‹ Magellan; la question des Moluques et la première circumnavigation du globeChapitre 21 sur 37 · Les capitulations de l’expédition · texte numérisé non relu

Les capitulations de l’expédition

On ne sait à quelle date le roi retourna à Magellan et à Faleiro le mémoire dans lequel ils avaient formulé leurs conditions pour exécuter le voyage; ce fut, en tous cas, avant le 22 mars iol8, jour où Charles I®^ promulgua

("*) Barros, loc. cit., dec. III, lib. V, cap. X : « este homem lhe era enviado per Deos ».

C-2) U. Grifoni conclut néanmoins que « Magellan doit son immense renommée à sa mort et à ceux qui lui succédèrent dans le commandement ». Mayellano scopri lo strelto che porto il suo nome? Rivista marittima. Home, 6 ott. 1901. — Voir la répliquede M. Errkra dans la Rivista geogr. italiana, mars 1902, p. 212.

MAGKLI.AN. LA QUESTION DES MOLUQUES

les cîipilnlalions définilives de rexpédilion à T « Especeiia ». La lonj^Mie pièce revint aux deux Portugais, accompagnée d’aboudauls commentaires à cha(|ue slipulalion du mémoire.

L’examen du document el des observations royales mérite toute notre attention. Dès le début, Magellan el Laleiro y déclarent (pi’ils désirent aller à la découverte de régions (pii jus(|n’alors n’avaient pas été reconnues et qui sont situées dans la démarcation de la Castille ('); quant à la réalisalioti de leur projet, ils invitent le roi à cboisir entre deux alternatives : ou bien la Courotme prendrait sur elle tous les frais d’équipement, ou bien les deux Portugais participeraient dans le coût de l’armement, (diarles se prononça pour la première manière d’agir.

Somme toute, les faveurs que les chefs de l’expédition sollicitèrent du roi ne diffèrent pas sensiblement de celles (ju’il était de tradition d’accorder daiis des circonstances analogues.

« L’article 1"’^ stipulait que le roi ne jiourrail donner licence à personne, durant les dix jiremières années, d’équiper des navires à destination des nouveaux pays; Magellan et Faleiro prétendaient pouvoir réaliser toutes les découvertes nécessaires, (|uel que fût le nombre des navires de ceux qui demanderaient une autorisation du roi pour suivre le même itinéraire; si les deux Portugais ne pouvaient pas commander plusieurs flottilles à la fois, ils se feraient remplacer par des gens de leur choix. »

Charles évita de s’exprimer nettement au sujet de celte prérogative; il désirait d’abord connaître l’itinéraire que les deux explorateurs se proposaient de suivre, parce que, dit-il, il n’est pas impossible d’aller à la même découverte par des chemins différents.

« Art. 2. — Le roi devrait leur accorder le vingtième de tous les profils el intérêts qui résulteraient des nouvelles terres, ainsi que des rentes el des droits, réduction faite des frais; le titre d’amiral et le gouvernement du

(•) Arch. de Indias, leg. 4 : Relaciones y descripciones. — Navakrete, Coleccién, t. IV, p. H6. — V. L. Asensio, La primera vuella al Mimdo, p. 23.

nouveau domaine leur seraient conférés pour eux et leurs héritiers légitimes. »

Le roi lit observer ici qu’il fallait préalablement êlre plus ou moins fixé sur l’élendue des découvertes réalisées; quant au titre d’amiral, certains privilèges y relatifs demandaient à être examinés; le gouvernement des nouveaux territoires leur sera accordé ainsi qu’à leurs fils, mais le roi en gardera toujours le pouvoir suprême; la juridiction des provinces, toutefois, ne pourra leur appartenir, car en agissant ainsi, il violerait les lois du royaume; l’expérience avait montré que la compétence judiciaire entre les mains d’un amiral entraîne parfois des conséquences fâcheuses pour les intérêts de la Couronne.

« Art. 3. — Magellan et Faleiro demandaient de pouvoir embarquer tous les ans, à bord des flottilles se rendant aux nouvelles colonies, des marchandises pour une valeur de 4,000 ducats, prix de facture; ces articles seraient vendus ou échangés comme bon leur semblerait; en rentrant dans la patrie, on ne prélèverait sur eux qu’un droit d’un vingtième, à l’exclusion de toutes autres taxes. »

Le roi répondit qu’il considérait ces 1,000 ducats comme « adelante », somme que pouvaient mettre les officiers dans les Hottes de l’Inde pour les faire bénéficier comme ils l’entendaient; mais Charles n’entendait pas les confondre avec les marchandises qu’il avait coutume d’envoyer a\ec les navires. Les épices, appartenant aux deux chefs, seraient affranchies de l’almojarifazgo et de certaines autres impositions; quant aux autres droits, il attendra le retour de l’armada pour voir à combien s’élèverait l’almojarifazgo; au fond, remarqua-t-il, cette clause est en contradiction avec le numéro 3» suivant, où les Portugais offrent de payer un cinquième des droits globaux.

« Art. 4. — S’ils découvrent plus de six îles, on leur en abandonnera deux, à leur choix, parmi toutes les autres, à eux et à leurs héritiers et successeurs; ils en posséderont la seigneurie, les rentes et tout le commerce, sauf 4 0 ”/o pour le roi. »

Charles trouva celte condition excessive et réduisit la part des chefs au

MAGELLAN. l.A QUESTION DES MOl.UQUES

(juinzièmo des bénéiices lolaux de deux îles qirils seraienl libres d’indiquer, et au vingl-cinquième des produits de loules les autres (^).

« Airr. 5. — Ils loudieroni un cinq lième des intérêts généraux de Ions les produits de la première expédilion, déduction faite des frais d’équipement ; ils recevrotU en outre cent quintaux des marchandises apportées pour S. M. dans cbacpie navire ({ui reviendra en Espagne. »

Le roi remarqua cpie, pour être conséquent avec l’article 3, il ne pouvait accorder (jue le vingtième en question ; d'autre part, puisqu’il les autorisait à emporter pour 4,000 ducats de rnarcbandises, il ne serait pas raisonnable de leur abandonner encore cent ()uintaux de ses propres articles.

« Art. 6. — Si les navires de S. M. ou de tierces personnes découvrent des terres ou des îles les dix |)remières années suivantes, Magellan et Faleiro toucheront le vingtième de tous les inlérôls et profils, puis(iu’ils auront été les promoteurs de ces découvertes. »

Charles observa que les deux capitaines devaient préciser préalablement le champ de leurs découvertes et que, en somme, cette stipulation se confondait avec la première.

« Aut. 7. — Si S. M. désire équiper l’armada à ses frais, aux conditions énoncées plus haut, .Magellan et Faleiro lui montreront les avantages considérables qui découleront de l’entreprise et les richesses que renferment les îles et les terres, situées dans la démarcation de l’Fspagne. »

Le roi les invita à lui fournir ces renseignements.

« Art. 8. — Si l’un des deux capitaines mourait au cours du voyage, S. M. s’engage à confirmer les privilèges précités en faveur du survivant et des successeurs et héritiers du défunt comme si les deux chefs étaient en vie. »

Le roi sanctionna également cette dernière clause.

La seconde partie du document énumère les conditions de Magellan et

P) Ce 1/ 45 n’est plus mentionné dans la capitulation oflicielle du 22 mars.

ET LA PREMIÈRE CIRCUMNAVIGATION DU GLORE

Faleiro, dans le cas où ils auraient eux-mêmes à fournir les capitaux pour l’expédition. Voici ces stipulations :

4° La seigneurie, le gouvernement et le commerce de toutes les îles et terres découvertes, soit par eux soit par leurs fondés de pouvoir, leur appartiendraient; ils ne payeraient au roi qu’un cinquième des intérêts;

2° Défense à tout navire, même à ceux de S. M., de trafiquer dans les nouvelles régions; confiscation des biens en cas de violation de la stipulation ;

3° Le roi ne pourra donner licence à qui que ce soit, d’aller à la même découverte, durant les dix premières années, si ce n’est de l’avis et avec l’autorisation des deux Portugais (').

Magellan et Faleiro auraient-ils trouvé les sommes nécessaires pour l’équipement de cinq navires? Aucun des deux ne jouissait d’une fortune personnelle considérable; le facteur Juan de Âranda ne déclara-t-il pas qu’il dut les aider de sa bourse et qu’il leur fit, à plusieurs reprises, des avances en argent ? Ils auraient pu trouver peut-être l’appui financier des Barbosa et d’autres protecteurs portugais établis à Séville. Juan de Aranda également serait sans doute intervenu; on comprendrait même mieux, dans ce cas, comment le facteur osa exiger, par le contrat du 23 février, un huitième des profits globaux de l’expédition. Mais c’est le nom des de Haro qui se présente le plus naturellement à l’esprit, lorsqu’on entend Magellan proposer au roi d’équiper l’armada à ses frais et à ceux de ses amis. La lettre de Maxim. Transylvain plaide singulièrement en faveur de cette hypothèse ; ce document, nous l’avons dit, fut rédigé sous les yeux de Pierre Martyr; celui-ci n’aurait certes pas permis d’écrire des inexactitudes de ce genre, se rapportant directement au roi ; malheureusement, les pièces d’archives ne font allusion à l’intervention de Christ, de Haro dans les affaires de Magellan que bien plus tard. Il est vrai que les précautions extraordinaires dont Fonseca entoura l’appel du marchand à la Cour font croire qu’en secret la

U) Arch. (le Indias, 1, 2, num. 7. — Asensio, loc. cil., p. 17. — Médina, Colecciim. t. I, p. 5. — Navarrete, Coleccién, t. IV, p. 113.

puissante firme avait déjà assuré aux promoteurs de l’expédiliou son secours financier. Max. Transylvain écrit (pie, les négociations traînant en longueur, Magellan s’oiïrit à partir à la télé d’une expédilion dont Christ, de Haro couvrirait toutes les dépenses. Les nombreux documents espagnols postérieurs dans lesquels le marchand est mentionné ne se rapporteraient alors qu’à sa collaboration officielle, à l’équipement elTectif des navir(*s. C’est la seule interprétation plausible de la lettre du beau-fils de Diego de Haro.

Certaines clauses de la capitulation (pie nous venons d’analyser prou\ent (jne Magellan et Kaleiro n’avaient pas encore développé leur plan d(‘vanl le roi dans tous les détails; Charles par sa réponse aux articles 1*^, 6 et 7, invita en effet les Portugais à lui fouinir des explications complémentaires et qui avaient trait à l’itinéraire du voyage, à l’étendue approximative et aux ressources des terres à découvrir. Pas un instant aucun des partis ne met en doute la possibilité de réaliser l’entreprise.

Le 22 mars 1518 furent enfin promulguées les cédules royales qui contiennent les premières ordonnances relatives aux préparatifs de l’armada. La h'ttre de Pierre Martyr, dans laquelle cet auteur annonce que « dans le Conseil royal on a pris la décision d’envoyer une flottille à la découverte des îles aux épices », est datée du mois de septembre 1518 (^). Le savant Italien doit y avoir en vue une des confirmations postérieures; il y qualifie encore les deux capitaines de déserteurs portugais (“^); il passe d’ailleurs très rapidement sur leurs négociations avec le roi.

La principale des cédules qui sont toutes datées de Valladolid, du 22 mars 1518, fut adressée à Laleiro et à xMagellap; elle confirme la capitulation précédente dans des termes énergiques (’') : « Vous devez aller et

('*) Epùt. DCXXVItl. HaccoUa Commiss. Colombiana, L. V, t. 2, p. 61.

Ibid. : « duobus iransfugis Portugalensibus a suo rege discedentibus ».

(3) Arch. de Indias, leg. 4 : Relaciones y Descripciones, ou 1,2, 'I/4, num. 1 ; 139, 1, 1, libro 1, fol. lo; 41, 6, Invenlaire d’Asensio, 6, 80 et 136. — Navarrete,

Colecciun, t. tV, p. 116. — Médina, Colecciôn, t. I, p. 8.

ET LA PREMIÈRE CIRCUMNAVIGATION DU GLORE

VOUS irez à la mer Océane, dans les limites de noire démarcation, etc. » Viennent ensuile les conditions, article par article, que nous connaissons déjà, avec les modifications suivantes : la navigation vers les terres à découvrir sera réservée exclusivement à Magellan et à Faleiro pendant dix ans; le roi et les gouverneurs du Mexique auront toutefois le droit d’envoyer des expéditions aux Moluques par d’autres voies que celle du sud-ouest, notamment par la terre ferme qui est baignée par le Pacifique, découvert à partir de l’ile San Miguel (') », à moins que Magellan ou Faleiro n’expriment l’intention de choisir cette route. Le projet auquel il est fait allusion ici fut repris par l’expédition du pilote Ândres Nino, en 1321 ; la tentative échoua; elle fut renouvelée et menée à bonne fin par Saavedra, en 1326.

Le roi insista particulièrement sur ce que Magellan ne fît pas de reconnaissance dans le domaine de D. Manuel « son très cher oncle et frère bien-aimé ». La même restriction reviendra régulièrement dans toutes les instructions subséquentes pour les voyages aux Moluques. Charles P'' accorda aux capitaines généraux, au lieu du vingtième, un cinquième des intérêts de tout ce que rapporteront les navires; en outre, ils obtenaient, avec le gouvernement des nouvelles terres et îles, le titre de « Adelantados » (gouverneurs), pour eux et pour leurs héritiers ; enfin, ils ne payeront pas de droits sur une quantité de marchandises d’une valeur de 1,000 ducats, à condition qu’aucun des commandants ne reste dans les pays d’Orient; cette dernière clause montre bien l’appréhension du gouvernement espagnol et la crainte que Magellan ne suive l’exemple de son ami Serrào.

Le roi y indiqua en outre la composition de la flottille; il y aurait cinq navires, deux de 130 toneladas, deux de 90 et un de 60; ils seraient dûment pourvus d’artillerie et de provisions pour deux ans (“^); les équipages comprendraient 234 hommes. Un facteur, un trésorier et contador, un escrihano par navire, seraient désignés sous peu, avec mission de tenir note de toutes les dépenses et de traiter toutes les affaires concernant l’armada.

P) Le golfe de S. Miguel où Balboa entrevit le Grand océan, le 25 septembre 1513.

(2) Pour trois ans, d’après un document du 13 novembre 1522. P. Pastills, Maqallaneti, P 568.

Une approbalion, dans le style pompeux de la chancellerie espa^^nole du lemps, termine l’inléressanl document.

La seconde des cédules du "2^2 mars désigna .luan de Cartagena comme « veedor general », superintendant de l’escadre (^). Le décret récapilule d’abord l’accord conclu avec Magellan el Ualeiro. Le roi, remarquons-le lout de suite, n’avait pas averli les Portugais de la nomination d’un administrateur-inspecteur, placé en quelque sorte au-dessus d’eux. Ce fut une première mesure de méfiance envers les capitaines généraux, une précaution peut-être prise par Fonseca (-) et le Conseil du roi, mais qui faillit avoir des conséquences désastreuses pour la réussite de l’expédition tout entière. Au point de vue espagnol cependant, l’idée qui inspira cette mesure était plausible : Magellan et Faleiro, malgré leurs protestations de ne pas songer à se venger de l’ingratitude de I). Manuel, s’engageaient dans une action (|ui atteignait le Portugal dans ses plus chers intérêts; d’autre part, le bruit se répandit et gagna malheureusement créance, que les deux capitaines cherchaient à rentrer dans la grâce de D. Manuel par quehjue coup de maitre, aux dépens de l’Espagne; nous verrons plus loin ce qui donna naissance à cette rumeur. On crut qu’un homme de l’autorité de Juan de (Cartagena, noble, de la maison du roi, saurait faire respecter les instructions de Charles 1°^. Magellan dut s’apercevoir de la signification de cette nomination ; il ne protesta pas, se rappelant qu’il y avait eu des précédents, lors du voyage de Juan de Solis. Le roi, publiquement, loua la grandeur et la loyauté de l’acte de Magellan et l’investit de la croix de commandeur de l’ordre de Santiago, en présence de son Conseil.

Deux autres cédules du même jour fixèrent le traitement de Magellan et de Faleiro à o0,()0() maravédis par an, en qualité de capitaines généraux de Sa Majesté (’) ; une ordonnance signée de Aranda de Duero, du 17 avril.

(1) Coiifirniée le 6 avril 1519. Algnns Documentos de la Torve do Tomba, p. 423.

(2) P. Mabtyh d’Anghiera, De Orbe Novo, dec. V, cap. I : « Juan de Cartagena, un confidenl de l’évcque de Burgos qui, du consentement royal, avait été donné à Magellan comme collègue et nommé le second chef de l’expédition ».

(3) Arch. de Indias, 46, 4, V.so- *ol. 42. Inventaire d’Asensio, n” 137.

porta ces appointements à 96,000 maravédis (8,000 par mois) (*), à payer par la Casa de Séville; comme commandants de la flollille, ils posséderaient le droit de justice sur tous les hommes placés sous leurs ordres. En même temps, Franscisco Faleiro loucha 35,000 maravédis pour qu’il mil ses connaissances, principalement sur la construction d’instruments nautiques, à la disposition de l’armada

Les oficiales de la Casa de Séville avaient reçu l’ordre de commencer les préparalifs de l’expédition, probablement pai* une lettre du même jour. Jusqu’ici le roi n’avait jamais chargé ces fonctionnaires de s’occuper d’un voyage sur lequel il ne leur avait pas demandé préalablement avis; c’était une humiliation pour la Casa et pour ses pilotes, écrivirent-ils dans leur réponse au roi ; ils regrettaient profondément que Sa Majesté attachât si peu de prix à leur expérience, et les considérât comme incapables d’accomplir, avec les moyens dont ils disposaient, le voyage de découverte projeté ('^).

Dans une lettre du 16 avril 1518 (^), signée à Aranda de Duero et émanant du grand chancelier et de l’évêcjue de Burgos, le roi présenta quelques excuses : « Au moment de l’arrivée des deux Portugais, nous n’étions occupés que de notre départ; lorsqu’ils nous eurent remis les mémoires avec leurs offres, nous les avions priés de se rendre auprès du grand chancelier, de l’évêque de Burgos et d’autres membres du Conseil. Or, comme ce voyage parut avantageux pour notre service, on en avait promptement décidé la réalisation; le texte de l’accord conclu avec eux vous parviendra sous le même pli; l’évêque de Burgos vous écrira d’ailleurs en

(1) Arch. de Indias, 46, 4, V30» 13. Inventaire d’Asensio, n® 138.

(2) Le 22 mars 1318, Mwioz mss. LXXV, 213, d’après H. Barrisse, Discovery of Norlk America, p. 716. — Le 30 avril, dit Guillemard, loc. cit., p. 127 : « pour diriger l’équipement des navires qui partiraient après la flottille de Magellan »; à partir du 16 mai, il toucherait 50,000 maravédis d’appointements par an, pour ses services comme cosmographe. — H. Barrisse, loc. cit.

^3) Arch. de Indias, 139, 1, 5, lihro 7, fol. 51. — Asensio, loc. cit., n“ 140. — P. Pas- TiLLS, loc. cit., p. 568, note 2.

(4) Asensio, loc. cit., par erreur, dit le 18 avril.

détail sur ce qui s’esi passé et vous énumérera les motifs qui nous ont engagé à agir de la sorte; si cela vous parail ulile, donnez-en communication à Sébastien Cabot, à Juan Vespuce, à Andres Nino, à Andres de San -Martin et aux autres pilotes de la (iasa ('), afin que vous puissiez examiner la question et nous donner votre opinion. »

Le roi engageait vivement les facteurs à songer dès ce moment à la nomination des trésorier, veedor et escribanos de Tarmada, mais principalement d’une troisième personne qu’il a l’intention d’adjoindre aux Portugais, pour le cas où l’ur) d’eux viendrait à mourir ou poursuivrait un autre but que les intérêts de la Couronne, par exemple en s’écartant de la route qui avait été prescrite.

La (]asa ne fut certainement pas rassurée par les déclarations royales, dont la teneur ne manifestait que trop combien l’évêque Fonseca entendait se passer de la collaboration de Séville; rien de surprenant alors que le mécontentement de ses préposés se portât indistinctement sur tous les participants, et avant tout sur les chefs de l’entreprise.

Magellan et Faleiro suivirent la Cour de Charles F’’ à travers le nord de l’Espagne et voyagèrent avec elle de Valladolid à Saragosse. Plus d’une fois, sans doute, ils eurent l’occasion de s’entretenir avec les conseillers du roi; chemin faisant, en effet, une foule de cédules, contenant des instructions pour l’armada, se succédèrent rapidement, notamment à Aranda de Duero, où l’on passa quelques jours ; cette ville était la résidence <le l’infant Ferdinand, dont la popularité naissante n’était pas regardée d’un bon œil par les ministres de Charles 1°^ (-). Nous avons déjà mentionné une cédule datée de cette localité, du 17 avril 1518. D’autres, du même jour, allouèrent aux Portugais une somme de 30,000 maravédis, à toucher le 7 mai, pour couvrir leurs dépenses ('^); par un troisième décret (^), les oliciales de la

(D Parmi les pilotes nommés par le roi en cette année, figurent encore les noms de | Juan Rodr. Serrano et de Juan Rodr. Mafra, dont il sera question bientôt. /

(■î) Bahros Arana, loc. cit. Traduction Villas Boas, p. 41. )

(3) Asensio, loc. cit., p. 75. i

(•'^) Arch. de indias, 46, 4, t/30, fol. 54. — Asensio, loc. cit., n® 139.

Casa furent priés d’examiner la personne que Magellan leur proposerait en qualité de pilote royal, de lui donner une indemniléannuellede 20,000 maravédis et de 3,000 maravédis par mois pendant la durée du voyage, si ses capacités étaient jugées satisfaisantes. Le candidat de Magellan fut sans doute le pilote portugais .1. Carbalho. Le roi répéta, par cédule spéciale, que, si l’un des capitaines généraux périssait au cours du voyage, ses héritiers bénéficieraient de tous les privilèges concédés par les capitulations (^).

Magellan et Faleiro furent finalement invités à observer les instructions qu’on leur ferait bientôt parvenir; le roi leur recommanda de se rendre à Séville, pour s’y entendre avec la Casa sur les préparatifs et pour se convaincre que dans les navires n’entreraient pas d’autres factores, contadores et escribanos, (|ue ceux qui ont été nommés par Sa Majesté; ces fonctionnaires présideront immédiatement à toutes les transactions concernant l’équipement des navires; dans les cas douteux, ils devront s’adresser au trésorier ou au facteur de la Casa ("^). Le départ de l’escadrille fut fixé au 25 du mois d’août.

II. — Interventions portugaises; remise du départ de l’expédition.

Magellan et Faleiro dirent momentanément adieu à la Cour et se rendirent à Séville, conformément au désir du roi; ils arrivèrent dans cette ville vers le 7 mai. Ce jour même, en elîet, ils reçurent du trésorier de la Casa les 30,000 maravédis dont il est question dans la cédule du 1 7 avril. Ils retournèrent ensuite rejoindre la suite du roi, qui fit son entrée à Saragosse, le 15 mal. On peut se demander pourquoi les deux Portugais ne préférèrent pas rester à Séville, afin d’y surveiller les préparatifs de leur expédition; leurs déplacements successifs s’expliquent, peut-être, par la crainte que les intrigues des agents portugais ne réussissent à rompre l’accord conclu avec

0) Arch. de Indias, 46, 6, 2/25. — Asensio, loc. dt., n® 81. (2) Navarrete, Colecciôn, t. IV, p. xxxviii.

iMAGEI.LAN. LA QUESTION DES MOLÜQUES

la Couronne. La laclique (*mpIoyéc par da (]osla n’élail pas neuve; il suflil (le rappeler le cas de J. de Solis.

Le mariage de I). Manuel avec Doua Leonora, sœur de Charles signé le 2:2 mailTHcS, avail élé l'œuvre d’Alvaro da Costa, ambassadeur du Porlugal; or, dans la correspondance de cet ageni av(‘c son [)riiice, il est autant (|uestion de l’expédilion de Magellan (pie des négociations malrimonial(‘s. Au courant de l’accueil inattendu (jue trouvèrent auprès des conseillers espagnols Magellan et Faleiro, da Costa aurait engagé 1). Manuel, dans une lettre (|ue Dam. de Coes a consullée, à rappeler le capitaine et à le gracier. Le roi n’écouta pas cet avis; il ordonna au diplomate de faire ce (|ui était en son pouvoir pour que l’enlreprise échouât dès le début. Da Costa ne parvint qu’à faire ajourner le départ des navires, car Fonseca, cette fois-ci, tint tête et ne voulut plus s’incliner, comme en 1512, devant les intimidations portugaises. L’ambassadeur, ses successeurs et collaborateurs purent écrire avec raison que « l’évêque réduisit toutes leurs protestations au silence; celui-ci jirétendit que, puisque les 3loluques étaient situées dans le domaine espagnol (sur ce point il ne permit pas de nourrir le moindre doute), il ne comprenait nullement les instances de D. .Manuel, vu que ce prince avail à son service plusieurs sujets du roi Charles ».

Nous savons que la question du rappel de Magellan par le roi de l^ortugal a été discutée au sein du conseil de la Cintra. Certains de ses membres assurèrent que, si l’on agissait de cette façon envers le capitaine, il ne manquerait pas de charlatans, paind les soldats de l’Inde, qui invoqueraient ce précédent pour prétendre accomplir des exploits analogues, et ils concluaient qu’il fallait laisser faire .Magellan (^). L’évêque de Lamego insista pour (|u’on invitât le navigateur à rentrer dans le royaume. Finalement le roi, le duc de Bragance D. Jayme et D. Joam de .31enezes, comte de Tarouca, furent d’avis que le prestige du pays s’opposait à ce qu’on suivit le conseil du prélat ; il restait une dernière alternative : rendre iMagellan inoffensif en le

(() Dam. de Goes, Chronka, l. IV, cap. XXXVil. — Martins, Portuyal yios Mares, p. 144. — O Centenario, p. 12.

ET LA PREMIÈRE CIRCUMNAVIGATION DU CLORE

faisant disparailre; ce ne fui pas seulement l’évêque de Lamego qui préconisa celle mesure (‘). Vasco de Gama, connu pour des actes de cruauléque ne justifient môme pas les mœurs machiavéliques de la (]our de Lisbonne, critiqua ouverlement le roi parce qu’il n avait pas fait abattre la tête de Magellan en temps opportun (-). Les grands de la Cour n’avaient-ils pas recommandé au roi de faire périr Colomb, lorsqu’au retour de son premier voyage, l’amiral s’était arrêté à Lisbonne avant de se rendre en Castille ('’’)? Dans le cas de Magellan, la Cintra ne prit pas de décision (^); tout au plus fut-il recommandé à da Costa d’entraver le plus possible la marche des négociations entre les capitaines et le roi Charles, recommandations que l’agent ne manqua pas de suivre de façon remarquable.

Deux témoignages attestent (|ue, à un moment donné, les agissements de da Costa semblèrent avoir presque abouti. Damien de Goes ( ’), le plus véridique des chroniqueurs portugais, remarque qu'il a vu une pièce, dans laquelle Magellan proposa à D. Manuel de rentrer à son service; en second lieu, le passage suivant de la lettre d’Alvaro da Costa (nous la reproduirons plus loin intégralement) fait allusion à la même éventualité : « le roi Charles, en ne permettant pas que Magellan et Faleiro retournent au Portugal, a doublement tort : d’abord parce qu’il les a leçus à la (’.our contre Votre désir; ensuite parce qu’il les retient contre leur gré!... Il me semble (|ue vous pourriez faire venir Magellan à Lisbonne, ce (jui serait un grand coup pour les E]spagnols » .

Ces preuves établissent qu’il ne faut pas considérer comme une simple légende, l’idée que Magellan ail cherché à romjire le contrat du 22 mars; la méfiance de Fonseca, se traduisant par la nomination de Juan de Cartagena comme inspecteur général, trouverait dans ce cas une interprétation

(L Faim A y Sousa, Europa portugueza, pt. IV, cap. I, t- II, p. 543. — De Goes, loc. cit. — Herkera, loc. cil., dec. II, lib. IV, cap. IX.

(2) Sousa Viterbo, Trabalhos nauticos, t. I, p. 61.

(3) Barros, loc. cit., dec. I, lib. III, cap. XL

(4) OsoRius, loc. cil., p. 322.

(5) Loc. cit.

MAGliLI.AN. I.A QUESTION DES MOl.UQlIES

parfailernenl admissible. Enfin le facteur de la Casa, Juan de Aranda, parlant des intrigues portugaises pour faire renoncei- les capitaines à leurs projets, ne rapporte-t-il pas (ju’il lui coûta beaucoup de peine pour faire rester ses deux |)rotégés en Castille?

Et cependant il nous est impossible d’accorder créance aux allégations de I). de Goes et d’Alvaro da Costa; nous avons déjà relevé des erreurs chez le savant chroniqueur; quant à l’ambassadeur, il voulut faire croire à son roi que ses sollicitations avaient été sur le point de réussir. Magellan connaissait snllisaninK'iil D. Manuel pour ne pas se fier aux promesses royales; (|u’aurait-on fait de ses projets s’il était rentré au Portugal (')? .Magellan se tint à sa parole, engagée envers Fonseca et le roi, (*l ce ne furent nullement les promesses de la (bastille, plus séduisantes que celles de da Costa (-), (|ui le firent se décider à rester à Séville. (Combien il se méfia d’ailleurs des manœuvres portugaises, nous le savons par Uerrera : s’il s’attardait parfois, le soir, chez Fonseca, révê(|ue le faisait reconduire par ses serviteurs jus(pi’à son logis, ou lui faisait passer la nuit dans son propre hôtel {")!

l.a lettre dans laquelle Alvaro da Costa fait rapport de ses démarches et instances auprès de Magellan, est datée de Saragosse, le :28 septembre, plus de deux mois après le départ des capitaines généraux de cette ville; la version que nous en donnons ici est empruntée à l’original, conservé à la Torre do Tombo do Lisbonne f^) :

« Prince, Je vous ai relaté en détail ce (jne j’ai fait dans l’alïaire de Magellan. Dieu sait combien j ai eu de peines! M. de (diièvres étant malade.

(1) La Cour craignait qu’un certain Louis Botelho, mécontent parce que D. Manuel ne lui accordait pas la capitainerie de Chaul, ne suivît l’exemple de Magellan. Il fut simplement embarqué dans un navire de l’Inde, sous les ordres de Vasco de Gama, lors du troisième voyage du vice-roi. — Sousa Vitekro, Trab. naaticos, t. I, p. 61.

(2) Osoiuus, loc. cit., p. 322 : Costa vero Magellanum ingentibus promissis onerabat, et interdum ilium in sententia fluctuare cogebat. Cum tamen maiora sibi praemia ex instituto scelere quam ex débita fuie proponeret, aures Costae promissis occluit.

(3) Loc. cit., dec. Il, lib. It, cap. XXI.

('^) Gav. 18, m. 8, n“ 38; voir aussi Barkos-Arana, loc. cit., p. 181. Traduction anglaise dans Guillemard, loc. cit., p. 110. Versions incomplètes dans Médina, Coleccion, t. I, p. 16, et Navarrete, Colecciôn, t. IV, p. 123.

ET LA PREMIÈRE CIRCUMNAVIGATION DU CLORE

j’en ai parlé longuement au roi; je lui ai exposé toutes les dimcultés qui naîtront de l’entreprise dont il a malheureusement ordonné la réalisation, et combien on a été surpris de le voir admettre à son service des sujets d’un prince ami, contre le sentiment de celui-ci. Et dans le même temps où je venais mettre à sa disposition Votre Altesse et Vos possessions, il recevait à la Cour ces deux personnes disgraciées par Vous! Je le priai de considérer que le moment était bien mal choisi pour Vous offenser, pour une affaire si incertaine et de si peu d’importance; n’avait-il donc pas assez d’hommes capables pour faire des découvertes en temps opportun; avait-il besoin de deux sujets mécontents de Votre Altesse, et que vous soupçonniez devoir faire plutôt du tort que du bien à ses intérêts? Je lui démontrai qu’il avait déjà trop à faire d'explorer convenablement ses propres royaumes et domaines et de les coloniser, pour s’occuper encore d'affaires d’où ne pourront résulter que discordes et froissements. Quelle lamentable impression ces faits produiraient-ils, au moment même d’un mariage qui allait confirmer de façon éclatante l’amitié des deux nations! Il me semblait, lui disais-je, que Votre Altesse (D. Manuel) regretterait beaucoup d’apprendre que, les deux Portugais ayant demandé de quitter son service, il ne le permit pas; il avait ainsi doublement tort : pour avoir reçu ces hommes contre Votre volonté, et pour les retenir contre leur gré! Je le suppliai donc, pour son bien et pour le Vôtre, de se prononcer dans l’un ou dans l’autre sens : ou bien laisser partir Vos sujets en liberté, ou bien remettre l’affaire à une date postérieure, ce qui ne pou\ait lui causer de bien grandes perles; dans l’intervalle, on trouverait une solution qui contenterait les deux parties sans offenser Votre Altesse.

» Le roi fut si surpris de mes communications que je m’en élomiai moi-même; il me répondit très aimablement, que jamais il n’avait eu I intention de froisser Votre Altesse; il m’engagea à aller voir le cardinal et à lui tout confier.

» Je m’étais déjà entretenu avec le cardinal au sujet de ce voyage; c’est le meilleur de tous les conseillers du roi ; il n’approuve pas la capitulation et m’avait j)romis de faire tous ses efforts pour (jue l’affaire ne fût pas continuée. Il en parla au roi, et ils firent appeler l’évêque de Hnrgo.s, le prin-

cipal dél'ensoiir du projol. Celui-ci (‘I deux autres nieml)i*es du Conseil réussireiil à convaincre le roi (jue Votre Altesse ne serait d’aucune façon lésée par rexi)édition de Magellan, (pii n’avait en vue ipie l’exploration de son domaine, liien distinct de Vos possessions; Vous ne devriez pas lui en vouloir de ce (pi’il se servit de deux de vos sujets — hommes de peu d’irn- [lorlance — vu (pie heaucoup d’Espagnols se trouvent sous vos drapeaux. Les conseillers tirent encore valoir d’autres arguments; finalement le cardinal me communiipia (jue révé(|ue et h's autres insistèrent tellement pour la réalisation du voyage (|ue le roi ne pouvait plus revenir sur sa première décision.

») üe Chiè\res étant rétalili, je lui exposai de nouveau la situation; il rejeta toute la faute sur les Espagnols (pii avaient poussé le roi à faire ce pas. Il promit d’en reparler au prince; à plusieurs occasions, je lui rajipelai l’affaire, mais sans pouvoir l’amener à se prononcer définitivement. Il me semble (pie vous pourriez faire rentrer Magellan à Lisbonne, ce qui serait un grand coup [tour ce pays. Quant au bachelier (Huy Faleiro), je ne tiens pas grand compte de lui, car il est à moitié fou...

» Ne craignez pas que je me sois avancé trop loin dans mes déclarations au roi ; bien que tout ce que j’ai dit soit vrai, ces gens ne s’aperçoivent de rien; le roi n’a pas la faculté d’agir par lui-même; c’est pour ce motif qu’il ne faut pas attacher beaucoup d’importance à ses actes. »

Le document se passe de commentaires; il trouvera plus tard un digne complément dans la missive de Sébastien Alvarez, l’agent qui continua à Séville les manœuvres de son collègue. Le mariage princier avait été confirmé entretemps, le 13 juillet 1518, peu avant le départ de la (]our pour llarcelone; da Costa s’efforça de son mieux, ensuite, d’accélérer la visite de Charles à Lisbonne, mais le roi ne devait pas s’y rendre si tôt que l’ambassadeur l’avait espéré; celui-ci, en attendant, reprit à Barcelone ses intrigues, de plus eii plus [iressantes à mesure (|u’avançait l’équipement de l’escadre.

Da Costa, d’après la pièce (pie nous avons reproduite, exprima le souhait que le roi ne fil point partir l’expédition en l’année 1518. Ne faut-il voir

qu’une simple coïncidence dans le fait que, vers la même époque où .Magellan et Faleiro regagnèreiu Saragosse, les fadeurs de la Casa fireni parvenir au roi, peul-êire par l’entremise des deux Portugais (^), plusieurs lellres dans lesquelles ils exposaient au souverain que les navires ne pourraient pas appareillera Séville à la date convenue, c’est-à-dire le 25 du mois d’août? Fonseca était bien obligé d’accorder le délai demandé. Par cédule royale du 21 mai, le départ de l’armada fut fixé au mois de décembre 1518. La Casa fut instamment priée de profiter de ce délai pour faire les préparatifs avec plus de soin encore et à meilleur compte ; le trésorier Matienzo fut autorisé à disposer de tout l’or et de tout l’argent qui se trouvaient en ce moment à la Casa (-). Une lettre royale du même jour avertit Magellan et Faleiro de I ajournement du départ de l’armada et les invita de nouveau à s’employer de toutes leurs forces pour achever promptement l’équipement des navires (^).

Dans leur réponse du 31 mai 1518, les oficiales demandèrent au roi la confirmation de la dépêche du chancelier, qui les avait engagés à exécuter a\ec empressement les ordres royaux j ils ne demandaient pas mieux que d’accomplir ce qu’on exigeait d’eux, s’ils disposaient seulement de l’argent nécessaire (^). Charles déclara là-dessus (cédule du 20 juillet, Valladolid, signée Franc, de los Cobos) que sa ferme résolution était en effet d’équiper l’expédition, conformément aux prescriptions que ferait parvenir à la Casa l’évêque de Burgos, l’organisateur suprême; il répéta qu’il avait mis la plus grande confiance dans les promoteurs de l’entrepilse, eu égard aux avan-

U) Le 8 mai, ils se trouvèrent à Séville; les lettres des oficiales sont datées des 8 et 11 mai, tandis que la réponse royale est du 21 du même mois. — P. Pastills, Magallanes, p. 568.

(2) Arch. de Indias, 139, 1, 5, libro 7, fol. 52 v“. Inventaire d’Asensio, n° 141. Le roi écrivit en même temps au contador de la Casa, Juan Lopez de Recalde, pour lui recommander de s’entendre avec les deux Portugais dans la mesure du possible ; « Traed muy platicado lo que toca al biaje de los portugueses que aunque mi intencion no es que se les deje de cumplir lo que con ellos esté asentado queria que se proveyese de manera que ellos asenlasen en ello ». P. Pastills, Magallanes, p. 569.

(3) Arch. de Indias, 139, 1, 5, libro 7, fol. 53-54 v**. Inventaire d’Asensio, n® 142.

(♦) LoitD Stanley of Aldeuney, First voyage, p. xxxiii.

MAGKI.LAN. LA Ql ^STION DES MOLUQUES

lages lant spirituels (juo matériels qui résulteraient de la bonne issue de l’entreprise projetée. La Casa ayant prétexté le man(|U(^ d’argent, il lui |)ermil d’employer les 5,000 pesos d’or, récemment arrivés de l’ile l’ernandine des Antilles ; certains articles qui sont à meilleur marché et de meilleure qualité à Biscaye, doivent être achetés dans cette ville par les soins du capitaine Nicolas de Artieta; les matériaux qui ont été commandés en Flandre, arriveront prochainement à Séville; mais déjà lesoficiales pourront se mettre immédiatement à l’œuvre et s’entendre sur tous les points avec Magellan et Faleiro (^).

Le roi recommanda en outre aux capitaines généraux de se rendre à Séville et de remettre en personne ('^) les instructions [>récédenles aux préposés de la Casa, ainsi ()u’une liste détaillée de tous les articles qu’ils devaient se procurer pour les navires (').

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