‹ Magie pratiqueChapitre 10 sur 31 · LA CONSTITUTION DE L’HOMME · texte numérisé non relu

LA CONSTITUTION DE L’HOMME

Nous avons dû formuler des réserves dont tous les libres-penseurs apprécieront la nécessité et la netteté. L’homme ne s’arrache pas à un dogme pour s’enchaîner à un mystère. Il y a une loi des mondes, il existe un principe premier. Pour connaître les lois et les principes, nous n’avons qu’un seul instrument de précision, le fait. C’est à lui que nous devons tout rapporter, sans nous laisser entraîner à des illusions qui n’ont même pas le mérite d’être séduisantes et qui, fussent-elles prouvées exactes, ne nous démontreraient que l’épouvantable injustice de la Loi suprême.

Il existe, il est vrai, une certaine collection d’individualités, fort remarquables, nous le reconnaissons, et qui, à chaque révolte de notre raison ou de notre conscience, répondent par cette simple affirmation :

— Vous êtes ridicules et niais, parce que vous ne savez pas. Nous seuls nous savons.

— En ce cas, instrüisez-nous ?

— Vous n’êtes pas à notre hauteur.

Non plus le bébé n’est à la hauteur du professeur qui lui apprend à lire.

Non plus le dévot n’est pas à la hauteur du pape qui affirme son infaillibilité.

Il faut compter avec ceux qu’on entend persuader. Injurier l’élève fut de tout temps un système mauvais et inutile. Le châtier est quelquefois plus utile, à la condition qu’on ait une vérité évidente à lui montrer après la punition subie.

Laissons cela. Passez, mystères, nous vous avons déjà donné.

Nous entendons comprendre, tout en faisant la part de notre ignorance, mais en maintenant les droits de notre raison.

Qu’il soit donc bien entendu que dans tout ce qui va suivre, expression consentie par nous d’une théorie acceptable, mais non dogmatique, nous prétendons nous tenir au-dessus de toute autorité et de tout despotisme.

Ceci dit, l’exposé peut être continué :

Il y a trois mondes en l’homme :

Le Monde Faits, La Matière

Le Monde Lois, La Force

Le Monde Principe, l’Esprit.

Ces trois Mondes se subdivisent en neuf principes, et non en sept, comme le suppose une cer-

taine école, faisant trop bon marché de la seule lumière qui nous guide, l’analogie.

Par le nombre neuf, dont les Pythagoriciens comprendront toute la valeur, nous rentrons dans la correspondance cosmique, dans l’analogie parfaite des Mondes, se liant, se pénétrant l’un l’autre.

Indiquons-les d’abord en leur donnant leurs noms sanscrits, — sous toutes réserves, — ces vocables ayant le grand mérite d’aider à la démonstration.

Un mot encore.

Nous avons dit qu’il était fort regrettable qu’une science en somme inutile si elle est fausse, intéressante pour tous si elle est vraie, s’affublât de l’épithète presque ridicule d’occulte. Il se passe bien autre chose. Nous autres occidentaux sommes tenus pour si indignes d’entrer dans le sanctuaire, que les mots de passe doivent nous être incompréhensibles. D’où, en les quelques livres qui traitent de ces sciences, apparentes ou réelles, une affectation enfantine de logomanie orientale.

Sanscrit ou Hébreu, toute la vérité est cachée derrière ces hiératismes.

Rupa ou Nephesch, tout est là. Si vous dites le corps, l’initié, qui, le plus souvent est initié aux mystères de l’école primaire, fronce le sourcil et vous déclare que vous ne pouvez le comprendre.

Ceci est de la fausse magie, c’est l’exploitation de l’illusion, de Maia, dans le sens mauvais du mot.

Donc, parlant à des Français, nous emploierions

les mots français, si les mots sanscrits, que d’ailleurs nous expliquerons autant qu’il nous sera possible, ne prêtaient pas à la rapidité de la démonstration, comme les chiffres, plus rapides que l’inscription des nombres en lettres, prêtent à la rapidité du calcul.

Un théosophe ne doit pas chercher à donner à autrui l’illusion d’une érudition qu’il n’a pas.

Les principes du corps humain sont :

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