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MŒURS ET USAGES AU MOYEN - AGE

Nous avons rappelé dans notre premier article (I) l'injonction faite aux hommes d'église, par le concile ue -1096, de ne plus porter de longs cheveux à l'avenir.

Ce mandement produisit son effet ; en \ 146 Louis VII, sur les représentations de P. Lombart, le célèbre évèque de Paris, jugea que sa conscience était intéressée à donner à ses sujets à longues chevelures l'exemple de la soumission aux ordres des évêques; non seulement il raccourcit ses cheveux, mais encore il se fit couper la barbe. Eléonore d'Aquitaine qu'il avait épousée, princesse vive, légère, le railla sur ses cheveux courts et son menton rasé : « Ne plaisantons en rien sur pareille matière, répondit dévotement le monarque. » On sait que cette princesse proposa le divorce à son mari, lui disant ayec hauteur, écrit Mézerai , « qu'elle avait cru se marier à un prince , et qu'elle voyait bien n'avoir épousé qu'un moinelon. » Eléonore s'unit à Henri, duc de Normandie, lequel dans la suite devint roi d'Angleterre , et à qui elle porta en dot le Poitou et la Guyenne^ Et ici il y aurait une remarque curieuse à faire; car de ce mariage naquirent ces guerres interminables qui ont désolé la France pendant plus de trois siècles; elles eurent lieu parce qu'un archevêque avait pris colère contre les longues chevelures, et qu'un roi pieux avait raccourci la sienne et s'était fait raser en signe de soumission et d'obéissance. Cette manière d'expliquer les causes des grandes guerres de la monarchie, en s'appuyanl sur des faits historiques, a au moins le mérite de la nouveauté.

Nous emprunterons au sire de Joinvillc ce qu'il raconte d'une particularité disl inclive des chevaliers, lesquels avaient l'habitude de se raser h: devant de la tête, soit crainte d'être saisis par les cheveux s'ils perdaient leur casque dans le combat, soit qu'ils les trouvassent incommodes BOUS la coiffe de fer el sous le heaume dont ils étaient, continuellement armés : a Quand nous ruines à Poitiers, écrit l'historien du règne de Saint-Louis, je vis un chevalier qui avait nom inrssire Geoffroi de Rançon, qui ; oui- on grand outrage que le comte de la Marche lui avait fait, avait juré ses

(i) Voyez page io3.

saints qu'il ne serait jamais rorjnê à guise de chevalerie , mais porterait queue comme les femmes les portaient, jusqu'à tant qu'il se verrait vengé du comte de la Marche; quelque temps après ledit comte , lui , sa femme et ses enfans vinrent s'agenouiller à ses pieds et lui crier : merci ! aussitôt , messire Geoffroy fit apporter un tréteau et se fit ôter sa queue et rogner tout-à-coup. »

ErH52l , François Ier ayant été blessé à la tête , fut obligé de faire couper ses cheveux; redoutant sur toute chose d'avoir l'air moinet on avec le chaperon de ce temps-là, il imagina de porter un chapeau et de laisser croître sa barbe. La longue barbe redevint donc à la mode et continua jusqu'à Henri IV. François Olivier qui fut depuis chancelier, ne put être reçu au parlement maître des requêtes , qu'après s'êlre fait bien et dûment raser; et en 1536, Pierre Lescot ayant été pourvu d'un canonicat à Notre-Dame , le chapitre insista long - temps contre sa longue barbe , il consentit pourtant à ce qu'il fût reçu avec icelle « dérogeant en ce aux statuts de noire mère sainte Eglise. »

Ces exemples prouvent qu'excepté les ecclésiastiques et les magistrats , tout le monde en France portait à celle époque une longue barbe; sous Henri IV on en diminua de beaucoup la longueur , et le maréchal de Bassompierre sortant de prison où il était enfermé depuis douze ans, disait naïvement à qui voulait l'entendre : « Tout le changement que j'ai trouvé dans le monde, c'est que les hommes n'ont plus de barbe et les chevaux plus de queue. »

ÉPKÉMÉRIDES.

ier janvier i3o8. — Les Suisses s'emparent des châteaux-forts occupés par les seigneurs partisans de l'Autriche, et proclament l'indépendance de leur pays. — i554- Charles-Quint est forcé de lever le siège de Melz , après avoir perdu près de vingt mille hommes devant cette place. Metz n'était au pouvoir des Français que depuis deux ans. — 1800. Mort de Dauhenton, l'un de nos premiers naturalistes ; il fut long temps le collaborateur de Buflun, auquel l'exactitude et la patience de cet observateur furent bien précieuses. — iSoi. Hazzi , célèbre astronome sicilien , découvre une nouvelle planète, à laquelle il donne le nom de Cérès. — 1804. Saint-Domingue, après la capitulation du général français Rocharabeau, reprend son ancien nom d'Haïti (terre monlagneuse).

2 janvier 1492. — Prise de Grenade par les Espagnols; fin de la domination des Maures. — i536. Supplice de Jean de Lcyde , chef des anabaptistes ou Rebaptiseurs. Cette secte , formée peu de temps après la révolte religieuse de Luther, proclamait la nécessité d'un second baptême, rejetait l'Ancien Testament, n'admettait que l'Évangile, et établissait une liberté politique indéûme. On compte maintenant près de 180 subdivisions d'auabaplistes. Bonaparte les avait exemptés de la conscription. (Voyez l'Histoire de Luther, pages 81 et 91). — i5;9. Institution de l'ordre du Saint-Esprit, par Henri III. — i825. L'Angleterre reconnaît les républiques de l'Amérique espagnole.

3 janvier 179a. — Catherine, impératrice de Russie, annonce à l'Europe le partage total de la Pologne entre l'Autriche, la Russie et la Prusse.

/, janvier 1378. — Charles IV, empereur d'Allemagne accomplit le pèlerinage qu'il avait promis de faire à Saint-Maur-des- Fossés pour se guérir de la goutte. — 178S. Le Parlement de Paris se prononce contre les lettres de cachet, — 1 79S. le Directoire fait saisir sur tous les points de la France à la lois les marchandises anglaises désormais prohibées.

5 janvier 1720. — Law est nommé contrôleur des finances (Voyez page 100). — 1801. Cent trente-trois suspects, républicains pour la plupart , r.ont transportés à la Guyane, après l'attentat du 3 nivôse contre les jours Je Bonaparte, premier consuli

0 janvier 1 04 9. — Effrayée par la fermentation des esprits, la reine Anne, remplissant les fonctions de régente, pendant la minorité de Louis MA', se retire à Saint-Germain avec son fils et le cardinal Mazarin; le peuple prend les armes et s'empare des portes de Pari» , que la cour voulait réduire par les armes ou par

la famine. — r74o. Déjà réduit à la honteuse condition de fou de la cour par l'impératrice de Russie, pour avoir quille la religion grecque et embrassé le catholicisme, le prince Galitzin est contraint, par cette princesse, à épouser une lavandière, après la mort de sa première, femme. L'impératrice voulut que la première nuit des noces fût passée dans un palais de glace, sur un lil de la même matière. L'hiver était des plus rigoureux ; les deux époux furent promenés par la ville dans une cage portée par un éléphant; des dépulations de toutes les parties de la Russie et des peuples conquis, marchaient à leur suite, revêtues de leurs coslumes nationaux, et portées par des chameaux ou traînées par des bœufs, des chiens, des boucs et même par des cochons. Sous le même règne un aulre seigneur fut brûlé vif avec un juif qui l'avait converti à sa religion. — 1786. Mort de Poivre, missionnaire français, inlendanl de l'île Bourbon, auquel nos colonies doivent la culture des épiceries. — 18 14. Abandonnant la cause de Napoléon, auquel il devait la couronne de Naples, Murât signe un traité d'alliance avec l'Angleterre.

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