LES PORTRAITS
n'est pas sans affinité avec celui de sa sœur, est assis devant sa table de travail, il tient un papier enroulé qui laisse voir 1' « en-tête » de la Chambre de commerce de Marseille dont il ( lai! le président à cette époque.
Magaud a encore exécuté d'autres portraits qu'il importe de signaler, car ils se distinguent par de belles qualités de fa dure et de style. Ce sont ceux de M. et Mme Camille A lia ni. M . et Mme Gustave Allard, Mlle Agelasto, MM. Bellanger, Bertin, Bernard, abbéBérenger, M ci .Mme I5<m\ ici , .MM Brual Brun, Brunswick, Mlle Garnéro, MM Caire, I, -Il Caune (en chasseur), MM. deC... et fils, Godde, Cohen, Mlle Dervieux, M. le marquis et Mme la marquise I ledons de Pierrefeu, MM. Durbcc, Danton, Ecornel, Mines Emericel F. Foumier, M. et Mme Gounclle, M M . Gros, linteau, .lullianv. .laulieil,
Jollivet, représentant du peuple, Long, duc de Mortemart, M. Mortier, Mme Plagniol, MM l'e\ rellade, Peloux, Rabaud, docteur Rampai, M. et Mme Richard, M. ci Mme de Roux, commandant Itoux, M et Mme Saint-Laurent, M. Sallandrouze, famille Tamisier, Mme Vasse, MM. Vaccaro, W ml laume, etc., sans oublier ceux de Mme el de M. de Léséleuc, un honorable assureur du Havre dont je salue ici la mémoire, parce qu'il fut un ami sincère de Magaud ('I qu'il sut, au milieu de ses multiples occupations d'homme d'affaires, aimer les arts et encourager les artistes.
La collection de Mme Dufour contient deux portraits d'enfant absolument remarquables. L'un d'eux s'enlève dans mie note rose et blonde ; il rappelle la distinction d'un Lawrence, la psychologie d'un Ricard et la pureté linéaire d'un Magaud.
C'est un petit chef-d'œuvre de finesse et de grâce qui place l'auteur à un rang très distingué parmi les peintres de portraits.
Dans le domaine de la fantaisie, il y a lieu de mentionner Modestie, une adorable jeune fille entourée de violettes, Tète d'étude, qui figura avec honneur à l'Exposition d'Art provençal, Fernando, (musée de Troyes) ; Jenny l'ouvrière, Chasseresse, une Jeune mère, Fille d'Eve, etc.
Magaud a laissé quelques portraits à Lyon, Dijon, Rouen, Périgueux, Bône, etc. Dans cette dernière ville, la famille Danton lui commanda une grande toile composée de portraits de famille et commémorant la mort d'un fils, œuvre qui mit à contribution la sagacité de l'artiste, car il ne s'agissait de rien moins que d'évoquer une scène d'un réalisme saisissant. Il a également peint un portrait de mort couché pour MM. James et Deville.
A Rome, il éprouva la satisfaction d'interpréter la grande figure de Pie IX d'après nature (1) : apparition immaculée jetée sur un fond de tapisserie fleurie et à rinceaux de feuillages.
Au lieu d'une image périssable, d'une effigie personnelle, l'artiste a fait un portrait d'un caractère universel et d'une ressemblance étonnante. N'y voyons pas seulement un homme, mais une époque, un apostolat tout entier qui se devine, que l'on lit même sur cette figure où la vieillesse a éteint la vivacité du regard, l'énergie des traits et la vigueur de la carnation.
(1) Ce tableau figure aujourd'hui au Musée de Marseille.