I.NTROlUICTION |{II{LI()(:RAI'III01]K
Si nous a\ons consacré (|U(‘l(|ues délails à Tliisloiia' hihliograplnque de la llelaziotie, cesl parce qu’elle esl la narralion de beaucoup la plusélendue du voyai»e; très estimé de Magellan, comme il paraît par certaines missions (|u’il eut à remplir au cours de l’expédition, Pigalelta était très sincèrement dévoué au capitaine général, dont il signale le nom avec quelque \antardise. Des historiens italiens (*) ont exagéré ses connaissances nautiques et astronomiques; son traité d(* navigation, liegole siill’Artr del Nnvigare, ne reproduit nullement, quoi qu’on en ait dit, les théories de Huy l’aleiro et d’Andres de San Martin; il est uniquement basé, nous y reviendrons dans le corps de cet ouvrage, sur h‘ système suranné de bulle. Les esquisses cartographiques qui servent d’illustration à sa description du \oyage, ne plaident pas non [»lus en laveur de grandes aptitudes géographiques. Son intimité avec Magellan et avec les autres chefs de l’expédition n’est jamais allée jusqu’à l’initier au plan et aux mobiles de l’entreprise; au sujet de problèmes tant discutés avant .Magellan : connaissance d’un détroit sud-américain et existence d’archipels dans le Grand golfe de la (]hine, nous n’apprenons que des généralités qui traînaient dans les livres de plusieurs géographes contemporains. Mais Pigafetta observa bien (*t tâcha d’interpréter les phénomènes nouveaux qui se présentèrent à lui dans des régions qui n’avaient jamais été entre\ues jus(|u’alors; il étudia la vie des indigènes d(‘ l’Amérique méridionale et de l’Océanie, comparant leurs mœurs et coutumes, et composant des vocabulaires de leur langage quand Toccasion le permit; trop souvent toutefois il introduit dans sa narration des contes fantaisistes qui avaient cours alors dans h^ monde des marins et des voyageurs de l’Inde.
Le* journal de bord de Francisco âlbo (-) ou Diurio à Derrolero del viaje de Maga/lancs desde et caho de San Aguslin en el Brasil has/a el regreso U Espahü de la nao Vicloriu, est conservé aux archives des Indes à
(I) Marzahi, llistoria de Viceiiza. Vicenza, lib. ttl, p. 147.
Né Axio, mais résidaiil ;'i Itodos; « Francisco ('.alvo » l’appolle Antonio IlEURRitA. llistoria General de los llechos de los Caslellanos en las Islas i Tierra Firme del Mar Oreano. iVtnilri(t. KîOl , dccada ttt.
liNTUODUCTION |{IBIJOGRAPH[QUE.
•Sé\ille (’) el a élé publié par NavarreU‘ (-) el Médina ('). AIbo, eilé déjà en 1516 en qualilé de pilote royal se trouva inscrit au rôle des équipages comme contra-maestre, pilole de deuxième clause de nos jours, à bord de la Trinidad; on croit qu’il a dirigé au voyage de retour la Vidoria, l’unique navire de l’escadre qui revint en Espagne. Son « logbook » avait été tenu régulièrement à jour depuis le départ du cap Saint- Augustin, au Brésil, c’est-à-dire dès le début du voyage proprement dit; les déterminations de longitude et de latitude constituaient naturellement le but essentiel du pilote; son livre est avant tout précieux en ce qu’il permet la reconstitution de l’itinéraire suivi par les navires. En dehors de ses observations se rapportant à la navigation, il renferme très peu d’informations sur les multiples péripéties du voyage. Quand il lui arrive de fournir quelques détails, ceux-ci méritent toute créance par leur exactitude; somme toute, son journal forme le meilleur contrôle des exagérations de Pigafetta. Du fait qu’un pilote de second rang comme AIbo tenait un « log-book » avec tant de soin, on peut conclure à la sollicitude apportée par les grands pilotes, tels que Andres de San Martin, Serrano, Carvaibo, etc., à la rédaction de leurs journaux; tous ceux-ci ont disparu, confisqués la plupart à Ternate par les Portugais, au retour du navire Trinidad^ en 1522; Castanheda (•') rapporte en elTet qu’un des premiers actes d’Antonio de Brito fut d’enlever les livres des pilotes et tous les écrits de l’astronome San Martin.
Le routier du pilote génois I.,e()ne Pancai.do ou yavegaçum e vi/agcm (/ue
(^) Papeles dcl Maluco desde /•5/.9 à lo 't7, est. i, cnj. 2, leg. 1/1, nuin. 5; inventaire (i’.Asensio, n" 30.
(2) Coleccién, vol. IV, pp. 209-247, et llistoria de Juan Sébastian del Cano, publiée par N. de Soraluce y Zubizarrete. Vitoria, 1872, pp. 223-263.
eb Coleccién, vol. 1, pp. 213-256. — Traduction anglaise par Lord Stanley or Aldeuley, p. 211, d’après la copie originale de Munoz, publiée par Navarrete et conservée au Musée britannique, .Addit. MSS. 17,621, Simancas en un legnjo suello.
\^) Munoz-, MSS. LXXXl, fol. 28, d’après 11. Harkisse, Discoveri) of North-.\meriea, p. 704.
(i>) Uistoria do descobrimiento e coiuiuista da India pelos Porluçiuezes. Coïmbra, 1551. liv. VI, cap. XLI.
INTRODUCTION mHLIOCHAIMIIQUK.
f<>z rernam île Maf/f'lhaes de Serti ha pero Maluro no nnno de h'îid, nous (‘Si connu en trois manuscrits, se Irouvani rcspecliv(‘menl à la hibliolhèqne de San l’rancisco da Cidade (') à Lisbonne, à l’Académie d’bisloire de Madrid el à la Hibliolliè(ine Nationale d(‘ Daris, MS. portugais n” 40. I^e texte de Lisbonne a été publié par l’Académie des sciences de Portugal (-). Hugues en a donné une traduction italienne (^). Il ne s’agil dans aucun de ces manuscrits du texte original, ainsi ()u’il ressort clairement des derni(‘rs mots dans les exemplaires de Paris el notamment de celui de Lisbonne : « e isto foy Iresladado, (‘sl-il dit ici, de bum (|uaderno de hum pilolo genoes que vynba na dila nao, (pu* esprevebo loda a viagem, como aqui (‘Sla, e foy pera Portugal boannode lol^ corn dom Amrique de Menezes ». Celte phrase finale renferme d’ailleurs deux erreurs, l’une se rapportant au nom d’Amrique el l’autre à l'année 154!2; Hugues propose, avec raison, de lire Odoardo de Menezes et l’année 1525 (^).
De Carvalho avait conclu que les trois manuscrits étaient des copies de seconde main, faites sur l’original (jui aurait été saisi par Duarte de Uezende à Ternate (•’). Nous avons collationné le texte de Paris avec celui de l’édition de Hugues : le premier (^st incontestablement plus correct; il contient de meilleures leçons el évite plusieurs erreurs du manuscrit de Lisbonne, comme nous aurons l’occasion de le signaler encore.
On a suggéré que l’auteur du routier, dont le nom ni la personnalité ne percent nulle part, ne pouvait être Génois, vu qu’aucun pilote de cette nationalité ne partit dans l’escadre (*’); or, au cours du long voyage, nous
(() A la bibliothèque du couvent de S. Bento da Saude, d’après Hale, dans J. Winsor, loc. cit.
(2) Amonio Nünes de Carvalho, Collecçào de nolicias para a liistoria e geografia dus naçôes ullramarinas que vivem nos dominios portuguezes. Lisbonne, vol. IV, p. 145.
(3) Raccolla Commiss. Colombiana, parte V, n® 2, p. 253, et dans les Atti délia Società ligure di Sloria Patria. Genova, 1881, t. XV, p. 81 : Giornale di viaggio d’un pilote genovese addello alla spedizione di F. Magellano. — Traduction anglaise par Lord Stanley or Alderley, loc. cit., pp. 1-30.
(■'Ç Raccolla Commiss. Colombiana, parte V, n° 2, p. 258.
(•>) Déclaration de Leone Pancaldo du 2 août 1527, à Valladolid. Navarrete, Colecci/m, vol. IV, p. 383.
(‘‘j 11. IIarrisse, Jea7i et Sébastien Cabot. Paris, 1882, |>. 188, note 2.
INTRODUCTION mBMOGUADlIIQUE.
UJ
voyons que la perte de tous les chefs amena de simples marins à retnplir des postes de capilaine et de pilote; l’exemple de Christobal Kahelo est typique; il était inscrit comme « criado » à bord de la Trinidad et il figure comme capilaine de la Victoria sur la liste des combattants qui moururent avec Magellan à Maclan. Antonio de Brito, gouverneur de Ternate, qualifia Pancaido de pilote dans sa fameuse lettre au roi de Portugal ; on possède, en outre, le témoignage irrécusable du Génois même, dans les lettres du 20 et du 25 octobre 1525 : « Leon Pancaido, piloto de la nao que fue tomada en Maluco ». La comparaison du routier avec le seul document autographe de Juan Baullista, autre compagnon de Magellan, et qu’on intitule également pilote génois, ne semble pas désigner celui-ci comme l’auteur de la relation (’). D’ailleurs, Pancaido revint seul en Europe; son compatriote avait succombé à Mozambique; enfin, une déposition du 2 août 1527 dit en toutes lettres : « los cuales libres hizo este déclarante (Pancaido) en italiano ». Hugues est néanmoins porté à voir en Juan Bauttista l’auteur du lioteiro, alléguant que ce Génois fut considéré comme le marin le plus habile parmi les survivants de la catastrophe de Mactan; les documents le mentionnent comme « Maestro ». Ailleurs, Hugues (-) fournit des arguments pour prouver que le routier pourrait bien être une œuvre commune de Pancaido et de Baullista, au même point que leurs lettres collectives du 20 et 25 octobre 1525.
Comme source bibliographique, le récit est de première importance et mérite d’être classé au même rang que la relation de PigaCetta et le journal de Francisco Albo. Sans donner beaucoup de détails, l’auteur, que nous identifions avec Pancaido, raconte avec concision et clarté les principales
("•j E. Gelcich, Zwei Briefe uber die Maijalhdes’sche Weltumsegeluyuj . Silzuiigsberichte D. Akad. d. VViss. Wien, 1888, l. CXVtt. — Les noms des produits des Moluques, des personnes et des localités sont très divergents au point de vue de l’orthographe; le lioteiro parle entre autres de Matam, Garvalho, Tidor, Baracham, appellations qui deviennent, dans la lettre de Bauttista : iMarta, Carahalo, Tindore, Bandani.
(2) Juan Bauttista Genovese, nolizie sommarie. Baccolta Commiss. Coi.ombiana, parte V, n* 2, p. 2o9. — Peragallo, l’auteur de la monographie sur Leone Pancaido dans le même recueil de documents, se prononce au contraire pour Pancaido.
INTRODUCTION RIRUOGKAIMIIOUK.
phases du \oyage; on ne trouve pas d’exagéralions dans la description et rien (pii rappelle le caractère légendaire' de certaines pages de Pigafella, par exemple à propos de la taille d(‘S Patagons. Il fournil un rapport complet sur l’audacieuse tentative de la Trinidud, (pii voulut atteindre rislhme de Panama en partant des iVloluepies; le (Jénois avait été chargé de celte mémorable navigation; de n'Ioiir à 'rernate après l’échec du voyage, il fut interrogé minutieusement par h*s Portugais sous les ordres d’Anlonio de lirilo; en effet, ce capitaine, dans la lettre (ju’il adressa à I). ManiK'l et sur la()uelle nous reviendrons hienlôl, ne fait (pie répéter fidèlement les indications (jue l’Italien a exprimées dans sa propre relation.
Les trois récits principaux de l’expédition de Magellan (pie nous \enons de passer en revue, sont complétés dans une certaine mesure par h‘s témoignages, beaucoup plus concis, d’autres participants au premier périple du monde.
Nous avons déjà mentionné les iHtres i:oll(H:ùrcs (h Panraldu ol de Baiitli.sla, les deux Génois (jui furent retenus prisonniers à Mozambique ; la première épitre est adressée à une grande autorité ecclésiastique, <( Su Senoria », dont le nom n’est pas cité; il ne peut y avoir beaucoup de doute cependant sur son identité, et nous inclinons fortement à y voir l’évéque Konseca (’). Les deux pilotes y insistent sur les souffrances de leur longue captivité et supplient le (iouvernement espagnol de les prendre sous sa protection. La seconde missive est adressée à rempereur; elle contient le même récit des persécutions (pie les Portugais ont fait subir aux deux Génois, persécutions auxquelles J. Hauilisla devait succomber bientôt (-). Les deux pièces n’offrent (pie des divergences insignifianles; elles ont été retrouxées aux archives de la Torre do Tombo et sont signées : « Baulista de Poncoron y Leon Pancado, maestre y piloto de la nave que fue lomada en Maluco » .
(') Peuagallo, Ioc. cil., objecte que le titre île « Su Senoria » ne s’appliquait pas à la dignité épiscopale. Or, tlerrera le signale précisément comme se rapportant à Konseca : « Juan Rodr. Konseca ijui, sin tener titulo, llamasan Senoria, fue el primer Présidente del (à)nsejo de Indias ». Dec. lit, lib. VI, cap. XIV.
(-) Haccolla Commiss. Colombiana, parte V, n® 2, pp. 284-287.
INTRODUCTION RIRLIOCRADinQUE.
On a également émis deux hypothèses différentes concernant la rédaction de ces pièces; après examen de la lettre autographe de Dancaido, du 3 octobre ISSI, au roi I). Joào III, Peragallo opine pour Baultisla; nous n'osons pas prendre position, car la rédaction de ces diverses lettres s’est faite à des dates assez éloignées (ioâl et 1331); d’autre part, l’état de santé de Baultista (il est mort peu après) laissait à désirer au moment où les lettres furent écrites.
On connaît à présent un document qu’on dirait copié sur les deux missives précédentes : c’est l’épîlre que (lonzalo Gomez de Espinosa, capitaine de la Trinidad, adressa, de Cochin, le :20 octobre 1323, à l’empereur (‘). Or, de Espinosa ne savait pas écrire; nous sommes donc amenés à conclure que l’auteur des lettres datées de Mozambique et de la supplique envoyée de Cochin, est la même personne; ce fut probablement un des escribanos de l’expédition; celui-ci aurait simplement fourni des copies ou des abrégés d’un rapport original, signés par les différents chefs et envoyés ensuite, à des moments propices, dans l’espoir qu’un texte au moins tomberait un jour entre les mains des autorités espagnoles.
Le recueil de voyages de Ramusio contient une courte narration anonyme, faite par un Portugais qui se dit compagnon d’Odoardo Barbosa : Hr(‘ve e trislreUa narralione di un Portof/hrse coinpaf/no di Odoardo Barbosa, quai fu sopra la naue Vittoria de! Anno 1 o! 9 e circondà ü rnondo (-). Barbosa, de la famille de Magellan, par Beatriz Barbosa, est l’auteur bien connu de la Drscripfion des Indes orientales et de la rôle de Malabar (131(i); il prit le commandetnent de la flottille après le désastre de Mactan; l’auteur de la Aarralione est vraisemblablement Vasco Gomez Gallego, le Portugais qui revint à bord de la Mvioria et qui est porté sur la liste des équipages en qualité de « grum(>te » à bord de la Trinidad, le
(-1) Archives des tndcsà Séville, l4o,7,7 fl ndiferente general). Reproduit par V. L. Asensio, La primera Vuelta al Mundo, n° 174, p. 161. La seule divergence à noter avec les lettres collectives, consiste dans l’évaluation de la distance de Ternate à iVIalacca, que de Espinosa estima k 1,880 lieues, tandis que les Génois admirent le chilfre global de Î2,0Ü0 lieues.
Le manuscrit original se trouve au château de Simancas. Blair and .l.-A. Richardson, The Thilippine Islands 1495-1806. Cleveland füliio), 1903, vol. 1, p. 296.
vaiss(‘:iu-;unir;il où sVlail ('paiement Irouvé Harbosa. Le récil conlicMil (|uel(jues domié(‘S correcles relali\es aux dislances parcourues par les navires; à pari cela, c’esl un résumé trop général pour avoir l)eaucoup de valeur.
Meutionuous la nolice, encore plus concise, rédii'ée d’après les informations de deux marins de l’escadre de Magellan, (pii avaient préféré rester à Bornéo pluUM que de s’embarquer pour l’Kspagne à bord de la Victoria; cette notice, datée du :23 décembn* 1323, est écrite de (iocbin, où les deux déserteurs avaient été transportés, après avoir enduré pendant de longs mois toutes sortes de privations à Timor et à .Malacca (’).
Le texte original espagnol de la lettre du capitaine Sébastien del (iano qui ramena la Victoria en Espagne n’a pas été retrouvé; par contre, on en connaît aujourd’hui au moins trois traductions, une en latin, deux en italien. Elles sont datées du 3 septembre 1323, la veille même de l’arrivée du navire à Séville, et renferment un exposé succinct des résultats (essentiels de l’expédition. Dès 1844, J. -A. Schmeller avait signalé une version latine, présentant parfois de meilleures leçons que le texte italien de (iontarini, faite par le chapelain du duc Albert de Bavière, Wolfgang Sedelius (^). Une première traduction italienne est due au savant ambassadeur de Venise à la Cour espagnole, Gaspare (iontarini ; elle fut mise en appendice à une lettre (') que l’on peut regarder comme la première dépêche portant au delà des frontières de la péninsule la nouvelle du retour de la Victoria, Une seconde version italienne a été signalée par M. Gelcich (^); plus complète que celle de Contarini, elle constitue sans doute une révision du texte original. Elle n’ajoute rien aux récits déjà connus, si ce n’est quelques traits
(>) Lobd Stanley oe Aldehley, loc cU., p. 30, d’après Hamusio.
(2) Ueber einige (1er alieren h((iiiLscliriltlichen Seekarten. Abhandl. d. i. Kl. d. K. Akad. it. Wiss. München, 184i, tV. Bd., t. Abtli., p. 269. Sitzungsber., 2. Dez. 1843.
(^) Copia di leltera mandala per it soprascripto Imbasador a di soprascripto alla S'“ di Veniesa, havuta dal censeier delta M' Ces. di lespecie trovate per il s. Capitano de Insula Monocb, Banda e Jane, ecircondato la Terra. — Datée du 24 sept. 1522, Valladolid. Haceolla Commiss. Colombiana, parte III, n° 1, p. 103. — Baldelli-Boni. H Millione di Marco Polo, t. t, p. LXVI
('<) /Avei Hriefe über die Magdlliàes’sclie WeUumsegehing, loc. cit.
INTROnUCTION BIHLIORRAPHIQUE.
qui font mieux cotmaîlre la pcMSOimalilé d(' leur auteur. Quant au rapport détaillé que del Cano aurait rédigé à son retour, et auquel l’historien Oviedo fait allusion, il n’a pas été retrouvé jusqu’ici. Nous ignorons si la lettre de Sébastien del (’^ano, dont Harrisse avait promis dès 1884 une édition annotée (^), diffère des textes précités.
Le livre du coulador Martin Mondez ('^), qui stipule notamment les contrats de paix et d’amitié avec les potentats indigènes de l’Insulinde, ne renferme pas un aperçu complet de l’expédition de Magellan, mais il constitue une source de renseignements intéressants sur les premiers rapports espagnols avec les habitants des Moluques et autres pays de l’Extrême-Orient. Le livre avait été confisqué par les Portugais lors du passage de la Victoria à Santiago (îles du (]ap-Vert).
On a longtemps prétendu que Magellan avait tenu un journal pendant toute la durée de la navigation; la précieuse pièce se serait perdue dès l’année 1783 (’). Barros x\rana (^) a reconnu dans les Ephémérides en question, attribuées au capitaine général, une simple traduction du Livra de Duarte ou Odoardo Barbosa, que nous connaissons en plusieurs exemplaires; si on le trouve sous une forme écourtée dans la collection de Ramusio (^), en revanche, il a été publié intégralement par l’Académie d(‘s
('>) Christophe Colomb, son oripine, sa vie, etc. Paris, 188i. Recueil de voyages et de documents pour servir à l’histoire de la géographie depuis le Xlll® siècle jusqu’à la fin du XVI® siècle ; VI.
(2) Libro de las pazes e amistades que se an hecho con los Reyes e Senores de las Yslas e Tierras donde hemos llegado, siendo los Capitanos Gonçalo Gomez Uespinosa e Juan Sébastian del Cano e el maestre Juan Balista governadores del Armada quel Emperador nuesiro Sefior envia al descobrimiento del especieria e yo Martin Mendez, Conlador délia. Aîïo de 21. — P. Pastills, Lahor Evaïuielica de los obreros de la Compania de .tesus en las Islas Filipinas, por el padre Franc. Colin. Nueva edicion. Barcelona, 1900. tVimera parte, suppleniento al tomo primero, lib. 1, cap. XIX et XXltl.
(3) Nicolao Antonio, Biblioteca Hispana Nova. Madrid, 1783, p. 379 : Navigationis suae Diarium, sive Epbemerides : quod apud Ant. Morenum regum Hispalensis domus Indicae cosmographum fuisse in schedis MSS. Rudericii Cari Utrariensis, mihi olim amicissimi capitis, me legisse meminisse.
(t) Ilistoria Jeneral de Chile. Santiago de Chile, t. I, p. 142.
(3) Navirjationi el Viapgi, parte I, p. 320 : t.ibro di Odoardo Barbo.sa t‘ortogbes(‘.
INTRODUCTION HIRUOI’.RAPlilOUi:.
sciences de Lisbonne ('). Une seconde copie dn livre oyanl été relronvée à iMadrid, avec l’inscriplion « compnesto par Fernando .Magallanes (-) », Varnliagc'ii et d’aulres ti’ont pas en de peine à éclaircir le myslère Nous
avons reironvé aux archives des Indes à Séville un troisième fragiiK'nl du livre de Harhosa, joint à un document des plus importants, écrit de la main de Magellan lui-même. Otu* adjonction persistante du nom du capitaine général à celui de l’auleur (jui avait décrit les côtes de Malabar, devait avoir une raison séri(‘use. .Magellan attachait le plus grand prix à l’appui de Barhosa, au courant mieux (jue personne des situations de l’Inde, et (pii d’ailleurs signala le premii-r la découverte des Moluques par Serrào, l’ami du grand Portugais. D’autre part, Barbosa n’avait probablement pas été à Malacca. Bien ne s’oppose, semhle-l-il, d’admettre que Magellan, de retour de cette ville avec l’expédition d’.Mhuquerque (‘), ait fourni les renseigneimmts conservés à Séville. Qu’il sulïise de signaler ici l’importanci* du traité
(C Collecçào de noticias para a liistoria e geogralia das naçôes nltramarmns . t^isboa, 1<S13, Act. Il, 11° Vit, pp. 243-380 : Livro eni que dà relaçfio do que viu et oiiviu no oriente. — Edition angtaise par Loiin Stani.ey ok Aldi rley, dans tes publications de la Hakluyt Society. Londres, 1866, p. vi. — Sur les ditlérents manuscrits du livre de Barbosa, voir Soüsa ViTEHBo. Traballios Nauticos dos Porluguezes 7ios seculos XVI e XVII. Lisboa, 1898, parte l, p. 46, et Carias de Affonsu de AUmquerque, seguidas de documentos que as elucuiam. Acad.
REAL DES SciENCIAS DE LiSBOA. ClaSSE DE Sc. MORAES, POLITICAS ET BELLAS LETTRAS. Sob a
direcçào de R. A. de Bulhao Pato. 1903, vol. lit, p. 31.
(2) Titre complet de l’opuscule : Descripcion de los reinos costas pnertos é islas que hag en el mar de la india oriental desde el Cabo de Buena Esperanza liasla la China : de los usos jrulos y efeclos que producen aquellas vaslas regiones, con otras nolicias muy curiosas : compuesto por Fernando Magallanes piloto porlugues que lo via y anduvo lodo. Madrid, Bibl. S. Isidro. Titredans les Baccolta de Ramusio, 1.3o4, t. 1, |i. 3o4 : Sommario di tutti li regni, ciità, & popoli orientali, con li trattichi, e morcanlie, che iui si Irouano, cominciando dal mar Rosso tino alli popoli délia China. Tradotto dalla lingua Portoghese nella Italiana. — Il est à remarquer que Eabia y Solsa, dans l’essai bibliographique de son Asia Portuyuesa, t. I, p. 4, ne mentionne pas Barbosa.
(3) Guillemard, loc. cil., p. 88, note 3.
(4) Voir à ce sujet P. A. Tiele, De Europeers in den Maleischen Archipel. Bydragen tôt de Taal-, Land- en Volkenkunde van Nederlandsch Indië, 1887, t. I, pp. 322-329, où l’on trouve de très bonnes notices bibliographiques sur les iiilncipaux auteurs de l’époque de Magellan.
INTRODUCTION BIBLIOGRAPHIQUE. ^5
de Barbosa dans la bibliographie de l’époque. Les sources d’archives connues ne nous permellent malheureusement pas d’identifier ce Barbosa avec le beau-frère de Magellan, ni avec un homonyme, le facteur portugais de Cananor, qui disait si bien connaîire la langue et les mœurs du pays (^); loutefois, aucune preuve du contraire n’a encore élé fournie et Ramusio alfirme que l’auteur du Libro accompagna effectivemeni Magellan dans son voyage. Cetle hypothèse et celle que les trois Barbosa ne faisaient qu’un avec le compagnon de l’amiral, ferait comprendre beaucoup mieux l’accord unanime qui valut à Barbosa la succession de Magellan, (|uand celui-ci mourut à Maclan.
Le capitaine général, pas plus que Vasco de Gama, ne parait avoir rédigé de rapport sur le voyage même, ou de journal dans le genre du « log-book » de Francisco Albo. En revanche, semblable livre, dont la perte est parliculièrernent regrettable, a élé tenu par le pilote le plus instruit de l’escadre, San Martin, qui remj)laça Buy Faleiro, la <» conjunla persona » de Magellan. Ses papiers avaient été saisis avant tous les autres, à Ternaie, au retour de la Trinidad, par le facteur de la place, Ouarle de Rezende, qui les avait trouvés sur la personne de Gomez de Espinosa. Au moyen de ces notes, Rezende composa, en 1522, un Traité de la navigation de Magellan et de ses compagnons aux MoliKpies, dont il légua le manuscrit à Joao deBarros, qui avait accepté, à la demande du roi, d’écrire l’histoire des conquêtes portugaises en Asie. D’autres pièces qui avaient appartenu à San Martin furent a|)porlées en Portugal pai' Gines de Mafra, un des (piatre suivi\ants de la Trinidad ^ du fait que ce marin fut porteur de dissertations nautiques et d’autres papiers se rapportant à la navigation, il fut pris pour un des principaux pilotes de l’Armada et on le retint plus longtemps en prison que ses compagnons. A-t-on expédié plus tard une partie de ces documents en Espagne? Quoi (|u’il en soit, le chroniqueur olficiel llerrera raj)porte qu’il a consulté dans les archives de Philippe 11 le livre « spécial » que San Martin avait consacré à la description du voyage de
P) SOUSA ViTEKBO, loc. cit., pp. 43 et 46.
INTRODUCTION HIHUOGRARHIOUE.
iol9-l')22, sous le tilrc : De! Dcscuhrimiento dv! Estredio de Maf/allanrs (*).
Harros remanjue (|ue cet ouvrage renl'ermaiT loules les délermiualions géographiques el les observai ious astronomiques faites par le cosmograplie au cours du voyage, ainsi (pie les diliférenls ordres adressés par Magellan à ses capitaines el pilotes; l’Iiislorien portugais donne des extraits de ces divers documents, en ayant soin de prémunir le lecteur contre les erreurs éventuelles (pii s’y peuvent être glissées, mais dont lui ni sou maître, de Rezende, ne peuvent pas être rendus responsables; ces erreurs, déclare-l-il, remontent à Huy Faleiro, « qui avait fait des observations de longitude el de latitude avant sa maladie » (-).
Deuxième catégorie de sources.
Avant de passer aux documents fournis par les auteurs contemporains des événements, il convient de citer la longue lettre au roi (I’Antonio de Brito, gouverneur de Ternate; elle fut envoyée une première fois le i l février 1523, puis, en seconde copie el avec de légères variantes, le 6 mai de la même année. La dernière a été publié dans Alguns Üocunientos do archivo nacional da Torre do Tombo, pages 464-478, tandis (|ue la première a paru dans les lîaccolUi Colombiaua, Parte V, N” 2; il en existe un résumé fait en espagnol par Muiioz et inséré par Navarrete dans sa Colccciôn, vol. IV, doc. XXX.
Nous avons déjà signalé, à propos du routier de Pancaido, que la lettre d’Antonio de Brito est au fond la relation, notablement abrégée, du pilote génois ; pour autant qu’on tienne compte de certaines erreurs caractéristiques du lioteiro, l’une et l’autre ont les mêiiK'S coordonnées géographiques, les mêmes chiffres des morts et Idessés. Quelques passages peu clairs chez
P) Nie. Antonio, Biblioteca Hispaiia Nova, t. I, p. 79 : Andres de S. Martin, teste Ant. de Herrera et Antonio Ijeonio, in Biblioteca Indica proxime laudata tituloXL scripsit : Del Descubriniienlo dcl Estrecho de Magallanes.
''2) JoAO i)E Bahuos, l)a Asia, decada 111, liber V, cap. X.
INTRODUCTION BIBLIOGRAPHIQUE
Pancaldo se trouvent plus nettement interprétés dans le document portugais; celui-ci donne en outre des informations plus détaillées concernant Francisco Serrào, l’instigateur de l’entreprise de Magellan et personnage qui avait inspiré des craintes continuelles et motivées aux autorités portugaises de l’Inde.
La relation de .Maximilien Thansylvain, de M(duccis Insuüs occupe le premier rang parmi les documents du second groupe. Achevée le ^4 octobre, un mois et demi après le retour du navire Victoria., en guise d’exercice épistolaire latin, elle fut adressée par l’auteur à Matthieu Lang (*), cardinal archevêque de Saisbourg depuis 1519. A l’édition de Cologne, de janvier 1523, succédèrent deux éditions parues à Rome, l’une au mois de novembre de l’année susdite, l’autre en février 1524, sous le titre De Hispaniorum in Orientem nauigatione ("^). Grynée l’inséra dans son Novns Orbis de 1537, page 585, et de 1555, page 524; Ramusio en publia une traduction italienne dans le premier volume de ses Navigationi (^).
L’épiire de Transylvain est précieuse en ce qu’elle reflète en partie les idées de Pierre Martyr, son maître, très au courant des affaires transocéaniques, et celles d’un des principaux promoteurs de l’expédition, Christobal de Haro, dont il avait épousé la nièce, Françoise, fille de Diego de Haro (^).
(I) « La cual dirigiô at cardinal Saipurgense obispo de Carlagena », dit Navarrctc, qui a consulté le manuscrit de l’Académie d’histoire de Madrid, daté du o octobre. H. Hakrisse, lîibliotheca Americana velustissima, p. 230.
John Hüssell Bahtlett, Bibliographical notices of rare and curions booJcs relaling to America, in the library of John Carter Brown. Providence, 187o, p. 82. — H. Barrisse, loc. cit.
(3) Navarrete, Colecciôn, vol. IV, et Médina, Colecciôn, vol. Il, en donnent des versions espagnoles. — Lord Stanley of Alderley a publié une traduction anglaise dans son Magellan, p. 178. — C. H. Coote a fourni une reproduction d’un des manuscrits, avec texte anglais, dans Johann Schinier. A reproduction of the Globe of with new trans-
lations and notes of the Globe bg fl. Stevens of Vermont, U. S. A l.ondon, 1888. — 'texte abrégé dans Fr. v. VVieser, Magelhaës Strasse and Austral- K onlinent anf den Globen Schôners Innsbruck, 1881, p. 111.
(A) Archives communales d’Anvers, Colleclanea i499- 1540, fol. 65. Dans ces actes, Transylvain est nommé « Secretarius ordinaris der keizerl. Majesteit ».
INÏIIOÜUCTION BIHMOGRAI’HIQUE.
Transylvain assisla, avec Alarlyr, à la réception de la délé^alion (pie les survivants de la Victoria envoyèrent à la Cour du roi, à N'alladolid. Après avoir interrogé longtemps les témoins principaux du premier périple du monde, il rédigea sa relation et r(>nvoya au carditial Lat»g, à Nuremberg, où Jean Sclidner en prit connaissance un des premiers. Nous ne sommes pas bien renseigné sur l’activité géograpliiipie de Transylvain; (pjoi(|ue piobablemcnt natif de Bruxelles ('), il n’anrail passé (jiie s(^s dernières années dans nos provinces; le moine namand Franciscus Monacbus ('^) lui attribue la construction d’un globe terrestre qui surpassait tontes les œuvres contemporaines, et sur le(|uel se trouvaient portés avec précision les résultats de l’expédition de Magellan. En 1520 déjà. Job. Alex. Brassicanus pleure dans une de ses poésies la mort prématurée de Transylvain, son Mécène (').
L’opuscule (le Molaccis Inmiis est incontestablement une des sources le plus justement appréciées. Il débute par un aperçu très intéressant sur l’état des connaissances géographiques de son temps, basées probablement sur les données de Cbristobal de Haro pour ce qui concerne l’Extrême-Orient. Quelques inexactitudes cependant déparent le récit : le capitaine Jean Sébastien del Cano y est appelé, par exemple, .Miguel del Cano; le roi aurait décrété l’exécution du projet de voyage à Saragosse ; Magellan, accompagné de de Haro, serait rentré en Espagne en 1518.
La relalioti (|ue Bickrk M vutyk d’Anghikk.v composa sur l’expédition de Magellan et (|ui avait été longtemps considérée comme perdue, n’est autre que
(>) El non pas Hongrois de naissance, d’après Alex. Apponyi, Hungarica. Ungnrn hetreffmde im Auslandc gedrucktc hüclier und Flugschriflen. München, 1903, t. I, pp. 100-100. (]el auteur cite en etl'el le titre d’une des poésies de Transylvain ; M. Transilvani Hruxelensis ad puellas Comlantieiises in xmperialt conventu ne amore principuin capiantur Elegia Blasio //. dicala.
(2) De orbis Situ ac Desciiplione, Erancisd, monachi urdinis Franciscani, epislola sane guam luculenta. Anvers, 1526. En appendice à Lucien Gallois, De Orontio Finœo gallico geo(grapltfl. Paris, 1890.
(3) ÜTEH, Sciiwakzek, Die Kunde der Entdeckung Amexdka's im Deutsch-slaeiscliem Oslen. Eeslsctirit’i des gcographisclien Seminars. lîreslau, 1901, p. 156.
JNTRODUCTION BIBLIOGRAPHIQUE.
le De Orbe Ambho que cel hislorien inséra dans son De Orbe Novo, S""® décade, chapitre VII (‘). On avait cru jusqu’ici, sur le témoignage de Hamusio(-), que >larlyr avait envoyé son manuscrit à Home pour l’y faire imprimer; il l’avait dédié, en elTel, au pape Adrien VI (^), son protecteur, et président du Conseil des Indes au moment où Magellan entreprit son voyage; on estimait de plus que le travail s’élait égaré au milieu des troubles et du sac de la Ville Eternelle. Richard Eden, qui traduisit littéralement Ramusio i\ans ses Décades of the JSeive Worlde, lo38, page 214, Amoretti, llarrisse, Guillemard ont répété cette assertion. M. Pennesi, dans sa belle monographie sur Pierre Martyr (^), a prouvé à l’évidence qu’en dehors de son De Orbe Ambito^ le chroniqueur n’a pas laissé d’autre mémoire spécial relatif à la première circumnavigation du globe. Il convient de donner à cette source la place qui lui revient dans l’historiographie de l’époque, place prépondérante et qu’occupent depuis longtemps les Décades du savant Italien ('’). Pierre Martyr n’était pas favorable à Magellan et son récit, en dehors d’un certain nombre d’erreurs manifestes, semble parfois inspiré par les ennemis du capitaine, tel l’ambassadeur portugais Alvarès Le chro-
('*) De Orbe Novo Pétri Marlyris ab Angleria Mediolanensis Protonotarii Cesaris Seiiatoris Décades. Cum privilégie Imperiati compluti apud Michaete de Eguia. Anno MÜXXX. Alcatà de Henares. — Il existe, notamment au British Muséum, plusieurs exemplaires du De Orbe Novo, publiés indépendamment du De Orbe Ambito. — Ajoutons que la huitième Décade contient encore un long passage important relatif à Magellan.
(2) Navigationi et Viaggi, vol. I, p. 346.
(3) P. Martyr d’Anghiera, Opus Epistolarurn. Amsterdam, 1670, ep. DCCLXX. — D’après cette lettre, datée du 15 septembre 1518, il songea à offrir les trois premières Décades à Adrien VI; à la mort inopinée de ce pape, Martyr présenta la cinquième Décade, contenant le De Orbe Ambito, au successeur d’Adrien, le pape Clément VI,
[^) Gius. Pennesi, Pietro Marlire d’Avghiera e le sue relazioni suite scoperte oceaniche. Kaccolt.\ CoMMiss. CoLOMBiANA, parle V, n* 2, pp. 7-109.
(3) Paul Gaffarel, De Orbe Novo de Anghiera. Les Huit Décades traduites du latin avec notes et commentaires. Recueil de voyages et de documents pour servir à l’histoire de la géographie depuis le XIII® jusqu’à la tin du XVI® siècle. Paris, 1907, t. XXI. — Traduction des Décades en espagnol, par Joaqcim Torres Asensio. Madrid, 1892.
(6) Mancel Walls y Merino, Primer viaje alrededor del mundo por el caballero Antonio Pigafetta. Traducido directamente de la edicion italiana del Dr Carlos Amoretti y anotado. Madrid, Bol. Soc. Geogr., 38-41 (1896-1899), p. xvii.
INTRODUCTION BIHI.IOGRAPIIIQUE.
niquour reproche à 3lag(‘ll:in son maii(|ne d(‘ cœur el l’accuse d’avoir tué beaucoup d’Espagnols sous prétexte de rendre la justice.
Secrétaire du Conseil des Indes dc'puis 1518 ('), Martyr doit avoir été initié aux débats où fut décidé l’envoi d’une flottille sous les ordres de Magellan; en l’année 15:29, il fut appelé aux fonctions de chroniqueur royal (-). Mais il eut bien soin de ne rien divulguer des délibérations du haut Conseil, dans son histoire officielle des découvertes du Nouveau Monde; le même silence est observé dans ses Lettres, qui font parfois écho avec les moindres potins de la (]our. A deux reprises, il est question de Magellan dans sa volumineuse correspondance (^) : une première fois avant le départ de la petite Armada (lettre du 15 septembre 1518, N° DCCLXX), une seconde fois deux mois après le retour de la Victoria ; c’est dans la dernière qu’il annonce la rédaction d’un rapport circonstancié sur l’expédition.
Il est très regrettable que Bartolomé de Las Casas ait arrêté son Histoire des Indes (^) aux événements de l’année 1521 ; en deux occasions seulement, il fut amené à parler du voyage projeté, notamment à propos d’une conversation qu’il avait eue avec Magellan, sur la possibilité de trouver un passage sud-ouest entre l’Atlantique et les mers de la Chine et des Moluques.
(U B. Las Casas, Historia de las Indias. Mexico, 1877, lib. 111, p. 103. — Bernays, Petrus Martyr Angicrius und sein Opiis epislolarum. Strassburg, 1896, p. 23. — Martyr n’aurait été secrétaire du Conseil qu’en 1324, d’après J. -B, Thacher, Christ. Colombus, his life, his Works, his remains... togetber witb an Essay on Peter Martyr of Angleria and Bartolomé de las Casas. New-York, 1903-1904, t. I, p. 29. — H. Barrisse rapporte dans son J. et Séb. Cabot, Paris, 1882, p. 152, que Martyr fut, en 1520, « consejo de la Junta », el, en 1524, « consejo del consejo de Indias », d’après les Tablas cronologicas d’ Antonio de L. Pinelo. Madrid, 1892, p. 228.
(2) .l.-B. Thacher, loc. cit.
(3) Paul Gakfarei. et Louvot, Lettres inédites de P. Martyr Anghiera, relatives aux découvertes maritimes des Espagnols et des Portugais. Revue de géographie. Paris, 1884- 1885. — E. Gelcich, Ans den firiefen Peter Martyr Anghieras. ISotizen zur Geschichte der grossen Lündexentdeckungen. Zeuschk. d. Ges. f. Erdkunde. Berlin, 1891, t. XXVI, pp. 159-166.
(•t) Commencée en 1527, Y Historia de las Indias ne fut achevée qu’après l’année 1547; l’auteur y apporta des retouches en 1552 et jusqu’en 1561. Madrid, édition de 1875-1876, par le marquis de la Fuensanta del Valle et I). José Sanciio Rayon.
INTRODUCTION BIBLIOGRAPHIQUE
Citons également les témoignages de lambassadeur vénitien Gaspare CoNTARiNi et du chroniqueur de Charles V, Pedro Mexia. La dépêche de Contarini est datée de Valladolid, le 24 septembre 1522; elle était accompagnée de la version italienne de la lettre de J. Seb. del Cano que nous avons mentionnée plus haut. Le célèbre humaniste, qui était aussi un diplomate très perspicace, entrevit incontinent les graves conséquences que pourrait entraîner la réussite du voyage de la V'ictoria pour la paix dans la péninsule; les intérêts, dit-il, qui s’attachent à la possession des Moluques sont si considérables, qu’une guerre entre l’Espagne et le Portugal est à peu près certaine (*).
Mexia assista au départ des navires de Magellan ainsi qu’au retour de Sébastien del Cano à Séville; il mentionne d’ailleurs ces faits, sans commentaires, dans un Dialogue sur le Soleil, contenu dans sa Silva de Varia lecion agora nuevamente emmendada (^).
Parmi les histoj iens légèrement postérieurs, le Portugais JoÂo de Barros mérite d’être placé au premier rang. De ses précieuses Décodas da Asia, trois furent publiées de son vivant ; la première, en 1552, est relative aux événements survenus en Asie pendant les années 1495-1504; la deuxiètne, datée de 1553, embrasse la période (|ui comprend les années 1505 à 1514; la troisième enfin, qui parut en 1563, s’occupe des années 1515 â 1524 (^). Après avoir été trésorier de la « Casa da india » de 1525 à 1528 (^), et avoir rempli les fonctions de gouverneur d’établissements portugais sur la côte de la Guinée, il fut appelé au poste de chroniqueur officiel de la Cour.
0) Franz v. Wieser. Ein Bericht des Gasparo Conlarini über die Heimkehr der Victoria von der Mngalhàes schen Expédition. Mitteil. d. Inst. f. Oesterr. Geschichts Forschung. Wien, 188 i, t. V, p. 447.
(2) Sf^ville, lo40. Dans l’édition de 1547, le Coloquio del Sol se trouve au verso de la page cii.
(3) Édition complète en 1628, Lisbonne, Jorge Rodriguez; une des meilleures, en neuf volumes, parut en 1778, à Lisbonne. — Traduite partiellement en anglais, par FortescuE, en 1571 ; en français, par Claude Grüget, en 1580.
O) Damiào de Goes, Chronica do Rey Boni Manoel. Lisboa, 1749, parte IV, cap. .37.
INTRODUCTION RIRLIOGRAPHIQUE.
En colle qualité, il disposait librement des riches archives royales indiennes.
Nous savons comment de Barros entra en possession des papiers de Magellan et de Francisco Serrao, et du livre de Duarle de Kezende, Tra- Uido da Navegaçao dp Magalhacs, composé principalement d’après les observations de San Martin (^). On trouve, par exemple, dans les üccadas du Asia, le texte d’un ordre de scuvice, daté dn détroit sud-américain le 21 novembre 1520, (>t par h‘(|uel h‘ capitaine général demandait aux pilotes et capitaines des navires, h*ur avis sur la continuation éventuelle du voyage; ce document, accompagné de la réponse motivée de San Martin, compte parmi les rares pièces (|ui nous soient restées du commandant et du premier astronome de l’escadre. l‘our les événements postérieurs à la mort de San Martin, la traduction de Joâo de Barros devient moins correcte, üe plus, on ne doit l’utiliser (|u’avec réserve pour toute la période si embrouillée de la première occupation des Moluques; comme bistorien officiel, il ne pouvait pas perdre de vue les intérêts portugais. Après celui de (^aslanbeda toutefois, le récit que fait Joâo de Barros de la découverte des Moluques par Francisco Serrâo est le plus complet que nous possédiotis.
La personne de Magellan n’était pas du tout sympalbi(iue à de Barros ; plus d’une fois il met en doute ses capacités nautiques. Ne parvenant pas à découvrir, à cause de l’immensité du Pacifique, les vastes terres équatoriales dont il avait escompté l’exisleiice, le commandant en chef aurait mis son infortune sur le compte de l’astrologie. Le prosélytisme de l’amiral n’est guère goûté non plus par le chroniqueur, qui attribue la conversion en masse des habitants de Sebu à ses artifices et à de grossières spéculations; de Barros fait même peu de cas du savoir de San Martin et de Buy Faleiro (-).
La relation de Joâo de Bai ros a été reprise plus ou rnoitis fidèlement par la plupart des auteurs portugais et étrangers : J. Petrus Maffeus, dans ses
(U Joâo de Barros, Da Asia, dec. III, lib. V, cap. IX. (2) Idem, Ibid., cap. X.
INTRODUCTION BIRLIOGRAPHIQUE.
Historiarum indicarum (^), et son imitateur Mariana; Manoel de Paria y SousA, dans son Asia Porluguesa (^) surtout; le Père Antonio de San Roman, dans son Ilistoria general de la India Oriental, parue en 1663. Le dernier assure qu’il a consulté un « itinéraire » ou relation composée par un pilote de la flottille de Magellan, qu’il avait acquise du licencié Cespedes, cosmographe du roi ('^); d’après le terme « itinéraire », on est tenté de songer plutôt au « log-hooK » d’Âlvo qu’au routier du pilote génois.
Joâo de Barros déclare avoir emprunté considérablement, pour la période ()ui nous (!oncerne, au livre d’ANTOMO (iALvÀo (^), dit I’ « apôtre » des Moluques. Le Traité de cet auteur est regardé couramment comme une des sources principales pour l’histoire des premiers établissements portugais en Insulinde. Cette réputation nous a paru surfaite, du moins pour la partie qui nous intéresse; trop souvent, à sa narration se trouvent mêlées des légendes (|u’il reproduit sans esprit critique; telles sont ses données sur les habitants des Molu(|ues qu’il a dû cependant bien connaître. Par contre, le récit de l’expédition de la Trinidad renferme plus d’un détail inédit.
DamiÀo de Goes, dans la quatrième partie de sa Chronigue du roi D. Emmanuel (•’•), donne un aperçu très apprécié de la première circumnavigation du globe. Ayant résidé dans nos provinces, de 1523 à 1529, comme attaché à la factorerie portugaise de Flandre, il fut appelé au poste d’archiviste en chef ou « Guarda mor » ; il est sans contredit le plus instruit et le plus indépendant des historiens portugais Contemporain
P) Édition de 1649, Cotogne, lib. VIII, p. 145.
C^) Lisbonne, 1666-1675. — Édition anglaise, Histonj of the Üiscovcry and Conquesl of India by the Portuguese. Translated by Capl. J. Stevens. t.,ondon, 1695.
(3) Historia, etc., lib. II, cap. XXV, p. 345. D’après Navarkete, Colecciôn, t. IV, p. lxxxvi.
(^) Traclado dos Descubrimentos Antigos e Modernes feitos até a Era de /.ï5d. Lisboa, 1731. — The Discoveries of the World. Hakluyt Society, London, 1862. tl constitue en outre le deuxième volume de VOxford Collection o{ Voyages. — La première édition du livre de Galvào parut à Lisbonne, sous un titre qui diffère sensiblement de celui que nous venons de mentionner : Tratado que compôs o nobre e notavel capitào Antonio Galvào, dos diverses e desuayrados caminhos, etc.
(o) Chronica do felicissimo Itey Üom Emanuel, divida en quatro partes. Lisbonne, 1566.
(6) J. DE Vasconcellos, Damiào de Goes. Porto, 1897, p. 27.
INTRODUCTION RIBCKXJRAIMIIQUE.
presque des grands événements dont sa patrie offrit le spectacle, il avait, ainsi que .loâo de Barros, chargé avant lui d’écrire Thistoire du règne de I). Emmanuel ('), libre accès au dépôt d’archives relatives aux expéditions maritimes et coloniales, (le sont donc les mêmes sources (pii ont servi à ces deux écrivains, comme (lümmerich l’a judicieusement observé dans sa description des voyages de Vasco de Gama (-). De Goes a su se mettre au-dessus des vues étroites de ses compatrioles el a rendu hommage à .Vlagellan, avec une franchise* resiée unique dans son pays. Osoini's, dans son De Debus Diitmaiiiielis fjestis (^), emprunte* directement son récit à Damiâo de* Ge>e*s.
La l/istorid do Descobri rnento e ronquista da India pe/os Doriugaezes de Fernam Lopes de Gastamieda (^), qui a demanelé à son auteur vingt ans de recherches minutieuses, forme une compilation de la plus haute valeur pour l’histoire de l’époque mngellanique. Castanhe'da aussi a pu recourir à des papiers provenant ele l’astronome Andres de San iMartin. Quant au récit de la découverte eles Moluques, il a puisé à des sources restées Ignorées des chroniqueurs contemporains, car sa version dépasse toutes les autres par la précision et l’abondance des détails. Personnellement, il n’éprouve guère de sympathie pour Magellan ; il qualifie sa conduite de trahison; il refuse toute compétence scientifique à Buy Faleiro, attribuant ses remarquables connaissances astronomiques à un « génie familial », thèse qui a été reprise depuis par un grand nombre d’écrivains portugais.
La relation de (Jabriel Rerello, Informaeào das causas de Malucos, dades
(4) Damiào de Goes, toc. cit., parte IV, cap. 37.
(2; Fr. Hümmerich. Vasco de Gama und die Entdeckung des Seeweges nach Oslindien. München, 1898, p. 142.
(3j Édition de 1576, Cologne. Osorio. Histoire des Portugais dans les Indes orientales, traduite par Ü. Goulard. Paris, 1581. Traduction néerlandaise, parue à Rotterdam en 1661-1663
(A) Parue à Coïmbre, en 1551. — Traduction française par Nicolas de Grouchy. Le premier livre de l'histoire de llnde. Paris, 1553. — En anglais, Robert Kerr, General History and Collection of voyages and travels. l.,ondon, 1811-1817, vol. 11, p. 292.
liXTRODUCTION BIBLIOGRAPHIQUE.
ao senlior Dom Constantino (^), a pour base quelques-unes des sources consullées par Castanheda.
Les Lendas cia India de Gaspar Correa, publiées en quatre volumes, de 1858 à 1864, par l’Académie des Sciences de Lisbonne (^), contiennent le récit des conquêtes el des découvertes portugaises, faites en Asie de 1497 à 1550. On ignore la date de la rédaction de l’ouvrage; on sait .seulement que Correa en avait commencé une copie lorsque la mort le surprit en 1561. En sa qiialilé de secrétaire d’Alpbonse d’Albuquerque durant les années 1510 à 1515 (^), il aurait pu nous éclairer mieux que tout autre sur le séjour dans l’Inde de .Magellan, avec lequel il était lié personnellement. Or, les cbapitres qu’il consacre à la grande expédition ne sont pas plus corrects que les autres parties de son livre, et ils demandent d’être confirmés sans cesse par des témoignages plus sûrs : l’éditeur des lettres d’Albuquerque (^) qualifie avec raison Correa, de chroniqueur de talent, pourvu surtout d’une riche imagination, mais d’esprit inculte.
Successeur d’Oviedo comme chroniqueur de la Cour, en 1 596, Antonio DE Herrera est le premier historien espagnol qui put faire toutes les investigations nécessaires dans les archives royales, pour la rédaction de son Historia General delos fleclios de los Cnslellanos en las Isfas i Tierra Firrna del Mar Oceano (^). Grâce à cette circonstance, sa narration de l’entreprise de Magellan notamment est puisée, d’après Alexandre de Humboldt (**), à d’autres sources qu’au Primo Viaeje/io de Pigafetta. D’autre part, il put
(1) Publiée dans la Collecçâo de noticias para a hisl. e (jeoyr. das naçôes ultramarinas. Lisboa, 1839, t. V, n' 2.
(2) Collecçflo de monumentos ineditos para a historia das con(]uistas dos Porhiguezes ern Africa, Asia e America. Première série : Historia da Asia. Lisboa, 1858-1864.
(3) Correa ne serait allé dans l’Inde qu’en 1513 et y aurait vécu jusqu’en 1566 au moins. B. S. Whiteney, The Discoverij of Australia. The geographical Journal. London, 1898, vol. XI, n® 1, p. 81.
{^) Carias de Aff'on,<to de Albuquerque, 1898, vol. Il, p. xv.
(3) Edition princepsen l’année 1601, Madrid. La meilleure est celle qui a été publiée par Gonz. Barcias en 1730. Il en existe des traductions dans la plupart des langues européennes, (fi) Examen critique des histoires du Nouveau Continent. Paris, 1839, t. 1, p. 302, note.
INTRODUCTION BIRLIOCRADIIIOUE.
emprunter ;iu journal et à divers papiers d’Andres de San Martin, (pie l’hilippe II avait sans doute r('‘ussi à l'aire Iransl’érer à Simaneas, non seulement plusieurs observations asironomitjues (pi’il reproduisit, de faeoti parfois défeclueuse, mais aussi b*s rè^d(*s pour (ixer la longitude en pleitic mer par la d(>clinaison de la lune el les oecttllations des étoiles; elles permeltenl de se faire utie idée des théories de Faleiro sur rasironomie pratique.
H. Hancroft (') a porté uti jugernetil sévère sur l’œuvre de Herrera. Deptiis que plusieurs pièces consultées par le clironicpieur ont vu le jour, on a relevé chez lui uti grand nombre d’inexactitudes; ce reproche ne s’applique cepetidanl pas datis la même mi'sure, sauf toutefois pour les considérations astronomiques, aux chapitres où il est question de Magellan. Herrera passe rapidement sur les graves dilîérends (|ui divisèrent les chefs de l’escadre au début du voyage, et il cherche à motiver la conduite de Magellati au port de Saitit Julieti ; il donne in extenso la réjiotise réfléchie du commandant à la supplique d(>s équipages, tpii avaient insisté pour la non-continuation de la navigatioti vers le sud.
La Uistoria del Estrecho de MagaUanes, de Goxç.\lo Feiin.\ndez de 0^tEl)0, quoique citée par L. PitK'lo (-) et Nie. Antonio ("), avait également été considérée comme perdue. D’après les d(uix bibliographes espagnols, Oviedo avait pulilié son récit de l’expédition au livre XX de VUistoria general y natural de las Indias; la première édition, en un volume iti-folio, aurait paru en 1 o'>2, mais on n’eti connaît pas d’exemplaire. Peut-être Pinelo et Antonio ont-ils mal copié la dal(> et faut-il lire 1n36 (^); de cette année, nous possédons le IJhyo .VA, de la seganda parte de la (ieneral Uistoria de las Indias, escrifda /tor el capitan Uonealo Fernandez de Oviedo y Valdez. Que trala del esirerho de iMagallanes. pji Valladolid. Por Franc.
(t) Itistory of Central America. New-York, 1882, t. t, p. 317.
(2) Epitome de la Bihliolera oriental y occidental. iVtatirid, 1629, p. 92.
(3) Hibliotecn Hispana Nova, t. t, p. j-
(i) J. T. DE iVtEDlNA, Colccciôn, t. 1, p. XXVII. -XV-
INTRODUCTION BIBLIOGRAPHIQUE
Fern. de Cordova. Anno de MDLVI. L'auteur élani mortpendaul l’iuipresslon de la seconde partie, la publication a élé interrompue; l’Académie royale de Madrid a publié, de 4 851 à 1855, l’œuvre complèle d’Oviedo (*); le lome 1°^ de la seconde partie débute par le récit de l'expédition de Magellan.
Écrivain judicieux et impartial, l’auteur avait commencé la rédaction de son Hisloire vers l’année 1526, par ordre de Charle'-Quinl et en qualité de chroniqneur royal. Son récit de l’expédition de Magellan est basé, déclare-t-il, sur le rapport que J. Sébastien del Cano lui confia à son retour, et qui a peut-être également servi pour la rédaction de la lettre de Maximilien Transylvain (-). En outre, des passages entiers du journal de Pigafetla ont été repris littéralement. Oviedo ne parait pas avoir consulté d’autres sources. Il semble difficile de se rallier à l’opinion exprimée par Justin Winsor (^), d’après laquelle Oviedo aurait eu accès aux papiers authentiques de Magellan. ‘
Nous ne parlerons pas longuement de deux historiens espagnols, appar^ tenant à répot|ue des grandes découvertes; leur importance, surtout pour notre sujet, est loin d’égaler celle des auteurs précédents. B. L. de Argensola, curé de Villa-Hermosa et chapelain de l’ifiq)ératrice, ne s’occupe qu’incidemment de Magellan, dans sa Conquista île las islas 3/alucas al rey Felippe II. Madrid, 1609 (^). Il mit à contribution Joào de Barros, mais parfois directement de Rezende (•’); on lui doit l’opinion que Magellan
{') La première partie a été traduite dans le recueil de Ramusio, p. ni. — Il existe une version française des dix premiers livres, faite par Jean Foleur, sous le titre : U Histoire naturelle et généralle des Indes, Isles et Terre Firme de la Grand mer oceane. Paris, 1556.
(2) « Yo lie seguido la relaçion que Johann Sébastian del Cano me diù, que es aquel capilan que volvid a Espana cou la nao Victoria, é quasi la misma relaçion que yo sigo escribiô el bien ensefiado secretario de César, llamado Maximiliano Transilvano, al car denal Salçeburgense. »
(•t) Narrai, andcritic. History oj America, vol. Il, p. 616.
(A) Version française ; Histoire des Moluques. Amsterdam, 1707. — Texte anglais dans Slevens's Collection of Voyages, 1708. — Edition allemande : Beschreibung der Molukischen Inseln,etc. Frankfurl-Leijizig, 1710.
(O) Barbosa, Biblioteca lusitana. Lisboa, t. 11, p. 279; t. IV, p. 149.
INTHODIJCTION HIBUOGRAPHIUUE.
aurait pris pari, sous d’Abrc'u e( Francisco Sorrao, à la première exploration (les Molu(|ues par les Portugais, en Ioll-Io12; les renseignernenls relalifs aux principaux participants à l’expf'dilion, entre autres à Juan de Cartagena, sont complètement dépourvus de fond.
^HANCisco Lopez DE GoMAKA csl uno autorité de moindre valeur (;ncore qu’Argensola pour les événements (jui nous intéressent. La plus grande partie de son J/istoria gcnrral de las Indias, cou lodos los descuhn'mienlos y (Osas uof(d)les f/ue lian acaesido en el/as desde (/ne se yanuron hnsfa agora (’), n’est pas travaillée d’après les sources; pour Magellan, il s’est contenté de reprendre dans ses grands traits l’épitre de Max. Transylvain; lorsqu’il s’écarte de ce guide, il tombe dans des erreurs extraordinaires (“^).
En dehors des travaux que nous avons signalés, on trouvera évidemment à glaner dans la riche littérature historique et géographicjue de l’époque, aussi bien en Espagne qu’au Portugal. Nous croyons cependant avoir énuméré la série des œuvres indispensabh^s et oITrant un réel intérêt pour l’étude que nous nous proposons de faire de l’expédition magellanique.
Il a semblé superllu de reproduire la longue liste des ouvrages, même modernes, qui donnent un aperçu du premier périple du globe. Nous faisons exception loutelois pour des travaux récents, dont les auteurs se sont proposé de fournir une monographie sur Magellan et son époque; cette liste n’embrasse d’ailleurs que la dernière moitié du XIX'"® siècle :
Oscar Koelliker, Die erste i insegelung (1er Eide diircli Fernando de Magallanes and Juan Sehastian del Cano 1519-1522. München und Leipzig, 1908.
VicE.NTE Llorens Asensio, La primera Vnelta al Mundo. lielacion documentada del viaje de llernando de Magallanes if Jnan Sehastian del Cano 1510-1522. Sevilla, 1908.
(9 Madrid, 1552; seconde (^dition, Anvers, 1554, Juan Bellero ; une troisième édition est datée de Madrid, IGÜO. — Une traduction fiançaise, assez défectueuse, est due à Fumée.
(9 D’après lui, Magellan fut accompagné de son épouse au cours du voyage; Üuarte Barbosa aurait été le gtnidre du commandant; le départ des navires de Tidoie eut lieu le 13 avril, au lieu du 21 décembre, etc.
INTRODUCTION BIBLIOGRAPHIQUE
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