante joui s au-delà des frontières; quand les nécessités de la guerre dépassaient ses limites , les seigneurs devaient entretenir leurs vassaux à leurs frais.

Les femmes qui possédaient des fiefs envoyaient des hommes d'armes en leur nom ; les évêques , abbés, tous les ecclésiastiques enfin, qui pour raison de leurs possessions féodales, relevaient d'une puissance supérieure étaient contraints de se rendre en personne à l'assemblée du ban;il n'y avait ecclésiastique , dit Belleforêt, tant grand et saint fût-il, qui ne vînt faire service à peine de voir son fief saisi. Ils se trouvaient au rendez-vous général , revêtus de leurs ornemens sacerdotaux, coiffés d'un casque, et ceints d'une épée. Souvent ils bornaient leur service à célébrer les saints mystères pour les troupes dont ils faisaient partie, et à bénir les bannières, mais plus souvent encore ils servaient d'une manière active, se distinguaient dans la mêlée, et sur la brèche, et nos prélats suivant l'expression de Monstrelei, portaient un bassinet pour mitre, une pièce d'acier pour chasuble, et pour crosse une hache d'armes. Aux plus scrupuleux de ces prêtres guerriers on permettait de se servir de massues au lieu d'épées; on pensait alors qu'assommer, ce n'était point verser le sang.

Les ecclésiastiques tenant fiefs qui, admonestés pour le service du roi, ncgligeaient.de se rendre à l'assemblée du ban , étaient notés d'infamie et privés de leur temporel. Dans les derniers temps du régime féodal, on revint à des idées plus convenables sur les devoirs des prêtres , et on ne les assujettit plus au service actif, mais ils furent astreints à se faire représenter et à fournir pour les besoins de l'armée des chariots , des charrettes , des pièces d'équipage de toute sorte.

A mesure que les sénéchaux ou officiers «les grands vassaux de la couronne arrivaient au Heu de l'ost, ils laissaient montre ou preuve de leurs conlingens respectifs; les contrôleurs commis à la vérification procédaient à celle grande revue; cette cérémonie qu'on appelait won Ire avait

(i) Voyez page 75.

lieu dans un grand champ après qu'on avait dit la messe , sous un chêne. Chaque seigneur ou sénéchal répondait à l'appel de son nom, et justifiait à son tour du nombre de ses hommes et de la qualité de leurs armes. Les revues faites , toutes ces troupes se mettaient confusément en marche, et pendant la campagne, chaque soldat reconnaissait sa compagnie, non-seulement à la bannière de son seigneur, mais encore au cri particulier à la maison de ce gentilhomme ; car le cri de guerre faisait partie de l'héritage féodal comme le nom et les armoiries paternelles. -

LES HARENGS, — leur pêche.

(Suile.) (1)

Dès le commencement du xve siècle, les Hollandais employèrent à la pêche des harengs, de grands filets, et des bâtimens considérables et allonges, auxquels ils donnent le nom de buys; et depuis ce même siècle il y a eu des années où ils ont mis en mer trois mille vaisseaux et occupé' quatre cent cinquante mille hommes pour la pêche de ces osseux.

Les filets dont ces mêmes Hollandais se servent pour prendre les harengs , ont de mille à douze cents mètres de longueur : ils sont composés de cinquante ou soixante nappes, ou parties distinctes. On les fait avec une grosse soie que l'on fait venir de Perse, et qui dure deux ou trois fois plus que le chanvre. On les noircit à la fumée, pour que leur couleur n'effraie pas les harengs. La partie supérieure de ces instrumens est soutenue par des tonnes vides ou par des morceaux de liège; et leur partie inférieure est maintenue, par des pierres ou par d'autres corps pesants, à la profondeur convenable.

On jette ces filets dans les endroits où une grande abondance de harengs est indiquée par la présence des oiseaux d'eau , des squales, et des aulres ennemis de ces poissons, ainsi que par une quantité plus ou moins considérable de substance huileuse ou visqueuse que l'on nomme graissin dans plusieurs pays, qui s'étend sur la surface de 1 eau audessus des grandes troupes de ces dupées, et que l'on reconnaît facilement lorsque le temps est calme. Celte matière graisseuse peut devenir, pendant une nuit sombre, mais paisible, un signe évident de la proximité d'une colonne de harengs, parce qu'étant phosphorique. elle paraît alors répandue sur la mer, comme une nappe un peu lumineuse. Celte dernière indication est d'autant plus utile, (ju'on préfère l'obscurité pour la pêche des harenss. Ces animaux, comme plusieurs autres poissons, se précipitent vers les feux qu'on leur présente; et on les attire dans les filets en les trompant par le moyen îles lumières que l'on place de la manière la plus convenable dans différens endroits des vaisseaux, ou qu'on élève sur des rivages voisins.

Tant de soins n'ont pas été seulement l'effet île spéculations particulières : depuis long-temps plusieurs gouvernement , pénétrés de cette vérité importante, (pie l'on ne peut pas avoir de marine sans matelots, ni de véritables matelots sans de grandes pèches, et voyant d'un autre eolé que de toutes celles qui peuvent former des hommes de mer expérimentés et enrichir le commerce d'un pays, aucune ne peut Être plus utile, ni peut élre moine aussi avantageuse à la défense de l'Etal et à la prospérité des habitans, que la pêche du hareng, oui cherche à la favoriser de manière à augmenter ses heureux résultats, non seulement pour le présent . mais encore pour l'avenir. Des sociétés, dont tous les efforts doivent se diriger vers ce but important, ont été établies et protégées par le gouvernement, en Suède, en Dancmarck, en Prusse, le gouvernement hollandais surtout n'a jamais cesse de prendre à cet égard les plus grandes précautions, dédoublant perpétuellement de soins pour la conservation d'une branche aussi précieuse de l'industrie publique et privée, il a multiplie depuis deux siècles, et

(1) Vovo7 page 5a.

varié suivant les circonstances, les actes de sa surveillance attentive pour le maintien, a-t-il toujours dit, du grand commerce et de Ja principale mine d'or de sa patrie. Il a donné, lorsqu'il l'a jugé nécessaire, un prix considérable pour chacun des vaisseaux employés à la pêche des harengs. Il a désiré que l'on ne cherchât à prendre ces pois-ons que dans les saisons où leurs qualités les rendent, après leurs différentes préparations, d'un goût plus agréable et d'une conservation plus facile. Il a voulu principalement qu'on ne nuisit pas a l'abondance des récolles a venir, en dérangeant le frai des harengs, ou en retenant dans les filets ceux de ces poissons qui sont encore très jeunes. En conséquence, il a ordonné que tout matelot et tout pêcheur seraient obligés, avant de partir pour la grande pêche, de s'engager par serment à ne pas tendre les filets avant le 25 de juin ni après le premier janvier, et il a déterminé la grandeur des mailles de ces inslrumens.

Il a prescrit les précautions nécessaires pour que les harengs fussent encaqués le mieux possible. D'après ses ordres, on ne peut se servir pour cette opération que du sel de la meilleure qualité. Les harengs pris dans le premier mois qui s'écoule après le 24 juin, sont préparés avec du gros sel ; ceux que l'on pêche entre le 24 juillet et le 15 septembre , sont conservés avec du sel fia. Il n'est pas permis de mêler dans un même baril des harengs au gros sel et des harengs au sel fin. Les barils doivent être bien remplis. Le dernier fond de ces tonnes presse les harengs. Le nombre et les dimensions des cercles, des pièces, des fonds et des douves , sont réglés avec exactitude ; le bois avec lequel on fait ces douves et ces fonds, doit être très sain et dépouillé de son aubier. On ne peut pas encaquer avec les bons harengs ceux dont la chair est mollasse, le frai délayé, ou la salaison mal faite ; des marques légales, placées sur les caques, indiquent le temps où l'on a pris les harengs que ces barils renferment, et assurent que l'on n'a négligé, pour la préparai ion de ces poissons, aucun des soins convenables et déterminés.

On n'a pas obtenu moins de succès dans les tentatives faiies pour accouiumer les harengs à de nouvelles eaux, que dans les p océdés relatifs à leur préparation. On est parvenu, en Suède, à les transporter, sans les. faire périr, dans les eaux auxquelles ils manquaient. Dans l'Amérique septentrionale, on a fait éclore des œufs de ces animaux, à l'embouchure d'un fleuve qui n'avait jamais été fréquenté par ces poissons, et vers lequel les individus sorlis de ces œu's ont contracté l'habitude de revenir chaque année , en entraînant vraisemblablement avec eux un grand nombre d'autres individus de leur espèce.

EPHEMERIDES.

Le mois de décembre doit son nom à la place qu'il occupait dans l'année primitive des Romains. I! devint le onzième sous Numa , et enfin le dcuzième, lois du changement opéré par les décemvirs.

Ier décembre 1640. — Le Portugal secoue le joug espagnol qu'il subissait depuis soixante ans , et proclame roi le duc de Bragance. (Nous donnerons dans une prochaine livraison un article spécial sur ce grand fait politique qui a fourni la matière d'un drame dont les représentations font aujourd'hui sensation.) — 1825. Mort d'Alexandre Ier, empereur de Russie.

2 décembre 1804. — Napoléon Bonaparte, reconnu empereur des Français par le Sénat, et fort de l'assenlinieiit de 3,575,000 signataires, est sacré à Notre-Dame, à Paris, par le pape, et prononce le serment suivant, prescrit par le sénalusconsulte organique du 16 mai. «Je jure de maintenir l'intégrité du territoire de la république; de respecter et de faire respecter les lois du concordat et la liberté des rultes ; de respecter et de faire respecter l'égalilé des droits, la liberté politique et civile, l'irrévocabililé des ventes des biens nationaux.; de ne lever aucun impôt, de n'établir aucune taxe qu'en vertu d'une loi; de maintenir l'institution de la Légion-d 'Honneur, de gouverner dans la seule vue de

l'intérêt, du bonheur et de la gloire du peuple français.» — Le même jour, à la même heure, Louis XVIII prolestait dans son exil contre l'usurpation du Irène de ses pères. — i8o5. Un an après son sacre, jour pour jour, Napoléon remporte l'importante bataille d'Auslerlitz sur les Autrichiens et les Russes réunis, et lorce ces deux puissances à lui demander la paix.

3 décembre 1810. — Les Anglais s'emparent de l'Ile-de-France, restée depuis en leur possession sous le nom d'île Maurice.

^décembre 1789. — Mort de Claude Joseph Vernet, célèbre peintre français, père de Carie Vernet et aïeul d'Horace Vernet , dignes héritiers de son nom.

4 décembre i652. — Mort du Cardinal de Richelieu (voyez page 72). — 1808. Madrid se rend à l'armée française commandée par l'Empereur.

7 décembre i8i5. — Condamné à mort par la Chambre des Pairs, érigée en cour prévôtale, comme coupable de haute trahison envers le gouvernement du roi , le maréchal Ney est fusillé dans l'avenue qui joint le jardin du Luxembourg à l'Observatoire.

8 décembre i83o. — Mort de Benjamin Constant. — 1826. Mort de John Flaxman, sculpteur anglais. (Voyez page 237, ire année du Magasin Universel.)

I o décembre 1 720. — L'Écossais Law se soustrait par la fuite à la haine du peuple dont ses opérations financières l'avaient peu de temps avant rendu l'idole. Il pouvait prendre dans les coffres de la Banque des sommes immenses et alla en exil , mourir pauvre et oublié.

II décembre 171 8. — Charles XII, roi de Suède, meurt frappé d'une balle dans les tranchées qu'il venait d'ouvrir contre la forteresse de Frédéricshall en Norvvége, après avoir épuisé son pays et l'avoir fait déchoir du rang où l'avait placé Gustave-Adolphe.

TANCARVILLE ( Seine-Inférieure ).

Sur les rives de la Seine, non loin de son embouchure , à environ une lieue de Quillebœuf et à deux lieues de Lillebonne (i), cette ville si fameuse par ses belles antiquités romaines, s'élèvent, sur le sommet d'une haute falaise, les ruines imposantes du château de Tancarville. Qu'elles sont nobles et pittoresques ces murailles menaçantes, ces tours démantelées, réfléchies dans les eaux de la Seine ! Mais combien plus sublime', plus admirable encore, est le spectacle qui se développe aux regards, lorsqu'on arrive par terre à Tancarville ! Jamais paysage mieux composé n'est éclos sous la main de l'artiste : à droite , ces vieux murs ruineux, ces tourelles enlacées de lierre et de ronces, celte porte avec sa herse rouillée; à gauche, une végétation vigoureuse, des chênes séculaires, aux rameaux noueux et contournés, et, entre ces premiers plans si fortement accentués , une échappée à perte de vue , un horizon sans bornes, la Seine large, rapide, presqu'une mer, sillonnée d'innombrables barques de pêcheurs à la voile blanche , qui se détache étincelante sur l'azur des eaux. Ce site a fourni à l'un de nos premiers paysagistes, M. Régnier, le sujet d'un tableau charmant, que tout le monde a pu admirer au Louvre, il y a quelques années, et qui, lithographie par une main habile, est un des plus beaux ornemens du colossal ouvrage de la France romantique.

Quand on pénètre dans l'intérieur des ruines, le spectacle change; le cœur se serre en parcourant ces vastes salles désertes, jadis retentissantes de l'orgie des chevaliers, ces restes d'ogives qui furent une chapelle , ces appartemens en décombres où reposèrent les damoiselles et les guerriers.

Ce morne silence n'est troublé que par les cris rauques du corbeau , la voix sinistre du hibou ou le sifflement de la couleuvre.

C'est surtout au clair de lune que ces nobles ruines frappent, l'esprit d'une plus vive impression. Combien de fois , assis sur le tronçon d'une slatue ou sur un fût de colonnettes accouplées, je me suis plû à reconstruire ce vieux

(1) Voyez page 20.

manoir féodal au gré de mon imagination ! Dans cette vaste conr, je voyais les piqueurs, les pages , les varlets, hâtant les apprêts d'une chasse ; la noble dame , l'oiselet au poing, s' élançant sur la haquenée, que retenait un chevalier. Sur les murailles crénelées se promenait lentement l'archer , l'arbalète sur l'épaule , l'œil et l'oreille au guet, attentif au moindre bruit, à la moindre apparition. Tout à coup, le cor sonne : un duc , un roi vaincu et fugitif, demande hospitalité et protection. Le pont-levis s'abaisse pour se relever derrière lui. Bientôt l'ennemi paraît : les hommes d'armes, abrités derrière les créneaux, lancent une grêle de traits, ou font pleuvoir l'huile bouillante par les larges mâchicoulis. J'entends les gémissemens des mourans, les blasphèmes des blessés. Puis, au moment où la victoire est le plus vivement disputée , où les deux partis font des prodiges de valeur, la chanson aux finales traînantes d'un pêcheur normand, ou un de ces orages si fréquens sur les côtes de la Manche , viennent me réveiller et me ramener à la réalité. Et c'est vraiment dommage ! car ici , la réalité est pauvre , et l'histoire ne nous apprend aucun fait important dont le château de Tancarville ait été témoin.

Quelques étymologistes, il est vrai, trouvant dans Tancredi- Villa l'origine de Tancarville , veulent que ce lieu ait appartenu à la famille du fameux Tancrède , qui , Sicilien du côté de son père, était Normand du fait de sa mère Emma, fille de Tancrède de Hauteville, et sœur du fameux Robert Guiscar, duc de Calabre. Mais malheureusement,

les anciens historiens , et surtout Raoul de Caen , qui écrivit l'histoire de Tancrède, ne nous apprennent rien de positif à ce sujet.

Il n'en est pas de même des sires de Tancarville. Nous savons que le roi Jean II érigea la seigneurie de Tancarville en comté, le 4 février 4551, en faveur du grand chambellan, Jean II, vicomte de Melun, en récompense du courage qu'il avait déployé à la défense de Caen contre les Anglais, qui le firent prisonnier.

Plus tard, ce même Tancarville, pris de nouveau avec le roi à la bataille de Poitiers, en 1556, resta en Angleterre jusqu'en 1558 qu'il fut envoyé en France pour faire ratifier par les Etats les conditions au prix desquelles le monarque anglais consentait à rendre La liberté au roi captif.

Guillaume. IV de Tancarville , son fils, joua un grand rôle sous Charles VI , et dans presque tous les actes qui nous sont restés du gouvernement de ce prince , le nom du comte de Tancarville figure à la tête de ceux des membres du grand conseil. Ce fut lui qui, en 1596, alla prendre possession del'état de Gènes , qui s'était donné au roi. Il fut tué, en 44:5, à la bataille d'Azincourt, ne laissant qu'une fille, nommée Marguerite , qui porta la vicomte de Melun et le comté de Tancarville dans la maison de Harcourt, par son mariage avec Jacques de Harcourt , dont elle eût une fille, nommée Marie , qui épousa le célèbre Dunois.

Les sires de Tancarville étant sans cesse aux armées ou à

( Vue de Tancarville. )

l.i cour des rois, leur château ne joua jamais un rôle bien Important.

La chronique de Normandie ne le cite g'ière que pour mentionner les longues querelles , les inimitiés particulières des sires de Tancarville et des comtes de Harcourt , leurs

voisins; et, je vous le demande, comment Irouver de la poésie dans ces combats livrés pour la conquête d'un pâturage OU d'un moulin ?

Los Bureaux d'Abonnement et de Vente sont transférés ru* de Seine-Saint-Germain, !).

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